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1917, fêtes de fin d’année à l’île de Pâques


Samedi 13 Janvier 2018 - écrit par Robert Koenig


Le Bulletin est paru le 29 décembre dernier célébrant ainsi le centenaire de la création de la Société des études océaniennes (SEO) en janvier 1917, ainsi que les deux naufrages successifs de l’équipage du corsaire allemand Seeadler d’abord sur l’atoll de Mopelia (2 août) puis de la goélette ex-Lutèce rebaptisée Fortuna à l’île de Pâques (6 octobre).



1917, fêtes de fin d’année à l’île de Pâques
Après avoir fait deux fois naufrage en trois mois (1), les 58 hommes de l’équipage du croiseur auxiliaire allemand se retrouvent prisonniers d’une île : peut-être à la différence de Mopelia qui n’était habitée que des trois travailleurs de la société Grand-Miller et Cie, mais qui était reliée au monde par la puissante radio du Seeadler, l’île de Pâques est peuplée de 300 Kanaks et de trois colons, mais ne dispose que d’un moyen de communication très limité, elle est donc vraiment isolée et sans nouvelle de la Première Guerre mondiale.
Les marins s’installent comme ils peuvent, construisent près du village de Hangaroa un deuxième Seeadlerdorf et ont le temps d’aménager un jardin à proximité. Excursions, chasse, exercices de gymnastique rythment...


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Tous ensemble

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots”, a déclaré Martin Luther King dans un discours il y a 50 ans. Si en Polynésie, comme d’ailleurs sur l’ensemble de la planète, les humains ont du mal à faire leur cette citation, il n’en demeure pas moins qu’en de rares occasions, les hommes ont la capacité de surmonter leurs différences. Quand il s’agit de politique, par exemple, on n’hésite pas à parler d’unité nationale dès lors que la patrie est en danger ou dans une moindre mesure quand la cause touche tout un peuple.
Vendredi dernier, toute la classe politique locale a salué comme un seul homme la décision de la chambre criminelle de la Cour de cassation qui s’est prononcée via l’avocate générale pour l’annulation de la condamnation de Pouvana’a a Oopa en 1958. Le Metua, dont se revendiquent aujourd’hui tous les grands dirigeants politiques du fenua, devrait être réhabilité lors de la décision qui sera prise le 25 octobre prochain. À Tahiti, chacun s’est félicité de cette avancée qui rapproche un peu plus la collectivité de la Métropole, même si pour cela il aura fallu 60 ans.
L’unité affichée n’aura valu que le temps d’une décision, car voilà que se profilent des dossiers qui ne manqueront pas de raviver les dissensions. La réforme de la PSG mais aussi du Code de travail ne manqueront pas de faire des mécontents. Si la rue l’avait emporté à la veille des élections territoriales, la majorité compte bien sur sa base électorale pour passer ses réformes, en force si besoin. Persuadée sans doute que chacun de ses électeurs s’est prononcé en faveur de chacune des propositions annoncées durant la campagne.
Les réseaux sociaux et la presse hexagonale se sont mobilisés comme rarement derrière une jeune étudiante polynésienne, Ranitea Gobrait, qui malgré un résultat exceptionnel de 20,32/20 au bac s’émouvait de n’avoir pu trouver le moindre débouché universitaire. Les Polynésiens et les médias ont donc soutenu à leur manière l’étudiante au point d’en faire une affaire nationale qui après certaines vérifications ont permis de constater que la bachelière avait refusé cinq propositions…
De l’unité, de la vraie, il faudra quand même en avoir, de façon un peu plus légère, ce dimanche pour soutenir l’équipe de France de football qui jouera sa troisième finale de Coupe du monde. Le temps d’un match, la Polynésie sera derrière les Bleus… ou pas. Elle le sera plus, sûrement, derrière ses rameurs pour les Championnats du monde de va’a qui débutent jeudi prochain.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier