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Ā'amu, une artiste au cœur des légendes polynésiennes


Vendredi 17 Mai 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Après le succès de sa superbe exposition "Portraits et légendes" qui s'est tenue fin 2018, à la Maison de la culture, Christine Fabre aka Ā'amu se dévoile et confie ses prochains projets. Portrait d'une artiste-peintre sensible et passionnée, qui a en outre illustré le livre 'Ura, la perruche de Rimatara de Patrick Chastel et fait également un travail remarquable autour de son texte sur les légendes de Hiro et Hina.



"Ma soif de création et d'évolution est inextinguible"

"Hiro et son hameçon à Huahine…" Illustration : A'amu
"Hiro et son hameçon à Huahine…" Illustration : A'amu
Depuis quand peignez-vous ?
"Bien que j’aie toujours souhaité peindre, il m’a d’abord fallu commencer par gagner ma vie, et j’ai commencé à le faire en tant qu’éducatrice spécialisée. Cependant, l’appel des pinceaux se faisant constamment pressant, j’ai réussi à le prendre en compte aussi souvent que possible, au cœur même de ma vie professionnelle, en animant dès le début des années 1970 des ateliers d’art-thérapie auprès de jeunes en difficulté (échec scolaire, troubles du comportement et délinquance), pendant dix-huit ans. J’ai alors pu découvrir combien le fait pour eux de se retrouver à pratiquer la peinture, une activité créatrice, ludique, non connotée socialement comme la réussite scolaire ou l’insertion socio-professionnelle, pouvait les stimuler et leur permettre de reprendre confiance en eux, les réconcilier avec les processus d’apprentissage, de création. Et cela alors qu’ils s’inscrivaient justement jusque-là plutôt dans le mouvement inverse de la destruction. Cette possibilité nouvelle qu’ils expérimentaient ainsi de « rebattre enfin leurs cartes » leur offrait la possibilité de modifier leur propre regard sur eux-mêmes, tout en permettant à leur environnement de les découvrir sous un jour différent à travers leurs créations picturales. Ce cercle vertueux qui les aidait ainsi à sortir enfin de leur marginalisation en cours m’a amenée à rédiger alors ma thèse en sciences de l’éducation sur ce sujet, puis, comme elle fut primée, devenue maître de conférences à l’Université de Grenoble, à publier et donner des conférences un peu partout dans le monde pendant vingt-cinq ans. C’est comme cela qu’un jour je suis arrivée à Tahiti en 2003… La même année (coïncidence ?) fut celle de mes premiers portraits en aquarelle. J’ai choisi cette technique car tous les artistes consultés me disaient que c’était la plus difficile, mais qu’une fois qu’on la maîtrisait a minima, toutes les autres semblaient bien plus faciles à apprendre. Conseil que j’ai donc suivi à la lettre, et ce pour ma plus grande satisfaction !"...

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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier