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T-Tahiti Film Festival 2017


Vendredi 6 Octobre 2017 - écrit par Bertie Frogier


"La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert"
En énonçant cette citation, Malraux pensait-il aux échanges culturels entre les peuples ? Il n'y a pas loin. Cette noble conquête a, en tous les cas, le mérite de profiter aux relations entre les Māori et les Mā'ohi depuis quelques années. En effet, alors que la cinquième édition du Pūtahi (1) s'est déroulée en juin dernier au Centre des métiers d'art, la jeune association Mā'ohi-Māori (2), en partenariat avec la société Indigitale Tahiti, dirigée par Tiairani Drollet-Le Caill, ainsi que le Wairoa Māori Film Festival (3) et le Native Slam Challenge en Nouvelle-Zélande, organisent la quatrième édition du T-Tahiti Film Festival demain soir à la mairie de Punaauia. L'organisatrice et directrice du Festival, Tiairani Drollet-Le Caill, nous en dit plus au travers de l'interview qu'elle nous a accordée.



Qu'est-ce que le T-Tahiti Film Festival ?
"Le T-Tahiti Film Festival est une démarche, un mouvement, créée à l'origine par la société Indigitale Tahiti, basée à Tahiti, et dont le but consiste à promouvoir l'audiovisuel autochtone dans sa version de films de fiction en mettant ceux-ci en compétition au cours de divers festivals du film indigène organisés en Nouvelle-Zélande. Au mois de mars de l'année en cours, nous sélectionnons des
réalisateurs mā'ohi pour y représenter Tahiti.
L'année passée, par exemple, c'est Manuarii Bonnefin (Méga la blague, ndlr) qui a été choisi pour concourir au Maoriland Film Festival (4) à Otaki, Wellington.
Nous pouvons également citer la distribution de films mā'ohi que nous présentons à l'international lors des festivals de films autochtones. Du côté de la production d'œuvres cinématographiques...

Pour lire l'intégralité de cette rencontre avec Tiairani Drollet-Le Caill, commandez Tahiti Pacifique n° 365 en cliquant ICI


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De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier