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Entretien avec le contre-amiral Denis Bertrand


Vendredi 6 Octobre 2017 - écrit par Garance Colbert


Rencontre avec les forces armées en Polynésie française

Un exercice militaire avait lieu à Huahine le mois dernier. Plus de 100 soldats ont alors investi l'île pour y mener plusieurs activités diverses.
Depuis cette opération de cinq jours, nous avons interrogé le contre-amiral Denis Bertrand, commandant des Forces armées en Polynésie française (FAPF), pour évoquer ses perspectives et son action.



crédit photo : Garance Colbert
crédit photo : Garance Colbert
Le mois dernier, le Régiment d'infanterie marine du Pacifique-Polynésie (RIMaP-P) se déployait à Huahine dans le cadre de l'opération "Raromatai". Cet exercice militaire, que nous avons suivi dans sa totalité, a permis de créer une situation de combat auquel ont participé les militaires en mission de courte durée et la compagnie de réservistes polynésiens. L'événement visait, entre autres, à préparer l'exercice interarmées "Marara" qui aura lieu à la mi-octobre et qui verra se déployer les nombreux effectifs des Forces armées en Polynésie française.

Suite à l'opération "Raromatai", nous avons pu rencontrer le commandant des FAPF, le contre-amiral Denis Bertrand, qui connaît bien la Polynésie...

Interview : Contre-amiral Denis bertrand, commandant supérieur des Forces armées en Polynésie française : "Mon rôle consiste à entretenir une bonne connaissance de la zone"


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De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier