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Îles Sous-le-Vent : un coût de 96 millions de Fcfp pour 600 carcasses

Six cents carcasses de vieilles bagnoles en moins à Bora, Huahine et pour partie Raiatea. Moins de rouille sous nos yeux, et ceux de nos amis touristes, ébahis devant tant d’anarchie. Moins de moustiques aussi. Enfin, "Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté", dixit Baudelaire. Mauruuru. Par contre pour "l’ordre", à 96 millions pour 600 carcasses, soit 160 000 Fcfp l’unité, cela fait cher le joli cube compressé. Plus cher que l’épave. Presque une sculpture de César, le sculpteur-comprimeur. Les com- primés c’est nous. C’est la collectivité qui paie. Appel d’offres en cours pour Raiatea et Taha’a. À ce prix-là, proposez vos services.
À moins que… Ne soyons pas mauvaise langue. Tout est clair comme de l’huile de vidange. Et la revente de tout ce métal en Nouvelle-Zélande, pays de destination, cela doit bien rapporter un petit quelque chose ? Ne serait-il pas judicieux de faire payer les concessionnaires au moment de la vente plutôt que nous ? Car ensuite, impossible de retrouver les utilisateurs. Un petit 60 000 Fcfp à payer à la collectivité dès le départ, sans augmenter le prix de vente, bien sûr ! Merci pour nous. 

EB




Un Neymar pour notre PSG !

Cela ne vous a certainement pas échappé, l’actualité de ces quelques derniers jours s’est cristallisée sur le sport. Et plus précisément sur l’arrivée du joueur de football brésilien Neymar au PSG (lire Paris Saint-Germain). Le club de la capitale entre dans une nouvelle dimension à grand renfort de millions de pétrodollars, 222 exactement, qui ont été versés au FC Barcelone, le club quitté, en guise d’indemnités. Un petit tour par ma calculette et j’arrive à la pharaonique somme de 26,491 milliards de Fcfp ! Soit approximativement le quart du budget annuel de notre PSG (lire Protection sociale généralisée) ou la globalité du Régime de solidarité de la Polynésie française (RSPF).
Des chiffres qui donnent le vertige, qui écœurent les uns ou qui réjouissent le Trésor. Dans un premier temps, le club parisien va devoir s’acquitter d’environ 100 millions d’euros (12 milliards de Fcfp) pour régler les charges sociales. Dans un second temps, en raison du salaire net de Neymar estimé à environ 35 millions d'euros par an, soit 62 millions d'euros brut par an (7,4 milliards de Fcfp), le PSG va verser 37,5 millions d'euros à l’État par an (4,5 milliards de Fcfp), dus à l'impôt sur le revenu du joueur et aux cotisations sociales payées par son employeur, sans compter les hausses de recettes de la TVA (vente de maillots à hauteur de 20% et places de stades taxées 5,5%). "Le ministre des Comptes publics se réjouit des impôts qu'il va pouvoir payer en France", reconnaissait volontiers Gérald Darmanin jeudi dernier sur une radio nationale.
Ne rêvons pas, il n’y a aucune chance qu’un tel joueur vienne fouler les pelouses cabossées du Pays.
Pour sauver notre PSG, il va donc falloir surtout compter sur nos deux bailleurs de fonds, le gouvernement et l’État.
Le premier, comme ses devanciers, n’est pas irréprochable dans la gestion de cette PSG. Profitant de la meilleure santé financière et budgétaire du Pays, il a inscrit, début août, via le Fonds de l’emploi et la lutte contre la pauvreté (Felp), une imputation supplémentaire de 1,6 milliard de Fcfp en faveur du RSPF, destinée à couvrir une partie du déficit de 2,1 milliards de Fcfp à fin 2016. Le second, l’État, tient ses engagements pris en 2015 et a procédé au versement de la première tranche de 2017 (716 millions de Fcfp) au bénéfice du RSPF. Il contribuera également à la prise en charge du cancer (227 millions de Fcfp). Après le versement de la dernière tranche de 716 millions de Fcfp pour la fin de l’année, soumis aux avancées de la réforme, l’État sera arrivé au terme de son engagement. Le Pays devra-t-il continuer de remplir ce tonneau des Danaïdes tant qu'aucune réforme ne sera engagée ? Un Neymar et vite !
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier