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Culture : le Professeur Yoshihiko Sinoto a rejoint Rōhutu no'ano'a

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C’est à l'âge de 93 ans que l'illustre anthropologue et archéologue américain d’origine japonaise, est décédé le 4 octobre dernier, à Hawaii, rejoignant sa dernière demeure, Rōhutu no'ano'a (résidence réservée aux âmes des défunts de haut rang dans la culture polynésienne, ndlr). Depuis les années 1960, le Professeur Yoshihiko Sinoto étudiait les vestiges de la culture pré-européenne en Polynésie afin de comprendre le peuplement de nos îles et les liens qui les unissent avec d’autres cultures et communautés du grand Pacifique. On lui doit la première restauration en 1968 du marae Taputapuātea à Raiatea, inscrit depuis le 9 juillet 2017 au patrimoine mondial de l’Unesco, devenant ainsi le premier site culturel d'Outre-mer.
"Plusieurs fois distingué, notamment dans l’ordre de Tahiti Nui, sa passion a été certainement l’un des facteurs du renouveau culturel polynésien", rapporte la Présidence. De son côté, le nouveau député Moetai Brotherson, gendre du leader indépendantiste Oscar Temaru, se souvient de son admiration pour le scientifique alors qu'il était enfant à Huahine : "Plus il parlait, plus je voyais les 'arioi (confrérie de baladins de l'ancienne société tahitienne, ndlr) danser, les tahu’a (prêtres, ndlr) officier et les manahune (classe inférieure, ndlr) préparer les grands ahimā'a (fours tahitiens, ndlr). (…) Il avait tant à nous transmettre et à nous enseigner. J’envie ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés." D'ailleurs, même le très populaire artiste Bobby Holcomb lui avait composé une chanson intitulée Taote Sinoto.
DS

Philatélie : miss Tahiti 2017 rend hommage à Madeleine Moua

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À l'occasion de la sortie du nouveau calendrier de la philatélie 2018, Turouru Temorere rend hommage à son arrière-arrière-grand-mère qui n'est autre que Madeleine Moua. Pour mémoire, cette institutrice a révolutionné, en 1956, l'image de la danse tahitienne en posant de nouvelles bases pour la rendre plus acceptable : costumes, chorégraphies, nudité du corps… tout est repensé. Avec sa troupe Heiva (qui était aussi son nom de mariage), elle a redoré de façon définitive le blason du "Tiurai". En signe de reconnaissance, le premier prix du Heiva i Tahiti porte aujourd'hui encore son nom.
Coiffée d'une magnifique couronne haute de tiare, Miss Tahiti 2017 porte sur la photo une superbe robe purotu rouge et blanche. La belle vahine tient un éventail traditionnel dans la main droite et repose sa main gauche sur un tō'ere. Par ailleurs, on reconnaît en page de couverture la pétillante Hina Natua, Miss Heiva 2017.
DS

Nucléaire : encore un prix pour "Bons baisers de Moruroa"

Nucléaire : encore un prix pour "Bons baisers de Moruroa"
Présenté lors du Festival international du film documentaire océanien (Fifo) 2017, le métrage explosif de Larbi Benchiha a reçu le premier prix au Festival international du film de l'uranium à Berlin. Dans Bons baisers de Moruroa, le cinéaste pointe du doigt les conséquences des essais nucléaires dans le Pacifique. Quels sont les impacts sanitaires réels sur les populations présentes lorsque ces tirs ont été effectués à Moruroa et Fangataufa (193 essais, dont 46 aériens) ? C'est une question épineuse à laquelle le réalisateur, un Franco-Algérien né et ayant grandi dans un camp de regroupement en Algérie, s'est évertué à répondre en rencontrant notamment les cofondateurs de l'association Moruroa e Tatou : les regrettés Bruno Barrillot (ancien délégué pour le suivi des conséquences des essais nucléaires) et John Taroanui Doom (interprète du ministre de la France d’Outre-mer, Pierre Billotte, lors du lancement de la première bombe française, sur l’île de Mangareva), mais aussi Roland Oldham (président de l'association Moruroa e Tatou).
Sans détour, des témoins qui ont vécu cette "expérience" racontent leur ignorance des dangers qui les guettaient et les mystères entretenus par leur hiérarchie. Victimes aujourd'hui de diverses pathologies et de malformations génétiques, leur vie a radicalement changé, elle ne sera plus jamais la même. Ce documentaire a également été récompensé, le 3 mars dernier, lors de la 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), au Burkina Faso.
DS

Tatouage : la Polynésie représentée au Canada

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Pour la troisième année consécutive, six artistes tatoueurs de l'association Polynesia Tatau sont invités à l'une des plus grandes et renommées conventions de tatouage : "Calgary Tattoo and Arts Festival 2017" au Canada. Du 13 au 15 octobre, Tuatini Tamata, Patu Mamatui, Vetea Tattoo, Tana Tokoragi, Etua Rahi et Mate Michalik porteront haut les couleurs du fenua. Nos ambassadeurs locaux profiteront également de leur déplacement pour assurer la promotion de la prochaine convention, qui aura lieu en Polynésie, à l’hôtel Tahiti Pearl Beach, en novembre 2018.
DS

Politique : Maina Sage reconduite à l’AFB

Les députés Maina Sage (Polynésie) et Serge Letchimy (Martinique) ont été reconduits dans leurs fonctions d’administrateurs de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) – aux côtés des sénateurs Jérôme Bignon et Nicole Bonnefoy. Celle-ci a tenu son premier CA le 27 septembre au ministère de la Transition écologique et solidaire où trois délibérations favorables aux outre-mer ont été adoptées.
- l'adoption d'un fonds exceptionnel de 4 millions d'euros (soit 477 millions Fcfp), soutenu par une motion de solidarité dédiée aux territoires victimes des ouragans Irma et Maria.
- le lancement d'un appel à projets spécifique outre-mer en faveur de la biodiversité terrestre et marine. Doté d’une enveloppe de 4 millions d’euros (soit 477 millions Fcfp), le dispositif de financement se déclinera en deux phases avec un premier dépôt de candidatures en décembre 2017 (dotation 2 millions d'euros, soit 238 millions Fcfp) et un deuxième dépôt en mars 2018 (dotation 2 millions d'euros, soit 238 millions Fcfp). Tous les porteurs de projets sont admis à déposer un projet candidat, y compris les entreprises, à l’exception toutefois des personnes physiques et des services de l’État.
- l’Agence a délibéré en faveur d'un budget participatif national associant l’ADEME et l’AFB pour soutenir les initiatives citoyennes innovantes qui s’inscrivent dans les six objectifs du Plan Climat. La dotation s'élève à 4 millions d'euros (soit 477 millions Fcfp) et l’évaluation des projets déposés sera notamment assurée par un vote citoyen en ligne, sur une plateforme de consultation publique. Cet appel est ouvert à l'ensemble du territoire hexagonal et ultramarin (Dom et Com).
(D’après communiqué)

Tourisme : une nouvelle agence à Tahiti

Lu cette semaine sur le site Tourmag.com :
"Début 2018, Travel SPecialist lancera les activités de sa succursale à Tahiti, en Polynésie française.
Séverine Picard, la fondatrice de l'agence spécialisée dans les métiers du tourisme et de l'hôtellerie, sera sur place du 16 octobre au 9 novembre 2017 avec le youtubeur Julien Fabro pour rencontrer des acteurs locaux du tourisme.
Elle s'attachera ainsi à bâtir les partenariats nécessaires à son installation dans l'archipel. L'agence représente le Méridien Tahiti et le Méridien Bora Bora, deux adresses du groupe Marriott, en Europe. C'est ce qui l'a, entre autres, conduit à intensifier son développement à Tahiti.
"
Source : Tourmag.com

Tourisme : les pilotis fêtent leurs 50 ans

Un article d’Anne-Laure Le Gall dans Paris Match du 27 septembre rappelle que les bungalows sur pilotis, une innovation polynésienne, fête ses 50 ans cette année. À l’origine de cette idée qui allait révolutionner une partie du tourisme mondial, trois Américains amoureux du fenua, Hugh Kelley, Muk McCallum et Jay Carlisle, surnommés les "Bali Hai Boys". Une nouvelle très bonne idée ne serait pas pour déplaire à nos acteurs touristiques.
LO

Fonction publique : fin des abus des CIMM ?

Le 21 septembre dernier, le député Moetai Brotherson rendait visite à la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, pour un entretien cordial et sans langue de bois selon ses propres écrits sur son compte Facebook. Le premier des trois sujets abordés concernait la situation des fonctionnaires polynésiens "exilés" en métropole. On peut s’attendre à ce que dans les prochains mois, voire prochaines années, nombre d’entre eux rentrent au fenua. Il sera donc plus difficile aux fonctionnaires métropolitains désireux de rester au fenua, même en faisant valoir le Centre d’intérêts matériels et moraux (CIMM), de prolonger leur aventure polynésienne alors qu’ils n’y avaient pas vraiment d’attache ; l’achat d’un bien immobilier étant parfois suffisant.
LO

Mahina : près de 800 personnes dépistées à la tuberculose mardi

Cette opération de grande envergure s'est tenue mardi dans l'annexe de la salle omnisports de Mahina. Plusieurs quartiers du secteur de Taharaa étaient concernés par ce dépistage, puisque des cas ont déjà été déclarés sur cette zone.
Le jour du dépistage, les habitants ont rempli un questionnaire avant de repartir avec une ordonnance pour une radiographie. Ils ont ensuite reçu une piqûre appelée Intradermo-réaction (IDR), qui a permis d'injecter la tuberculine. Grâce à ce procédé, les professionnels de la Santé pourront voir les personnes qui auront contracté la bactérie. Les résultats seront connus ce vendredi.
CT

Assainissement : deux ans de plus pour Pirae et Arue

Par un avenant paru ce mardi au JO, le haut-commissariat octroie deux années supplémentaires aux communes de Pirae et Arue, modifiant ainsi la convention de financement n° H C 337-12 DIPAC/F1 P du 21 novembre 2012 relative à l'opération "Études relatives à la maîtrise d'ouvrage pour la réalisation du Schéma général d'assainissement des communes de Arue et Pirae" en ce qui concerne le délai d'exécution.
Les dispositions du 6e alinéa de l'article 6 de la convention de financement initiale sont modifiées comme suit :
Au lieu de : "- à exécuter cette opération conformément au projet présenté au plus tard le 18 novembre 2017" ;
Lire : "- à exécuter cette opération conformément au projet présenté au plus tard le 18 novembre 2019". 
LO

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La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier