N° 249, février 2012


­­ 4    Clin d’œil
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8    Actualité
 9    Confidences
10    Jackpot au Trésor Public
12    Humour
13    Baromètre
14    Photo
15    Sabotage de l’économie
18    Iaorana de Simone
20    Taxes tueuses
24    Photo
25    Discret festival de ‘Ana‘a
27    LoLo
28    Kanaky
30    Humour
31    Pensées
33    Clipperton revisité
36    Art
37    Libre opinion
45    Nouvelle : Le Labo secret des Tuamotu
48    Les événements du Pacifique en janvier
49    Les événements de Tahiti en janvier
50    Balises des îles­­

p.15 - Un gouvernement qui ne respecte pas
 sa signature sabote l’économie.



p.10 - Jackpot de 300 millions de primes chaque année
pour les agents du Trésor public de Papeete !



HUMOUR


 

 

 

Doux rêveurs… ou menteurs

Depuis des mois, alors que la Polynésie française s’enfonce de plus en plus dans la crise, alors que des milliers de familles , de chefs de famille ont perdu leurs emplois sans aucun parachute social (pas de RMI, pas d’allocation chômage, pas de RSA), que fait donc notre assemblée territoriale (et le CESC) pour relancer l’économie ? Rien qui pourrait au moins offrir un emploi, même un soupçon d’espoir.
En revanche, nos élus et gouvernants, ne comprenant pas que toute la sphère économique, mercantile ou financière de Tahiti est paralysée par une kyrielle de lois, directives et arrêtés, généralement copiés-collés de textes métropolitains, continuent de pondre des « lois de Pays » plutôt étonnantes, irréalistes voire irréelles. Comme les phosphates de Makatea sont épuisés et que le CEP (la bombe) a fermé boutique, nos dirigeants et élus cherchent une « richesse » qui pourrait apporter une nouvelle rente au « péi » afin de pouvoir continuer à financer ad vitam eternam la Grande Armée de fonctionnaires dans leurs beaux bureaux climatisés de Papeete.
Nouvelle richesse, ressource à Tahiti ? Pourtant, nos îles hautes ne sont que des sommets de volcans éteints, comme tant d’autres dans le monde, sans minerai précieux ni source d’énergie fossile. Oui, il y a bien les atolls, propices à l’aquaculture et à l’élevage des algues, mais de telles industries sont en concurrence avec des pays “normaux” tels les Philippines ou la Micronésie.
Alors nos “penseurs” place Tarahoi ont inventé une ressource :  la flore, la faune, même les gestes et potions hérités des tupuna (ancêtres) recèleraient des richesses inestimables. Oubliant que plus des trois quarts de la faune de Tahiti sont des variétés introduites depuis l’arrivée du capitaine Cook, ils ont voté une « loi du Pays » de 12 pages « relative à l’accès aux ressources biologiques et au partage des avantages résultant de leur valorisation », absolument fantasmagorique. Si cette loi  est appliquée, il faudra dorénavant être accompagné d’un avocat juste pour aller se promener en forêt. Ainsi, si au bord d’un chemin tu découvres une étrange plante, il est interdit de la cueillir, sous peine d’être coupable de « biopiratage : action d’accéder frauduleusement à une ressource biologique, c’est-à-dire de collecter et/ou d’utiliser cette ressource en méconnaissance de la réglementation applicable » et passible de poursuites pénales (ce n’est pas une blague, c’est écrit dans la loi !). Comment alors cueillir légalement cette plante, ne serait-ce que la regarder à la loupe ? C’est “simple” : il suffit d’obtenir une « autorisation administrative d’accès », car « tout accès aux ressources biologiques, tel que défini par les articles (...), est soumis à une autorisation préalable accordée par arrêté pris en conseil des ministres, sur proposition du ministre en charge de l’environnement après avis du ministre en charge de la recherche et de tout autre ministre concerné. » C’est pas tout : la forêt appartient bien à quelqu’un, donc : « L’utilisateur doit obtenir l’accord du ou des propriétaires du site dans lequel se trouve la ressource biologique objet de l’accès, pour pouvoir pénétrer sur ce site et réaliser la collecte de la ressource (...)  « Dans l’hypothèse ou le site  relève du domaine public ou privé de la Polynésie ou de sa zone économique exclusive, l’autorisation de se rendre sur le site est donnée dans l’arrêté d’autorisation d’accès. Il en est de même lorsque la Polynésie française est elle-même détentrice de connaissances traditionnelles associées à la ressource biologique étudiée... » Puis ça se corse encore plus : peut-être une “mamie” du coin utilise-t-elle déjà cette plante pour se faire une tisane, alors « de même, l’utilisateur doit obtenir l’accord du ou des, détenteurs des connaissances traditionnelles associées à la ressource biologique étudiée. A peine d’irrecevabilité de la demande, le ou les détenteurs devront indiquer la source, d’origine autochtone, des connaissances traditionnelles concernées. Cet accord est préalable à toute demande d’accès et est joint à celle-ci. A défaut, l’accès ne peut être autorisé. »
Une fois ces obstacles franchis (en combien d’années ?), tu peux cueillir la plante. Si elle sent bon et ses feuilles font un bon thé, tu décides d’en faire une plantation pour un bon thé. Oui, mais pour cela il faut que « la demande d’utilisation de la ressource soit examinée au regard des objectifs de protection de l’environnement et d’utilisation durable des ressources, ainsi que des perspectives de développement économique et social de la Polynésie française, notamment selon les critères suivants : l’ampleur du projet ; l’importance du budget de recherche engagé ;  l’intérêt scientifique ; l’état de conservation de la ressource ; la contribution du projet à la conservation et à l’utilisation durable des ressources biologiques ;  les impacts, les risques et dangers du projet relativement à la diversité biologique et à son utilisation durable ; le respect du partage juste et équitable des avantages résultant de la mise en œuvre du projet ; le développement économique et social local ; l’intérêt pour la recherche locale ; la valorisation de la Polynésie française en termes de recherche ; le respect de l’identité des détenteurs de connaissances traditionnelles associées à la ressource prélevée ; la finalité des recherches, autre que celle liée à la composition génétique de la ressource, à peine d’irrecevabilité de la demande », etc. Ouf ! Connaissant la célérité de l’administration de Tahiti, t’en as pour cinq ans au moins.
La solution alternative ? Tu files aux îles Cook, à Tonga ou à Samoa, îles qui ont la même flore et le même climat, et tu cueilles ta plante sans réveiller une bureaucratie digne de l’ONU.
Une chose est certaine : cette nouvelle “loi de Péï” va assurer que plus aucune recherche biologique ne se fera dans nos îles !

L’autre rêve de richesse qui tombe du ciel, en fait la bonne vielle tradition du « cargo culte », est attisée par le sénateur Tuheiava qui s’appuie sur un rapport japonais au sujet des “terres rares”, avec « plus de 78 sites de gisements de terres rares déjà répertoriés entre Hawaï et Tahiti, une manne… Ce qui signifie la présence de 80 à 100 milliards de tonnes de ces métaux dans le Pacifique Sud. » Hélas pour le sénateur, il y a 4 800 km entre Hawaii et Tahiti dont seuls 380 km (200 milles marins) font partie de la Polynésie française, espace que tout ce monde scientifique et industriel évitera avec grand soin pour ne surtout pas déclencher un tsunami bureaucratique et être condamné à nourrir la “caste” de Tahiti…

Bonne lecture, bon courage et merci pour votre fidélité.

A nos lecteurs en France :  ne ratez pas l’émission télé "Archipels" consacrée à Tahiti-Pacifique magazine le samedi 25 février à 20 h 35 sur France O,  TNT canal 19.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

2 janvier - La CPS annonce un déficit de 2,7 milliards Fcfp “compensé par une ­ponction sur les réserves qui descendent à
46,7 milliards.”

4 janvier - Deux braquages de banque au couteau, non liés, ont lieu à Tahiti. Le premier a été l’œuvre d’un SDF “fou furieux extrêmement connu” appréhendé dans l’établissement même, l’agence Socredo du front de mer à Papeete. Le second a eu lieu à la banque de Polynésie de Pirae. Cagoulé, ganté, l’homme s’est servi dans la caisse pour 1,2 million Fcfp, en menaçant une employée d’un couteau, avant de prendre la fuite.
- L’ISPF annonce : « La baisse de l’emploi sur un an (- 4,3 %) est plus importante que celle observée en moyenne sur les cinq ­dernières années (- 1,1 %). »
- Décès, à Carcassonne, de Jean Juan, ancien légionnaire et journaliste sportif des Nouvelles de Tahiti.

8 janvier - Invité au JT de Polynésie Première, le vice-président Antony Géros a accusé l’Etat de vouloir instaurer une “économie de subversion“. Il explique cette évolution, après “l’économie de garnison” et “l’économie de comptoir” qu’a connue la Polynésie, par le fait que l’Etat conditionne de manière drastique ses aides financières. Il rappelle que le prêt de l’AFD était lié à la vente de l’immeuble de la délégation de la Polynésie à Paris et des parts du Pays à la Socredo. Inacceptable pour le gouvernement Temaru.

9 janvier - Poursuivi pour détournement de fonds publics pour avoir signé une convention de 50 millions Fcfp avec un duty free de l’aéroport, Hiro Tefaarere voit le tribunal administratif annuler ladite convention car il l’aurait signée avant de la présenter au conseil d’administratif de la Sétil, dont il était alors le président.
- 11 ans de prison pour le meneur des “braqueurs de supérettes”, quatre prévenus formant une bande désorganisée, mais suffisamment décidée pour commettre 4 braquages, dont 3 à main armée.

11 janvier - Décès soudain de Moana Tatarata, président du conseil d’adminis­tration et directeur de l’OPT.

12 janvier - La cour d’appel de Papeete rejette  une demande de mise en liberté d’ Émile Vernaudon, qui reste en prison.
- Ouverture d’un “espace info énergie” à Arue par l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (Ademe) et l’association 2D attitude avec le lycée Raapoto.
- Punaauia, Paea et Papara créent un syndicat de gestion de fourrière animale. 100 millions Fcfp vont être investis pour la construction d’une fourrière dans la vallée de la Punaruu… avant 2015.

15 janvier - Patrick Howell, directeur de l’institut Malardé, annonce que le gouvernement n’entend pas fermer cette structure, mais en réduire la voilure.

16 janvier - Le gouvernement a nommé Benjamin Teihotu directeur général par intérim de l’OPT, quatre jours après le décès de  de Moana Tatarata,
- L’assemblée rend un avis favorable à la proposition de loi relative au suivi des conséquences environnementales des essais nucléaires en Polynésie française. Ce texte demande la rétrocession au 1er janvier 2014 des atolls de Moruroa et Fangataufa à la P.F.
- Rentrée judiciaire solennelle. Bilan annoncé : 21 morts sur les routes en 2011 contre 30 en 2010, vols et cambriolages en baisse significative, mais le nombre de viols et d’agressions sexuelles a augmenté de 12%, les violences de 9% et les affaires de trafic ou de consommation de stupéfiants de 30%. L’ice est notamment de plus en plus présent en P.F.

18 janvier - La cour de cassation a rejeté le dernier pourvoi de Rere Puputauki contre sa condamnation à deux ans de prison ferme pour “homicide involontaire” dans le naufrage du navire Tahiti Nui IV. Son bras-droit Yannick Boosie a aussi vu sa condamnation d’un an ferme confirmée. Leur avocat demande un aménagement de leur peine, style bracelet électronique ou liberté conditionnelle…

19 janvier - L’association Wen Fa dote la bibliothèque de 200 ouvrages sur la Chine et sa culture.

23 janvier - Panne générale de 7 heures du réseau Internet en Polynésie française.
- Le haut-commissaire prend un arrêté pour verser un acompte de 492 millions Fcfp aux communes, étalé entre janvier et avril 2012, au titre de la Dotation globale de fonctionnement.
- Le paquebot Rotterdam fait escale à Tahiti.
- Le président du Conseil économique, social et culturel de Polynésie française (CESC), Jean Tama, accompagné par son conseiller, Davy Leprado, a pris part à Paris à l'assemblée des conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux de France.

24 janvier - Placement en garde à vue de l’huissier de justice Jean-Pierre Elie, suspecté d’avoir établi des constats de complaisance, voire des faux dans l’affaire Thierry Pageau, une escroquerie à la défiscalisation qui pourrait dépasser le milliard Fcfp…
- Le tribunal correctionnel renvoie au
27 mars « l’affaire de la femme de ménage de Flosse » qui travaillait au domicile du sénateur… mais était payée par l’assemblée de Polynésie française depuis sept mois.
- Michel Buillard présente l’assainissement des eaux usées de la ville de Papeete, projet de 4,7 milliards Fcfp.

25 janvier - L’huissier Jean-Pierre Elie est interdit d’exercer par la justice.
- “L’hospitel” (hôtel construit en 2008 à côté de l’hôpital du Taaone pour 580 millions Fcfp afin d’accueillir les familles des malades des îles) fermera ses portes au
1er mai : pas assez de clients.
- La société Froid de Polynésie tient une conférence de presse pour annoncer son rachat par Atea Hintze à Dominique Auroy.
- Audience solennelle de rentrée de la chambre territoriale des comptes.

26 janvier - Philip Schyle annonce sa candidature aux législatives.
- Le Piano Bar de Papeete change de nom et devient Le Klub. Ce sera de l’électro avec des soirées nostalgies des années 1970 à 90. Exit les raerae, qui restent les bienvenu(e)s.

27 janvier - Pascal Szym, représentant des médecins libéraux, est arrivé avec une brouette remplie d’une centaine de conventions individuelles des médecins qu’il a mises à la poubelle lors du bal masqué annuel du personnel de la CPS dans un hôtel 5 étoiles de la côte est de Tahiti.

29 janvier - Oscar Temaru, invité du JT de Polynésie Première annonce que Air Tahiti Nui va se joindre au réseau Oneworld et qu’il ne rencontrera pas la ministre Marie-Luce Penchard lors de son passage à Tahiti car il accepte de « rencontrer d’égal à égal, mais pas de maître à vassal ».

AdP



Evénements dans le Pacifique Sud

  Apia, 1er janvier - Le Samoa fête ses 50 ans d’Indépendance de la Nouvelle-Zélande. Pour marquer l’anniversaire, une messe œcuménique spéciale a été célébrée au Parlement et le Premier ministre a salué la mémoire des héros samoans du mouvement Mau. Mais la vraie fête de l’Indépendance est prévue début juin.

Majuro, 4 janvier - Élu sur du velours, Christopher Loeak a été choisi par le Parlement pour devenir le sixième Président des Iles Marshall. Contrairement aux luttes acharnées à laquelle on assiste dans d’autres pays du Pacifique, la transition se fait en douceur et en toute amitié aux Iles Marshall.

Suva, 3 janvier - A Fidji, le régime confirme la levée de la censure quotidienne dans les salles de rédaction, où généralement on trouve un militaire spécialement affecté à cette tâche. Mais les autres formes de contrôle sur les médias restent en vigueur, en particulier le Décret sur les Médias.  

Sydney, 5 janvier - Gros soupir de soulagement pour les 9 000 Australiennes qui portent des seins en silicone de la marque française PIP. Rien n’indique que ces prothèses mammaires augmentent le risque de cancer, a indiqué jeudi le panel d’experts de l’Administration australienne des médicaments, la TGA.

Un morceau de Lune en Australie. En 1969, quand Apollo 11 a atterri sur la Mer de la Tranquilité, les astronautes ont découvert la tranquillityite, un minerai que l’on a cru unique à la Lune jusqu’à aujourd’hui. Car des géologues australiens ont découvert de la tranquillityite par hasard dans des roches d’Australie Occidentale. Conclusion de Birger Rasmussen : « Cette découverte nous montre que globalement la Terre et la Lune ont les mêmes composes chimiques ».

Pago Pago, 8 janvier - Aux Samoa américaines, les hôpitaux durcissent le ton contre les patients mauvais payeurs. Ils doivent s’acquitter d’un minimum de 10% de leurs précédentes factures impayée avant de pouvoir prétendre à se faire de nouveau soigner.

Wellington, 9 janvier - 11 morts dans un accident de montgolfière. La montgolfière a pris feu après avoir heurté une ligne électrique, a explosé, et a plongé vers le sol avec une flamme haute de 20 mètres selon les témoins.
 
Nuku’alofa, 10 janvier - Le monarque tongien. George Tupou V a informé le Parlement de sa décision de retirer son consentement à l’amendement de la loi sur les Armes et les Munitions. Un amendement que le monarque juge « hostile au bien-être et à la sécurité de mes sujets. » Le Parlement avait  décidé en octobre dernier de réduire les amendes pour possession illégale d’arme à feu de 2 850 dollars américains à 570 dollars et les peines de prison de 5 à 1 an.

Sydney, 11 janvier - L’Australie attire de plus en plus de Chinois fortunés qui, en 2010, ont injecté plus de trois milliards de dollars dans l’industrie touristique. Près de 6 millions de visiteurs ont débarqué en Australie entre juin 2010 et juin 2011, avec un visiteur sur quatre en provenance de Chine ou d’Asie du Sud-Est. La Chine reste le plus gros client suivie par l’Indonésie, Singapour, la Malaisie et l’Inde. Mais ce sont les Chinois qui dépensent le plus.

Port Moresby, 12 janvier - 2 000 écoles
« fantômes » en Papouasie Nouvelle-Guinée.  C’est le Premier ministre lui-même qui a révélé l’affaire. Ces écoles n’existent que sur le papier et ont pourtant reçu des fonds gouvernementaux dans le cadre du budget
de l’éducation. Elles vont être maintenant rayées du système.

Tarawa, 15 janvier - Bien connu pour ses positions sur les conséquences du changement climatique,
M. Tong a été élu pour la troisième fois au poste de Président de la République de Kiribati avec 42% des voix en sa faveur, soit 7% de plus que son plus proche rival, Tetaua Taitai.

Honiara, 15 janvier - Les îles Salomon ratifient officiellement la Convention des Nations unies contre la corruption. Une étape importante pour l’actuel gouvernement : « Ceci prouve fermement non seulement à notre population mais aussi à la communauté internationale, la forte volonté de l’actuel gouvernement de combattre la corruption ». Jusqu’à présent, 6 pays du Pacifique ont ratifié cette convention ou sont sur le point de la ratifier : la Papouasie Nouvelle-Guinée, Fidji, Palau, le Vanuatu, les îles Cook, les îles Marshall et maintenant les îles Salomon.
 
Suva, 17 janvier - Un sondage de popularité à problèmes aux îles Fidji. L’administration par intérim a déposé plainte contre la chaîne de télévision Fiji TV après le lancement d’un sondage par texto pour déterminer la personnalité de l’année 2011. Cette plainte fait suite à la décision de Fiji TV de décerner ce titre au Premier ministre par intérim, Frank Bainimarama, et ce 8 jours après avoir dit que c’est Premila Kumar, responsable du Conseil de défense des consommateurs, qui avait réuni le plus de voix. Le mouvement et les blogs pro-démocratie s’en sont donnés à cœur joie et ont diffusé que les votes qui auraient permis à Frank Bainimarama de gagner ont été envoyés par des téléphones mobiles frénétiques dans le bureau du Premier ministre. Le gouvernement veut tirer cette affaire au clair, une enquête a maintenant été ouverte. Fiji TV campe sur ses positions et attend les résultats de
cette enquête.

Port Moresby, 19 janvier - Le ministre de la Fonction publique de Papouasie Nouvelle-Guinée a révélé le chiffre de 470 millions de dollars qui disparaissent chaque année dans le trou noir de la corruption. Au fil des ans, des agences ont mené des enquêtes sur les détournements de fonds publics et elles n’ont pour ainsi dire jamais abouti. C’est l’une des raisons pour laquelle la richesse de la nation n’a jamais profité au peuple en dépit des milliards qui passent par le ­gouvernement. La corruption, a-t-il conclu, est plus grave que le sida.
 
Suva, 22 janvier - Les nations océaniennes du Pacifique ont gagné d’importantes concessions aux États-Unis lors des négociations sur le renouvellement du Traité sur le thon du Pacifique Sud. Un traité de
25 ans, qui regroupe 14 pays et ouvre l’accès de cette région aux thoniers battant pavillon américain en échange de 18 millions de dollars d’aide par an.

Suva, 23 janvier - Inondations à Vanua Levu.  D’importantes chutes de pluie se sont abattues le week-end dernier sur la deuxième île de l’archipel fidjien qui est maintenant la proie de graves inondations. Les pluies ont aussi provoqué des glissements de terrain dans la région de Labasa et endommagé des routes, des ponts et des habitations. Les cultures ont aussi souffert. L’île principale de Viti Levu a aussi été touchée par le mauvais temps et des inondations, notamment Nadi, la seconde ville du pays. Il y a eu deux morts.

Rarotonga, 23 janvier - Échec des exportations du jus de noni en Chine. La société Pure Pasifika de Nouvelle-Zélande a annoncé en 2011 son intention d’acheter du jus de noni aux îles Cook pour le mélanger avec d’autres jus de fruit à destination du marché chinois. Pure Pasifika a ainsi acheté 54 conteneurs de
1 000 litres qui ont été envoyés à Rarotonga pour y être remplis de jus de noni. Mais depuis le jus de noni n’a jamais quitté les quais de Rarotonga et les planteurs locaux cherchent des acheteurs.

Augmentation de la taxe de sortie dans les aéroports fidjiens. Cette taxe de 6 dollars américains est passée à 85 dollars américains. Une augmentation substantielle qui a convaincu l’agence de voyages Flight Centre de Nouvelle-Zélande de demander aux clients qui avaient déjà effectué leurs réservations de changer de destination. À Fidji, la secrétaire permanente au Tourisme explique que le gouvernement par intérim a besoin de cet argent pour financer la maintenance et l’entretien des routes et des ponts de l’archipel. « Nous devions bien trouver de l’argent quelque part ».

Apia, 25 janvier - « Les Samoans qui se disent pauvres sont des paresseux ». Le Premier ministre samoan souligne que la pauvreté c’est de ne pas avoir de maison, de vêtements, de nourriture, d’eau ni accès aux services de santé et en fonction de cette définition, la pauvreté n’existe pas au Samoa. Et d’ajouter :
« Chaque Samoan a accès à la terre, les mangues, les papayes, les bananes, les fruits de l’arbre à pain sont à foison et pourrissent au sol tandis que l’océan est rempli de poissons. Le fait est que trop de personnes viennent en ville et ne font que végéter, ils sont trop paresseux et ne veulent pas rentrer dans leur village pour travailler la terre. » Et le Premier ministre de
conclure : « Certains Samoans pensent que de ne pas avoir de voiture, de télévision et d’une maison à l’européenne, c’est la pauvreté. »

Auckland, 26 janvier - La Nouvelle-Zélande autorise la vente de fermes laitières à la Chine. Avant sa mise en liquidation en 2002, Crafar Farms, une entreprise familiale, était le plus grand réseau de fermes laitières de Nouvelle-Zélande avec 20 000 vaches sur l’île du Nord. Or le gouvernement a donné son feu vert à la décision du Bureau de l’investissement à l’étranger qui recommande la vente des 16 fermes laitières Crafar à la société Shanghai Pengxin pour 150 millions de dollars.

Honiara, 30 janvier - Augmentation du 20% du nombre de touristes aux îles Salomon observée au cours de ces deux dernières années et que l’on doit en grande partie aux touristes australiens qui découvrent ces mille îles tropicales dont 200 inhabitées. Augmentation également due à l’élargissement de la capacité aérienne avec 6 vols hebdomadaires vers Brisbane.

Apia - La collecte de fonds dans les églises pose problème au Samoa. Les chefs d’entreprise de cette petite nation polynésienne se plaignent que des employés volent pour faire des dons aux églises. Le révérend Vaiao Eteuati explique : « Les gens ne sont pas obligés de donner à l’église. C’est plutôt le système aiga et le système matai ou matafale où les chefs de famille leur demandent de donner à l’église. »

avec Pierre Riant à Radio Australie



La soliste internationale Laure Favre Kahn est revenue à Tahiti pour donner des concerts et tenir une “masterclass” avec des jeunes de Tahiti et Moorea. Ph. DR




Une troupe d’artistes chinois est venue à Tahiti
pour célébrer l’année du dragon. Ph. TPM

 

Didier Musso et Bruno Cojan ont fait le tour de Tahiti et de la presqu’île à la nage par étapes, un périple
de 11 jours, juste pour garder la forme. (Ph. DR)