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16/16 - réchauffement climatique : l’énergie nucléaire, dernier recours ?


Vendredi 27 Décembre 2019 - écrit par Gilbert Wane


L’objectif de la transition énergétique dans le monde est de passer d’une dépendance à l’énergie fossile (81,4 % en 2015) à plus d’EnR (13,7 % en 2015) avec une meilleure efficacité énergétique.



Source : https ://en.wikipedia.org/wiki/Nuclear_power#/media/File :Annual_electricity_net_generation_in_the_world.svg
Source : https ://en.wikipedia.org/wiki/Nuclear_power#/media/File :Annual_electricity_net_generation_in_the_world.svg
Nous voilà enfin arrivés à la fin de cette série d’articles sur ce débat passionnant et très controversé. Résumons le fil rouge de notre message :
  • Aux articles n° 1 à 9, nous avons vu que l’origine du réchauffement climatique fait l’objet d’une controverse intense entre scientifiques internationaux de haut-niveau : les climato-alarmistes disent avec certitude que le CO2 émis par l’activité humaine est le principal responsable, alors que les climato-sceptiques disent que d’autres facteurs naturels (notamment le soleil, les nuages et les courants océaniques) jouent un rôle tout aussi important.
    À l’article n° 10, vu que le CO2 est l’un des principaux gaz à effet de serre, son émission par l’activité humaine n’arrange pas le réchauffement climatique. Ce positionnement nous amenait donc à conclure logiquement pour une réduction de la combustion de l’énergie fossile. Ironie du sort, le CO2 et le méthane (CH4) ont fait partie de la "soupe prébiotique primitive" qui serait à l’origine de la vie sur Terre ! Ces deux molécules sont maintenant accusées de la catastrophe climatique à venir.
    Aux articles n° 11 à 13, nous avons montré que produire plus de PIB tout en émettant moins de CO2 exigeait une politique énergétique qui faisait face à de sérieux obstacles techniques (l’intermittence de l’EnR), économiques (les pays pauvres étant le plus dans le besoin énergétique et le prix subventionné de l’EnR) et géopolitiques (le rapport de force entre les grandes nations : les pays pauvres étant les laissés-pour-compte).
    À l’article n° 14, nous avons vu que l’électricité était devenue une "commodité incontournable" dans notre vie quotidienne, si bien que son coût est l’objet d’un débat intense. Son développement allait s’accentuer dans les pays pauvres principalement, où 850 millions de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité (voir World Energy Outlook 2019).
    Enfin, à l’article n° 15, nous avons montré que pour la transition énergétique envisagée, l’EnR ne pouvait pas remplacer totalement nos besoins en énergie fossile. Il fallait donc trouver une autre source d’énergie "plus concentrée" et "décarbonisée" pouvant assurer une "puissance crête" face à l’intermittence du solaire et de l’éolien.

On se retrouve donc au pied du mur avec un sujet qui fâche, l’énergie nucléaire, qui nous effare à plus d’un titre. Malgré un renforcement de sa sécurité, elle n’a toujours pas bonne presse. Les accidents de Three Mile Island (Pennsylvanie, États-Unis, 1979), de Tchernobyl (Ukraine, 1986) et de Fukushima (Japon, 2011), n’ont pas rassuré l’opinion publique. Chez nous, les Polynésiens ne sont pas encore prêts à accepter cette solution ultime. CEP, quand tu nous tiens !
Mais, en attendant l’épuisement certain de l’énergie fossile, est-ce une raison d’adopter la politique de l’autruche ? Malheureusement, dans ce débat, on omet souvent de distinguer le nucléaire militaire du nucléaire civil, qui a ses propres applications utiles dans l’électricité et dans le domaine médical, où on utilise les radioéléments (isotopes radioactifs) à des fins d’étude, de diagnostic via imagerie et de traitement des pathologies, comme le cancer. Dans notre article n° 4/16, nous avons parlé d’un retour à l’atome, avec Claude Allègre. Nous y voilà ! Méditons sur le message du professeur Bertrand Cassoret : "N’en voulez pas trop aux politiques si la situation se dégrade, ils ne peuvent rien contre les lois de la physique." Au lieu de tirer des plans sur la comète, soyons donc réalistes, mais pas défaitistes...

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Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT