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Un livre dédié au premier humain en Polynésie


Vendredi 8 Septembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


On l'attendait tous avec grande impatience, il est enfin disponible en librairie. "Tiki" retrace le parcours de l'exposition éponyme mise en place par les commissaires Tara Hiquily et Christel Vieille-Ramseyer et tente de percer les mystères les plus enfouis de cette icône sacrée de la culture polynésienne. À peine sorti, l'ouvrage, coédité par le Musée de Tahiti et des îles et Au Vent des îles, est déjà collector !



crédit photo : DR
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Vous avez été nombreux (8 000 personnes environ) à découvrir la première exposition dédiée à celui qui serait à l'origine de l'humanité. D'où vient cet objet emblématique doté d'un puissant mana ? Qui est Tiki et qu'est-ce que le tiki ? Quelle place occupe-t-il dans la société marquisienne du XXIe siècle ? Autant de questions qu'a mises en lumière l'exposition qui lui a été consacrée au Musée de Tahiti et des îles du 15 septembre 2016 au 19 mars 2017. Tahiti Pacifique a réalisé d'ailleurs deux volets pour cet événement culturel important (voir les éditions des 9 et 16 septembre 2016) porté par Tara Hiquily et Christel Vieille-Ramseyer. Les deux commissaires se sont par ailleurs appuyés sur des chercheurs, spécialistes, universitaires et acteurs locaux de la culture marquisienne. Ce sont ainsi une douzaine de co-auteurs qui se sont penchés sur la polysémie du mot "tiki", au fil des 248 pages. En effet, s’il est mondialement reconnu, Tiki reste encore, en partie, insaisissable.
En avant-propos, on peut lire : "Depuis la fin des pratiques religieuses ancestrales, l’identité et la fonction des tiki se sont peu à peu perdues et, aujourd’hui, ces statues frappent par leur mutisme. Le mot tiki désigne à la fois la statue...

Pour lire l'intégralité de cet Article, commandez Tahiti Pacifique n° 363 en cliquant ICI

Un livre dédié au premier humain en Polynésie
"Tiki"

"Le but a été de puiser dans toutes les sources d’informations existantes, et de croiser, confronter toutes les données pour tenter de donner un "visage" au concept de la statuaire tiki. Depuis la fin des pratiques religieuses aux îles Marquises à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l’identité, et la fonction ont été, dans pratiquement tous les cas, perdus. Aujourd’hui ces statues orphelines nous frappent par leur mutisme. Nous avons exploré ce que nous disaient des domaines aussi variés que l’ethnologie, l’archéologie, la linguistique et enfin la tradition orale. En ne se basant que sur les deux premiers domaines, il apparait que la vision que l’on peut avoir du tiki soit très incomplète. Aussi, pour comprendre les croyances autour de ces statues, il nous faut interroger la tradition orale. Celle-ci nous conduit immanquablement vers le héros mythologique Tiki. Il apparait essentiellement dans la culture de la Polynésie orientale et représente soit l’être d’essence divine à l’origine de l’humanité, soit le premier homme, ou encore demi-dieu."

Les auteurs : Emily C. Donaldson, Serge Dunis, Hélène Guiot, Tara Hiquily, Teiki Huukena, Carol Ivory, Anne Lavondès, Guillaume Molle, Véronique Mu-Liepmann, Marie-Noëlle et Pierre Ottino, Bruno Saura, Edgar Tetahiotupa, Christel Vieille-Ramseyer.
Coédition : Musée de Tahiti et des îles / Au Vent des îles
248 pages - 205 x 260 mm
Prix : 4 500 Fcfp


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De quoi se plaint-on ?

En août, l’ouragan Harvey frappait les États du Texas, de la Louisiane et du Tennessee, causant d’innombrables dégâts et surtout des dizaines de morts. La semaine dernière, c’est l’ouragan Irma qui frappait à son tour les Antilles, dévastant tout sur son passage et laissant derrière lui plus de 80 morts. Un autre ouragan, Maria, se profile à l’horizon, et devrait à nouveau frapper ces mêmes populations. Non loin de là, au Mexique, deux séismes provoquent la mort de plus de 200 personnes rien que dans la mégapole Mexico. Une partie de la planète paye aujourd’hui au prix fort les colères de la Nature. Si de tels phénomènes climatiques dévastateurs ont déjà été répertoriés sur cette zone sensible de la planète, on peut s’inquiéter de leur enchaînement pour le moins très court. À qui la faute ? Les climato-sceptiques ont aujourd’hui le mauvais rôle, mais avant de penser à rejeter les responsabilités, la priorité doit aller aux victimes. Les élans de solidarité fleurissent un peu partout dans le monde ; la Polynésie française, qui a toujours su tendre la main, n’a pas fait exception, d’autant que des compatriotes, habitants de Saint-Martin, comptent parmi les victimes humaines, morales et matérielles.
Dès lors, on peut être surpris d’entendre sur les ondes d’une radio des reproches quant à cette aide très substantielle de 6 millions de Fcfp au motif que des Polynésiens sont dans la misère. Comment aussi peu de compassion peut-elle encore habiter des Polynésiens ? Oui, la misère existe dans ce pays comme elle existe dans tous les pays aussi modernes et civilisés soient-ils, c’est un fait indéniable et inacceptable, mais qui ne doit voir ce peuple se refermer sur lui, occultant l’actualité du reste du monde.
Seule, la Polynésie n’est rien. Seule son ouverture sur le monde lui apportera la richesse nécessaire à son développement économique, mais aussi culturel. Ce développement, qui devra un jour conduire à une moins grande dépendance de la France nourricière, semble se dessiner, et pas obligatoirement là où on l’attend le plus. Notre éditorial de la semaine dernière est venu rappeler à quel point nous étions les champions des annonces de grands projets sans lendemain, mais il en existe un à "taille humaine" qui nous a été révélé cette semaine par l’homme d’affaires samoan Frederick Grey. Et si la Polynésie française pouvait booster son développement grâce à ses voisins polynésiens ? Après le câble sous-marin, voilà que d’autres liens se tissent avec un projet de desserte aérienne et même d'un paquebot de croisière entre les États insulaires. Une plus grande liberté de circulation entre ces pays avec des gains de temps de transport devraient conduire à de meilleurs échanges entre nos touristes américains et les touristes du sud-est asiatique de ces États.
Pour peu que cette clientèle ait les moyens de notre niveau de vie, la barre des 200 000 touristes pourrait enfin être franchie. Et à Tahiti, quand le tourisme va, tout va.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier