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Le Paul Gauguin, meilleur paquebot de croisière de petite taille selon "Global Traveler"

Le 18 mai, à Los Angeles, pour la seconde année consécutive, le Paul Gauguin a reçu le prix du "Best Small Ship Cruise Line", (Meilleur paquebot de croisière de petite taille), décerné par le magazine américain haut de gamme, Global Traveler (5th Annual Leisure Lifestyle Awards). Un sacré coup de pub à l’international, mérité. Le tourisme de croisière explose partout dans le monde, des millions de personnes rêvent de venir visiter nos îles paradisiaques, nous avons investi des dizaines de milliards dans des infrastructures portuaires, dans une compagnie aérienne, dans la formation de milliers de Polynésiens, qui attendent du travail en vain, tout est prêt, MAIS… Où SONT NOS BATEAUX ? On peut rêver. Si nos politiques, nos businessmen se décidaient à investir ou faire investir dans cet outil productif ? J’entends déjà le Port autonome de Papeete qui annonce sa contribution de 720 millions plutôt que de REFAIRE le jardin du rond-point Chirac. Bientôt arriveront trois superbes petits paquebots, comme les aiment les touristes, pour donner vie à nos ports déserts et mortifères et pour fournir du travail à nos jeunes qui pleurent de désespoir. Quant aux "Cook Islands", qui remportent le prix des meilleures îles du Pacifique, sans nos moyens, et nos politiques, bravo.

DIKé

Protection animale : et le Moorea dolphin center ?

Après vingt mois de négociations, l’arrêté sur le fonctionnement des quatre delphinariums français est paru le 6 mai ; obligations d’accorder au minimum 2 000 m2 de bassin aux dauphins, de procéder à des "enrichissements" pour éviter "l'ennui et la frustration"; courants, vagues, cascades, zones d'ombre, etc. Le bain avec les animaux sera interdit. Ségolène Royal, sans concertation, au tout dernier moment, a inséré une clause, interdisant aux orques et dauphins de se reproduire en captivité ! Les échanges avec d'autres bassins sont interdits. La fin des activités et spectacles, un arrêt de mort à moyen terme donc. Les parcs zoologiques fulminent : "On nous demande à la fois de faire des travaux importants et d'arrêter l’activité." Les associations de protection animale font la fête (dont Sea Shepherd, qui avait appelé au boycott en décembre 2015). Soulagement au Moorea Dolphin Center ! La Polynésie est seule compétente en matière environnementale. Donc, sans volonté d’améliorer les conditions d’incarcération, Kuokoa, Hina et Lokahi, nos trois dauphins, continueront à faire semblant d’être heureux dans leur bassin rikiki de 1,20 m de profondeur.

DIKé

Urbanisme : Fort de Taravao à lotir

Le fort de Taravao est à lotir. Promoteurs immobiliers, présentez vos projets d’avenir à la mairie de Taiarapu Est. Vous ne risquez pas de revendications des anciens propriétaires. En 1842, en pleines luttes d’influence entre Français et Anglais, le terrain a été confisqué pour bâtir le fort. Ce fut une des causes du déclenchement de "la guerre franco-tahitienne" de 1842 à 1844 et c'est un rare témoignage subsistant. Ce lieu historique a vu au moins une bataille et des morts des deux camps. Inutile de raviver des plaies, mais il est toujours bon de connaître son histoire, "pour éviter d’avoir à la revivre". Ces vieilles pierres pourraient très bien entrer dans un projet touristique, une étape du tour de l'île. Merci donc à la municipalité de s’en souvenir, d’autant que la partie historique 1842-1844 est classée depuis 1952. Donc, pédale douce sur les buldozers !

DIKé

Tahoeraa/Marine Le Pen : le divorce est consommé

Tahoeraa/Marine Le Pen : le divorce est consommé
Nous avions fait notre Une sur les raisons du mariage entre le Tahoeraa et Marine le Pen juste avant le premier tour de la présidentielle. Aujourd’hui, ce mariage a vécu et le divorce ne se passe pas à l’amiable. Accusé de bien des maux avec cette alliance avec le parti frontiste, le parti orange a tenu bon jusqu’au résultat du second tour face à l’avalanche de critiques extérieures mais aussi internes (bien que tues en place publique). Depuis, le leader Gaston Flosse, soucieux de retrouver une "virginité" en vue des législatives, ne manque pas d’égratigner son ex-alliée ; reprochant à cette dernière de ne pas avoir reçu de courrier de remerciement (voir document ci-contre), ou encore reprochant au parti local Te Nati de présenter des candidats dans les trois circonscriptions, alors même qu’il avait acté ce positionnement pendant la campagne présidentielle. Dans les rangs orange, malgré l’unité de façade, la grogne couve face aux décisions personnelles imposées par le Vieux Lion. Les résultats aux législatives, pour peu qu’ils lui soient défavorables, pourraient provoquer quelques remous, à l’image de ceux que connaît son ex-alliée en métropole.

LO

Télévision : TNTV s’ouvre à la métropole

Grâce à un partenariat qualifié de gagnant-gagnant avec l’opérateur Free, Tahiti Nui Télévision qui ne pouvait jusqu’à présent être vu qu’au travers de son site Internet en dehors de la Polynésie, va être accessible depuis la box Free dans toute la France. Une opportunité de faire connaître la Polynésie à moindre coût, s’est félicité le président Édouard Fritch dont le gouvernement subventionne à 85% la chaîne locale.

LO

TAIWAN : 1 - TAHITI : 0 - "On ne mange pas le chien"

Sous la pression des défenseurs d'animaux, la consommation de viande de chien et de chat est désormais interdite à Taïwan. Le mercredi 12 avril 2017, le parlement de Taïwan a interdit la consommation de la viande de chien et de chat, sous la pression des défenseurs d'animaux victimes de traitements cruels. Après des années de sensibilisation, cette pratique est devenue rare. Désormais, la consommation, l'achat ou la possession de viande de chien ou de chat est passible d'une amende pouvant atteindre l'équivalent de 7 715 euros (918 000 Fcfp). Pour les personnes ayant tué ou maltraité ces animaux, la nouvelle loi alourdie les peines. Ils seront passibles de deux ans de prison et d'une amende pouvant aller jusqu'à 61 700 euros. Le double pour les récidivistes.
DIKé

Bruno Barrillot honoré à Lyon et Paris

crédit photo : Arnaud Hudelot
La disparition de Bruno Barrillot le 25 mars dernier avait fortement ému la Polynésie française, dont la classe politique. Le combat de l’homme pour la reconnaissance du fait nucléaire et des indemnisations pour les victimes restera dans les livres d’histoire au même titre que celui de son compagnon de route John Doom, décédé quelques mois plus tôt. Si des amis, Bruno Barrillot en comptait beaucoup au fenua, il en avait d’autres en métropole qui ont tenu eux aussi et dans des villes différentes à lui rendre hommage.
Une première cérémonie fut organisée le 8 avril par l’Observatoire des armements dans sa ville natale de Lyon avec sa famille, puis le 22 avril à Paris en présence d'amis, de journalistes, de Christiane Taubira et de la sénatrice Hélène Luc.
À chaque occasion, de nombreux témoignages sont venus rappeler le combat du délégué au suivi des conséquences des essais nucléaires.
En accord avec sa famille, un appel a été lancé pour la création d'un "fonds Bruno Barrillot" afin de faciliter la numérisation des archives sur les essais nucléaires, les transmettre en Polynésie et permettre leur accès sur Internet.
Pour y participer : Observatoire des armements, La Banque Postale, compte 0330596S038
IBAN FR71 2004 1010 0703 3059 6S03 853 - mention "fonds Bruno Barrillot"
Courriel : pourbruno@obsarm.info
Luc Ollivier

Les naufragés de Maiao reconnus coupables

Novembre 2016, fin de la Hawaiki Nui Va’a à Huahine, fréro et sœurette Para foncent vers Maiao dans leur poti mārara. "Ne t’inquiète pas, on a les baffles boum boum à bord". Entre les deux baffles aimantées, le compas, déboussolé, a vite perdu le Nord, et eux leur route. "On n’avait pas prévu de se perdre." Comique. Ni de mourir non plus. Ce fut à deux doigts. Par chance, ils s’en sortent indemnes, grâce aux pêcheurs de Papara, après six jours de galère, sans les rames. Cinq jours de recherches, 55 heures de vol, hélicos, avions, 70 000 km2 inspectés. Facture estimée : 113 millions de Fcfp. Une paille, la Collectivité paiera, "no soucy". "Au Tribunal, on nous a grondés. Il faut acheter une balise de détresse et respecter les règles". "Je ne suis pas là pour vous taper dessus", a dit le procureur, très pédagogue, avec un gentil compliment final : "Les Polynésiens sont d’excellents navigateurs." La preuve que non. Combien de dizaines de recherches ces dernières années ? Avec 113 millions de Fcfp on a droit à combien de jeunes GSMA ou CAE pendant un an ? Aucune sanction donc, mais attention au matricule des prochains naufragés si on les retrouve vivants. Une simple balise à 27 000 Fcfp, moins cher que les baffles, éviterait bien des drames.
DIKé

La Polynésie française fête l’Europe

Du 9 au 14 mai sera fêtée la semaine de l’Europe dont l’objectif premier lors de sa création en 1950 fut de rapprocher suffisamment les différentes nations du continent pour rendre toute guerre impossible. La Polynésie française fait partie des 25 pays et territoires d’Outre-mer qui bénéficient d’un régime d’association renforcée avec l’Union européenne et peuvent prétendre, à ce titre, au soutien financier de l’Union européenne. Un soutien qui s’est traduit via le Fonds européen de développement (FED) à un budget de 3,6 milliards de Fcfp pour la période 2014-2020.
LO

Détournement de fonds, le tribunal aussi

Le 27 avril dernier, le tribunal de Papeete a condamné la greffière en charge de la régie de la cour d’appel à 4 ans de prison dont 2 avec sursis pour détournement de 31 millions de Fcfp entre 2006 et 2016, faute d’une comptabilité informatisée et de contrôles. Et ses supérieurs hiérarchiques ? A priori, elle n’en n’avait pas. On en profite pour rappeler une liste non exhaustive des condamnations des trois dernières années pour détournement de fonds et abus de biens par des salariés.
- 19/08/2014 Une jeune comptable d’entreprise pour 5 MF.
- 24/05/2015 Une caissière de la pharmacie de Punaauia pour 6,6 MF et 3 MF auparavant ailleurs.
- 08/2015 Une conseillère socio-éducative chargée d’enquêtes sociales pour 5 MF entre 2010 et 2104.
- 21/10/2015 Une cadre commerciale de Vini pour 74 MF entre 2006 et 2014.
- 23/03/2016 Le régisseur du cimetière de l’Uranie et sa secrétaire pour des frais funéraires entre 1989 et 2009 pour un montant impossible à déterminer, estimé à 74 MF.
- 13/06/2016 Une secrétaire médicale de la clinique Paofai pour 14,5 MF entre 2012 et 2015.
- 16/06/2016 Une dirigeante d’association, au service du protocole de la présidence, pour 1 MF.
- 14/12/2016 Une secrétaire indélicate qui incendie Poly-Goudronnage à Tipaerui pour camoufler ses escroqueries ; 174 MF de dégâts.
Si l’on recherche plus loin, on devrait voir apparaître des noms de grandes sociétés. Il y en a pour tous les goûts. Un sport local où les femmes excellent. À croire que l’informatique, les contrôles, les commissaires aux comptes, ce n’est pas pour nous. La peur de la Justice n’est peut-être pas assez dissuasive ?
Et si les patrons s’y mettent aussi, où va-t-on ? Quelques condamnations ;
- 06/10/2015 Le patron d’Excel Motors part avec 40 MF, condamné à 4 ans dont 2 avec sursis.
-06/2016 Hubert Haddad et Karl Meuel pour abus de bien sociaux à la SEP.
-27/12/2016 Jean-Paul Tuaiva, député, pour détournement de fonds public via l’Association "Team Lead".
-09/03/2017 Le patron de la SEM Laboratoire des travaux publics, Bruno Marty, condamné pour abus de confiance pour 2,2 MF de "frais de bouche".
Pour les politiques, un numéro entier de Tahiti Pacifique n’y suffirait pas. Bon courage à celui qui rédigera un tome spécial pour le "Mémorial polynésien".
DIKé

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La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier