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'Arioi, un pôle de transmission identitaire unique


Jeudi 13 Juillet 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Créé par Hinatea Colombani, le premier centre culturel et artistique de Tahiti a vu le jour en janvier 2016. Situé à Papara, 'Arioi propose, hormis des cours de 'ori tahiti avec son école Matehaunui, de multiples ateliers de transmission de savoirs traditionnels aux 150 élèves inscrits. Le concept "The 'Arioi experience", une plateforme e-learning pour la culture mā'ohi, vient en outre d'être sélectionné par PRISM, l'incubateur de projets et start-up polynésiens de la CCISM.



crédit photo : Dominique Schmitt
crédit photo : Dominique Schmitt
Encore méconnu du grand public, le Centre culturel et artistique (CCA) 'Arioi mérite pourtant toute notre attention. Véritable pôle de convergences, d'échanges, d'apprentissage, de partage et de rencontres, il est devenu, depuis sa création en janvier 2016, un référent et un outil pédagogique accessible à toute la population et également aux touristes. Il est né grâce à la détermination d'Hinatea Colombani, qui a ouvert il y a plus de huit ans l'école de danse traditionnelle Matehaunui. La Polynésienne, de 32 ans, qui a fait ses premiers pas de 'ori tahiti à l'âge de 13 ans,...

Hinatea Colombani et son tane, Moeava Meder. crédit photo : Dominique Schmitt
Hinatea Colombani et son tane, Moeava Meder. crédit photo : Dominique Schmitt
Hinatea COLOMBANI
Directrice du Centre culturel 'Arioi


"Notre culture est magnifique, il faut la partager !"

Quelle est l'histoire du Centre culturel 'Arioi ?
"J'ai toujours voulu ouvrir un centre culturel, mais, en 2008, je ne trouvais pas encore de personnes ressources. En 2015, j'ai repris un bâtiment de la commune de Papara et avec mon conjoint et l'aide de nos proches, nous avons réhabilité cet espace, avec nos moyens, pour y créer le centre culturel de nos rêves. Un lieu où l'on peut apprendre plus que des techniques, des valeurs surtout, et acquérir une philosophie de vie. Le Centre culturel et artistique 'Arioi est né en janvier 2016. Il accueille 150 élèves de 3 à 77 ans, toutes activités confondues, encadrés par dix professeurs et tuteurs."

Pourquoi avoir choisi 'Arioi comme nom ?

"Le nom 'Arioi n'est pas sans sens, Il faut savoir que les 'Arioi faisait partie d'une caste adulée aux temps anciens. Ils étaient des...


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Sale temps pour les fonctionnaires

Les débuts du gouvernement Édouard Philippe ne manquent pas de faire grincer des dents les fonctionnaires qui viennent d'apprendre deux très mauvaises nouvelles en l’espace de quelques jours. La première concerne l’un des plus vieux serpents de mer ultramarins : la remise en cause de la sur-rémunération des fonctionnaires. Et la seconde, le rétablissement des jours de carence, sans oublier l’objectif de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires pendant le quinquennat Macron et le gel de l'indice.
En Polynésie française, la première mesure, préconisée depuis longtemps par la Cour des comptes, a bien évidemment déjà fait réagir un syndicat qui, comme à chaque fois que cette indexation est remise en cause, brandit les mêmes arguments. Mais ces derniers, comme la baisse du pouvoir d’achat, sont-ils encore audibles ?
Sur le plan des principes, la sur-rémunération ne se justifie plus vraiment, du moins au niveau où elle est au fenua. Les études sur la différence du coût de la vie entre l’Hexagone et la Polynésie française montrent une différence aux alentours de 40%, quand l’indice de cette indexation est de 1,84, voire 2,06. L’État, en quête d’économies, après l’ardoise surprise laissée par le gouvernement précédent, ne laisse que peu d’incertitudes sur les mesures qu’il va être amené à prendre. La question repose plus sur la méthode qui va être mise en œuvre : brutale ou douce ? Forte baisse, voire suppression, ou baisse progressive ? Ce problème distord le marché du travail en incitant les jeunes à aller vers la fonction publique plutôt que vers le privé. Il pénalise aussi les entreprises privées qui ont du mal à supporter le niveau de rémunération à qualification comparable et il n’est pas étranger à la cherté de la vie. Il aurait pu et dû être résolu depuis des années si le gouvernement central avait fait preuve de plus de courage politique. Une solution aurait consisté en une remise à niveau progressive. Mais il aurait fallu entamer cela depuis longtemps : une progression de cinq points par an aurait déjà ramené en dix ans l'indice de la Polynésie française à 1,33, ce qui serait beaucoup plus raisonnable. Une autre solution consisterait, comme l'a suggéré l’économiste Étienne Wasmer, pour la Nouvelle-Calédonie, à laisser les niveaux nominaux des salaires constants (au lieu de prendre un pourcentage constant de 1,83 pour la Polynésie française), et d'éroder ainsi progressivement avec l'inflation (encore faut-il qu'il y ait de l'inflation). Cette dernière formule est très lente mais, si on l'avait utilisée depuis vingt ans, on aurait aussi réglé une partie du problème. Pour le Territoire, l’application d’une telle mesure serait aussi une mauvaise nouvelle en raison du manque à gagner qui risque d'affaiblir dramatiquement l'économie. Il faudrait donc accompagner la baisse des sur-rémunérations d'une hausse de l'investissement public…
Pour l’heure, quid des fonctionnaires territoriaux qui se sont battus en leur temps pour obtenir l’équité avec leurs homologues métropolitains ? Cette équité prévaudrait-elle aussi au moment de revoir les rémunérations à la baisse ? Une opération financière intéressante pour les caisses du territoire qui souffrent à nourrir le mammouth administratif ; une opération politique beaucoup moins intéressante à moins d’un an des élections territoriales.
Idem pour le retour du jour de carence annoncé en ces termes par le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin : "Même si le jour de carence ne doit pas être le seul instrument pour lutter contre l'absentéisme des agents, qui est aussi la conséquence de souffrances d'une partie d'entre eux (...), il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d'euros par an."
Sera-t-on aussi courageux à la Présidence qu’à Matignon ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier