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Numérique : un câble nommé Désir

Le câble domestique sous-marin qui va permettre de désenclaver numériquement quelques îles des Tuamotu et des Gambier a été configuré pour s’adapter à l’international si d’aventure depuis Hao, la Polynésie française avait cherché à diversifier ses sources d’approvisionnement. Un déploiement vers le Chili a été étudié mais le coût a refroidi tout développement vers l’Est. La volonté affichée par le Chili (Edition du El Mercurio du 17 décembre) de se câbler avec la Chine pourrait permettre de relancer le projet polynésien à moindre coût.
LO

Gastronomie : quand Jonas cuisine à l’Assemblée nationale

crédit photo : Tahiti Infos
Le député Jonas Tahuaitu se fait plutôt discret, ces derniers temps, à Paris. Il y a pourtant un moyen infaillible pour savoir s’il se trouve à l’Assemblée nationale. Quand il est présent, "ça sent bon le riz" dans le couloir, raconte, avec gourmandise, une collaboratrice habituée du premier étage du 101 de la rue de l’Université où sont regroupés les bureaux des trois députés polynésiens. Un autre collaborateur confirme, en riant : "On se croirait dans la cuisine du Dragon d’or !" Le mandat du député se termine en juin. Dans six mois, il aura du temps libre pour donner un coup de main à Teheiura dans sa roulotte sur les routes de France.
S. Massau

Secosud : un marché de dupes ?

Alors que le dossier Secosud, pour le renouvellement de la concession pour la distribution publique d'énergie électrique sur la partie sud de l’île de Tahiti, est en stand-by en attendant le 28 février 2017, date butoir du quatrième délai que s’est accordé Secosud par avenant, peut-on toujours parler de marché ?
D'avenants en avenants, cette durée de prolongation a permis à EDT d'en être le délégataire pendant plus de deux ans et dix mois supplémentaires. Officiellement, EDT est toujours en concurrence avec la société Teva Rua Nui (Eric Noble Demay, Mario Nouveau, Jean-Paul Nazaire...) après que la Cegelec a jeté l’éponge et que Teva Rua a été mis hors course. Sans oublier que depuis le 1er septembre, le cabinet de conseil Espélia, qui accompagnait Secosud, a lui aussi jeté l’éponge et que depuis, la société Speed, écartée par Secosud en 2015 pour ses liens avec EDT, a repris le flambeau !
Nous nous sommes procurés une note juridique datée du 2 novembre adressée à Secosud qui laisse peu de doutes sur le sort que sera réservé à Teva Rua Nui au moment de la décision finale :
(…) Il résulte de ce qui précède que l’offre de la SAS Teva Rua Nui n’est pas valable pour trois motifs de faits essentiels :
- seuls 2% du capital est détenu par les personnes du groupement initial qui ont candidaté ;
- 97% des actions sont détenues par des candidats qui ont été écartés ;
- 1% des actions sont détenues par la société NDA de Monsieur Noble Demay qui a reçu une promotion en vue d’être le président actionnaire de la SAS au lieu d’être le directeur général non actionnaire ;
Il résulte de ce qui précède que l’offre de la SAS Teva Rua Nui n’est pas valable pour deux motifs de droit essentiels qui se subdivisent en deux branches :
• Les motifs de droit tirés de la loi de Pays :
- Non-respect des exigences relatives au caractère intuitu personae de la candidature (LP 9 dernier alinéa)
- Non-respect des exigences d’intangibilité des candidatures (lecture combinée des articles LP 4, LP 9 et LP 11)
- Non-respect des principes de transparence et de libre concurrence ; (Article LP 200-1 du code de la concurrence de Polynésie)
• Les motifs de droit tirés de la jurisprudence administrative :
- Non-respect de l’exigence d’un lien suffisant entre le candidat retenu et le postulant dépositaire de l’offre (CE, 3 juin 1987, Société nîmoise de tauromachie et de spectacle, req. n° 56733)
- Non-respect de l’exigence initiale de la régularité au regard des déclarations sociales et fiscales (CAAP ch 1 de Bordeaux 28 octobre 2010 n° 09BX02127)
- Non-respect de l’exigence d’appréciation préalable des garanties des nouveaux associés dans le cadre du projet de constitution.

Le Secosud n’a pas, à notre connaissance, fait part à Teva Rua Nui de ces problèmes. Histoire sans doute de garder un semblant de concurrence afin de garder un moyen de pression sur EDT.
LO

Socredo : Tu quoque mi fili ?

L’assassinat professionnel dont a été victime le directeur de la Socredo, James Estall, il y a quinze jours et dont Tahiti Pacifique a été le premier à en faire écho, n’a pas manqué d’alimenter depuis les conversations. Le personnel de la banque a tenu à montrer sa solidarité à son directeur en l’accompagnant jusqu’à la salle de réunion où l’attendaient, entre autres, les membres du gouvernement. Si Jean-Christophe Bouissou a "affronté" la foule, Nuihau Laurey et Teva Rohfritsch, ancien employé de la banque placé sous la direction de James Estall, ont préféré utiliser une autre entrée pour y accéder. Les principales raisons invoquées dans un communiqué pour ce limogeage, nous laissent songeur : "Elle est motivée par l’importance de donner une nouvelle impulsion à l’établissement dans un contexte de reprise économique qu’il convient d’accompagner, notamment dans le logement et le développement touristique, secteurs clés de l’économie polynésienne dans lesquels la Socredo possède une solide expérience." Faut-il rappeler qu’en ce qui concerne le logement, social en l’occurrence, il conviendrait mieux de voir les actions ou plutôt inactions de l’OPH. Terrains trop chers ? Comment certains, spécialisés dans le logement intermédiaire, arrivent-ils encore à trouver des terrains dans Papeete, comment certains arrivent-ils à construire sur des terrains que l’OPH déclarait inconstructibles techniquement ? Quant au golf de Moorea, la gestion de nos gouvernants nous en apprend beaucoup sur l’importance de donner une nouvelle impulsion à notre tourisme. Le projet non abouti de l’hôtel Warwick sur le golf, qui avait valu une défiscalisation à quelques investisseurs, leur vaut maintenant bien des soucis. Si le remboursement des sommes défiscalisées semble normal, alors que l’agrément n’a toujours pas été retiré, comment justifier les pénalités qui seraient proches du double du montant investi? La relance d’un éventuel nouveau projet par la Socredo via la défiscalisation ne devrait pas attirer les investisseurs.
LO

Miss France 2017 : un délicieux brassage ethnique

Les finalistes de Miss France 2017 ont toutes des origines ultramarines... crédit photo : DR
On a souvent lu, notamment sur les réseaux sociaux, des phrases abjectes à propos de l'origine des Miss. Pire, le week-end dernier, à l'issue de l'élection nationale qui a sacré Alicia Aylies, Miss Guyane (voir page 51), pour l'année 2017, ce qui a déclenché une vague de tweets racistes de la part de nombreuses langues de vipères terrées derrière leurs petits écrans. On citera notamment Marine Le Pen, la présidente du Front National, qui a déclaré aux micros d’un journaliste d’Europe 1 que "si c’est ça notre Miss France, j’aurais mieux fait de me présenter parce que les Français auraient sans doute voté pour moi", avant de rajouter que "franchement, y’a pas photo". On croit rêver. Mais non. À Tahiti aussi, malheureusement, nous ne sommes pas épargnés, et des esprits étriqués crient régulièrement à l'imposture, pointant du doigt la couleur de peau de nos ambassadrices de beauté. "Elles sont trop ceci, elles ne sont pas assez cela"… Il a même été reproché à Vaea Ferrand, Miss Tahiti 2016, d'être née à Castres et non en Polynésie.
Fiu ! Patriotisme exacerbé, chauvinisme déplacé ou nombrilisme local, force est de constater que certains de nos concitoyens ne regardent pas plus loin que leur pito. Alors, n'en déplaise à ces détracteurs, la France "Black-Blanc-Beur" a enfin été reconnue il y a presque deux décennies (merci à l'équipe nationale de football pour sa victoire à la Coupe du monde 1998 !) et aujourd'hui, le métissage apparaît aux yeux du plus grand nombre comme une chance. Il suffit d'apprécier la richesse du brassage des cultures et d'admirer les délicieux mélanges que cela crée. Pour le plaisir donc, jetez un œil à la liste ci-contre des origines de certaines de nos créatures de rêve au sang mêlé qui se sont présentées à l'élection de Miss France 2017, le 17 décembre dernier,
à l'Arena de Montpellier. Le top 5 des finalistes affiche la couleur : toutes les jeunes femmes ont des origines ultramarines, sans exception. Un pied de nez jouissif à tous les extrémistes, une magnifique victoire du métissage !
• Miss Languedoc-Roussillon, Aurore Kichenin, a des origines réunionnaises, russes et polonaises
• Miss Lorraine, Justine Kamara, a des origines guadeloupéennes et guinéennes
• Miss Guadeloupe, Morgane Thérésine, a des origines bretonnes et martiniquaises
• Miss Île-de-France, Meggy Pyaneeandee, a des origines mauriciennes
• Miss Réunion, Ambre Nguyen,
a des origines vietnamiennes
• Miss Limousin, Romane Komar,
a des origines polonaises
• Miss Pays de Loire, Carla Loones,
a des origines flamandes et espagnoles

DS

On a perdu un cheval

Amis des animaux rassurez-vous, c’est d’un cheval vapeur dont il s’agit. Dans son discours sur le projet de budget du pays à l’assemblée du 2 décembre, le président Édouard Fritch est revenu sur la suppression des taxes et droits de douanes de certains produits. Vêtements, deux-roues ont réapparu alors qu’ils avaient disparu du courrier adressé le 2 novembre au président de l’assemblée, ainsi que les véhicules neufs de petite cylindrée. Cette mesure concernait dans un premier temps les véhicules n’excédant pas les 5 cv, elle s’adresse désormais à ceux n’excédant pas les 4 cv.

LO

Jeux des îles Marquises : le représentant du COPF ignoré

crédit photo : Présidence
Dimanche après-midi se sont ouverts les Ve jeux des îles Marquises à Hiva Oa en présence de la ministre des sports Nicole Sanquer-Faratea, mais en l’absence du président du Comité olympique de Polynésie française ou plutôt de son représentant, Alfred Martin. Ce dernier, en tant que membre du Conseil des jeux des archipels, avait formulé une demande pour faire partie de la délégation qui s’est envolée le matin même pour les Marquises, mais il n’a obtenu aucune réponse officielle. La guerre que se livrent le ministère et le COPF est loin d’être finie…

LO

Îles Cook : un accord de pêche adopté avec l’Union européenne

Marche de protestation contre les senneurs espagnols. crédit photo : DR
L'accord de partenariat en matière de pêche durable entre l'Union européenne et les Îles Cook a été officiellement adopté le 18 novembre dernier.
Dans le cadre du partenariat, les îles Cook recevront près de 7 millions de dollars américains sur une période de quatre ans en échange de l'accès à quatre navires de pêche européens à senne tournante, des navires espagnols qui ciblent le thon listao migratoire. (Thon listao : nom poétique pour la bonite.)
L'accord comprend un protocole qui permet à ces navires de pêcher jusqu'à 7 000 tonnes par an – environ 156 jours de pêche, soit 12% du quota de 1250 jours de pêche alloué aux îles Cook par la Commission des pêches du Pacifique Sud.
Mais le 30 novembre, des représentants de la pêche de l'UE et de l'Espagne ont participé à une réunion organisée par le ministère des Ressources marines à Rarotonga. Les chefs traditionnels de l'île ont été mécontents : on ne le leur avait pas expliqué que ces bateaux étaient des senneurs. Leurs réactions ont été immédiates : "L'Union européenne doit se tenir à l'écart de nos eaux (...) Nous sommes déçus et nous avons fait savoir au ministre que le gouvernement nous a trompés et n'a aucun respect pour notre coutume."
Le secrétaire des Ressources marines, Ben Ponia, a précisé que l'accord avec l’UE prévoit également un soutien financier pour aider à développer l'industrie de la pêche locale.
Mais la déception est aussi du côté européen : un haut fonctionnaire de l'UE qui a assisté à la réunion estime que l'accord a été mal compris. "Nous avions l'impression qu'il y avait une sorte d'interprétation que notre flotte pouvait venir ici et pêcher indéfiniment toutes sortes de quantités que nous aurions pu trouver dans ces eaux, mais ce n'est pas le cas." Au lieu de cela, il affirme que la limite de capture de 7000 tonnes par an est basée sur les estimations scientifiques faites par la Commission des pêches du Pacifique occidental et central et les îles Cook de ce qui peut être pêché de façon durable : "Il faut vraiment tenir compte du fait que dans les pêcheries de l'ouest et du centre du Pacifique, les captures totales de thons en 2015 ont été de 2 687 000 tonnes et que nous parlons ici de 7 000 tonnes."

AdP - Source : RNZ

Produits sucrés, boissons ciblées ?

photo d'illustration
Avec plus de 25 milliards/an de dépense, la lutte contre la longue maladie est devenue une priorité gouvernementale.
La consommation excessive de sucre et de tabac en est une des principales causes, c’est pourquoi des taxes importantes vont frapper ces produits, au grand dam des importateurs/distributeurs, voire fabricants, qui s’acquittent actuellement d’une taxe de 14 Fcpf par kilo de sucre et 42 Fcpf par litre sur la fabrication. Quand on parle de produits sucrés, on pense invariablement aux boissons sucrées, gazeuses ou non, dont nos enfants raffolent. C’est pour cela que les professionnels du secteur montent au créneau et ont demandé à rencontrer le président E. Fritch. S’il est facile de cibler les boissons sucrées, les consommateurs que nous sommes doivent s’attendre à des hausses de prix sur bien d’autres produits, car le sucre est présent partout. Nous prendrons pour exemple un fameux pot de pâte à tartiner qui ne s’acquitte pas actuellement de la Taxe sur la consommation pour la prévention spécifique (TCP) alors que ce produit contient 50% de sucre. Si la volonté gouvernementale est louable, la mise en application de nouvelles taxes n’a pas fini de faire parler d’elle.

LO

Moorea : travaux gênants

Moorea : travaux gênants
Un de nos lecteurs nous a écrit pour dénoncer une situation pour le moins gênante qui serait causée par la société Engie. Des travaux ont débuté le 29 novembre, quartier Patae dans la commune d'Afareaitu à Moorea, empêchant les résidents d’entrer ou de sortir de leurs habitations. "Quand un habitant a demandé s'ils revenaient aujourd'hui jeudi 1er décembre, ils ont répondu : Non, il faut que le beau temps revienne." Au mois de décembre, c’est laisser planer un long doute, non ?

LO

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La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier