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Élections présidentielles : de l'influence des élus locaux


Vendredi 2 Juin 2017 - écrit par Dr Sémir Al Wardi


Rappelons que le clivage politique droite / gauche qui organise les oppositions dans les démocraties en générale, et donc en métropole, n’existe pas en Polynésie française où domine le clivage autonomiste / indépendantiste. Dès lors, la vie politique s’organise autour des partis politiques polynésiens (Tahoeraa Huiraatira, Tavini Huiraatira, Tapura Huiraatira…) et les partis politiques métropolitains n’ont pas de prolongement en Polynésie (PS, PCF, les Républicains…).



crédit photo : Tahiti Infos
crédit photo : Tahiti Infos
La population, dans sa majorité, est donc peu au fait de la vie politique métropolitaine et ne connaît ni les partis métropolitains ni leurs dirigeants. En réalité, seules les élections présidentielles peuvent présenter des difficultés de compréhension car toutes les autres élections (législatives, sénatoriales, communales et territoriales) sont des élections considérées comme locales puisque les candidats sont des Polynésiens membres de partis politiques polynésiens.
Ainsi, à chaque élection présidentielle, la majorité des Polynésiens vote en fonction des directives des maires, des leaders politiques ou du président de la Polynésie même si ces derniers ne sont pas constants dans leur choix.

Enfin, ces élections permettent aux hommes politiques polynésiens de...

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La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier