Menu

Alex, la force tranquille


Vendredi 24 Mars 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Onde de choc, mardi 14 mars. Coup de téléphone : Alex s'en est allé… L'émotion est vive à la rédaction de Tahiti Pacifique. Notre mentor, 73 ans au compteur, a finalement lâché prise après un ultime combat, celui-là déloyal. Les souvenirs fusent alors en mémoire du fondateur du magazine au slogan "Une goutte de liberté dans l'océan" et à l'ADN éditoriale unique dans le paysage médiatique local depuis bientôt 26 ans.



crédit photo : Dominique Schmitt
crédit photo : Dominique Schmitt
Je me souviens encore du jour où la direction de Fenua Communication m'a annoncé que je participerai à cette belle aventure que représentait le lancement du magazine en version hebdomadaire, prévu le 14 août 2015. Dans le cadre de la communication de la nouvelle formule à nos confrères, j'ai eu la chance et l'honneur de rencontrer pour la première fois ce journaliste d'investigation, qui a fait ses premières armes dans la même "école" que la mienne, Les Nouvelles de Tahiti. L'électron libre le plus connu au fenua m'avait alors confié son parcours jalonné d'écueils dans une interview inédite, que nous vous proposons de découvrir ci-contre. Il me raconta, avec une sérénité déconcertante et une étincelle dans le regard, comment le "Vieux Lion" était devenu son "meilleur ennemi", pourquoi il avait fait des essais nucléaires son principal cheval de bataille, combien de procès avaient été intentés contre lui et bien d'autres histoires, comme celle de son énorme coco atomique.
Je me souviens aussi d'un certain 1er septembre 2015, lorsqu'il m'a accueilli sur son île, à Moorea, pour réaliser un reportage. C'est bien évidemment dans une Jeep collector, sans portière et dans laquelle trônait un gros chien sur le siège, qu'il est venu me chercher au quai des ferries. Cheveux au vent, nous discutons longuement sur la route. Je découvre un homme doté
à la fois d'une culture remarquable et d'une simplicité touchante, qui n'a pas froid aux yeux : une vraie force tranquille.
Alex, ta chemise bleue, ton mordant et ton irrévérence vont nous manquer !

Retrouvez également dans le magazine, une des dernières interviews inédites d'Alex du Prel réalisée le 10 août 2015, dans laquelle, d'une part, il remerciait Albert Moux et le félicitait pour son courage d'avoir racheté le titre et, d'autre part, il revenait sur cette "aventure absolument formidable" débutée en mai 1991.


Dans la même rubrique
< >

Vendredi 3 Novembre 2017 - 22:16 French blue, des charters de "sans-le-sou" ?

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier