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Protection animale : et le Moorea dolphin center ?

Après vingt mois de négociations, l’arrêté sur le fonctionnement des quatre delphinariums français est paru le 6 mai ; obligations d’accorder au minimum 2 000 m2 de bassin aux dauphins, de procéder à des "enrichissements" pour éviter "l'ennui et la frustration"; courants, vagues, cascades, zones d'ombre, etc. Le bain avec les animaux sera interdit. Ségolène Royal, sans concertation, au tout dernier moment, a inséré une clause, interdisant aux orques et dauphins de se reproduire en captivité ! Les échanges avec d'autres bassins sont interdits. La fin des activités et spectacles, un arrêt de mort à moyen terme donc. Les parcs zoologiques fulminent : "On nous demande à la fois de faire des travaux importants et d'arrêter l’activité." Les associations de protection animale font la fête (dont Sea Shepherd, qui avait appelé au boycott en décembre 2015). Soulagement au Moorea Dolphin Center ! La Polynésie est seule compétente en matière environnementale. Donc, sans volonté d’améliorer les conditions d’incarcération, Kuokoa, Hina et Lokahi, nos trois dauphins, continueront à faire semblant d’être heureux dans leur bassin rikiki de 1,20 m de profondeur.

DIKé


Urbanisme : Fort de Taravao à lotir

Le fort de Taravao est à lotir. Promoteurs immobiliers, présentez vos projets d’avenir à la mairie de Taiarapu Est. Vous ne risquez pas de revendications des anciens propriétaires. En 1842, en pleines luttes d’influence entre Français et Anglais, le terrain a été confisqué pour bâtir le fort. Ce fut une des causes du déclenchement de "la guerre franco-tahitienne" de 1842 à 1844 et c'est un rare témoignage subsistant. Ce lieu historique a vu au moins une bataille et des morts des deux camps. Inutile de raviver des plaies, mais il est toujours bon de connaître son histoire, "pour éviter d’avoir à la revivre". Ces vieilles pierres pourraient très bien entrer dans un projet touristique, une étape du tour de l'île. Merci donc à la municipalité de s’en souvenir, d’autant que la partie historique 1842-1844 est classée depuis 1952. Donc, pédale douce sur les buldozers !

DIKé


Tahoeraa/Marine Le Pen : le divorce est consommé

Tahoeraa/Marine Le Pen : le divorce est consommé
Nous avions fait notre Une sur les raisons du mariage entre le Tahoeraa et Marine le Pen juste avant le premier tour de la présidentielle. Aujourd’hui, ce mariage a vécu et le divorce ne se passe pas à l’amiable. Accusé de bien des maux avec cette alliance avec le parti frontiste, le parti orange a tenu bon jusqu’au résultat du second tour face à l’avalanche de critiques extérieures mais aussi internes (bien que tues en place publique). Depuis, le leader Gaston Flosse, soucieux de retrouver une "virginité" en vue des législatives, ne manque pas d’égratigner son ex-alliée ; reprochant à cette dernière de ne pas avoir reçu de courrier de remerciement (voir document ci-contre), ou encore reprochant au parti local Te Nati de présenter des candidats dans les trois circonscriptions, alors même qu’il avait acté ce positionnement pendant la campagne présidentielle. Dans les rangs orange, malgré l’unité de façade, la grogne couve face aux décisions personnelles imposées par le Vieux Lion. Les résultats aux législatives, pour peu qu’ils lui soient défavorables, pourraient provoquer quelques remous, à l’image de ceux que connaît son ex-alliée en métropole.

LO


Télévision : TNTV s’ouvre à la métropole

Grâce à un partenariat qualifié de gagnant-gagnant avec l’opérateur Free, Tahiti Nui Télévision qui ne pouvait jusqu’à présent être vu qu’au travers de son site Internet en dehors de la Polynésie, va être accessible depuis la box Free dans toute la France. Une opportunité de faire connaître la Polynésie à moindre coût, s’est félicité le président Édouard Fritch dont le gouvernement subventionne à 85% la chaîne locale.

LO


TAIWAN : 1 - TAHITI : 0 - "On ne mange pas le chien"

Sous la pression des défenseurs d'animaux, la consommation de viande de chien et de chat est désormais interdite à Taïwan. Le mercredi 12 avril 2017, le parlement de Taïwan a interdit la consommation de la viande de chien et de chat, sous la pression des défenseurs d'animaux victimes de traitements cruels. Après des années de sensibilisation, cette pratique est devenue rare. Désormais, la consommation, l'achat ou la possession de viande de chien ou de chat est passible d'une amende pouvant atteindre l'équivalent de 7 715 euros (918 000 Fcfp). Pour les personnes ayant tué ou maltraité ces animaux, la nouvelle loi alourdie les peines. Ils seront passibles de deux ans de prison et d'une amende pouvant aller jusqu'à 61 700 euros. Le double pour les récidivistes.
DIKé


Bruno Barrillot honoré à Lyon et Paris

crédit photo : Arnaud Hudelot
La disparition de Bruno Barrillot le 25 mars dernier avait fortement ému la Polynésie française, dont la classe politique. Le combat de l’homme pour la reconnaissance du fait nucléaire et des indemnisations pour les victimes restera dans les livres d’histoire au même titre que celui de son compagnon de route John Doom, décédé quelques mois plus tôt. Si des amis, Bruno Barrillot en comptait beaucoup au fenua, il en avait d’autres en métropole qui ont tenu eux aussi et dans des villes différentes à lui rendre hommage.
Une première cérémonie fut organisée le 8 avril par l’Observatoire des armements dans sa ville natale de Lyon avec sa famille, puis le 22 avril à Paris en présence d'amis, de journalistes, de Christiane Taubira et de la sénatrice Hélène Luc.
À chaque occasion, de nombreux témoignages sont venus rappeler le combat du délégué au suivi des conséquences des essais nucléaires.
En accord avec sa famille, un appel a été lancé pour la création d'un "fonds Bruno Barrillot" afin de faciliter la numérisation des archives sur les essais nucléaires, les transmettre en Polynésie et permettre leur accès sur Internet.
Pour y participer : Observatoire des armements, La Banque Postale, compte 0330596S038
IBAN FR71 2004 1010 0703 3059 6S03 853 - mention "fonds Bruno Barrillot"
Courriel : pourbruno@obsarm.info
Luc Ollivier


Les naufragés de Maiao reconnus coupables

Novembre 2016, fin de la Hawaiki Nui Va’a à Huahine, fréro et sœurette Para foncent vers Maiao dans leur poti mārara. "Ne t’inquiète pas, on a les baffles boum boum à bord". Entre les deux baffles aimantées, le compas, déboussolé, a vite perdu le Nord, et eux leur route. "On n’avait pas prévu de se perdre." Comique. Ni de mourir non plus. Ce fut à deux doigts. Par chance, ils s’en sortent indemnes, grâce aux pêcheurs de Papara, après six jours de galère, sans les rames. Cinq jours de recherches, 55 heures de vol, hélicos, avions, 70 000 km2 inspectés. Facture estimée : 113 millions de Fcfp. Une paille, la Collectivité paiera, "no soucy". "Au Tribunal, on nous a grondés. Il faut acheter une balise de détresse et respecter les règles". "Je ne suis pas là pour vous taper dessus", a dit le procureur, très pédagogue, avec un gentil compliment final : "Les Polynésiens sont d’excellents navigateurs." La preuve que non. Combien de dizaines de recherches ces dernières années ? Avec 113 millions de Fcfp on a droit à combien de jeunes GSMA ou CAE pendant un an ? Aucune sanction donc, mais attention au matricule des prochains naufragés si on les retrouve vivants. Une simple balise à 27 000 Fcfp, moins cher que les baffles, éviterait bien des drames.
DIKé


La Polynésie française fête l’Europe

Du 9 au 14 mai sera fêtée la semaine de l’Europe dont l’objectif premier lors de sa création en 1950 fut de rapprocher suffisamment les différentes nations du continent pour rendre toute guerre impossible. La Polynésie française fait partie des 25 pays et territoires d’Outre-mer qui bénéficient d’un régime d’association renforcée avec l’Union européenne et peuvent prétendre, à ce titre, au soutien financier de l’Union européenne. Un soutien qui s’est traduit via le Fonds européen de développement (FED) à un budget de 3,6 milliards de Fcfp pour la période 2014-2020.
LO


Détournement de fonds, le tribunal aussi

Le 27 avril dernier, le tribunal de Papeete a condamné la greffière en charge de la régie de la cour d’appel à 4 ans de prison dont 2 avec sursis pour détournement de 31 millions de Fcfp entre 2006 et 2016, faute d’une comptabilité informatisée et de contrôles. Et ses supérieurs hiérarchiques ? A priori, elle n’en n’avait pas. On en profite pour rappeler une liste non exhaustive des condamnations des trois dernières années pour détournement de fonds et abus de biens par des salariés.
- 19/08/2014 Une jeune comptable d’entreprise pour 5 MF.
- 24/05/2015 Une caissière de la pharmacie de Punaauia pour 6,6 MF et 3 MF auparavant ailleurs.
- 08/2015 Une conseillère socio-éducative chargée d’enquêtes sociales pour 5 MF entre 2010 et 2104.
- 21/10/2015 Une cadre commerciale de Vini pour 74 MF entre 2006 et 2014.
- 23/03/2016 Le régisseur du cimetière de l’Uranie et sa secrétaire pour des frais funéraires entre 1989 et 2009 pour un montant impossible à déterminer, estimé à 74 MF.
- 13/06/2016 Une secrétaire médicale de la clinique Paofai pour 14,5 MF entre 2012 et 2015.
- 16/06/2016 Une dirigeante d’association, au service du protocole de la présidence, pour 1 MF.
- 14/12/2016 Une secrétaire indélicate qui incendie Poly-Goudronnage à Tipaerui pour camoufler ses escroqueries ; 174 MF de dégâts.
Si l’on recherche plus loin, on devrait voir apparaître des noms de grandes sociétés. Il y en a pour tous les goûts. Un sport local où les femmes excellent. À croire que l’informatique, les contrôles, les commissaires aux comptes, ce n’est pas pour nous. La peur de la Justice n’est peut-être pas assez dissuasive ?
Et si les patrons s’y mettent aussi, où va-t-on ? Quelques condamnations ;
- 06/10/2015 Le patron d’Excel Motors part avec 40 MF, condamné à 4 ans dont 2 avec sursis.
-06/2016 Hubert Haddad et Karl Meuel pour abus de bien sociaux à la SEP.
-27/12/2016 Jean-Paul Tuaiva, député, pour détournement de fonds public via l’Association "Team Lead".
-09/03/2017 Le patron de la SEM Laboratoire des travaux publics, Bruno Marty, condamné pour abus de confiance pour 2,2 MF de "frais de bouche".
Pour les politiques, un numéro entier de Tahiti Pacifique n’y suffirait pas. Bon courage à celui qui rédigera un tome spécial pour le "Mémorial polynésien".
DIKé


Des embauches au CHPF ?

Le CHPF est-il en si bonne santé pour prévoir d’embaucher 100 personnes, soit 6% des effectifs déjà existants ? Il faut croire que oui à la lecture du Journal officiel daté du 7 avril, sur la base d’un rapport provisoire d’audit de décembre 2015 de la Direction de la modernisation et des réformes de l’administration (DRMA). Si la délibération N°12/2017/CHPF après sa séance du 31 janvier dernier prévoyait la création de 70 postes, les délibérations suivantes adoptent un poste à l’hospitel, treize postes en psychiatrie et treize en unités de consultations et soins ambulatoires ; sans oublier les trois postes dans le cadre des contrats d’objectif et de moyens conclus avec les régimes de protection sociale.
Si on peut se demander comment notre hôpital a pu fonctionner avec autant de postes manquants, on peut aussi se demander comment vont être payés ces 100 postes, qui représentent environ 400 millions de Fcfp à l’année. Il n’y aura qu’à demander un peu plus de dotation globale de financement…
L’arrêté du Conseil des ministres n° 374 a renvoyé en seconde lecture les délibérations du CHPF. Il va certainement falloir plus d’explications pour faire passer la pilule à l’heure où l’on ne parle que de réformes pour ramener les budgets à l’équilibre. Plutôt que de rajouter du personnel (un exemple : 54 cadres pour 22 services !), solution de facilité, ne peut-on imaginer un réaménagement du mode de fonctionnement ? Comment expliquer aussi doter toujours plus le CHPF, alors que la politique annoncée par le ministre de la Santé est censée donner la priorité aux soins primaires, de proximité ? Il paraît logique que ce soit la médecine de proximité qui soigne la population. On ne doit faire appel à l’hôpital que pour de la médecine spécialisée.
LO
Des embauches au CHPF ?


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À quand le renouveau ?

Après avoir tenu le haut de l’information pendant des semaines, voire des mois, l’élection présidentielle, et auparavant les primaires, a enfin accouché du nom du nouveau président de la Ve République : Emmanuel Macron.
Inconnu du grand public jusqu’à sa nomination au poste de ministre de l’Économie, de l’Industrie et du numérique du gouvernement Valls en août 2014, le natif d’Amiens a bousculé tous les pronostics depuis la création de son parti politique En Marche en avril 2016.
Moins de trois ans après son entrée dans la vie politique, un an après la création de son parti, le voilà élu au sommet de l’État à seulement 39 ans ! La France et ses outre-mer a vécu un tsunami politique que personne n’avait vu venir quand, il y a encore quelques mois, elle se demandait encore quel vieux routier de la politique allait la gouverner pour les cinq prochaines années.
Voilà maintenant que les législatives approchent (3 et 17 juin au fenua) et déjà le parti du président annonce que 50% des candidats investis seront issus de la société "civile", le reste comme dans bien des partis le seront de la société "si vile".
Et en Polynésie, faut-il attendre un effet miroir ? La vague de renouveau, de jeunisme a-t-elle atteint les grands partis ? Il faut malheureusement croire que non ! Le renouvellement de notre classe politique est plutôt lent, seuls quelques jeunes déjà bien endoctrinés émergent de temps en temps. Certes, ces législatives, pour lesquelles seuls trois strapontins au Palais Bourbon sont disponibles, ne sont pas propices à un renouvellement, ni même les sénatoriales et les deux sièges qu’elles offrent.
Mais combien de nouvelles têtes verrons-nous à Tarahoi en 2018 après les élections territoriales ? Ici, on s’accroche au pouvoir, on reste persuadé que seule l’"expérience" est un atout. Mais de quelle expérience, de quels acquis parle-t-on ? Je ne crois pas avoir lu sur les CV de nos responsables beaucoup de diplômés des grandes écoles de la République. Il n’y a donc que l’expérience du terrain qui prime localement. Ce pays a besoin d’hommes et de femmes à l’image de l’ancien maire de Mahina, Patrice Jamet, pourtant raillé par ses opposants pour son manque d’expérience quand il s’était présenté pour la toute première fois ; ce qui n'a pas empêché la population de lui accorder sa confiance. Il semble cependant que ce soit une exception. L’électeur polynésien ne peut être comparé au métropolitain, les critères de choix ne sont pas les mêmes. Faut-il pour cela rappeler les réélections d’hommes politiques pourtant condamnés par la justice pour détournements de fonds ? Nous sommes bien loin du casier judiciaire vierge réclamé pour être un candidat de La République En Marche. On n’ose l’imaginer ici, le renouveau se ferait pourtant bien plus automatiquement.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier