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Nouvelle-Calédonie : dengue, des atteintes oculaires rares


Samedi 8 Avril 2017 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Chez certains malades, l’arbovirose peut avoir des conséquences sur les yeux. Un phénomène qui reste très peu fréquent.
Des symptômes de la dengue, on connaît bien la fièvre, les éruptions cutanées ou encore les douleurs articulaires. Beaucoup moins ses manifestations ophtalmiques qui, pour rares qu’elles soient, n’en demeurent pas moins impressionnantes et angoissantes, quand elles ont des répercussions sur la vision.
Des symptômes qui demeurent cependant rares, comme l’explique le Dr Erica Mancel, chef du service d’ophtalmologie du CHT : "Les lésions les plus fréquentes sont des taches rouges sur le blanc de l’œil que l’on appelle des pétéchies. Ces petites hémorragies sont d’ailleurs l’un des marqueurs qui permettent d’identifier la dengue puisqu’elles signalent une chute des plaquettes. Elles n’ont cependant aucune conséquence sur la vue."

Œdème à la macula
La spécialiste se veut avant tout rassurante : "Les complications ophtalmiques sont très rares. Cependant dans quelques cas peut survenir une rétinopathie avec la formation d’un œdème au niveau de la macula". La macula est une petite zone de la rétine située au fond de l’œil, près du nerf optique. C’est de cette partie de la rétine que
provient la meilleure acuité visuelle. "Cette pathologie ne rend pas aveugle, mais peut occasionner une importante baisse de la vision de façon transitoire". Des séquelles peuvent cependant persister, liées à la formation d’une cicatrice après la résorption de l’œdème.
"'En vingt-cinq ans, je n’ai pas vu beaucoup de maculopathies liées à la dengue", souligne le Dr Mancel. Alors que l’on dénombre environ 2 200 personnes atteintes par l’épidémie actuelle, l’ophtalmologue estime à « moins de 5 le nombre de maculopathies » suivies par son service.
Seul cas notable, celui d’une patiente chez qui une neuropathie consécutive à la dengue a été diagnostiquée. Une pathologie dont seul un cas a été décrit auparavant dans le monde, précise le Dr Mancel.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Le feu à l’école ?

Alors que l’actualité du moment se focalise sur les élections législatives du 3 et du 17 juin, nous recevons coup sur coup des courriers de lecteurs traitant de problèmes relatifs à l’Éducation nationale. Ce ministère, qui regroupe le plus grand nombre de fonctionnaires d’État ou territoriaux (tous rémunérés par l’État), est dans le collimateur de parents d’élèves qui se battent pour que leur enfant ait droit à une scolarité normale. Un première lettre, anonyme, nous informe qu’un professeur de cuisine, fonctionnaire d’État, atteint par la limite d’âge, a réussi à obtenir du ministère de l’Éducation de rester enseigner sur le territoire via le Centre des intérêts moraux et matériels (CIMM). Rien à redire si ce n'est qu'entre-temps, le professeur qui devait lui succéder se retrouve sans heures de restauration et par conséquent est improvisé professeur de : lingerie, repassage, lavage, couture… au détriment d’une jeune Polynésienne.
Pas étonnant que ce dernier, en manque de compétence et de considération, ne se soit pas impliqué dans les cours à dispenser. Résultat : de nombreuses absences.
Des absences que des parents d’élèves ne supportent plus, notamment au Collège de Punaauia, et les championnats du monde scolaire de beach volley qui monopolisent des professeurs n’expliquent pas tout. La fin de l’année approche, mais les cours ne sont pas pour autant terminés. Des enfants n'ont que trois ou quatre heures de cours par jour, obligeant les parents à d’incessants allers-retours entre travail et collège. Une mère nous écrit : "De mon côté, mon fils n’a plus de profs de maths depuis la dernière rentrée scolaire. On nous dit que le ministère n’a pas de budget pour payer un remplaçant ! Et c’est un cas parmi d’autres... ! ! Mon fils a eu trois heures d’études hier... il est allé au collège pour deux heures de cours. Aujourd’hui, il commençait à 8 heures et terminait à 11 heures... Et ça dure depuis des semaines ! ! Les taties du collège ne savent plus où mettre les élèves qui traînent dans la cour pour raison d’absentéisme des profs. J’ai discuté avec elles : elles n’en peuvent plus ! Le CDI est saturé, les salles d’études aussi."
Trouver des professeurs remplaçants est un vrai casse-tête, car ceux-ci ne sont payés que durant les journées d’enseignement, pas sur un trimestre ou encore moins un semestre, vacances comprises, pour des raisons budgétaires. Comment aussi reprendre des cours sans savoir où le professeur précédent en était ? Les remplaçants ne bénéficient d’aucun accompagnement hiérarchique. Que dire aussi des élèves qui eux aussi ont déserté les cours. Certaines classes ne comptent qu’une poignée d’élèves. L’absentéisme prévaut des deux côtés de la classe.
Le malaise est profond et, contrairement à d’autres professions, il n’y a pas possibilité de réquisitionner... Pourtant, il commence à y avoir le feu à notre école !

Luc Ollivier