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19e salon du livre


Jeudi 31 Octobre 2019 - écrit par Ariitaimai Amary


Convergence des littératures insulaires

La 19e édition du Salon du livre se tiendra du 14 au 17 novembre prochains à la Maison de la culture. Pour ce nouveau volet, le thème retenu est "Histoires d'îles", un sujet qui suggère le partage de récits issus et inspirés de l'insularité. Cet événement marquant du paysage littéraire du Pacifique sera enrichi par la présence d'invités d'exception, mais aussi par un programme passionnant sur l'univers qui entoure le livre.



Pour cette 19e édition du Salon du Livre "Lire en Polynésie", l'organisation vous promet un programme d'exception avec des animations, mais aussi des ateliers. Crédit photo : DR
Pour cette 19e édition du Salon du Livre "Lire en Polynésie", l'organisation vous promet un programme d'exception avec des animations, mais aussi des ateliers. Crédit photo : DR
Pour cette 19e édition du Salon "Lire en Polynésie", l'organisation promet un programme d'exception ! En effet, petits et grands seront servis pour l'occasion, puisque des animations, mais aussi des ateliers seront proposés. Pour les littéraires, les nouveautés seront présentées et il sera possible de participer à des conférences et des débats inspirés par le thème de cette année : "Histoires d'îles". Vous pourrez, bien évidemment, rencontrer les auteurs et vous faire dédicacer votre livre, mais vous pourrez aussi découvrir les îles à travers ses auteurs, comme le propose le cycle de Rencontre "Reflet d'îles". Jusqu'au vendredi 15, les adultes pourront participer à des ateliers d'écriture et de carnet de voyage avec Ingrid Astier, auteur de La Vague, mais aussi à un atelier de Slam avec Paul Wamo, originaire de Lifou...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 419 en cliquant ICI


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Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…

Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…
Jusqu’au bout ! Jusqu’au bout, la France a du mal à faire preuve de reconnaissance envers le peuple polynésien qui s’est vu imposer, faut-il le rappeler, 193 essais nucléaires sur ses terres et dans ses eaux entre 1966 et 1996. Ainsi, la Polynésie, dite "française" justement, a été durablement marquée par son Histoire douloureuse. Mais, on ne peut que le constater, l’État français souffle encore le chaud et le froid, et peine à panser les plaies de la population locale, qui aspire pourtant à tourner définitivement la page du nucléaire… Déjà, la modification de la loi Morin, réalisée discrètement en fin d’année dernière, reste en travers de beaucoup de gorges, en raison de la réintégration d’un "seuil minimum". Pour rappel, l’indemnisation des victimes ayant séjourné en Polynésie entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 n’est donc plus possible, dès lors que le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants reçue est inférieure à un millisievert (mSv). Et aujourd’hui, alors que le gouvernement local et l’État français ont commencé à se pencher enfin sur la question d’un Centre de mémoire, on tombe des nues en apprenant qu’en réalité, ce sera au Pays de financer sa construction !

D’un côté, on donne un terrain à la Polynésie et, de l’autre, on lui signifie de se débrouiller pour faire naître ce lieu de mémoire : cette attitude ingrate laisse pantois. D’ailleurs, ce manque de reconnaissance inouï a été dénoncé par la députée Maina Sage, qui a qualifié ce positionnement de "vraiment indécent". La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a tenté d’arrondir les angles en évoquant "d’autres lignes budgétaires" possibles et s’est retranchée derrière la visite du Président français en avril 2020, affirmant que "l’État sera au rendez-vous". Cependant, et c’est la cerise sur le gâteau, n’oublions pas que le futur "Centre de mémoire des essais nucléaires en Polynésie française" (Pu Mahara en tahitien), qui sera situé dans l’ancien immeuble de la Marine, boulevard de la Reine Pomare, contient de l’amiante et du plomb ! Cette rétrocession est donc l’un des cadeaux empoisonnés, dans le cadre des Contrats de redynamisation des sites de défense (CRSD), que nous pointions du doigt dans notre édition du 23 août dernier (lire TPM n° 414) et qui vont nécessiter une dépollution à hauteur de 1 milliard de Fcfp pour les rendre aménageables…

En outre, et nous vous l’annoncions aussi en avant-première, les archives de la série 13R relatives au Centre d’expérimentation du Pacifique ne sont plus communicables depuis la loi 2008-696 du
15 juillet 2008 (lire TPM n° 418 du 18 octobre). Un grand recul de l’État français, dont on ne comprend pas le comportement ambigu envers la Polynésie française, alors qu’il prône "le dialogue et la transparence". L’association 193, qui s’est retirée du projet, s’insurge : "Mais, quel type de menu est-ce que ce Comité de pilotage essaye de concocter en vue de l’arrivée de Macron ?" On attend le Président français avec grande impatience, en espérant qu’il fasse une annonce concrète lors de sa venue et que l’État français arrête de faire avaler des couleuvres aux Polynésiens. Ce temps-là est révolu.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt