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Les aides à la relance explosent


Vendredi 25 Août 2017 - écrit par Luc Ollivier


ACPR, AEPE, deux acronymes que les entreprises du fenua ont rapidement adoptés, tant ces dispositifs d’aide à la relance économique étaient attendus. Le budget initial cumulé de 280 millions de Fcfp devrait être porté à 700 d’ici la fin de l’année. Bouffée d’oxygène pour les uns, arrière-pensée électorale pour les autres, la vision diffère suivant que l’on soit de la majorité ou de l’opposition.



De très nombreux commerces, notamment du centre-ville de Papeete, ont bénéficié des mesures gouvernementales. crédit photo : Ville de Papeete
De très nombreux commerces, notamment du centre-ville de Papeete, ont bénéficié des mesures gouvernementales. crédit photo : Ville de Papeete
Après une mise en place effective au cours du dernier trimestre 2016, le dispositif d’Aide pour la revitalisation des commerces de proximité et des restaurants (ACPR), qualifié de conjoncturel, est depuis sorti de son cadre, en raison de son succès, tout comme l’Aide à l’équipement des petites entreprises (AEPE), qualifiée d’aide conjoncturelle, mais aussi structurelle, car cette dernière permet notamment la modernisation des petites entreprises et l’amélioration de leur compétitivité.

Jamais les entreprises du fenua, parfois en nom propre et hormis les professions libérales, n’ont pu bénéficier d’autant de soutien de la part d’un gouvernement. Les dotations budgétaires, chacune de 140 millions de Fcfp ont depuis longtemps explosé, au point que le montant global des aides cumulées, aujourd’hui à plus de 400 millions de Fcfp, devrait franchir allègrement la barre des 700 millions de Fcfp avant la fin de l’année. Ces aides, mises en avant chaque semaine lors de la lecture du compte rendu du conseil des ministres, commencent à s’apparenter, pour l’opposition, à de la propagande électoraliste à quelques mois du rendez-vous des territoriales, au même titre que d’autres mesures récemment prises, quand d’autres, moins populaires, tardent à venir.
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De quoi se plaint-on ?

En août, l’ouragan Harvey frappait les États du Texas, de la Louisiane et du Tennessee, causant d’innombrables dégâts et surtout des dizaines de morts. La semaine dernière, c’est l’ouragan Irma qui frappait à son tour les Antilles, dévastant tout sur son passage et laissant derrière lui plus de 80 morts. Un autre ouragan, Maria, se profile à l’horizon, et devrait à nouveau frapper ces mêmes populations. Non loin de là, au Mexique, deux séismes provoquent la mort de plus de 200 personnes rien que dans la mégapole Mexico. Une partie de la planète paye aujourd’hui au prix fort les colères de la Nature. Si de tels phénomènes climatiques dévastateurs ont déjà été répertoriés sur cette zone sensible de la planète, on peut s’inquiéter de leur enchaînement pour le moins très court. À qui la faute ? Les climato-sceptiques ont aujourd’hui le mauvais rôle, mais avant de penser à rejeter les responsabilités, la priorité doit aller aux victimes. Les élans de solidarité fleurissent un peu partout dans le monde ; la Polynésie française, qui a toujours su tendre la main, n’a pas fait exception, d’autant que des compatriotes, habitants de Saint-Martin, comptent parmi les victimes humaines, morales et matérielles.
Dès lors, on peut être surpris d’entendre sur les ondes d’une radio des reproches quant à cette aide très substantielle de 6 millions de Fcfp au motif que des Polynésiens sont dans la misère. Comment aussi peu de compassion peut-elle encore habiter des Polynésiens ? Oui, la misère existe dans ce pays comme elle existe dans tous les pays aussi modernes et civilisés soient-ils, c’est un fait indéniable et inacceptable, mais qui ne doit voir ce peuple se refermer sur lui, occultant l’actualité du reste du monde.
Seule, la Polynésie n’est rien. Seule son ouverture sur le monde lui apportera la richesse nécessaire à son développement économique, mais aussi culturel. Ce développement, qui devra un jour conduire à une moins grande dépendance de la France nourricière, semble se dessiner, et pas obligatoirement là où on l’attend le plus. Notre éditorial de la semaine dernière est venu rappeler à quel point nous étions les champions des annonces de grands projets sans lendemain, mais il en existe un à "taille humaine" qui nous a été révélé cette semaine par l’homme d’affaires samoan Frederick Grey. Et si la Polynésie française pouvait booster son développement grâce à ses voisins polynésiens ? Après le câble sous-marin, voilà que d’autres liens se tissent avec un projet de desserte aérienne et même d'un paquebot de croisière entre les États insulaires. Une plus grande liberté de circulation entre ces pays avec des gains de temps de transport devraient conduire à de meilleurs échanges entre nos touristes américains et les touristes du sud-est asiatique de ces États.
Pour peu que cette clientèle ait les moyens de notre niveau de vie, la barre des 200 000 touristes pourrait enfin être franchie. Et à Tahiti, quand le tourisme va, tout va.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier