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Polynésie, "hub" sur les nouvelles routes de la drogue ? (Première partie)


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Boris Alexandre Spasov


"Paradoxalement c’est au nombre de ses interdits et non pas de ses permissions que l’on reconnaît une société pervertie. Ainsi une société qui interdit la prostitution avoue son penchant pour la prostitution. Une société qui interdit la drogue avoue son penchant pour la drogue. Une société qui interdit le meurtre avoue son penchant pour le sang"
Sugar Baby, Philippe Bartherotte



La route de la cocaïne passe par la Polynésie française, située dans une vaste zone de production locale de cannabis. Fond de carte : Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, direction des Archives (pôle géographique)/Novembre 2014
La route de la cocaïne passe par la Polynésie française, située dans une vaste zone de production locale de cannabis. Fond de carte : Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, direction des Archives (pôle géographique)/Novembre 2014
Quand aujourd'hui on parle de drogue, un champ immense s'ouvre à nous, entre incertitudes et stratégies, dans un contexte mondial violent. Nous avons créé notre civilisation sur le modèle du libéralisme, c'est-à-dire la liberté de produire, de vendre, de commercer et d'échanger. C'est notre ciment, le principe est admis par la plupart des pays du monde. Dans ce cadre d'échanges, il existe un marché parallèle qui est celui de la contrefaçon, des armes, des drogues, des organes humains et de la prostitution, entre autres…

Nous allons donc, ensemble, aborder le marché de la drogue et évoquer le commerce international, particulièrement celui du Pacifique (dans notre prochain numéro). Partout dans le monde, il y a une réelle dépendance entre...

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De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier