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Îles Sous-le-Vent : un coût de 96 millions de Fcfp pour 600 carcasses

Six cents carcasses de vieilles bagnoles en moins à Bora, Huahine et pour partie Raiatea. Moins de rouille sous nos yeux, et ceux de nos amis touristes, ébahis devant tant d’anarchie. Moins de moustiques aussi. Enfin, "Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté", dixit Baudelaire. Mauruuru. Par contre pour "l’ordre", à 96 millions pour 600 carcasses, soit 160 000 Fcfp l’unité, cela fait cher le joli cube compressé. Plus cher que l’épave. Presque une sculpture de César, le sculpteur-comprimeur. Les com- primés c’est nous. C’est la collectivité qui paie. Appel d’offres en cours pour Raiatea et Taha’a. À ce prix-là, proposez vos services.
À moins que… Ne soyons pas mauvaise langue. Tout est clair comme de l’huile de vidange. Et la revente de tout ce métal en Nouvelle-Zélande, pays de destination, cela doit bien rapporter un petit quelque chose ? Ne serait-il pas judicieux de faire payer les concessionnaires au moment de la vente plutôt que nous ? Car ensuite, impossible de retrouver les utilisateurs. Un petit 60 000 Fcfp à payer à la collectivité dès le départ, sans augmenter le prix de vente, bien sûr ! Merci pour nous. 

EB




De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier