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Changement climatique : les îles du Pacifique ont besoin d'aide


Vendredi 8 Septembre 2017 - écrit par Agence France-Presse




Les minuscules îles du Pacifique auront des gros besoins en matière d'aide internationale pour faire face au changement climatique qui va frapper la région très durement et où des populations entières sont menacées de relocalisation, a prévenu la Banque mondiale. "Il pourrait y avoir des conséquences plus désastreuses sur les îles du Pacifique que sur tout autre pays au monde", explique-t-elle dans un rapport détaillé. Dans le scénario le plus optimiste, à savoir une montée des eaux de 40 centimètres d'ici 2100, ces îles affronteront des coûts exorbitants pour construire des digues afin de protéger leurs côtes. Dans le scénario le plus pessimiste – une montée des eaux de 126 cm à la même échéance – de vastes zones habitables seraient englouties dans des îles de basse altitude comme Kiribati, les Marshall et Tuvalu.
"Il n'y a guère de perspectives pour que ces pays puissent financer eux-mêmes les coûts élevés de la construction des digues", poursuit le rapport. "La communauté internationale devra en conséquence peser le pour et le contre, entre d'importants investissements initiaux pour la construction (...) et des programmes d'urgence de secours et de reconstruction quand le désastre aura frappé". Le changement climatique est déjà visible dans la région, avec l'érosion côtière, la contamination des terres agricoles et l'eau potable par le sel, ainsi qu'une pluviométrie imprévisible qui provoque inondations et sécheresse. Le Pacifique est coutumier des cyclones mais le rapport prévient que les tempêtes de catégorie 5, les plus destructrices, vont devenir plus fréquentes, affectant d'autant plus une région où les ressources économiques sont déjà faibles.
Le cyclone Pam qui a frappé Vanuatu en 2015 a par exemple détruit l'équivalent de 64 % du PIB de l'archipel. Kiribati et Tuvalu, qui ne sont qu'à quelques mètres au-dessus du niveau des eaux, pourraient être contraintes d'envisager l'évacuation totale de leur population. L'Australie et la Nouvelle-Zélande, les pays les plus riches de la région, pourraient les aider en permettant à leurs habitants l'accès à leur marché du travail. "Cela permettrait une émigration graduelle, cela serait préférable et moins coûteux qu'une évacuation de dernière minute, qui nécessiterait une aide d'urgence considérable et serait difficile à gérer", ajoute la Banque mondiale. Sur une note plus optimiste, le rapport souligne que les nations du Pacifique peuvent tabler en particulier sur le tourisme pour développer leurs ressources, avec un million de visiteurs potentiels annuels d'ici 2040, générant des revenus d'1,6 milliard de dollars et 110 000 emplois.
Source : AFP


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De quoi se plaint-on ?

En août, l’ouragan Harvey frappait les États du Texas, de la Louisiane et du Tennessee, causant d’innombrables dégâts et surtout des dizaines de morts. La semaine dernière, c’est l’ouragan Irma qui frappait à son tour les Antilles, dévastant tout sur son passage et laissant derrière lui plus de 80 morts. Un autre ouragan, Maria, se profile à l’horizon, et devrait à nouveau frapper ces mêmes populations. Non loin de là, au Mexique, deux séismes provoquent la mort de plus de 200 personnes rien que dans la mégapole Mexico. Une partie de la planète paye aujourd’hui au prix fort les colères de la Nature. Si de tels phénomènes climatiques dévastateurs ont déjà été répertoriés sur cette zone sensible de la planète, on peut s’inquiéter de leur enchaînement pour le moins très court. À qui la faute ? Les climato-sceptiques ont aujourd’hui le mauvais rôle, mais avant de penser à rejeter les responsabilités, la priorité doit aller aux victimes. Les élans de solidarité fleurissent un peu partout dans le monde ; la Polynésie française, qui a toujours su tendre la main, n’a pas fait exception, d’autant que des compatriotes, habitants de Saint-Martin, comptent parmi les victimes humaines, morales et matérielles.
Dès lors, on peut être surpris d’entendre sur les ondes d’une radio des reproches quant à cette aide très substantielle de 6 millions de Fcfp au motif que des Polynésiens sont dans la misère. Comment aussi peu de compassion peut-elle encore habiter des Polynésiens ? Oui, la misère existe dans ce pays comme elle existe dans tous les pays aussi modernes et civilisés soient-ils, c’est un fait indéniable et inacceptable, mais qui ne doit voir ce peuple se refermer sur lui, occultant l’actualité du reste du monde.
Seule, la Polynésie n’est rien. Seule son ouverture sur le monde lui apportera la richesse nécessaire à son développement économique, mais aussi culturel. Ce développement, qui devra un jour conduire à une moins grande dépendance de la France nourricière, semble se dessiner, et pas obligatoirement là où on l’attend le plus. Notre éditorial de la semaine dernière est venu rappeler à quel point nous étions les champions des annonces de grands projets sans lendemain, mais il en existe un à "taille humaine" qui nous a été révélé cette semaine par l’homme d’affaires samoan Frederick Grey. Et si la Polynésie française pouvait booster son développement grâce à ses voisins polynésiens ? Après le câble sous-marin, voilà que d’autres liens se tissent avec un projet de desserte aérienne et même d'un paquebot de croisière entre les États insulaires. Une plus grande liberté de circulation entre ces pays avec des gains de temps de transport devraient conduire à de meilleurs échanges entre nos touristes américains et les touristes du sud-est asiatique de ces États.
Pour peu que cette clientèle ait les moyens de notre niveau de vie, la barre des 200 000 touristes pourrait enfin être franchie. Et à Tahiti, quand le tourisme va, tout va.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier