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Titaua Peu, plume indignée du Pacifique


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Lucile Bambridge


Il y a des romans qui, littéralement, mettent une claque dont on a du mal à se relever. Pina, nouveau manifeste de Titaua Peu, est de ceux-là. Sa plume exacerbée crisse à nouveau dans une encre des plus noires, incarnée par une protagoniste hors norme, tourmentée par la fatalité du destin, targuée des pires séquelles de la vie. Plongée en eaux troubles avec ce manifeste noir de rage au contenu pourtant universel, bien qu’à la rédemption pour le moins… incertaine.



crédit photo : DR
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Véritable "femme engagée, femme enragée", Titaua Peu a été piquée par le besoin d’écrire dès l’adolescence. Étudiante en philosophie à Paris, la littérature l’accompagne partout dans la Ville-lumière. Elle découvre tant de combats relatés dans les livres. Combats qui, pour être ceux de son peuple, deviennent siens. Elle y trouve l’inspiration et la force de mener à bien ses propres batailles une fois de retour au fenua. Chose promise, chose due : Titaua Peu ne pourra que prendre la plume pour agir et dénoncer les maux dont souffrent en silence trop d’oubliés pour tenter de les diagnostiquer par les mots. Un exercice tout aussi hasardeux que douloureux et pourtant, libérateur.

L’écriture, seul exutoire possible

D’abord à La Dépêche de Tahiti puis aux Nouvelles de Tahiti, c’est sous l’angle journalistique qu’elle s’engage. Toujours plus "indignée", rapidement à l’étroit face à l’étau journalistique éconduit par une chape de plomb touchant la profession, c’est spontanément qu’elle passe à l’action avec son premier manifeste, Mutismes, paru en 2003 (éditions Haere Pō). "Ce livre, c’est un ...

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Titaua Peu, plume indignée du Pacifique
"Pina"

"Il y a des quartiers qui ne défrayent jamais la chronique. Tenaho est un de ceux-là. Situé à l’est de Papeete, à Pirae très exactement, il est presque confidentiel. (…) À Tenaho, les gens se souviennent de la famille T. Une famille aux très nombreux enfants. À la misère ni plus ni moins insoutenable que celle d’une autre mais aux coups du sort innombrables. À la destinée enfin, qui a dépassé tous les pronostiques."

K.-O., 2e round. Si avec son premier roman Mutismes (éditions Haere Pō, 2003), Titaua Peu devenait la plus jeune femme polynésienne à prendre la plume pour "briser le mur du silence" qui nécrose nombre de foyers polynésiens, responsable de tant de conflits, de violences et de frustrations, elle n’est pourtant pas arrivée au bout de ses peines. Avec Pina, voici le retour d’une grande voix de la littérature qui hurle désormais face à l’immobilisme d’une société quasiment inchangée, où les conflits, les tabous et les violences sont toujours aussi insoutenables. Pis, ils suintent encore plus, sont visibles à chaque coin de rue. C’est sous la plume de Titaua Peu que naît une myriade de personnages qui donnent à voir une société polynésienne sans filtre, loin des itinéraires touristiques aseptisés. Symbole d’une nouvelle génération d’écrivains polynésiens, malgré son refus d’assimilation et son côté inclassable, elle signe à nouveau un manifeste tout aussi éloquent qu’incontournable, véritable étendard de "l’autre Polynésie".

Auteur : Titaua Peu
Éditions : Au Vent des îles
210 x 130 mm – 368 pages
Prix : 2 500 Fcfp

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Un Neymar pour notre PSG !

Cela ne vous a certainement pas échappé, l’actualité de ces quelques derniers jours s’est cristallisée sur le sport. Et plus précisément sur l’arrivée du joueur de football brésilien Neymar au PSG (lire Paris Saint-Germain). Le club de la capitale entre dans une nouvelle dimension à grand renfort de millions de pétrodollars, 222 exactement, qui ont été versés au FC Barcelone, le club quitté, en guise d’indemnités. Un petit tour par ma calculette et j’arrive à la pharaonique somme de 26,491 milliards de Fcfp ! Soit approximativement le quart du budget annuel de notre PSG (lire Protection sociale généralisée) ou la globalité du Régime de solidarité de la Polynésie française (RSPF).
Des chiffres qui donnent le vertige, qui écœurent les uns ou qui réjouissent le Trésor. Dans un premier temps, le club parisien va devoir s’acquitter d’environ 100 millions d’euros (12 milliards de Fcfp) pour régler les charges sociales. Dans un second temps, en raison du salaire net de Neymar estimé à environ 35 millions d'euros par an, soit 62 millions d'euros brut par an (7,4 milliards de Fcfp), le PSG va verser 37,5 millions d'euros à l’État par an (4,5 milliards de Fcfp), dus à l'impôt sur le revenu du joueur et aux cotisations sociales payées par son employeur, sans compter les hausses de recettes de la TVA (vente de maillots à hauteur de 20% et places de stades taxées 5,5%). "Le ministre des Comptes publics se réjouit des impôts qu'il va pouvoir payer en France", reconnaissait volontiers Gérald Darmanin jeudi dernier sur une radio nationale.
Ne rêvons pas, il n’y a aucune chance qu’un tel joueur vienne fouler les pelouses cabossées du Pays.
Pour sauver notre PSG, il va donc falloir surtout compter sur nos deux bailleurs de fonds, le gouvernement et l’État.
Le premier, comme ses devanciers, n’est pas irréprochable dans la gestion de cette PSG. Profitant de la meilleure santé financière et budgétaire du Pays, il a inscrit, début août, via le Fonds de l’emploi et la lutte contre la pauvreté (Felp), une imputation supplémentaire de 1,6 milliard de Fcfp en faveur du RSPF, destinée à couvrir une partie du déficit de 2,1 milliards de Fcfp à fin 2016. Le second, l’État, tient ses engagements pris en 2015 et a procédé au versement de la première tranche de 2017 (716 millions de Fcfp) au bénéfice du RSPF. Il contribuera également à la prise en charge du cancer (227 millions de Fcfp). Après le versement de la dernière tranche de 716 millions de Fcfp pour la fin de l’année, soumis aux avancées de la réforme, l’État sera arrivé au terme de son engagement. Le Pays devra-t-il continuer de remplir ce tonneau des Danaïdes tant qu'aucune réforme ne sera engagée ? Un Neymar et vite !
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier