Archives complètes sur le GIP (G.I.P.  milice de M. Flosse) publié dans Tahiti-Pacifique magazine depuis 1997

 

Quelques documents officiels ont été ajoutés

 

(Mise à jour : avril 2007)

 

CREATION DU GIP :

Tahiti-Pacifique, novembre 1995 (lendemain des émeutes) , p. 7

Garde présidentielle de Tahiti

 

Selon des sources bien informées, ce sont plus de 100 "gardes" supplémentaires qui ont été embauchés par les services de sécurité de la Présidence de Tahiti depuis début septembre, pour la plupart des "gros bras" au physique du genre "videur de boîte de nuit". De méchantes langues affirment même que quelques uns de ces vigiles au brassard orange, censés protéger le président Flosse et son gouvernement (mais de qui donc ?) ressembleraient beaucoup à certains casseurs du 6 septembre en ville. Tout ce monde est encadré et entraîné par le colonel Lionel Chesneau, nouveau "conseiller technique chargé de la sécurité", un ancien du GIGN. Selon le nouveau texte voté à l'assemblée, cette milice prêtera serment et sera commissionnée par le président du gouvernement. Pour le moment, la "garde présidentielle" n'a pas le droit de porter des arrnes. Comme l'écrit si bien Georges Madarasz dans "La Dépêche", la Polynésie française bascule ainsi dans un tout autre monde, hors d'une consensualité fraternelle qui faisait sa réputation, son bonheur mais aussi son honneur.

 

TAHITI -Pacifique, décembre 1995, p. 7

Upoo sate... (crâne rasé)

Début novembre, l'un des nouveaux 41 gardes de la Présidence" s'étant rasé le crâne, le président Flosse fit une remarque ironique comme quoi « si un le fait, tous devraient le faire ». Obéissant aveuglément à leur nouveau Grand Maître sans même sourciller, une majorité des 110 fidèles "tontons Macoute" passèrent chez le coiffeur. Résultat le lendemain : les bâtiments du gouvernement ressemblaient à une convention de skinheads. Nouvelle ordre : tout le monde doit porter une casquette ou s'exiler quelques jours du côté de la flotte administrative... jusqu'à ce que les cheveux repoussent à une longueur "acceptable".

 

Décembre 1996 - TAHITI-Pacifique - N° 68, p. 10

"Flingues" ou pas de "flingues" ?

L'Etat refuse des armes aux "gorilles" de la Garde présidentielle

Le service de la sécurité de la Présidence de Tahiti existe depuis 1984, année de l'autonomie interne, mais avant cela, déjà dans les années 70, Francis Sanford avait un "garde du corps-chauffeur" qui l'accompagnait de temps en temps. En 1991, quelques "dérapages" au service de sécurité de la Présidence ont bien ému le bon peuple (lire page 46), mais le silence tenace (et rémunéré ?) des acteurs de cette sombre affaire assura qu'elle tomba vite dans l'oubli.

 

Depuis 1995 la sécurité de la Présidence est devenue une chose sérieuse. En effet, le service a été pris en main par un professionnel et spécialiste de haut calibre, nul autre que le lieutenant-colonel Lionel Chesneau, celui-là même qui avait été commandant du célèbre GIGN (groupement d'intervention de la gendarmerie nationale) dans les années 80. Le service de sécurité de la Présidence serait même devenu si professionnel que,  selon les échos entendus, il aurait déclenché un "bras de fer" entre le Territoire et l'Etat. Raison de cette tension ? Le Territoire veut armer sa "garde présidentielle" et pour l'instant l'Etat répond « Niet ! Pas d'armes ! » en invoquant une coloniale et draconnienne réglementation de 1938 qui limite l'importation, la possession et le port d'armes dans les Etablissements français d'Océanie.

Nous sommes donc allés demander des précisions au lieutenant-colonel Chesneau. La quarantaine très sportive (entraînement et karaté oblige), toujours calme (champion de tir oblige), avec un sens de l'humour (comme tous ceux  sûrs d'eux-mêmes), il nous reçoit avec un sourire dans son petit bureau absolument "nickel" qui est toute l'expression de son amour pour l'ordre. M. Chesneau a aussi le sens de l'économie : un collègue, connu sous le sobriquet de "R.G. de la Présidence" (avant c'était "Dupont", mais comme l'autre "Dupond" a pris sa retraite…) tape un rapport sur une machine à écrire manuelle qui date des années 60. Les murs sont décorés d'insignes militaires et de photos dont une montre notamment toute la garde encadrant un Gaston Flosse souriant.

 

 

Nous lui posons la question : 

- Est-ce vrai que vous désirez armer la "garde présidentielle" ?

M. Chesneau : - Je préfère le terme "sécurité rapprochée du président" à celui de "garde présidentielle", lequel fait trop africain, trop "Bokassa", rappelle les Comores. Et en effet nous désirons juste lui donner les moyens de remplir toute sa mission… et cela pourrait inclure le transport d'armes… A l'heure actuelle, nous n'en avons pas.

 

 

TPM : Des armes à Tahiti ?

-Oui. Bien sûr la Polynésie est un pays calme, pondéré, avec des gens bien équilibrés, mais le problème est qu'on n'est jamais à l'abri d'un "Barjot". Si un fou attaque aujourd'hui le président, le gifle, lui donne un coup de poing ou pire, nous n'avons pas les moyens de le protéger…

Oui, Tahiti est encore un pays pacifique, mais mon métier est de prévoir, de préparer à affronter toutes les hypothèses. Si quelque chose arrive au président, c'est moi qui suis responsable.

- Vous réclamez donc les moyens pour votre mission ?

- Oui. Il n'y a pas de psychose. Je veux juste parer à toute éventualité. Ma mission est de protéger le président. Il avait reçu des menaces verbales et écrites en juillet 95, après l'annonce de la reprise des essais nucléaires. C'est pour cela que j'ai été détaché par le ministère de la Défense auprès du président Flosse. C'est un homme politique et nous avons créé un groupe de sécurité, de protection rapprochée. Le Territoire estime que la réglementation de 1938 est obsolète, d'où un achoppement entre lui et l'Etat.

 

 

- Avec des fusils aussi ?

- Non, pas de fusils, seuls quelques un de mes hommes de la protection rapprochée et triés sur le volet seront armés de pistolets, uniquement ceux qui possèdent le "profil" adéquat, la maturité et surtout la stabilité requise. Certaines armes seront chargées de balles en caoutchouc.

 

 

- Il se dit que vous embaucheriez des jeunes métropolitains ayant effectué leur service militaire…

-C'est absolument faux. Tout le service est tahitien, sauf moi bien sûr. Il n'est pas question d'embaucher des popa'a, des "métros", pour protéger un président polynésien. Le seul popa'a dans ce service, c'est moi. Et sachez aussi que tout le monde a un casier judiciaire vierge !

Propos recueillis par  A.d.P.

 

 

1997 :Création du G.I.P.

 

 

 

 

TAHITI-Pacifique, Janvier 1998, p.11

Extension de la "Garde présidentielle"

Le 18 décembre 1997, le président Flosse a fait parvenir à l'Assemblée de la Polynésie française un projet de délibération modifiant les missions du  "Service d'Accueil et de Surveillance" créé en  février 1988 et rebaptisé "Service d'Assistance et de Sécurité" en 1995. Dans ce papier, le président Flosse rappelle que cette "garde présidentielle" « a pour missions principales d'assurer la surveillance des locaux abritant nos diverses institutions telles que la Présidence, l'Assemblée de la Polynésie française, le Conseil Economique, Social et Culturel, et les ministères et d'orienter le public et protéger les autorités élues ». Or Président désire dorénavant « étendre les missions » de cette garde « compte tenu du nombre croissant d'infractions perpétrées à l'encontre des bâtiments administratifs, ainsi que d'occupations illégales du domaine de la Polynésie française », affirme-t-il. Il doit détenir des informations que nous n'avons pas, personne n'ayant entendu parler de telles infractions et occupations. En bref, Président veut désormais que ses fidèles gardes « puissent en cas de besoin assurer la surveillance et le gardiennage des biens immobiliers de la Polynésie française », tout en précisant bien que « cette mission nouvelle ne fait que traduire les prérogatives du Territoire en tant que propriétaire de son domaine sans préjudice des pouvoirs dévolus à d'autres autorités en matière de police ou de justice ».  Il s'agirait là d'incorporer dans la "garde présidentielle" les "gros bras" de l'association 1901 "Marins pour la Paix" (sic !) membres de la flottille administrative, qui avaient été utilisés à la Présidence après les émeutes de 1995 et pour contrer les manifestations des écologistes opposées à la décharge de Taravao en décembre dernier.

 

 

Tahiti-Pacifique Mai 1998

Belles primes

En ces temps de « rigueur budgétaire », on découvre que les agents de la "garde présidentielle" de Tahiti, le si bien nommé « Service d'assistance et de sécurité » de la Présidence du gouvernement, ont dorénavant droit à l'octroi d'une "indemnité de sujétion spéciale" mensuelle qui s'échelonne entre 20 000 et 60 000 Fcfp selon les fonctions. Par contre, le "jackpot" revient aux receveurs des impôts du ministère des Finances, lesquels perçoivent désormais le « montant plancher 37 » de l'indemnité de sujétions spéciales, soit une prime de 200 000 Fcfp par mois (11 000 FF).

 

 

Tahiti-Pacifique : JUIN 1998

Vaste propagande

Après deux mois de bonne retenue, Te Fenua, le bulletin, gratuit et en technicolor du gouvernement du mois de mai (financé par les contribuables) a rechuté dans la basse propagande et le culte de la personnalité. En pleine campagne électorale, le dossier "Face au drame" encense sur six pages les actions du président Flosse et de son subitement créé « Groupement de Secours de la Présidence ». Des 40 photos, 18 montrent Président à côté du tracto-pelle, en réunion, à côté de blessés, etc. Selon Te Fenua, « Grâce à Gaston Flosse et l'intervention rapide du Groupement de Secours de la Présidence et à son intervention efficace, la population des îÎes-sous-le-Vent  a trouvé l'aide dont elle avait besoin. »,. Pas une photo ni une ligne sur les autres services, les pompiers voire l'armée pourtant arrivés bien plus tôt et bien plus nombreux. C'est évident, pour le « journal d'information du gouvernement », seuls Président et son entourage sont dignes de mention. "Bulletin de la Présidence" serait donc un titre plus approprié.

A.d.P.

 

 

Edito, TPM, sept. 98 (extrait)

Le défilé des "chemises oranges" sur le front de mer de Papeete lors des célébrations du 29 juin dernier a surpris plus d'un observateur. La création de ce GIP (groupement d'intervention de la Présidence, rebaptisé depuis peu "de la Polynésie") inquiète par son "parfum" de milice perçu le lendemain des émeutes de 1995, au site de Paihoro et par son comportement à l'égard de pêcheurs sur l'atoll de Tupai.

Si ces impressions sont fausses, ne sont qu'un malentendu, c'est alors parce que la population n'est pas informée du type de société que le gouvernement a choisi pour notre avenir. Est-ce une politique de "Rustines" destinée à maintenir le couvercle sur la marmite sociale pour 10 ans, suivi d'un « après moi le déluge » ? Ou existe-t-il réellement un plan à long terme, réfléchi, sérieux, pour le bien de toute la population ? (...)

 

 

 

 

 

 

TPM, juillet 98,  "Confidences"

"Milice présidentielle" ?

L'assemblée territoriale a entériné la création du Groupement d'interventions de la Polynésie "Te Toa Arai", en réalité le «Groupement de Secours de la Présidence » (selon le très officiel "Te Fenua"), dont la mission principale « est de porter secours à des populations menacées ou atteintes par des événements » mais aussi « d'assurer les transports maritimes nécessaires à la satisfaction des besoins des services et établissements publics ; de personnes morales de droit public ou privé« » et encore « de prêter le renfort de ses moyens en hommes, matériels et fournitures à tout service et établissement public » et enfin et surtout, il « peut assurer le gardiennage de chantiers ou de certaines installations publiques, ainsi que la gardiennage et l'exploitation de domaines territoriaux. » Pour cela, « il dispose, pour accomplir ses missions, de tous moyens humains et matériels spécifiques nécessaires, notamment un parc à matériel ». Assistons-nous là à la création d'une vraie "milice", dévouée et sous les ordres directs de Président ? N'y a-t-il pas un danger de dérive, genre "Tontons-Macoutes" ?

 

 

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 90, octobre 1998

 CONFIDENCES

G.I.P. illégal ?

Le 18 juin dernier, le haut-commissaire Jean Aribaud a écrit au président de l'assemblée territoriale pour lui faire part de son inquiétude au sujet du "groupement d'interventions de la Polynésie française Te Toa Arai", (G.I.P. ) que certains appellent déjà « garde » voire « milice présidentielle ». En effet, précise le représentant de l'Etat, « ce service dont la mission principale est "de porter secours à des populations menacées (…) peut également, aux termes de l'article 3 alinéa « assurer : le gardiennage de chantiers ou de certaines installations publiques, ainsi que le gardiennage et l'exploitation de domaines territoriaux ». Aussi, M. Aribaud note « que le lien entre cette dernière mission et la finalité de ce groupement n'apparaît ni à la lecture de la délibération, ni à celle de son rapport de présentation, et à titre principal que cette disposition me semble toucher au maintien de l'ordre public… En effet » , poursuit-il, « un groupement d'interventions par vocation appelé à agir pour faire face à des urgences, lorsqu'il envoie du personnel pour assurer la sécurité de biens, s'apparente davantage à un service de police remplissant une mission d'ordre public qu'à un service d'assistance et de secours aux victimes de calamités. Or, le maintien de l'ordre public est de la compétence exclusive de l'Etat ainsi que le prévoit l'article 6, 6° de la loi n° 96-312 du 17 avril 1996 portant statut d'autonomie de la Polynésie française.» Ces dispositions de la délibération de l'assemblée lui paraissent donc « entachées d'illégalité » et il demande « de bien vouloir les faire rapporter ». A défaut, il se « réserve la possibilité de demander leur annulation par le tribunal administratif de Papeete.»

 

 

GIP : réservé au président

L'arrêté no 911 PR du 23 septembre 1998 modifie les attributions du ministre des finances et des réformes administratives. Ainsi, désormais il est bien encore en charge des « recrutements pour une période déterminée excédant trois mois » des fonctionnaires territoriaux, mais « à l'exception des recrutements relevant du service dénommé "G.I.P.".» Les recrutements pour ce controversé service de protection et de transport interinsulaire du président Flosse seront dorénavant effectués directement par la Présidence.

 

 

Mardi 27 octobre 1998

-Le tribunal administratif s'en remet au Conseil d'Etat pour les textes régissant le GIP.

 

 

 

 

Mardi 17 novembre 98

-Le commissaire du gouvernement du tribunal administratif demande l'annulation de la délibération autorisant le Groupe d'Intervention de la Polynésie française (GIP) à effectuer des missions de gardiennage.

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 92, décembre 1998

366 fonctionnaires et "agents de cabinet" sont employés par la Présidence de Tahiti, dont 125 au seul GIP (Groupement d'intervention de la Présidence). Ce chiffre n'inclut pas nombre d'autres personnes rémunérées par le biais de "conventions".

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 94, février 1999

janvier fut un mois politiquement et météorologiquement calme en Polynésie française. Après une campagne de presse intense vantant les bienfaits de Groupement d'intervention de la Polynésie (GIP) lors des inondations de décembre et surtout qu'après l'assemblée territoriale eut modifié la délibération qui accordait le droit d'intervention sur la voie publique à cette "milice" contrôlée directement par la présidence, l'Etat se désista de son contentieux auprès du tribunal administratif.

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 97, mai 1999

Entre-temps, le Groupement d'Intervention de la Présidence (GIP) fut déplacé sur Bora Bora afin de nettoyer l'île de ses montagnes de déchets qui offusquent tant les touristes, des déchets omniprésents malgré une "taxe pour l'environnement" perçue auprès des visiteurs depuis 16 mois. Peut-être est-ce le fait que février et mars ont vu une baisse du nombre des touristes que le gouvernement prend enfin des mesures efficaces pour rendre à nos îles, surtout Bora Bora et Tahiti, une image de pays où l'environnement est respecté.

 

 

Bronzer tranquille

Selon des indiscrétions vérifiées, le GIP (groupement d'intervention de la Présidence) est en train de construire une belle résidence présidentielle de week-end sur l'atoll de Tupai, trois bungalows, un quai et un héliport. Chirac va être jaloux !

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 99, juillet 1999

 Aux oubliettes ?

 La "défection" de la journaliste et juriste Annie Rousseau vers les délices d'un emploi à la Présidence (lire TPM du lois dernier) soulève la problématique du devenir des plaintes déposées par celle-ci auprès des tribunaux, notamment :

- la requête devant le tribunal administratif d'obtenir la liste des GIP, de la flottille administrative et de l'Equipement. Cette demande avait déjà été approuvée par la CADA (Commission d'accès aux documents administratifs) mais la Présidence avait refusé de se soumettre à cette décision. Mlle Rousseau désirait vérifier s'il n'existait pas d'emplois fictifs.

 

 

Edito  n° 100, août 1999

N'a-t-il pas créé le G.I.P., la "milice" sous son commandement personnel, justement pour intervenir dans des cas de "force majeur" parce que les services territoriaux réguliers sont tellement englués dans leur procédures, hiérarchies, syndicats et sempiternelles paperasses qu'ils sont devenus totalement inefficaces ?

 

 

Carcan bureaucratique

Le deuxième aspect "innovant" de cette affaire est que le président Flosse a simplement ignoré le carcan administratif des lourdes procédures dorénavant obligatoires pour tous travaux impliquant des fonds publics à Tahiti. Or là aussi, on frise l'hilarité : en effet, la quasi totalité des délibérations qui forment ce carcan ont été votées par l'assemblée territoriale à la demande des gouvernements Flosse depuis 1984, car on a aveuglément suivi les conseils d'experts venus de France, lesquels ont confondu "autonomie" avec "copie conforme" de la métropole. Ainsi, nous vivons le spectacle d'un président qui se rebelle contre le système qu'il a lui-même mis en place, au point de créer une "milice de choc" pour en contourner les lourdeurs et contraintes.

 

 

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 103, novembre 1999

Gaston Flosse confie l'atoll de Tupai à Gaston Flosse…

En septembre, Yves Conroy, citoyen et farouche adversaire de Gaston Flosse, avait publié un pamphlet dans lequel il dénonçait, entre autres, la construction sans permis de construire d'un immense ponton (photo ci-dessus) sur le lagon de l'atoll de Tupai, qu'il qualifie de « Club Med privé de Gaston Flosse ».. En effet, acheté en 1998 par le Territoire pour 660 millions Fcfp, l'atoll se transforma en une sorte de "réserve présidentielle" où le président Flosse fit faire des aménagements par son G.I.P. afin d'y recevoir ses illustres hôtes, notamment Dominique Perben, ex ministre RPR des Dom-Tom et à Bora Bora, on s'est habitué aux ballets d'hélicoptères qu'occasionnent ces visites. Suite à la publication du pamphlet, le Conseil des ministres du 16 septembre (sous la direction du président Flosse) confia l'atoll au Service du tourisme (ministre : Gaston Flosse) en tant que « réserve touristique » mais le G.I.P. continuera à "entretenir" et à garder l'île. Voilà un moyen pour faire supporter au budget "tourisme" une partie des frais toujours croissants du groupe d'intervention de la Présidence, que certains s'obstinent à appeler une "milice" car ses actions souvent se situent hors des procédures légales habituelles.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 105, janvier 2000

Où sont les sous…?

On se demande pourquoi a été gardé secret le cambriolage qui a eu lieu au ministère des Finances à la mi décembre. Alors que le bâtiment était pourtant gardé par un membre du G.I.P., une ou plusieurs personnes ont réussi à s'introduire dans les différents bureaux et fouiller les armoires et tiroirs. Hélas, pas d'argent pour les "visiteurs". En effet, bien que ce soit ce ministère qui donne l'ordre de payer, c'est uniquement le Trésor Public qui encaisse.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 106, février 2000

On embauche !

Cette année 2000, la Présidence et les ministères de Tahiti vont embaucher 165 nouveaux fonctionnaires. Parmi ceux-ci on trouve 65 (!!!) nouveaux "miliciens" pour le GIP (groupement d'intervention de la Présidence),

 

 

 Mon grand concurrent… le gouvernement !

Dans le secteur des travaux publics, c'est dorénavant le Groupement d'Intervention de la Présidence (G.I.P.) qui offre ses services et la location de son matériel à qui le désire, comme le révèle le Journal officiel, ce qui déclenche l'inquiétudes des professionnels de ce secteur car ils perçoivent cette arrivée du matériel et des hommes du GIP comme une concurrence déloyale : absence de patente mais surtout une sorte "d'extra-légalité" de cet organisme, sous la direction directe du président Flosse, qui a été justement créé pour contourner les lourdeurs des contraintes administratives. Un entrepreneur cite comme exemple d'un supposé « traitement spécial » l'accident qui a coûté la vie à un "G.I.P." lors de la pose du toit du Palais présidentiel l'an passé et qui, semble-t-il, n'a pas eu de suites judiciaires, alors que bien des entrepreneurs privés ont été sévèrement condamnés par le tribunal correctionnel pour des accidents de chantier similaires.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 107, mars 2000

Le « fait du Prince »

La base de toute démocratie est une société de droit, c'est-à-dire une société où les lois priment et offrent un traitement égal à tout un chacun , qu'il soit manant ou puissant, et qu'une transparence réelle permette à chacun de s'en assurer. C'est l'Etat de droit.

Affirmer qu'à Tahiti on s'éloigne d'un tel système serait une accusation grave, à moins de citer des exemples.

Hélas, ceux-ci ne manquent pas. De plus en plus nombreux deviennent les « faits du Prince », c'est-à-dire les actes décidés par le président Flosse sans débats publics, (tel le choix du site de Paihoro pour le CET et le site de Motu Uta pour le centre de tri des ordures), décidés souvent sans respecter les contraintes de la législation existante, et souvent avec l'aide du G.I.P. (Groupement d'Intervention de la Présidence), la "troupe" de "travailleurs de force" qui est sous ses ordres directs : l'élargissement du front de mer à Papeete en juillet 1999, la tentative de percement d'une passe avec dynamitage sur le récif Nord de Bora Bora en septembre dernier, la construction d'une "plateforme d'honneur" sur la plage de Matira en octobre, le curage intempestif d'une rivière de la côte Est de Tahiti en janvier et enfin, toujours en janvier, la confiscation pure et simple d'un terrain loué à une société privée.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 108, avril 2000

« Mes G.I.P. », « Chez nous »

Lors du déjeuner à la Présidence le 10 mars, lorsque le président Flosse annonça sa démission de son poste de maire de Pirae, il fut aussi question de l'incident qui opposa les contastataires aux membres du G.I.P.(Groupement d'intervention de la Présidence) au CET de Paihoro, on remarqua que Président utilisait continuellement le terme « Mes G.I.P. » et lorsqu'il parlait du CET, même du centre de tri, ces terrains (territoriaux) étaient qualifiés de « Chez nous », telle cette phrase : « Les contestataires d'Angèle Teahu n'étaient pas sur le domaine public, mais bien chez nous ». Aussi, il était fascinant d'entendre à quel point la version officielle de ces événements était totalement à l'opposé des récits des contestataires. Mais M. Flosse admit qu'il y avait peut-être un excès de G.I.P., puisqu'il admit en avoir transféré depuis 30 à d'autres projets.

 

 

Jeudi 9 mars 2000

- Bousculade devant le centre d'enfouissement technique à Paihoro entre les membres du groupement d'intervention de la Présidence (GIP) et les membres de l'Association Taravao Nui Mâ.gardiennages.

 

 

Samedi 3 juin 2000

Le bateau de transport "Meherio 1" du G.I.P. s'échoue sur le récif de la côte Est de Raiatea.

A la fin du mois, très amère, l'association Taravao Nui Mâ répondait au haut-commissaire en l'accusant de parti pris, notamment que « ce n'est que le 10 mars 2000, alors que la population directement concernée s'oppose depuis plus de deux années que l'Etat, plus pour des questions d'ordre public, pour ne pas dire exclusivement, que pour des questions de respect de l'environnement, s'intéresse enfin à ce C.E.T. en désignant trois notables pour constituer une Commission de médiation(…) Comment l'Etat peut-il être crédible dans sa défense de l'environnement et la sécurité des populations quand il se réveille alors que tout est quasiment terminé et que sa passivité n'a servi en réalité que les intérêts électoralistes et peut-être financiers d'un seul parti majoritaire et de son leader. (…) On ne comprend pas que l'Etat ait soutenu, par sa passivité pendant près de trois ans et par ses gendarmes mobiles maintenant, le C.E.T. si contesté, alors que d'autres sites étaient plus appropriés et faisaient l'objet, eux, d'un consensus général. (…) Lors des négociations du vendredi 19 mai, le Haut-Commissaire a affirmé par deux fois devant un député de la République et cinq conseillers territoriaux, que les véhicules d'ordures ne seraient pas escortés par les forces de l'ordre et que celles-ci n'interviendraient qu'après un trouble de l'ordre public. Or, depuis bientôt une semaine ce sont bien des gardes-mobiles tout équipés et fraîchement arrivés de Métropole, qui escortent avec des véhicules blindés les ordures de Tahiti ! Le site lui-même est gardé jour et nuit, de l'intérieur, en plus de la trentaine d'hommes du GIP, par un escadron de gardes mobiles. (…)

27 juin

-Un arrêté du conseil des ministres paru au "journal officiel" du 22 juin autorise le GIP à percevoir les recettes relatives à la location de l'espace scénique et des matériels y afférents.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 112, août 2000

 Les célébrations du Heiva exposent le "problème" du G.I.P.

Aux côtés du culte de la personnalité que mirent en exergue les festivités du Heiva Nui 2000, l'ambiguïté du rôle tenu par le G.I.P., le "groupement d'intervention de la Polynésie" fut aussi dévoilé. A tel point que M. Aribaud, le haut-commissaire, le mentionna lors de son intervention télévisée du 14 juillet sur les ondes de RFO-Polynésie.

 

Mais qu'est donc le G.I.P. ?. Le noyau de ce groupe fut créé au lendemain des émeutes de septembre 1995. On aperçut alors autour des bâtiments du gouvernement une centaine de "gardes" supplémentaires qui avaient été embauchés par les services de sécurité de la Présidence de Tahiti, pour la plupart des "gros bras" au physique du genre "videur de boîte de nuit", dont beaucoup faisaient partie de la flotte administrative. Sorte de vigiles portant un brassard orange, censés protéger le président Flosse et son gouvernement (de qui ???), ces hommes étaient alors encadrés et entraînés par le colonel Lionel Chesneau, un ancien du GIGN, depuis peu "conseiller technique chargé de la sécurité" à la Présidence. Le mois suivant, en novembre, ils n'étaient plus que 41 "gardes de la Présidence" et ils furent remarqués pour s'être tous rasés le crâne, donnant ainsi aux bâtiments du gouvernement une allure de convention de skinheads.

A la mi-1996, un "bras de fer" eut lieu entre la présidence et le haut-commissariat car le Territoire voulait armer sa "garde présidentielle" alors que l'Etat refusait en invoquant une réglementation coloniale de 1938 qui limite « l'importation, la possession et le port d'armes dans les Etablissements français d'Océanie ». Le tribunal administratif donna un avis en faveur de l'Etat.

C'est alors que fut créé d'abord le "Groupement d'intervention de la Présidence" (G.I.P.), nom originel qui fit même le titre d'un des premiers "Te Fenua", journal gratuit publié par la Présidence. Mais comme cela faisait un « peu trop "Comores" », le nom fut modifié un mois plus tard en « Groupement d'interventions de la Polynésie "Te Toa Arai"»". Et c'est en mai 1998 l'assemblée territoriale vota le texte officiel de cette unité, qui dépend directement du président et dont la mission principale « est de porter secours à des populations menacées ou atteintes par des événements » mais aussi « d'assurer les transports maritimes nécessaires à la satisfaction des besoins des services et établissements publics ; de personnes morales de droit public ou privé » et encore « de prêter le renfort de ses moyens en hommes, matériels et fournitures à tout service et établissement public » et enfin et surtout, il « peut assurer le gardiennage de chantiers ou de certaines installations publiques, ainsi que la gardiennage et l'exploitation de domaines territoriaux. » Pour cela, « il dispose, pour accomplir ses missions, de tous moyens humains et matériels spécifiques nécessaires, notamment un parc à matériel ». Le 18 juin, le nouveau haut-commissaire Aribaud écrivait au président de l'assemblée pour s'inquiéter que « un groupement d'interventions par vocation appelé à agir pour faire face à des urgences, lorsqu'il envoie du personnel pour assurer la sécurité de biens, s'apparente davantage à un service de police remplissant une mission d'ordre public qu'à un service d'assistance et de secours aux victimes de calamités. Or, le maintien de l'ordre public est de la compétence exclusive de l'Etat ». La délibération fut alors modifiée en novembre. Entre temps, on avait aussi, par arrêté du 4 septembre, confié au G.I.P. toute la flotte administrative. Notons ici que suite à un très inconfortable voyage maritime à Rapa voici quelques mois, M. Flosse passa commande d'un grand cargo mixte en Chine pour compléter la flotte du G.I.P..

 

Tupai et Bora Bora

Après les cyclones de 1997 aux Îles-sous-le-Vent et les déluges sur Tahiti en 1998, le G.I.P. intervint de façon spectaculaire et efficace pour le bien des populations, et il faut le féliciter pour cela. Ensuite, il fut déployé pour nettoyer, puis garder l'atoll de Tupai devenu propriété territoriale, mais aussi retraite de vacances pour Président et ses invités. Là, des incidents avec des pêcheurs traditionnels et des visiteurs commencèrent à jeter une lumière différente sur la fonction de ces hommes puisque nombreuses furent les menaces utilisées pour chasser pêcheurs et visiteurs. Tout comme les G.I.P. étonnèrent la population de Bora Bora par leur manière "musclée" en 1999 lorsqu'il essayèrent (sans succès) d'abord de percer une passe au nord de l'île avec de gros engin, puis avec de la dynamite, pour ensuite aménager sur la plage Matira une sorte de marae afin que le président Flosse puisse accueillir avec panache sa pirogue vainqueur de Pirae lors de la course Hawaiiki-nui Va'a. Selon des témoignages de la population, les camions du G.I.P. étaient les "rois de la route" et conduisaient à tombeau ouvert, toujours devant l'indifférence apparente des gendarmes. Tout ceci et d'autres explique pourquoi Jacky Bryant, de l'association écologiste Atuatu te natura déposa une plainte pour « excès de pouvoir » devant le tribunal administratif pour « transport de 100 000 mètres cubes de sable, dynamitage sans autorisation, permis ou étude d'impact » dit-il, pourtant tous indispensables selon les textes que le président Flosse a fait voter lui-même depuis 1982.

 

Le haut-commissaire s'inquiète

Les travaux de la "troisième voie" sur le front de mer, tout comme la construction de la place To'ata, virent aussi les règles usuelles de permis et autorisations être bien "adaptées". Mais une autre surprise fut l'octroi de cette place de spectacle au G.I.P., donc à la Présidence puisque ce groupement prend ses ordres du président. Donc dorénavant c'est M. Flosse qui tient les commandes des grandes festivités, culturelles et autres, du Territoire.

Aussi, le public découvrit que le G.I.P. officiait en tant que police dans cet espace public lors des fêtes du Heiva Nui 2000, une fonction qui lui est pourtant interdite expressément par un jugement du tribunal administratif. La presse quotidienne s'en fit l'écho et une journaliste de RFO qui fut menacée déposa plainte.

C'est tout ceci qui fit dire le 14 juillet au haut-commissaire, M. Aribaud, que le Groupement d'intervention de la Polynésie n'a pas vocation à réaliser des travaux rapidement « sans respecter les règles mêmes du territoire » et de répéter que le G.I.P. n'a pas à se mêler de maintien de l'ordre public qui reste de compétence d'Etat. Il suggéra donc de "reconvertir" ces hommes dans la protection civile et les réparations de dégâts, car leur « mission principale est de porter secours à des populations touchées par des calamités naturelles. »

Ceci était la première allocution publique du représentant de l'Etat sur ce sujet, lequel, il faut le dire, préoccupe depuis longtemps bien des fonctionnaires de l'Etat et des magistrats tant le G.I.P. ressemble à une milice. Les craintes sont fortes de voir une force, absolument soumise à un homme ou à un parti, se développer. Surtout que cela semble être le cas puisque les quelques 300 hommes du G.I.P. sont sous le contrôle direct de M. Flosse, qui embauche et débauche à sa guise, les seuls employés du gouvernement échappant à tout contrôle du ministre des Finances et Réformes administratives (arrêté 911PR du 23/9/98).

 

Le système G.I.P.

Qui devient membre du G.I.P. ? La première condition incontournable est d'avoir le tahitien ou le marquisien comme langue maternelle. Beaucoup sont originaires des Australes, mais de plus en plus de jeunes de la zone urbaine de Papeete sont intégrés, essentiellement des victimes de l'échec scolaire. Nous avons aussi entendu parler de recrutements de prisonniers en fin de peine à Nuutania, fait confirmé par des services de l'Etat qui parlent de certains G.I.P. avec des casiers judiciaires, mais qui ont payé leur dette envers la société. Le président Flosse l'a confirmé, le système des G.I.P. fonctionne selon l'ancienne méthode de travail courante à Tahiti voici 10 ans encore : la personne travaille un certain temps pour se faire assez d'argent afin d'acheter ce qu'il a besoin, puis elle retourne vivre à la traditionnelle dans sa famille, faire de l'agriculture ou de la pêche. Trois ou six mois plus tard, elle revient faire "un tour". Il en résulte que bien que présentement il y ait environ 300 G.I.P., en réalité c'est un "réservoir" d'environ 1000 à 1500 personnes sur lequel le président Flosse peut compter et appeler à tout moment.

Pour l'ambiance, le G.I.P. est très similaire à la Légion étrangère, là aussi confirmé par M. Flosse (« Les membres du G.I.P. sont un peu les légionnaires de la Polynésie. ») voici 4 mois. Des sources fiables parlent aussi d'un ancien légionnaire qui aurait formé ou formerait encore des G.I.P. sur l'atoll de Tupai. Une discipline stricte est la norme, on travaille sans compter lorsque c'est nécessaire, mais c'est aussi et avant tout une "famille", comme à la Légion, dans laquelle on s'entraide et on se protège mutuellement. On peut voir là la recréation d'un nuna'a, d'une communauté polynésienne où le groupe importe bien plus que l'individu et ou le respect du chef et de la hiérarchie est essentiel. C'est le genre de vie en communauté dans lequel le Tahitien se plaît car il retrouve le type de convivialité et une dignité que la société "moderne" (pourtant imposée par les conseillers et ministres de M. Flosse !) a tant détruit dans nos îles.

Le président Flosse lui-même semble très attaché à cette "famille" qui est bien le seul groupe pour lequel il organise des soirées privées, telle celle donnée au Palais présidentiel début juillet, tout comme celle de la fin du chantier de la "troisième voie", voire "l'arbre de Noël" à chaque fin d'année où il distribue personnellement les cadeaux.

C'est ainsi que Président a offert une nouvelle "famille" à beaucoup de jeunes et moins jeunes qui n'en n'avaient plus, et on comprend qu'ils lui en soient reconnaissants.Depuis juin, même une branche féminine du G.I.P. a été créée. Mais des tensions peuvent aussi se développer, tel que ce fut le cas vers janvier 2000, lorsque certains n'avaient pas été payés depuis 3 mois, mais là encore, la discipline et "l'esprit de corps" contrôla parfaitement la situation.

Il est certain que l'obéissance et l'adulation des membres de ce groupe bien discret (ils sont soumis à un serment de "secret" lors de leur embauche) pour un homme inquiète dans différents milieux. D'abord dans les milieux de l'Etat où certains craignent un "dérapage" lors duquel, pour la première fois depuis les guerres de Pomare II, des Tahitiens pourraient se trouver en conflit face à d'autres Tahitiens ; comme le prouve cette explication qu'un responsable nous a donnée : « Si on a fait venir des escadrons de gendarmes de France pour l'ouverture du site [CET] de Paihoro, c'est surtout pour mettre un "tampon" entre les manifestants et le G.I.P. [gardien du site] ».

Ensuite, l'autre inquiétude vient de milieux politiques de l'opposition à Tahiti face à ce véritable « Etat dans l'Etat » local : « Si jamais on gagne les élections, mais qu'est-ce qu'on va faire de cette milice, de ces G.I.P. ? Il faudra continuer à les payer, autrement ils feront comme George Speight aux Fidji, il nous feront un coup d'Etat ! »

 

 

A méditer…

Alex W. du PREL

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 113, septembre 2000

"GIPettes"

La Présidence, dans un communiqué concernant l'aménagement de l'espace pour les roulottes du port, confirme la création d'un corps féminin de G.I.P. que nous avions annoncé le mois dernier. Elle a même inventé un nom pour ces dames : les « GIPettes » !

Aussi, selon des indiscrétions de proches du pouvoir, G.I.P. voudrait dire : « Gaston Intervient Partout ».

 

 

 l'hôtel Princesse Heiata à Pirae, acheté en 1989 pour 180 millions afin d'en faire une école hôtelière, projet annulé. Les bungalows de l'hôtel ont ensuite servi de logement pour des ministres et des membres de cabinets expatriés ; puis devenu vétuste et délabré, il sert aujourd'hui de logement pour des GIP, certains avec familles.

- l'hôtel Te Puna Bel Air, acheté voici cinq ans pour 600 millions, est aujourd'hui aussi une triste ruine. Là encore, les bâtiments toujours habitables logent des GIP et leurs familles.

 

 

Gentils G.I.P.

Depuis plusieurs mois on ne cesse d'entendre parler du G.I.P. dans la presse locale. A lire les articles, il s'agirait d'une milice, et c'est vrai que les différents incidents qui ont émaillé le Heiva semble confirmer cette analyse. Pourtant, comme secouriste lors du Heiva, je n'ai jamais eu d'accrochage avec les membres du GIP. Au contraire, lorsqu'on passe à leur côté ils vous saluent et arborent un sourire accueillant. Pourtant, jusqu'à la rebuffade du représentant de l'Etat concernant le rôle de quasi police exercé par le G.I.P. sur la place To'ata, on n'a pas beaucoup vu de "vrais" policiers assurer la sécurité de cet espace public. Aujourd'hui, la section d'intervention est bien présente. Mais assure t'elle vraiment la sécurité du site ? Le 5 août, je suis allé manger avec ma compagne place To'ata, et j'ai vu comment la Police assure cette mission de protection : pendant que les membres du G.I.P. gardaient les entrées et surveillaient la place, les huit agents de police festoyaient autour de leur chef (une dame). Ils étaient déjà là avant que nous arrivions, et comme nous avons pris une heure pour manger, ça veut dire que pendant ce temps personne n'aurait assuré la sécurité du site et de ses usagers, s'il n'y avait pas eu le .G.I.P. Ne jetons pas la pierre aux membres du G.I.P. : Ce sont des gars obéissants, qui font ce qu'on leur dit. C'est vrai que quand ils trouvent en face d'eux un petit malin rétif aux consignes, ils peuvent s'emballer. Pour ma part, je ne les ai jamais pris de haut, et les ai toujours abordés avec le sourire. J'ai déjà eu droit à plusieurs "recommandations" de leur part quand je me trouvais à To'ata : une fois parce que j'étais passé au-dessus d'un muret. Leurs remarques étaient justifiées, même si on accepte mal que quelqu'un qui n'est pas de la police se permette de juger votre comportement. Mais en y réfléchissant, tout citoyen qui verrait quelqu'un avoir un comportement susceptible de porter préjudice au bien commun devrait s'interposer et lui faire la morale. Avez-vous déjà fait la morale à tous ces gens qui jettent leurs détritus n'importe où, alors même qu'une poubelle est à leur portée de main ? Le fait est que globalement leurs actes méritent d'être estimés. Le seul vrai défaut qu'on puisse leur reprocher est d'être un outil (un jouet ?) entre les mains du président du gouvernement. Et de manquer de compétences pour certaines des missions qu'on leur confie (notamment en matière de travaux publics. L'exemple de Bora Bora est assez édifiant, mais il n'est pas le seul).

Bon courage à vous, pour votre journal.

P. G,

 

 

Toujours plus

La Présidence a embauché 120 G.I.P. (groupement d'intervention de la Présidence) supplémentaires, comme le montre le Journal officiel ; aussi, on vient de RAJOUTER 25 millions de frais de nourriture et 60 millions de carburant ainsi que 170 millions de matériels lourds (bulls, dragues, camions) et 80 millions de matériels (4X4, etc.) pour ce G.I.P. Pour le palais présidentiel même, on a rajouté 45 millions de "frais de transports", 14 millions de frais de télécommunications ainsi qu'un petit 60 millions (3,3MFF) pour couvrir les frais de "fêtes et cérémonies" de nos chers dirigeants. Champagne et caviar ont-ils augmenté comme le pétrole ?

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 114, octobre 2000

Gaston FLOSSE Sur le G.I.P. (et l'Etat)

« Enfin, sans le moindre esprit de provocation, vous me permettrez de porter à notre crédit la constitution d'un service d'intervention rapide, le GIP qui donne tant de frissons et fait tant grincer certaines dents. Je n'en ai cure. Ce service s'est illustré par l'ardeur et le courage physique de ses membres, notamment à l'occasion du cyclone des ISLV et des inondations à Tahiti ; il a montré avec quelle célérité et quelle efficacité il travaille notamment à l'occasion de la réalisation de la 3ème voie. Sa création permet au surplus, de donner un travail et un travail utile, parfois aussi une chance de réinsertion sociale, à des hommes qui en avaient besoin. Ils œuvrent dans la légalité républicaine. Et je ne comprends pas que le Haut-Commissaire et ses collaborateurs continuent à instruire contre ce service un procès d'intention injustifié. Objets d'une suspicion systématique, tous les hommes du GIP sont surveillés, épiés en permanence. Tous leurs actes sont interprétés avec malveillance. On fait courir à leur sujet les rumeurs les plus absurdes. A cet égard, quel n'a pas été mon ébahissement quand on m'a rapporté qu'un commando héliporté de la gendarmerie avait débarqué, il y a peu, à [l'atoll de] Tupai à la recherche des preuves que le GIP disposait là d'un camp d'entraînement para-militaire. Bien entendu, rien de tel n'existait mais j'aurais aimé qu'il fût dit très officiellement que ces soupçons étaient dénués de tout fondement. Le GIP et ses hommes sont irréprochables, mais on leur reproche tout ce qu'ils font, même de tailler des arbres, de planter des fleurs ou de construire des routes et des pistes. J'ai même reçu récemment, le 4 septembre, une lettre du Haut-Commissaire me demandant de quel droit des hommes du GIP avaient aidé des gens à déménager comme le lui révélait un rapport de police. Et le Haut-Commissaire s'inquiète de savoir dans quel cadre a eu lieu cette intervention et si l'assistance à des particuliers s'est faite à leur demande et qu'est ce qui la justifie. Comme si ce n'était pas une des missions essentielles du GIP d'aider ceux qui en ont besoin. Mais même cela leur est reproché. Le Haut-Commissaire n'a t-il vraiment rien de plus important et de plus urgent à faire que de persécuter le GIP ? La police n'a t-elle rien de plus important et de plus utile à faire que de surveiller le GIP ? Mais je dis à tous les hommes du GIP : ne vous inquiétez pas. Continuez à vous montrer irréprochables et utiles à la population. Tous les Polynésiens vous respectent et vous estiment. Votre bilan plaide pour vous. Nous sommes fiers de vous ». (…)

 

 

 

 

Autre exemple : les réservoirs et le GIP

Le 21 septembre 2000 un autre incident se déroula qui indique que certains à Tahiti n'acceptent plus l'état de droit.

Bien qu'un inspecteur des Affaires maritimes leur ait expliqué qu'ils n'en avait pas l'autorisation, les marins du G.I.P. sortirent quand même en mer pour tenter de dynamiter au large un vieux bateau et des cuves de gaz réformées. Hélas la houle brisa les soudures d'attaches et certaines cuves partirent à la dérive pour aller s'échouer sur le récif.

 

 

Octobre 2000

 Arrivée sur l'atoll de Kauehi de Gaston FLOSSE pour vérifier le travail effecté par les hommes du GIP pour une piste d'aviation de 400 m.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 115, novembre 2000

De quand date le G.I.P. ?

Répondant à l'Assemblée nationale à une question posée par le député Alain Tourret, le secrétaire d'Etat Christian Paul déclara que le G.I.P. « n'est pas une police parallèle » et qu'il avait été créé en mai 1998. Officiellement, oui, mais en réalité ce groupement existe depuis octobre 1995, créé au lendemain des événements de septembre 1995. Il est bon de rappeler les faits. Voyez les documents à droite :

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 115, novembre 2000

 Il semble que la manière cavalière de M. Flosse de réaliser certains projets avec son G.I.P. fasse aussi partie des "tensions", puisque lors du conseil des ministres il expliquait à M. Paul que « j'ai, il est vrai, des méthodes parfois expéditives pour réaliser mes objectifs et cela peut légitimement troubler les représentants de l'Etat », à quoi le secrétaire d'Etat répondit que l'Etat devait « jouer pleinement son rôle, garant du respect de la règle de droit et des libertés publique et individuelles ».

 

 

Mercredi 27 décembre 2000

Echaufourrée entre des militants de l'association Taravao Nui Ma et les gardiens du G.I.P. sur la route devant le site du CET (Centre d'enfouissement technique) de Paihoro.

 

 

TPM Janvier 2001

BUDGET PHARANOïQUE

Le budget 2001 du territoire de la Polynésie française, annoncé le 5 décembre, est en forte progression (+9,97 %) à 112,493 milliards Fcfp (6,188 milliards FF) , comparé à 102,292 milliards en 2000.

Dans cette somme, le budget d'investissement augmente de 28,80 % par rapport à 2000 pour s'élever à 29,854 milliards Fcfp. Comme cette année, selon le ministre des Finances Peaucellier, les droits de douanes et d'entrée divers baisseront plus que n'augmentera la TVA (4, 7 et 11%), celui-ci demande donc aux commerçants de répercuter la baisse des prix sur les consommateurs. Bien que le ministre conclut que « ce projet de budget de l'exercice 2001 répond à l'impératif de maîtrise des dépenses publiques », on note que le budget de fonctionnement de la Présidence passe à 2,23 milliards (dont 1,5 milliards de salaires pour le personnel permanent), ce qui n'inclut pas le G.I.P. qui consomme hors service financier 1,9 milliards (1,34 milliards de fais de personnels) somme à laquelle il faut ajouter l'essentiel des 3,4 milliards de travaux effectués en régie. A.d.P.

 

 

Cher G.I.P

Selon le journal officiel, la place Vaiete de Papeete a été transférée du Port Autonome au G.I.P. (Groupement d'intervention de la Polynésie) et est donc gérée dorénavant par Président, chef du G.I.P. Et c'est désormais aussi le G.I.P qui encaissera les loyers que paient les "roulottes", loyers qui pour l'occasion ont été multipliés par quatre, de 40 000 à 120 000 Fcfp par mois. Entre-temps, comme le loyer de l'autre entité gérée par le G.I.P, la place To'ata, était bien trop élevé, on a pondu un arrêté qui accorde une remise de 50% à tous les groupes et associations, c'est-à-dire à pratiquement tous les utilisateurs de cette place.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 118, février 2001

Voici le "PV - G.I.P."

La commission permanente de l'assemblée de la P.F. a voté une délibération qui accorde au Groupement d'Intervention de la Polynésie (G.I.P.) le pouvoir de dresser procès verbal envers des infractions à la réglementation par des agents assermentés sur le domaine public dont ils ont la responsabilité, c'est-à-dire les espaces To'ata et Vaiete. Ces nouveaux pouvoirs de police sont peut-être le raison pour laquelle le colonel Chesneau a quitté son poste de chef de la garde du président Flosse pour prendre celui de conseiller technique en sécurité auprès de "Rere", le chef du G.I.P. Aussi, les esthètes de la Présidence ont inventé une nouvelle appellation officielle pour ces espaces du front de mer de Papeete : « Les Esplanades »… un peu comme "Les Champs Elysées" ; on en a déjà les lampadaires !

 

 

Mardi 27 février 2001

L'arrêté du conseil des ministres portant affectation de la place Vai'ete) au G.I.P. est contesté par le haut-commissaire devant le tribunal administratif de Papeete.

 

 

Visite de la Fédération des Droits de l'Homme

Invitée par la Ligue polynésienne des Droits de l'Homme, une délégation de la Fédération internationale des Droits de l'Homme menée par maître Tubiana a fait un tour d'horizon avec diverses personnalités du Territoire, dont le président Flosse qui lui a expliqué, entre autres, le mode de fonctionnement du Groupement d'Intervention de Polynésie (G.I.P.).

 

 

Cher bla-bla

Selon des indiscrétions, le montant de la facture des transmissions par téléphone "Vini" (portable) effectuées par les cadres du G.I.P. (Groupement d'intervention de Président) en l'an 2000 s'est élevé à 200 millions Fcfp (11MFF) !

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 119, mars 2001

 Toute nouvelle place Vai'ete de Papeete

Le 16 février eut lieu l'inauguration de la place Vaiete rénovée, dorénavant appelée " Tahua Vaiete",

Après cinq mois de travaux menés par le G.I.P. (groupement d'intervention de la Polynésie), la troupe de "choc" du président Flosse, c'est une promenade superbement aménagée qui remplace un parking et l'ancien site des concours du "Tiurai". C'est aussi un nouvel espace désormais tout carrelé pour les "roulottes" qui la nuit font l'animation du centre ville. Au centre, une esplanade surélevée accueillera un kiosque en fer forgé qui sera installé en juin. Là, tous les soirs, des musiciens seront supposés s'y produire. Un parking de 100 places a été aménagé du côté du quai des ferrys.

Comme pour la place To'ata, c'est le G.I.P. qui est chargé de la gestion de cet espace ouvert au public. Un groupe de 32 G.I.P. répartis en 4 équipes de 8 personnes assurera un gardiennage 24h sur 24 et 7 jours sur 7. En plus, 12 « gipettes » sont chargées de la propreté et du nettoyage, mais aussi de toilettes publiques, une nouveauté à Tahiti !

Il faut mentionner que ce nouvel ouvrage qui améliore considérablement l'image de Tahiti pour les passagers qui débarquent des bateaux de croisières a été décidé et dirigé personnellement par le président Flosse qu'on voyait régulièrement (et sans le maire Michel Buillard) diriger les travaux. Ce qui donne à penser que vu l'effacement du maire, le vrai premier magistrat de Papeete semble bien être M. Flosse. Le fait d'avoir confié cet espace à son "cher" G.I.P. confirme que la Présidence de Tahiti ne fait pas confiance aux services municipaux et désire y garder le contrôle. Mais, bien que dans son discours d'ouverture le président Flosse ait insisté que « le GIP a fait la preuve à To'ata de sa capacité à assurer la sécurité et la propreté d'un vaste espace ouvert au public en respectant rigoureusement les limites de ses compétences », le haut-commissaire a contesté devant le tribunal administratif de Papeete l'arrêté du conseil des ministres portant affectation de la place Vai'ete au G.I.P.

Cette rénovation de la place Vaiete fait partie du programme d'embellissement du front de mer, qui a pour objectif de réaliser une promenade ininterrompue en bord de mer, depuis la base de la Marine nationale jusqu'à la place To'ata, puis jusqu'à l'hôtel Sheraton (ex-hôtel Tahiti), un espace qui sera appelé "Les Esplanades" et qui sera éclairé, sécurisé et agrémenté de fleurs et d'espaces verts.

A.d.P.

 

 

Mardi 13 mars 2001

Suite au dépôt d'un recours administratif, les membres du Groupement d'intervention de la Polynésie française, les G.I.P. et les "Gipettes" adressent un courrier au haut-commissaire pour l'interpeller sur leur avenir et celui de la place Vaiete qu'ils entretiennent.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 120, avril 2001

Orageux

Jean-Christophe BOUISSOU, ministre du Logement, malgré une pléthore de moyens (distributions de fare ATR, assistance du G.I.P. pamphlets délatoires, soutien de certains médias, etc.) n'a pas réussi à inquiéter Oscar Temaru qui a été réélu maire de Faa'a au premier tour avec 58,5% des voix.

 

 

Lundi 19 mars

Le tribunal administratif ôte au GIP le gardiennage de la place Vaiete, mais lui laisse la gestion et l'entretien.

 

 

 

 

TPM n° 120, avril 2001 Confidences

Ecarts de prix

On se rappelle que l'achat de matériels de sonorisation et d'éclairage aux USA pour les manifestations publiques (carnaval, place To'ata) avait suscité un vif débat à l'assemblée territoriale. Après un appel d'offre déclaré "infructueux", le Territoire avait conclu un marché de gré à gré avec la société SPEED (filiale de la Lyonnaise des Eaux). Selon des documents, le montant tournait autour de 440 millions Fcfp pour la sono et de plus de 230 millions pour l'éclairage, et le Territoire avait réglé le 23 juin 2000 la somme de 637 millions hors TVA, par le biais du GIP, au titre de "fournitures". Or le vendeur de ce matériel, la société Apex Audio de Huntington Beach en Californie, a été tellement fier de vendre ce matériel sono, qu'il a posté en décembre 2000 un article sur un site Internet. Là , on explique que « le gouvernement de Tahiti, à la demande de son président, Gaston Flosse, a investi 1,5 millions de dollars [alors 160 millions Fcfp] dans un système de sonorisation modulaire pour toutes les fonction d'Etat, dont des concerts dans le stade territorial de 5000 places à To'ata ». David Fishbein de Apex Audio explique que « le président avait identifié la nécessité du Territoire de se rendre propriétaire d'un système [sono] à cause des difficultés d'un approvisionnement local qui n'existe pratiquement pas, ce qui oblige les artistes à apporter leurs propres systèmes. Ainsi les spécifications visaient la norme mondiale afin que les ingénieurs de passage puissent être à l'aise pour l'utiliser. Cet équipement sera son legs au peuple de Tahiti. Le gouvernement a alors fait appel à l'aide du gourou local de l'audio, Karl Brinckfieldt qui, grâce à un plusieurs contacts s'est retrouvé chez Apex où ensemble ils ont dessiné et spécifié le système. » Entre 160 et plus de 440 millions, il y a une sacrée marge ! Peut-être le gouvernement devrait-il se pencher sur certaines factures payées lors de la mise en place précipitée de To'ata et du front de mer de Papeete. Surtout que d'autre factures montreraient, par exemple, que les mêmes et identiques poubelles qui auraient coûté 200 000 Fcfp (11 000FF) pièce à To'ata auraient pu être achetées pour 30 000 Fcfp pour la place Vai'ete ; et personne n'ose parler du prix des lampadaires. Nous avons essayé d'avoir des explications auprès d'un fonctionnaire qui avait à l'époque suivi ces achats. Hélas, il nous a répondu, nerveux, être« tenu par le devoir de réserve ; un contrat a été signé, mais le montant n'a pas à être divulgué ».

 

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 120, avril 2001

 Confidences

Vains efforts "diplomatiques"

En prévision d'une visite "privée" de 13 heures du Président de la Chine M. Jiang Zeming lors d'une escale en Polynésie française, le président Flosse avait ordonné au G.I.P. d'effectuer d'urgence des grands travaux sur l'atoll de Tupai : allongement (avec dragage de matériaux) et bitumage de la piste, ainsi que la construction d'une série de luxueux bungalows capables d'accueillir des hôtes de marque. Hélas, il semble que ces travaux considérables et onéreux auraient été faits en vain, car on apprenait fin mars que le Prédident chinois restera sur l'île de Tahiti. A moins que la suite présidentielle…

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 121, mai 2001

« Touche pas à mon Tupai »

On se rappelle qu'après son achat par le Territoire, l'atoll de Tupai avait été confié au service du Tourisme (ministre : Gaston Flosse) pour constituer une "réserve touristique" qui sert plutôt de "résidence de week-end" pour Président, sa cour et ses illustres hôtes, une île farouchement gardée et entretenue par ses dévoués G.I.P. Depuis mars, M. Flosse a quitté le ministère du Tourisme, mais a de suite "récupéré" le contrôle sur "son" atoll grâce à l'arrêté 357 CM du 16 mars 2001 qui porte « l'affectation des terres domaniales de l'atoll de Tupai d'une superficie totale de 987 hectares au profit de la présidence du gouvernement » dont le gardiennage et l'entretien de l'atoll sont toujours « assurés par le service dénommé Groupement d'interventions de la Polynésie [G.I.P.] ». Mais d'autres choses ont changé : « Cet ensemble immobilier est destinée à permettre, sous une compétence unique, la mise en œuvre du plan d'aménagement de l'atoll par les services administratifs concernés. Le plan d'aménagement détermine les zones destinées à l'industrie touristique, celles réservées à lavente, celles classées en réserve naturelle, ainsi que les installations immobilières réservées à l'accueil et à la réception d'hôtes du gouvernement ou à l'organisation de séminaires et réunions ». Ainsi non seulement Tupai devient ainsi officiellement une extension du Palais présidentiel, mais il semble qu'une partie sera transformé en lotissement de luxe pour milliardaires dans lequel, murmure-t-on, l'acteur Christophe Lambert pourrait être un des premiers acheteurs et peut-être même Bill Gates, qui fait bien des voyages discrets à Tahiti. D'ailleurs, la piste d'aviation de l'atoll vient d'être rallongée, bitumée et déclarée ouverte aux ATR42.

 

 

Et que dire de cette grande messe flossienne du 6 mai au Palais présidentiel, transmise en direct sur TNTV : 4000 invités assis sur 4000 chaises oranges marquées "GIP" sous un immense chapiteau, avec de grandioses buffets (mais qui paye donc tout ça ?),. Une "soirée électorale" qui se révéla être en réalité la soirée de célébration du flossisme triomphant à son apogée. Oui, c'est bien entre le15 avril et le 6 mai qu'on a compris la vraie raison pour laquelle Président a créé sa propre chaîne de télévision. Admirons quand même le planning à long terme et les (nos) moyens impressionnants mis en œuvre.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 122, juin 2001

 Fâché

Lors de son discours présentant son programme de gouvernement à l'assemblée territoriale le 18 mai, Gaston Flosse attaqua encore une fois le tribunal administratif : « Là même où notre statut nous donne pleine compétence, des fonctionnaires de l'Etat, en parfaite harmonie avec le Tribunal administratif, s'emploient quotidiennement à vider notre autonomie de toute substance (…) La moindre imprécision juridique est immédiatement exploitée dans le sens d'une reprise des compétences par l'Etat. Songez qu'on nous conteste même le droit de faire exercer le gardiennage du domaine public du Territoire par un service public du Territoire (…) Un contrôle tatillon, soupçonneux, malveillant bafoue chaque jour l'esprit même de l'autonomie. voulue par le législateur ». Un "service public du Territoire" ? Il s'agit bien sûr du G.I.P. (groupement d'intervention de la Polynésie, milice créée par le président Flosse et placée sous son contrôle direct). M. Flosse était furieux contre les trois ordonnances du 4 mai du tribunal administratif, émises à la demande du haut-commissaire, qui ont suspendu une délibération de l'assemblée et un arrêté du conseil des ministres octroyant au G.I.P une mission de surveillance et le droit de dresser des procès verbaux. Le tribunal a considéré que l'on entendait là confier « subrepticement » (à la dérobée) des pouvoirs de police au G.I.P. Il s'agit présentement du seul contentieux sérieux entre M. Flosse et l'Etat ; on est donc bien loin de « bafouer l'esprit même de l'autonomie ».

 

 

Jeudi 28 juin

Arrivée à Papeete du "Tahiti Nui", navire amiral médicalisé des GIP, construit en Chine, long de 70 M et qui représente un investissement de plus de 1,2 milliards Fcfp.

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 123, juillet 2001

 Le yacht présidentiel est arrivé

Arrivée d'abord à Raiatea (escale à Tupai ?) puis à Papeete le 28 juin, veille de la fête de l'autonomie, du navire Tahiti Nui. Long de 70 mètres et capable de transporter 1 000 tonnes de fret et 200 passagers dont 56 en cabine, est le nouveau navire-amiral de la flotte territoriale du GIP (Groupement d'Intervention de la Polynésie), service territorial chargé, entre autres missions publiques, d'intervenir à Tahiti et dans les îles après des catastrophes. Ce GIP regroupe aujourd'hui 680 personnes, selon les déclarations de Léonard Puputauki, dit "Rere", responsable du GIP devant le président.

Commandé en Chine après que le président Flosse ait survécu un terrible voyage de Tubuaià Rapa à bord de la barge Aratai, le Tahiti Nui est annoncé être destiné à transporter du matériel lourd et des équipes complètes de secours sur n'importe quelle île ou atoll touchée par un sinistre. Mais il transportera aussi le Président pour lequel une « suite présidentielle » avec jacuzzi (!) a spécialement été aménagée avec un « salon des ministres » luxueusement meublé. La petite antenne médicale à bord du navire avec deux cabinets dentaires permet d'assurer des missions sanitaires dans les archipels polynésiens et, annonce la Présidence, « même dans les micro-états insulaires du Pacifique sud », donc aussi un beau navire de représentation pour la marche duquel un équipage de 35 hommes (!) est nécessaire. Le cargo-hôpital-yacht Tahiti Nui, avec ses équipements, a au Territoire coûté 8 millions de dollars, soit 1,04 milliards Fcfp (56MFF) au cours du dollar de la fin juin.

 

 

Procès à gogo

Deux plaintes ont été déposées contre le directeur du G.I.P. (Groupement d'Intervention de la Polynésie), la troupe de "légionnaires" qui dépend directement du président Flosse. L'une émane de la conseillère Tavini (indépendantiste) Tina Cross, aussi présidente de l'association Temuriahoe, qui avait été interdite par des "gros bras" du G.I.P. de visiter la maison d'une résidente du complexe de l'ancien hôpital Jean Prince à Pirae, alors que plus de 160 personnes se faisaient expulser. L'autre plainte a été déposée par Marc Tarrats, journaliste aux Nouvelles de Tahiti, lequel a été insulté avec des propos racistes et interdit de prendre des photos depuis une route publique par d'autres "gros bras" du G.I.P. Il sera intéressant de suivre la suite de ces procédures judiciaires, d'analyser les réactions du parquet, de l'Etat comme du Territoire afin de clarifier la situation de ce G.I.P. qui a déjà passionné dans le passé le tribunal administratif. On s'étonne d'ailleurs des récents "dérapages" supposés de cette "milice", puisque le colonel Lionel Chesneau, ancien du G.I.G.N. responsable de la sécurité rapprochée du président Flosse, a depuis quatre mois été détaché auprès du G.I.P. justement pour encadrer et entraîner cette unité (forte de 680 personnes le 28 juin) à opérer dans le cadre des lois républicaines. Peut-être est-ce parce qu'il n'a eu que le temps de former les G.I.P. gardant les places To'ata, Vaiete et la gare maritime de Uturoa.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 124, août 2001

 Le Heiva (Tiurai) assassiné ?

Pour la seconde année consécutive, le Heiva se déroula à la nouvelle place To'ata, le complexe "culturel" voulu et construit par Gaston Flosse. Franchement dit, ce fut un "bide" total et les nombreux groupes de chants et de danses qui se préparèrent longtemps pour présenter des spectacles de qualité jouèrent pour la plupart face à des tribunes presque vides.

L'explication de ce désastre, car cela en est un, est assez simple : à vouloir trop réguler, à vouloir trop diriger, trop synthétiser, trop faire "moderne", on a volé au peuple son Tiurai, son Heiva. Hélas, notre éditorial du mois dernier était prophétique.

Le fiasco est surtout de la responsabilité de la place To'ata elle-même, laquelle a été pensée pour des concerts de Rock, pour la "frime", mais pas pour un Tiurai : trop grande (« il faut des jumelles »), trop impersonnelle et trop « froide » car la surface est en béton et parce que les spectateurs sont trop éloignés. Il n'y a plus de contact entre le public et les groupes de danse.

Trop de "police" aussi, trop "d'encadrement" qui mettent les spectateurs mal à l'aise : « Tout ça ressemble maintenant à un concert de musique classique ! On n'a plus le droit de bouger et dès qu'on se promène un peu, soit les hôtesses de la Présidence, soit les G.I.P. vous donnent l'ordre de vous rasseoir ! C'est rude et tellement peu polynésien ! » commente un spectateur, alors qu'un autre raconte que lorsque, pour se détendre, il posa ses pieds sur les sièges vides devant lui, les hôtesses accoururent de suite pour lui dire que c'était interdit : « On aurait dit que la Marquise de Sevigné, la dame des bonnes manières à la Cour de Versailles, était en charge ».

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 125, septembre 2001

Tupai "de Luxe"

Dès que les résultats des élections territoriales ont été connus à Uturoa, l'équipe de construction du G.I.P. (Groupement d'intervention de Polynésie, les "légionnaires" de Président) disparut de cette île. On découvrit bientôt qu'elle était sur l'atoll (territorial) de Tupai, devenue résidence privée et interdite du président Flosse et de ses hôtes. Qui s'approche « à moins de 100 mètres du récif est agressé verbalement par les G.I.P. » se lamentent des habitants de Bora Bora, alors que 50 "bâtisseurs" G.I.P. ainsi que des techniciens spécialisés de Tahiti construisent deux luxueux bungalows de 70 m2 sur pilotis sur le lagon, ainsi qu'un complexe en forme de banane avec huit chambres luxueuses. A leurs côtés, se monte un grand fare potee pouvant accueillir 150 personnes, toujours dans le grand luxe. Tout ce beau monde sera bien nourri grâce à une superbe cuisine tout inox, tout carrelé avec l'équipement le plus moderne. Le village de rêve de Président devrait être terminé fin octobre. Sur quel budget sont prélevées ces dépenses  considérables ???

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 125, septembre 2001

 Le cher "G.I.P. Business"

Le Groupement d'Intervention de la Polynésie (G.I.P.), fut créé avec la mission « de porter secours à des populations menacées ou atteintes par des événements » mais aussi « d'assurer les transports maritimes nécessaires à la satisfaction des besoins des services et établissements publics ; de personnes morales de droit public ou privé » et encore « de prêter le renfort de ses moyens en hommes, matériels et fournitures à tout service et établissement public » et enfin et surtout, il « peut assurer le gardiennage de chantiers ou de certaines installations publiques, ainsi que la gardiennage et l'exploitation de domaines territoriaux. ».

Tout le monde avait alors compris que le G.I.P. était là pour aider la population, mais il se dévoile que cette troupe de « légionnaires » du président commence à être omniprésente dans l'économie du privé : location d'engins de construction, exploitation de parkings publics et de «L'Olympia» tahitien, l'ère de spectacles de To'ata. Or voici maintenant le G.I.P. devenu armateur avec le yacht-cargo Tahiti-Nui offert à la location pour 2,5 millions Fcfp (137KFF) par jour (réduction possible de 10 à 50% pour certains).

Car les prestations du G.I.P. sont chères et les parking ou la place To'ata, souvent vides, en témoignent constamment. Pour parader son beau yacht face aux populations des Australes, le président Flosse exprima « le souhait personnel » de l'utiliser pour faire du ramassage scolaire jusqu'à Rapa. Ceci fit que le territoire dut payer trois fois :

- d'abord il fallut payer le Tahiti Nui,

- ensuite, comme son coût est plus élevé que l'habituel Tuhaa Pae II, il fallut accorder une subvention au G.I.P.

-Enfin, comme un contrat avait été signé avec l'armateur du Tuhaa Pae II, il fallut l'indemniser pour rupture de convention.

Le Tahiti Nui coûte donc très cher aux contribuables et la société Tuhaa Pae, qui paye impôts et patente, a perdu une partie de son marché à une "entreprise" financée par ces mêmes impôts.

Allons-nous vers une "nationalisation" de l'économie de Tahiti ?

A.d.P.

 

 

Samedi 22 septembre 2001

Patrice LEOU, âgée 28 ans, frappé à mort par un G.I.P., décède dans un fourgon de police.

 

 

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 127, novembre 2001

 "AITO ROCK LIVE", enfin la reconnaissance

L'émission fut enregistrée sur deux journées, les morceaux gravés sur support informatique pour avoir un enregistrement audio quasi parfait. Une équipe du G.I.P. fut mobilisée pour équiper et décorer le studio de l'ICA afin de lui donner un aspect de vieux garage, "spot" mythique de répétition des groupes de rock. L'émission fut diffusée en décembre 2000 lors des programmes de fin d'année.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 127, novembre 2001

Sévère rapport de la Fédération des Droits de l'Homme

La création d'un Groupement d'Intervention de Polynésie illustre assez bien cette sorte de dérive. Créé à l'initiative du Président du gouvernement de la Polynésie française, responsable devant lui et ayant les tâches les plus diverses (du gardiennage à la construction), le G.I.P. a déclenché une polémique et a contraint le haut-commissaire à intervenir pour réduire les fonctions que M Gaston FLOSSE entendait lui confier, notamment en matière de sécurité publique. Certains ont pu craindre que le Président du gouvernement de la Polynésie française crée ainsi une véritable garde prétorienne à son seul service. Dans ce contexte, les tribunaux (des deux ordres) deviennent, de fait, des contre-pouvoirs et chacune de leur décision prenne alors un sens politique qu'utilise tel ou tel camp.(…)

 

 

Lundi 12 novembre 2001

Inauguration du nouveau quai du G.I.P. à Motu Uta. Il a coûté 363 millions Fcfp.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 128, décembre 2001

 Le lotissement pour milliardaires de Tupuai prend-il forme ?

Au fil du temps, des célébrités, hommes d'affaires, acteurs de cinéma ou autres passent par Tahiti pour découvrir le charme de nos îles. On se souvient de Bill Gates, qui ne quittait jamais le super yacht "Napuka" qu'il avait loué, d'un des (nombreux) princes héritiers d'Arabie saoudite, ou de Thierry Lhermitte dont le film "Le Prince du Pacifique" vient de profiter, a posteriori, d'une autre subvention présidentielle : les 16 millions de cotisations C.P.S. qu'il n'avait pas payées.

Christophe Lambert, lui, était enthousiaste, mais jusqu'à présent aucun de ses projets (on parle d'une usine de farine de poisson dans la baie de Phaeton) n'a encore vu le jour. Mais on dit que cela se ferait, même avec des capitaux italiens.

Dernière riche célébrité à visiter Tahiti fut Jim Carrey, acteur canadien en vogue ("The Mask"). Arrivé dans son jet personnel, il fut accueilli avec le rituel devenu depuis deux ans habituel : par Président en personne, puis pris en main par un notaire de la place entouré d'hôtesses pour être conduit illico admirer l'atoll de Tupai, si bien gardé par le G.I.P. Serait-ce pour lui vendre un espace dans le lotissement réservé aux milliardaires que Président veut créer ?

Atoll où ce même G.I.P. est en train de percer une passe dans la barrière de récif (sans permis ?). "C'est pour leur cargo-yacht, le Tahiti Nui", me direz-vous. Oui, sûrement, mais lorsqu'on apprend par des indiscrétions des USA que Bill Gates, aficionado de nos îles, se fait présentement construire un super yacht de luxe dans un chantier de l'Etat de Washington, on serait tenté d'en déduire que cette passe pourrait aussi servir pour ce bateau-là. D'autant plus que certains observateurs américains spéculent sur la possibilité que le créateur de Microsoft pourrait utiliser ce navire, qui sera suréquipé en moyens de communications ultra-sophistiqués, pour gérer son empire depuis n'importe où dans le monde.

Alors, pourquoi pas depuis Tupai, atoll si bien protégé ?

A.d.P.

 

 

"Concurrence déloyale"

63 entreprises du bâtiment (BTP) ont signé une pétition pour dénoncer la "concurrence déloyale" du G.I.P. en matière de travaux publics et location d'engins. Réponse du président Flosse : « Le G.I.P. est moins cher ! »

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 129, janvier 2002

Oh mon image !

Ce sont 116 nouveaux postes qui ont été créés à la Présidence de Tahiti pour 2002, dont 93 postes de G.I.P. (groupement d'intervention de la Polynésie).

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 130, février 2002

Quel "système" met-on en place à Tahiti ?

La création du Groupe d'intervention de la Polynésie (G.I.P.) et de son vaste parc de matériel lourd, lequel détient d'ailleurs une sorte de monopole pour la construction de pistes d'aérodromes dans les îles, ont introduit là encore un nouvel "acteur" sur le marché des grands travaux.

L'OPT, s'est bien sûr assuré le monopole de la connection Internet et des téléphones mobiles à travers ses filiales Mana et Vini et devint tout bonnement commerçant sur le marché du matériel électronique et bureautique grâce à son autre filiale ISS, créé par le rachat au "prix fort", avec des fonds publics, de deux entreprises privées en déconfiture.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 130, février 2002

Sectarisme

Le navire "administratif" du G.I.P., le Tahiti Nui, toujours chargé du ramassage scolaire aux Australes malgré le prix élevé de ses prestations, a embarqué lors de sa tournée début janvier, une délégation du gouvernement, Président en tête, pour une mission "de terrain" que certains considèrent plutôt électorale. Etaient aussi à bord plusieurs spécialistes de la santé publique, en mission d'assistance aux populations isolées de ces îles. Le dentiste pressenti, fonctionnaire territorial de grande expérience, réputé intègre et très bien noté, a été interdit de mission sur le simple prétexte qu'il est "politiquement incorrect" ! En effet, sa "tare" est d'être aussi conseiller municipal de Arue, hélas pour le Tahoera'a, une commune d'opposition… Après enquête, il s'avère que la Présidence n'y serait pour rien : ce serait un membre du cabinet ministériel ou de la direction de la Santé, courtisan zélé mais craintif, qui aurait eu peur qu'on lui fasse reproche en haut lieu d'avoir embarqué un "dissident", un "ennemi" qui pourrait peut-être par la suite raconter la réalité politique d'une telle "mission" financée avec les deniers publics.

 

 

Mardi 8 janvier

- Le navire du GIP, le Tahiti Nui quitte Papeete pour l'opération de ramassage scolaire de 330 élèves des îles Australes. Des médecins et des politiciens en campagne sont du voyage.

 

 

Mardi 19 février

Le tribunal correctionnel de Papeete prononce la relaxe de Léonard Colombel PUPUTAUKI, dit « Rere », responsable du G.I.P.

 

 

« Ne venez pas ! »

Comment expliquer le désintérêt croissant pour la destination Tahiti ? Peut-être pourrait-on trouver une partie de l'explication dans l'expérience que vient de vivre le directeur d'une agence de voyage de Los Angeles spécialisée dans nos îles (l'agence "Tahiti Legends" pour ne pas la nommer) et qu'il raconte à qui veut l'entendre tant il a été surpris. En visite à Bora Bora début février pour faire son habituelle tournée des hôtels dans lesquels il envoie ses clients, ce professionnel fut désolé de constater que (malgré un nettoyage massif par les G.I.P. et une taxe de séjour, annoncée « pour le nettoyage » et collectée depuis deux ans ) l'île était très, très sale. Il partit donc en faire la remarque au maire de l'île, Gaston Tong-Sang. Réponse de celui-ci : « Si ça ne vous plaît pas, vous n'avez qu'à pas venir ! » Plutôt étonnant de la part du magistrat d'une île qui ne vit que du tourisme.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 131, mars 2002

 Mission "humanitaire" aux Tonga

 Le 6 février, le président Gaston Flosse, accompagné de la bonne presse, se déplaçait personnellement sur l'île de Vava'u, dans le nord de Tonga, qui a durement été touchée par le cyclone Waka. Il a ainsi pu mesurer l'ampleur du travail qui attend les 90 hommes du G.I.P. (groupement d`intervention de la Polynésie) envoyés sur place à bord du navire territorial « Tahiti Nui », pour réparer certains des dégâts. Ces hommes sont appelés à rester sur l`île pour une période « d'au moins six mois (…) Dans certains cas, il faudra reconstruire entièrement des établissements scolaires », a déclaré M. Flosse. Interrogé sur les motivations de l`opération de 100 millions Fcfp, il a rappelé les liens d`amitié qu'il entretient depuis de longues années avec le roi de Tonga, Tupou IV, « Nous avons une dette envers Tonga., En 1986, lorsque j'étais secrétaire d'Etat chargé du Pacifique [sud], le dossier des essais nucléaires était difficile (…) Il a accepté de visiter Moruroa (…) C'est un énorme service que le roi a rendu à la France. Aujourd'hui, c'est la Polynésie qui lui rend service, alors que la France aurait dû le faire » (sic !).

 

 

Note : Il faut noter que depuis le 8 février 2002, Messieurs Jean-Jacques DELARCE, inspecteur général de l'administration de la P.F. et Léonard PUPUTAUKI, chef du G.I.P., ont disparus de la liste alors qu'ils y figuraient encore en février 2002 et qu'ils sont toujours dans leur fonction. Pourquoi ? Encore, on note la disparition de la liste du colonel Lionel CHESNEAU, chef de la "sécurité rapprochée", pourtant présent depuis des années sur cette liste et qui en a été rayé voici environ 9 mois.

 

 

Lundi 25 mars 2002

Gaston FLOSSE au Tonga pour assister à l'inauguration de la première école entièrement

 

 

Mercredi 15 mai 2002

- Le tribunal administratif interdit de gardiennage le GIP.reconstruite par le GIP.

 

 

Vendredi 17 mai 2002

Gaston FLOSSE interpelle le haut-commissaire sur la sécurité des places Vaiete et To'ata, après le jugement du tribunal administratif déniant au G.I.P. le gardiennage de ces espaces publics.

 

 

"Camp de travail" aux Tonga ?

Nous avons reçu un courrier des Tonga qui explique les conditions de travail du G.I.P. là-bas. En voici la traduction : « Alors que j'étais à Vava'u, j'ai observé les travailleurs tahitiens œuvrer du lever au coucher du soleil. Ils font un travail fantastique. Il paraît que certains sont d'anciens prisonniers et c'est pour cela qu'ils ont un couvre-feu, qu'ils n'ont pas la permission de fréquenter les autochtones ; lorsque le travail est terminé, c'est le dîner et le retour sur leurs bateaux au quai. Parfois on entend de magnifiques chants provenant de chez eux. Ils ont fait et font toujours un admirable travail de reconstruction des écoles de Vava'u. Merci Tahiti ! ».

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 134, juin 2002

 Tragédie aux Tuamotu

Les jours suivants, les recherches continuèrent entre les atolls de Kaukura et Makemo. En plus des avions, deux navires de la Marine nationale et deux bâtiments du Territoire participèrent. Le signal faible et intermittent d'une balise détecté la veille ne fut jamais été repéré avec précision. Le gouvernement de Polynésie française annonça qu'il envoyait dans cette zone des Tuamotu un nouveau navire et 20 hommes du G.I.P. (Groupement d'Intervention de la Polynésie).

 

 

Lundi 3 juin 2002

Fermeture du parking de Vaiete dit « parking G.I.P. ».

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 135, juillet 2002

Fédération « désobéissante »

Ça chauffe à la Fédération de tennis de table de P.F. Comme celle-ci continue de refuser d'élire à sa tête un président choisi par le pouvoir (lequel aurait, dans le passé, eu quelques ennuis pour une gestion plutôt douteuse), le ministre des Sports est allé personnellement au stade Pater avec le G.I.P. pour faire changer les serrures des locaux de cette fédération.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 135, juillet 2002

 Douche froide à Paris, puis quelques promesses

Gaston Flosse profita de l'occasion pour demander plus de policiers et étendre les pouvoirs des polices municipales et d'invoquer le problème de son G.I.P. "castré" par le tribunal administratif. Là encore, Sarkozy aurait laconiquement répondu « être au courant » et avoir « trouvé la chose ridicule ».

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 136, août 2002

Ça continue aux Tonga

Le 29 juillet, après un mois de repos, une cinquantaine de travailleurs du G.I.P.sont retournés sur l'île de Vava'u au royaume des Tonga afin d'entreprendre la prochaine phase de reconstruction des dégâts du cyclone Waka. C'est le navire Meherio III qui a apporté une vaste cargaison de bois de construction et un vol charter ATR 42 d'Air Tahiti qui a acheminé les « légionnaires » qui n'avaient pu trouver place à bord du navire. On aimerait bien, à terme, connaître le coût total de cette opération.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 137, septembre 2002

Capitaine fatigué ?

Le 15 août, à cinq heures du matin, lors du retour du voyage d'assistance pour le Dory, voyage avorté car les naufragés avaient été recueillis par un autre navire, le Tahiti Nui du G.I.P. a furieusement tapé le quai à Papeete. On pouvait voir un gros trou dans la proue qu'il fallut par la suite réparer. Le plus étonnant est que, bien que le Tahiti Nui transportait des journalistes invités par la Présidence, rien sur cet incident n'a été publié.

 

 

Problèmes au nouvel hôpital

Alors que le gouvernement avait déclaré au début du mois que « le chantier de l'hôpital continuera » et qu'il n'y aura « aucun licenciement » pour les employés du chantier, ce n'était pas la vision du groupement d'entreprises conduit par Bouygues Bâtiment qui a signé un contrat de "18 milliards CFP" (151 millions °Ë) pour construire les bâtiments. Mais, commel'affirme Bouygues, les plans ne seraient pas prêts pour poursuivre normalement les travaux, d'où un ralentissement du chantier qui impose le licenciement de 140 ouvriers sur les 340 en activité. C'est alors que les syndicats s'en mêlèrent et le 22 octobre ils se mirent en grève. Les ouvriers ont défilé de Pirae au Palais présidentiel où le vice-président Édouard Fritch leur a confirmé par écrit la promesse du Territoire d'embaucher dans les services de l'administration publique (le G.I.P.) les ouvriers qui resteraient sans emploi si le tribunal jugeait les procédures de licenciement légales. Gaston Flosse, à Paris, rencontrait Martin Bouygues pour tenter de régler le problème, alors que les ouvriers à Pirae avaient bloqué le chantier, enfermant une cinquantaine de cadres. Flosse revint de Paris sans accord avec Bouygues, qui menace de se retirer du chantier s'il n'obtient pas 7 milliards Fcfp additionnels. Une affaire qui se poursuivra en novembre.

 

 

Dimanche 15 septembre

Gaston FLOSSE se rend aux Tonga afin d'inaugurer les écoles reconstruites par le GIP.

 

 

GIP : Travail terminé aux Tonga

Le 16 septembre, le président Flosse se rendit aux îles Tonga pour inaugurer avec le roi Tupou IV les cinq écoles que le GIP (Groupement d'intervention de la Présidence) reconstruisait depuis février.

Etrangement, la presse et les sites Internet des îles Tonga ont été bien silencieux au sujet de cette aide, tout comme sur la visite officielle de la princesse Salote Pilulevu à Tahiti en juillet dernier.

 

 

Appel d'offres bidon ?

Le 16 octobre, lors de son retour de Chine, le président Flosse déclarait : «J'ai visité le chantier naval de Fuzhou (…) deux bateaux de débarquement sont actuellement en construction à Fuzhou. Ils remplaceront les Meherio 2 et 3, vétustes, qui devront être bientôt coulés. ». Il est donc plus qu'étonnant de lire dans l'hebdomadaire Le Marin du 8 novembre 2002 un avis d'appel d'offres international lancé par le G.I.P. relatif à la fourniture de deux navires de 43 mètres de longueur « de type LCT de débarquement à rampe…conçu pour le transport d'engins de travaux publics (…) et pour le débarquement dans les îles de la Polynésie française » avec « date limite de remise des offres est fixée au lundi 09 décembre 2002 à 11 heures. L. Puputauki. » Ceci ressemblerait-il fortement à un appel d'offre "bidon" ? Pauvres chantiers qui vont se décarcasser pour soumettre une offre, alors que le marché serait déjà bouclé. L'Etat, qui paye pour ces bateaux, verra-t-il quelque chose de « bizarre ? »

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 141, janvier 2003

Ô Fakarava, nouvel amour de Président

Comme Fakarava remplit tous ces critères et, qu'en plus, l'atoll a un maire Tahoera'a (RPR, comme toutes les communes des Tuamotu-Gambier), Président décida de s'y "intéresser". Il y fit pas moins de trois visites en un mois puis, un beau matin de la mi-janvier, 50 G.I.P. débarquèrent des trois Meherio avec bulldozers et une montagne d'équipement. Officiellement, on expliqua à la population tout étonnée par cette invasion que ceci est pour « faire la route » entre l'aérodrome et le village de Rotoava, mais aussi du village jusqu'à la ferme perlière de Robert Wan distante de quelques 30 kilomètres, tout comme l'électricité. C'est dans cet endroit de l'île que sera construit un parcours de golf !

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 141, janvier 2003

 Confidences

Les cadeaux de Noël de Président.

On savait que le président Flosse s'était fait offrir pour Noël un avion ATR 42-500 avec nos impôts, mais on ignorait qu'il nous avait aussi laissé lui payer, fin novembre, une superbe limousine noire Mercedes Classe S avec intérieur cuir (prix de base en France : 12 millions Fcfp, plus les « aménagements ») pour se promener à Paris et en France. Et ce luxurieux carrosse ne peut-être utilisé que par Président ou son gendre, le vice-président, les ministres et députés étant priés de continuer à utiliser la vieille limousine Renault. Autre cadeau, offert par le G.I.P. cette fois-ci : une grande tortue en pierre sculptée qui pèserait plus de 200 kilos.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 141, janvier 2003

 L'incendie du Windsong, une perte totale

 

Selon plusieurs témoignages, le président Flosse accompagné de trois de ses ministres arriva à la base marine pour visiter le bateau condamné, puis envoya trois camions du G.I.P. charger vaisselles, télévisions, CDs, la cloche et la roue du navire et bien d'autrse choses de valeur à bord du luxurieux bateau. Le gardien de la base retiendra un des camions et le fera décharger. Selon d'autres indiscrétions, on tenterait de monter une « association caritative » pour expliquer ce pillage. Par la suite, cette « affaire » fut réglée avec les responsables de Windstar Cruises lors d'un dîner et, apparemment en contrepartie, le président Flosse fit pondre deux arrêtés permettant l'immersion de navires dans les eaux territoriales grâce à « des autorisations d'immersion qui ne pourront être délivrées que par le président du gouvernement de Polynésie française en personne. » Le président Flosse prend ainsi même le contrôle de l'océan.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 143, mars 2003

 « Insécurité » à Tahiti, insécurité à Paris

Le président Flosse aime se sentir protégé, et depuis peu, il réclame continuellement plus de policiers, plus de gendarmes et plus de pouvoirs pour les G.I.P. (Groupement d'Intervention de la Polynésie), sa milice de légionnaires à tout faire. Voyez vous-même : le 5 décembre 2001, à Paris, lors de la discussion sur le budget de l'Outre-mer au Sénat, notre sénateur-président a sévèrement jugé l'action de l'Etat et du secrétaire d'Etat Christian Paul, critiquant une politique de pingrerie qui aurait engendré « l'insécurité » à Tahiti. Ça, c'était avec les socialistes et on comprend le jeu politique. Mais "Président"continua par la suite à réclamer plus de forces et de pouvoirs avec ses copains du RPR : le 14 juin 2002, il se plaignait devant Sarkozy qu'il « n'y a pratiquement aucun policier dans la ville de Papeete. A la tombée de la nuit, il y en a quelques uns, mais de plus en plus rarement. Il faut donc renforcer l'effectif de la police. J'ai dit au ministre que nous sommes également tout à fait disposés à l'aider dans ce domaine » faisant, bien sûr, référence à l'interdiction faite par le Tribunal administratif de Papeete au G.I.P. de jouer au policier, une interdiction que le ministre de l'Intérieur aurait, selon M. Flosse, trouvé « ridicule ». Mais Nicolas Sarkozy avait alors aussi promis « qu'il viendrait en Polynésie avant la fin de l'année (2002) ». Promesses de ministre…

Le 29 novembre 2002, Flosse relançait Sarkozy pour lui signaler « l'urgence de la situation » et lui demander d'augmenter sensiblement les effectifs des forces de sécurité, « largement insuffisantes à ce jour pour faire face à la hausse de la violence. » Et le 19 décembre, un second escadron de la gendarmerie mobile arrivait sur le territoire. Quoi ? Mais attendez, on est à Tahiti, « havre de paix, d'harmonie et de beauté » selon les dépliants touristiques. A entendre "Président", Tahiti serait affligée par une grave « hausse de la violence », une « situation urgente » et celui qui ne connaît pas pourrait croire que c'est les Minguettes ou la Guadeloupe. Quelle publicité pour nos îles !

Hélas, il y a un (petit) peu de vrai dans les inquiétudes du président Flosse. Ce qui donne l'occasion de se demander « que se passe-t-il donc dans nos îles », celles-là même où, il y a dix ans encore, la majorité des maisons n'avait pratiquement pas de serrures sauf dans la zone urbaine du « Grand Papeete », ce chantre de « civilisation » occidentale de notre Territoire. Rares étaient les délits graves et ce n'est qu'en 1997 que la population de Tahiti fut toute étonnée par le premier « braquage » (avec un pistolet à eau et une Vespa !) d'une agence bancaire. Il y a eu un autre depuis, l'année dernière à Papara, toujours sans violence ni blessé.

 

 

Lundi 17 mars 2003

- Cyclone Erica en Nouvelle-Calédonie : la Polynésie française propose son aide et ses G.I.P. La Nouvelle-Calédonie refuse

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 145, mai 2003

 Courrier de Fakarava

Tout est caché ou n'est que mensonges. Un exemple parmi d'autres : d'après le chef des G.I.P., deux maisons MTR devaient être montées sur la terre Makarea pour loger les hommes du GIP de façon décente. Aujourd'hui, il y a plus de deux maisons et elles ne sont certainement pas pour les G.I.P. (sanitaires avec robinetteries en or). Honteux. Oui, Fakarava est en détresse.

 

 

"Fakarava story" suite

Ainsi ce serait le champion australien de golf Greg Norman, qui était passé à Tahiti en mars à Tahiti sur son super yacht de luxe, qui dessinera les plans du parcours de golf de l'hôtel Fakarava Dream dont le terrain de 20 hectares a été préparé par le G.I.P. La Présidence avait fourni un avion charter spécial pour M. Norman afin qu'il puisse visiter l'atoll de Fakarava et inspecter le site. En outre, la piste d'aviation de l'atoll, actuellement en prolongation à 1400 mètres, devrait à la demande du Palais présidentiel être rallongée à 1800 mètres (vers la passe), ce qui lui permettra d'accueillir de gros jets privés. Ensuite, Monseigneur Coppenrath a visité pendant trois jours l'atoll en compagnie de la commission "Justice et Paix" (les frères Joël Aumeran, Maxime et Dominique Soupé) afin de mieux "comprendre" le conflit entre la Présidence et le père Patrick. Du côté de la terre « présumée domaine territorial » Makarea, le G.I.P. a terminé la construction d'un sublime bungalow de 320 m2, destiné à accueillir Jacques Chirac pendant quelques heures. On ne sait pas si cet immense bâtiment est situé sur la terre « présumée territoriale » ou sur le terrain adjacent de 7000 m2 qui est la propriété de la famille Flosse. On se souvient qu'en 1985, c'était le service de l'Equipement des I.s.l.V. qui avait effectué de grands travaux de terrassements et édifié une fastueuse demeure sur le terrain de M. Flosse à Parea sur l'île de Huahine. Comme celle-ci avait été utilisée (pendant 24 heures) par le secrétaire d'Etat Bernard Pons, la justice (à Paris) avait par la suite jugé que cette utilisation des fonds publics était « justifiée ».

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 146, juin 2003

 Vers l'Etat socialiste de Gaston Flosse ?

Dans un autre secteur, le fameux G.I.P. (Groupement d'Intervention de la Polynésie), la « légion » du président Flosse, forte de 690 hommes sous ses ordres directs, est devenu la première entreprise de terrassement du territoire, mais aussi de gardiennage. Doté d'impressionnants et puissants matériels de chantier (achetés avec des fonds publics) qu'il a le droit de louer, le GIP est devenu un redoutable concurrent pour les entreprises privées du génie-civil. En plus, grâce à sa flotte croissante de navires de transport, le G.I.P. est désormais le premier armateur de Polynésie française.

 

 

Rapport Wolton

D'ailleurs il a le soutien de la classe moyenne et par l'instauration du G.I.P., il donne du travail à tous, permettant d'éviter d'enfoncer dans l'oisiveté les milieux populaires confrontés au chômage.

 

 

Caractéristiques de la communication politique

Elle est marquée par de forts affrontements qui ne sont pas toujours liés à des antagonismes idéologiques. 281 listes étaient en concurrence aux municipales de 2001. Le rapport à l'indépendance est apparemment le critère de passage, mais dans la réalité cette dichotomie commode en cache d'autres qui émergent plus difficilement. La vie politique est verbalement violente de la part de la majorité, au nom de l'autonomie, contre l'Etat, avec de très nombreux sujets d'affrontement (G.I.P. ; hôpital ; RFO...). Les indépendantistes apparaissent même beaucoup plus modérés dans leurs propos. Il y a, par contre, très peu de violence physique.

. Il faut parler des rapports entre indépendance et autonomie ; du rapport à la France et l'Europe ; des contradictions du Pacifique au-delà d'une référence culturelle commune du modèle économique ; de l'identité plurielle du racisme ; des religions ; du devenir de la famille élargie ; de la ville ; du déséquilibre entre les archipels ; des dangers de la logique de communication ; de l'économie d'assistance ; de la fonction publique ; de la redistribution des inégalités ; de l'affairisme ; des effets de l'arrivée massive de beaucoup d'argent depuis 10 ans ; du tourisme et des ambiguïtés ; du G.I.P. ; de l'alcoolisme...

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 149, septembre 2003

 AIE! J'AI MAL A MON ARBRE

Il fallait s'y attendre après avoir vu défiler quelques costauds du G.I.P., la tronçonneuse sur l'épaule tels les Légionnaires avec leurs haches, les arbres allaient devoir pleurer.

 

 

Mercredi 13 août 2003

- Le GIP devient un EPIC (établissement public industriel et commercial).

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 150, octobre 2003

Branché luxe

Le palais présidentiel a acheté deux combinés portable de communication par satellite « Iridium » (coût : 860 000 Fcfp chaque) pour le G.I.P. C'est nous contribuables qui paieront les communications (environ 300 Fcfp la minute). L'Etat, de son côté, a équipé les communes de Nuku Hiva, Ua Pou et Hiva Oa de tels téléphones pour les urgences.

 

 

Tahiti-Pacifique magazine, n° 150, octobre 2003

 Tragédie aux Australes

Naufrage d'un navire du G.I.P. : 7 morts

 

Le mardi 2 septembre, à 1 h 20 du matin, le poste central du GIP à Fare Ute recevait un appel de détresse du capitaine en second du Tahiti Nui IV, ex Meherio II, une grande barge de débarquement, de type LCT (Landing Craft Tank). Le message faisait état d'une importante voie d'eau à l'avant. A 3 heures du matin, le COT (centre opérationnel du Taaone), en charge des secours en mer en Polynésie française, reçut un appel des États-Unis, indiquant que le signal de détresse de la balise de bord du Tahiti Nui IV avait été détectée à 1h24, soit quatre minutes après l'appel de détresse du capitaine en second.

Un Falcon Gardian de la flottille 25 F décolla avant l'aube pour se rendre sur zone, à environ 40 milles nautiques au Nord-Est de Rimatara. Le Tahiti Nui I, navire amiral de la flottille du GIP, appareilla pour sa part à 3h30 pour être sur zone 24 heures plus tard.

Le navire transportait 12 marins du GIP plus 9 employés de la société de terrassement Le Caill, dont le patron lui-même, Albert Le Caill. Le Tahiti Nui IV avait à son bord 190 tonnes d'engins lourds destinés au chantier de l'aérodrome de Rimatara, alors que la « capacité maximale d'emport du bateau est de 220 tonnes » déclara ce jour-là le vice-président Edouard Fritch.

 Le Tahiti Nui IV, la coque retournée, fut aperçu aux environs de 8 heures par le Gardian. Un hélicoptère Super Puma de l'armée de l'air, arriva sur place aux alentours de 10h30 et hélitreuilla d'abord un naufragé isolé à la dérive, puis huit personnes se trouvant à bord d'un canot de sauvetage pour les emmener à Rurutu. En fin de matinée et en début d'après-midi, six autres personnes supplémentaires ont pu être secourues. Albert Le Caill faisait partie des neuf rescapés. Le météo sur zone était « moyenne », déclara le haut-commissaire Michel Mathieu.

 

Sept morts

 

On apprit alors que le bateau s'était retourné à 7h35 et avait définitivement coulé à 9h04 par 4500 mètres. Sept personnes manquaient à l'appel, mais on ne retrouva que trois corps, dont celui du capitaine Victor Lenoir.

Albert Le Caill, , sain et sauf à Rurutu, expliqua à l'agence Tahitipresse :

- « Un ballast s'est rompu un peu avant une heure du matin. Le ballast sert à équilibrer le bateau, en vidant ou en le remplissant d'eau. L'un d'eux s'est rompu. L'eau a alors rejoint le carburant. Le bateau s'est mis à gîter. Le mouvement de balancier a fait que de l'eau a pénétré en masse par l'avant du bateau… Je me trouvais sur le pont supérieur quand ça s'est produit avec la moitié des gars et notamment le capitaine du Tahiti Nui IV, Victor Lenoir. L'autre moitié des hommes se trouvait sur le pont inférieur. Calmement, nous nous sommes préparés à évacuer le bateau. Nous avons mis nos gilets de sauvetage, et envoyé un canot à la mer. Elle était calme. Ceux du pont supérieur ont sauté à l'eau, sauf le capitaine, qui avait du mal à mettre son gilet. Ceux du pont inférieur n'ont pas sauté tout de suite. Ils étaient très calmes et prenaient leur temps. Brusquement le bateau s'est mis à gîter avec force. Les derniers sur le bateau se sont retrouvés alors dans l'eau. Les remous étaient énormes. Le bateau a commencé à s'enfoncer. Nous avons tous été aspirés vers le fond. Ça a été dur. Quand je suis remonté, j'étais à bout de souffle. J'ai appelé de l'aide. On criait tous pour savoir qui était là. Puis on a nagé vers le canot à une trentaine de mètres du naufrage. On s'est retrouvé à treize dessus. Je ne sais pas ce qui s'est passé sur le pont inférieur, et je n'ai toujours pas revu le capitaine Lenoir. »

 

Les survivants furent rapatriés sur Tahiti et les recherches par air (Marine nationale) et par mer (des navires du GIP de la Marine nationale et de la gendarmerie maritime) continuèrent pendant plusieurs jours, hélas en vain. Le président Flosse écourta ses vacances en Californie et rentra de suite à Tahiti.

Le bilan était de quatorze rescapés, quatre disparus et trois noyés, dont le capitaine du Tahiti Nui IV, Victor Lenoir. le bateau était assuré à hauteur de 250 millions Fcfp (env. 2M euros).

Les équipes de recherche constatèrent de nombreux débris flottants provenant du bateau autour de la zone de l'épave. À bord du Tahiti Nui IV, se trouvaient entre autres une grosse pelle pour l'extraction, un concasseur primaire et du matériel neuf spécialement conçu en Nouvelle-Zélande pour le chantier de Rimatara. La température de l'eau dans la zone de l'épave était de 24°C et la mer calme (vents de force 4) déclara le haut-commissaire.

 

Trois enquêtes

 

Trois enquêtes ont été lancées pour tenter de déterminer les circonstances du naufrage. L'enquête judiciaire est menée par la gendarmerie maritime sur ordre du Parquet afin de déterminer les causes du naufrage. Le navire étant hors d'atteinte, il s'agira essentiellement de recueillir des témoignages. L'enquête du Bureau Enquêtes-Accidents (BEA) fut ouverte le 3 septembre. Georges Tourret, le directeur du BEA Mer et auteur du rapport sur le naufrage du pétrolier Erika sur les côtes bretonnes en 1999, arriva sur le territoire le 11 septembre pour mener une enquête technique et administrative. Il remettra d'ici à trois mois un rapport, à Paris, au ministère des Transports, dont il dépend. Le Territoire parla d'une enquête administrative, puis l'annula.

 

Alors que les enquêtes commençaient à peine, on s'étonna que le président Flosse, qui détient aussi la fonction de commandant suprême du G.I.P., donc responsable, puisse donner son analyse du naufrage lors d'une conférence de presse le 5 septembre au Palais où il insista peut-être un peu trop que « tout était en règle ». Après avoir rendu hommage aux victimes et aux disparus, il présenta son hypothèse du drame : « Une forte houle du sud de 2m à 2,5 mètres allait contre le bateau. Le bateau a embarqué des paquets et des paquets d'eau. L'hypothèse la plus probable est que les engins aient gêné l'évacuation de cette eau. Le poids de l'eau a entraîné un déséquilibre. Le bateau s'est alors mis à gîter. »

Le président du gouvernement écarte l'hypothèse de la surcharge du bateau : « Sa capacité est de 300 tonnes. Or, ce jour-là, il contenait entre 235 et 240 tonnes [Son gendre Edouard Fritch avait annoncé que la « capacité maximale d'emport du bateau est de 220 tonnes » trois jours plus tôt !] Le bateau n'était plus très jeune, mais bénéficiait de toutes les autorisations au regard de la sécurité maritime ».

Les enquêtes en cours détermineront la cause exacte de ce triste naufrage. De notre côté, nous avons obtenu le témoignage d'un habitant de Taravao digne de foi qui a côtoyé l'équipage de Tahiti Nui IV lors de son escale au port de Faratea (presqu'île de Tahiti) le 31 août, en provenance de Fakarava. Il raconte qu'un membre de l'équipage lui aurait expliqué que tout au long du voyage depuis Fakarava (où la bateau avait « beaché ») le bateau avait une fuite et que la pompe de cale fonctionnait en permanence lors du voyage. A la question