N° 131, Mars 2002

5

Editorial

6

Courrier des lecteurs

7

Analyse de l'actualité

9

Confidences

10

Mission "humanitaire" aux Tonga

13

Baromètre

15

Dossier : Dieux siamois polynésiens ?

20

L'Euro facile

23

A la Cour

24

Politique

25

Et Hop, on brade un service territorial !

26

Qui c'est qui payeÉ?

28

Cours du cobalt et nodules

30

Art : Wolf redécouvert

31

Ah, ce temps qui passeÉ

32

Langues polynésiennes et justice

34

Fiu de Beslu

37

Encore du courrier

39

45 000 Fcfp le cocotierÉ

42

L'intellectuel tahitien est nu

45

Divers

44

NOUVELLE : "Tamatoa Tevaiaanui"

51

Mots fléchés

52

Evénements du Pacifique en février 2002

53

Les événements de Tahiti en février 2002

54

Balises des îles

 

15 : Dieux polynésiens, dieux siamois ?

38 - Qui c'est qui paye les fare MTR ? C'est la France qui payeÉ cher !

HUMOUR

Mission "humanitaire aux îles Tonga

Justice, langues et raison

A Tahiti, pendant le mois de février 2002, le microcosme de Papeete aura essentiellement été marqué par une polémique et des recours en justice administrative concernant l'utilisation des langues polynésiennes dans les procédures de justice civile en Polynésie française.
L'imbroglio juridico-linguistique a été créé par la délibération de l'assemblée de Polynésie française du 4 décembre 2001, laquelle adopta le nouveau Code de procédure civile polynésien en y incluant la possibilité d'utiliser le français mais aussi les « langues polynésiennes écrites et parlées dans le territoire » pour la saisine et les débats devant les juridictions civiles (sans préciser lesquelles, il y en aurait 7, 9 ou 17 selon les spécialistes, si l'on inclut les dialectes).
Cette disposition, un amendement déposé par la conseillère Tina Cross, épouse de l'avocat « maohi » Stanley Cross, a de suite suscité une levée de bouclier de la part de l'ordre des avocats, en grande majorité d'origine métropolitaine et donc incapables de parler une de ces langues, surtout le tahitien, langue la plus courante. Le bâtonnier Quinquis (qui est aussi l'avocat de la Présidence) adressa alors une requête auprès du représentant de l'Etat pour suspendre et annuler la délibération en évoquant « l'illégalité, l'inapplicabilité et le danger pour les justiciables polynésiens », ce que celui-ci fit le 15 février en demandant l'annulation de la délibération auprès du tribunal administratif, accompagnée d'une demande de sursis à exécution car aucun fonds n'existent présentement pour financer l'armée de traducteurs (si on peut en trouver pour certaines des langues) nécessaire.
Une vive polémique s'était entre-temps engagée et maître Cross, en mettant sa casquette de président de la Ligue polynésienne des Droits de l'Homme, accusa de suite le bâtonnier d'« initiative colonialiste et raciste » en lui demandant comment il pouvait « oser dénier au justiciable maohi le droit de s'exprimer dans ses langues devant les tribunaux de Polynésie ».
« Raciste » ! Le mot était, bien pour la première fois, lâché dans un débat majeur à Tahiti, et c'est très regrettable. Il fut à plusieurs reprises répété sur les ondes par Alain Bessalem, alias Mathius, l'obscure et hargneux secrétaire de la Ligue et conseiller de maître Cross qui, malgré plus de 25 ans de présence à Tahiti, a été incapable d'apprendre ce tahitien qu'il déclare lui être si cher, il fallait le souligner. Puis l'affaire prit aussi une tournure franchement affairiste lorsque la conseillère Tina Cross fit (en français) sur Radio Tefana un plaidoyer appelant les Tahitiens à uniquement utiliser des avocats « qui peuvent bien les comprendre, qui parlent le reo maohi », donc d'utiliser le cabinet de son mari, l'un des rares dans lesquels on trouve des avocats parlant (plus ou moins bien) le tahitien. Aussi, depuis que maître Cross a annoncé sa candidature à la députation, un autre angle, politique celui-là, vint jeter un autre éclairage sur l'affaire.

Puisqu'un éditorial est un espace pour donner une opinion, permettez-nous d'exprimer la nôtre :
Il est évident, et les conseillers de l'assemblée territoriale l'ont bien compris, qu'il est grand temps que la Justice soit faite dans la langue du justiciable. L'utilisation du tahitien au tribunal civil aurait dû être introduite voici 150 ans déjà, comme cela a toujours été le cas pour les audiences des tribunaux du pénal où des interprètes (plus ou moins bons) sont présents. Or c'est l'absence totale de possibilité de formation juridique pour des Polynésiens jusque dans les années 60, triste oubli d'une mauvaise politique coloniale, qui fit que les tous les postes de magistrats comme d'auxiliaires de justice étaient tenus par des expatriés. Or voici que, grâce à l'évolution des mentalités et des moyens, les premiers avocats autochtones font leur entrée dans le monde judiciaire de Tahiti. On ne peut qu'applaudir en disant « Enfin ! »
Oui, introduisons le tahitien dans la justice ! Mais pour cela il faudrait d'abord avoir des textes en tahitien, pas seulement le Code de procédure civile mais aussi tout le code civil qui devra être traduit. En effet, comment peut-on rendre justice sans textes précis ? Ensuite il faudra bien des juges, des greffiers des huissiers et des interprètes qui puissent lire, comprendre et interpréter parfaitement toutes les nuances de ces textes en reo maohi, en marquisien, en mangarévien, en dialectes Tuhaa pae ou paumotu. Où pourra-t-on les trouver ? Combien d'années faudra-t-il pour les former ? Et alors la grande, grande complication ne fera que commencer : imaginons qu'un accident de circulation entre un Marquisien et un Mangarévien se termine au tribunal et que chacun des conducteurs réclame que justice soit faite dans sa langue « natale ». Combien d'années notre déjà lente et surchargée justice prendra-t-elle pour rendre un jugement ? Et bis repetita pour la Cour d'appel, car elle aussi devra être "maohisée" ! Mais aussi, que se passera-t-il avec les affaires de terres, grand imbroglio juridique et passionnel de Tahiti, où chaque procédure prend déjà en moyenne 15 ans pour aboutir ?
Par dessus tout cela viendra se greffer un autre facteur social : hélas, les langues polynésiennes sont en train d'être balayées par le français, langue qui permet l'accès aux bons emplois et utilisée par pratiquement tous les médias. Rares, même de plus en plus rares sont dorénavant les jeunes, même en milieu rural, à parler un tahitien correct, même approximativement ; je connais même un "grand prêtre" du reo maohi qui est obligé de parler en français avec ses petits-enfants ! Certainement pas plus de 30 personnes (très âgées) parlent encore parfaitement le mangarévien. Et que dire des langues Tuhaa pae (les îles australes) déjà largement remplacées par le tahitien ? On peut donc sereinement avancer la prédiction que lorsque, disons d'ici 15 ans, l'immense et coûteuse infrastructure pour rendre la justice en langues polynésiennes aura été mise en place, il n'y aura pratiquement plus de justiciable pour l'utiliser.

Le plus triste dans cette affaire, c'est que ce qui devrait être un combat pour une Justice enfin plus équitable pour les Polynésiens de souche, ceux qui sont restés authentiques, est détourné et dévoyé par certains pour tenter d'obtenir des avantages politiques ou des sinécures personnelles qui n'aideront nullement la population. Pis encore, leurs excès sabotent l'effort sincère de beaucoup et surtout introduisent la sinistre notion de racisme qui a jusqu'à présent épargné Tahiti, l'un des rares cas au monde, rappelons-le. Et que ceci soit l'Ïuvre de personnes se réclamant des « Droits de l'Homme » est encore plus affligeant !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité

Alex W. du PREL
Directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

Vendredi 01 février
- Collision évitée de justesse de deux jumbo jets de la compagnie aérienne Qantas.

Samedi 2 février
- Nelson TEATA, surfeur âgé de 23 ans, est porté disparu en mer.

Dimanche 3 février
- Retour de Paris de Gaston FLOSSE.
- Heifara TAUHITINI remporte la compétition de la 1ère journée du «Hinano Surf Tour » du championnat de Tahiti à Papenoo.

Lundi 4 février
- Le corps sans vie de Nelson TEATA est retrouvé sur les rives de Mahina.
- Valentina CROSS, conseillère du Tavini Huiraatira envoie une lettre ouverte à Gaston FLOSSE pour l'interpeller sur l'usage du reo maohi au tribunal civil.
- Le maire de Papeete, Michel BUILLARD reçoit le nouveau chef de la subdivision administrative des Îles-du-Vent, Jean BALLADRAS.
- Escale à Tahiti du navire « Aurora » de la compagnie P&O.
- Grève des personnels de la mairie de Tahiti Iti.

Mardi 5 février
- Départ de Gaston FLOSSE au Tonga pour une mission d'évaluation des opérations dans le cadre de l'aide internationale apporté à ce royaume polynésien fortement touché par le cyclone Waka. Il fait escale à Rarotonga où il rencontre le Premier ministre des îles Cook, Terepai Maoate.
- Etude d'impact pour le projet du golf à Temae, Moorea.
- Le bâtonnier de l'ordre des avocats, maître Quinquis répond à la polémique lancée à propos de l'utilisation des langues polynésiennes en justice civile.

Mercredi 6 février
- Une cinquantaine de parents d'élèves manifestent pour demander l'exclusion d'un enseignant accusé par une élève d'attouchements.

Jeudi 7 février
- Le Conseil constitutionnel a censuré partiellement la loi organique qui régularisait rétroactivement l'impôt foncier sur les propriétés bâties en P.F..
- La grève des personnels des mairies de la presqu'île continue.

Vendredi 8 février
- Bilan de la délinquance en Polynésie française : augmentation de 11,64 % en 2001.
- Michel MATHIEU, haut commissaire de la P.F annonce son intention de déposer un recours auprès du tribunal administratif pour faire annuler la délibération du nouveau code de procédure civile qui impose le reo maohi dans les procédures.
- Fin de la visite de Gaston FLOSSE à Tonga.

Samedi 9 février
-Victoire du tahitien Georges Richmond de la 14è édition du Tahiti Nui Marathon à Moorea.
- Arrivée à Tahiti de Me Francis SZPINER pour défendre Me Alexandre CORMIER dans l'affaire dite « des notaires » accusés de surfacturation.

Dimanche 10 février
- Décès de Charles PETRAS âgé de 78 ans, chef d'entreprise, acteur, journaliste et fondateur de feu l'hebdomadaire «Tahitirama», des suites d'une longue maladie.

Lundi 11 février
- Fin de la grève à Taiarapu Est.
- Escale à Tahiti du paquebot de croisière « Albatros ».

Mardi 12 février
- Cérémonie officielle d'inauguration des fêtes du Nouvel An chinois à la mairie de Papeete.
- Le conseil économique, social et culturel de Polynésie française présente son rapport sur le tourisme.
- Rencontre des parents d'élèves du lycée de Taaone avec le ministre de l'Éducation, Nicolas SANQUER, concernant le problème d'attouchement sexuel sur une élève de 16 ans.
- Le tribunal administratif de Papeete annule la délibération créant le Service des relations internationales.
- Le haut-commissaire de la République en Polynésie française avait demandé l'annulation de la délibération créant ce service, estimant que celui-ci empiétait sur les compétences de l'Etat

Mercredi 13 février
- 16e réunion du groupe pour la coordination des services de la circulation aérienne dans le Pacifique sud à Tahiti.
- Création d'un comité de suivi de la perliculture.

Jeudi 14 février
- Le conseil des ministres prend un arrêté portant à nouveau création du Service des relations internationales en tenant compte de l'avis du Conseil d'État.
- Escale à Tahiti du paquebot « Astor ».

Vendredi 15 février
- Loïc BRIGATO déclaré élu à l'assemblée de P.F. en remplacement de Maryse OLLIVIER, déclarée inéligible par le Conseil d'État.
- Sabordage en mer du navire « Te Maru » de la société Tahitian Fisheries, une épave.
- Escale à Papeete du paquebot « Crown Princess.
- Remise des palmes académiques à Jean-Marie JESTERE, inspecteur de l'éducation nationale.
- Le ministère des Sports met en place les contrôles anti-dopages.
- Justice et langues polynésiennes : le haut-commissaire de la République demande l'annulation de la délibération.

Samedi 16 février
- Escale à Papeete du paquebot Crystal Symphonie.
- Départ de Gaston FLOSSE à Paris.
- Entrée ouest de Papeete : ouverture du nouvel échangeur de l'Uranie.

Mardi 19 février
- Stanley CROSS annonce sa candidature dans la première circonscription et pour cela démissionne de la présidence de la Ligue polynésienne des droits de l'Homme.
- La commissaire du gouvernement du tribunal administratif propose de suivre l'avis du Conseil d'État en annulant la délibération portant reconnaissance du caractère de service public aux liaisons aériennes Papeete-Paris de Air Tahiti Nui.
- Le tribunal correctionnel de Papeete prononce la relaxe de Léonard Colombel PUPUTAUKI, dit «Rere», responsable du G.I.P.

Mercredi 20 février
- Oscar TEMARU exclut Loïc BRIGATO du Tavini et réclame un référendum « réservé aux natifs ».

Jeudi 21 février
- Brève escale de la reine Elizabeth II d'Angleterre à Tahiti.

Vendredi 22 février
- Arrivée du président de l'Assemblée Nationale, Raymond FORNI. Il restera deux jours à Tahiti.

Samedi 23 février
- Finale du concours Himene Patitifa : Michael Pau (Samoa) remporte le premier prix.
- Plus de 1000 personnes sont présent au rassemblement de l'Union des Femmes catholiques à Afareaitu, Moorea.

Dimanche 24 février
- Incendie dans un entrepôt de la zone industrielle de la Punaruu.

Lundi 25 février
- Le ministère de la Culture, le service des Archives territoriales, le Musée de Tahiti et des îles et le Conservatoire artistique territorial présentent le programme des journées du patrimoine. Thème : la danse.
- Richard HARTMAN, directeur général Asie-Pacifique de la chaîne Continent Hôtels, annonce la construction à Bora Bora d'un 4ème hôtel Beachcomber du groupe en Polynésie française.

Mardi 26 février
- Le territoire achète l'atoll de Robert WAN pour 850 millions Fcfp.
- Présidentielles : le Tahoera'a de Gaston Flosse soutient la candidature de Jacques Chirac
- La direction d'Air Lib annonce à la présidence « l'interruption » de la ligne Paris-Papeete à compter du 15 mars prochain et annonce des propositions « d'association ».
- Trois habitants de l'île de Tubuai sont transférés sur Papeete pour être présentés au parquet pour avoir exhumé et brûlé deux cadavres.
- Gaston FLOSSE annonce vouloir poursuivre l'État en justice administrative pour le « préjudice subi par l'économie du territoire » suite au refus du gouvernement d'accorder la desserte Papeete-Paris à la société Air Tahiti Nui.

Mercredi 27 février
- Le tribunal correctionnel condamne les profanateurs de l'île de Tubuai à 18 mois de prison avec sursis.

Jeudi 28 février
- Le Fetia Api annonce ses candidats aux législatives : Arsen TUAIRAU et Marie-Laure VANIZETTE.
- Arrestation d'Edgar ARIITAI, prisonnier évadé, après 173 jours de cavale.
- Antonina BAMBRIDGE est élue présidente du Conseil des employeurs de P.F.

Henriette MAIHI


Evénements dans le Pacifique Sud

 

Amnesty International priée de quitter la Papouasie
JAYAPURA (IRIAN JAYA), 5 février - L'organisation internationale de défense de droits de l'homme Amnesty International s'est vue priée par le gouvernement indonésien de quitter la province de Papouasie occidentale (également connue sous le nom d'Irian Jaya).

ManÏuvres conjointes franco- vanuatuane
NOUMEA, 5 février - Un contingent de la petite marine nationale de l'archipel de Vanuatu a participé la semaine dernière à des manÏuvres conjointes, aux côtés de la marine nationale française en Nouvelle-Calédonie. Le seul bâtiment de la marina vanuatuane, le patrouilleur RVS Tukoro (don de l'Australie), a été détaché pendant quatre jours pour l'occasion.

Séisme de 6.6 en Papouasie
PORT-MORESBY, 7 février - L'île de Nouvelle-Bretagne (Nord-Est de l'île principale de Papouasie) a été frappée par un séisme de magnitude enregistrée localement à 6.6 sur l'échelle ouverte de Richter. Bien que la secousse ait été fortement ressentie dans plusieurs îles des environs, aucun dégât majeur, ni blessé, n'a été signalé.

Suicide, cause principale de mortalité à Fidji
SUVA, 8 février - Le suicide est désormais passé en tête de la liste des causes de mortalité à Fidji. Le nombre de morts dues au suicide, pour l'année 1999, est de 88, bien avant les morts par noyade (64) ou à la suite d'accidents de la route (62). Le suicide est une cause importante de mortalité chez les jeunes, avec une recrudescence ces dernières années chez les élèves en situation d'échec scolaire, en particulier les Indo-Fidjiens, qui perçoivent cette situation comme un déshonneur vis-à-vis du tissu socio- familial et préfèrent mettre fin à leurs jours. Dans d'autres cas, le système des mariages arrangés pratiqués dans cette ethnie pousse des couples contrariés à mettre fin à leurs jours ensemble, souvent par absorption de produits désherbants ou par pendaison.

BHP se retire de l'exploitation à OK Tedi
PORT-MORESBY, 8 février (Flash d'Océanie) - La société minière australienne BHP (Broken Hill Property Limited) a annoncé son retrait de l'exploitation d'un des plus grands sites d'exploitation de cuivre au monde à OK Tedi (Papouasie-Nouvelle-Guinée). Confrontée depuis plusieurs années à des revendications de la part des propriétaires coutumiers locaux, la mine a finalement décidé de cesser ses activités. Dans le cadre de son retrait, elle a annoncé son intention de céder 52 pour cent de ses actions à un fonds de développement censé bénéficier aux populations locales, en échange de la promesse de ne plus être poursuivie en justice pour dégâts causés à l'environnement.

Un pasteur assassiné à Port Moresby
PORT-MORESBY, 15 févier - Un pasteur d'une église luthérienne de la capitale papoue a été assassiné par balles mercredi, tout près d'une école secondaire. Meggen Zeriga, Vice-Président du district Papua de l'Église Évangéliste de Papouasie-Nouvelle-Guinée, a été abattu par un individu alors qu'il venait de déposer sa fille à l'école. Il se trouvait au volant de son véhicule lorsqu'il a été arrêté par un homme armé qui lui a demandé les clefs de sa voiture. Le pasteur aurait alors refusé. L'individu l'a alors abattu quasiment à bout portant, d'une balle dans la tête, selon les témoins.

Fidji surveille les Chinois
SUVA, 18 février - Les services fidjiens de l'immigration ont lancé une opération visant à identifier les ressortissants d'origine chinoise en situation irrégulière dans cet archipel et ont le mois dernier ainsi expulsé 14 d'entre eux. Outre les quatorze Chinois, deux Pakistanais ont également été expulsés. Pour ces candidats malheureux, le scénario semble correspondre à un schéma récurrent : ils ont tous été démasqués alors qu'ils étaient entrés sur le territoire grâce à des visas de touristes. Ils ont ensuite été retrouvés travaillant dans des entreprises, pour la plupart détenues elles aussi par des ressortissants d'origine chinoise. La révélation des dernières statistiques concernant ce phénomène, qui font état de pas moins de 1.480 personnes en situation illégale dont 296 seraient ressortissants chinois. Sur la liste de pays dont les ressortissants sont aussi en situation illégale à Fidji, figurent aussi l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et Tuvalu.

Rabuka veut établir une commission à la sud-africaine
SUVA, 22 février - L'ancien Premier ministre des îles Fidji, Sitiveni Rabuka, s'est mercredi fait l'avocat du principe d'établissement d'une "commission de la vérité et de la réconciliation", sur le modèle mis en place il y a quelques années en Afrique du Sud.Selon M. Rabuka ce concept est d'autant plus d'actualité le putschiste George Speight a été jugé coupable de haute trahison pour avoir pris d'assaut le Parlement le 19 mai 2000 et renversé le gouvernement élu d'alors. Speight, qui déclarait à l'époque agir au nom des intérêts des Fidjiens indigènes, a été condamné lundi à la peine de mort, qui a ensuite été quasi-immédiatement commuée par le Chef de l'État en prison à vie.

Fidji a voté l'abolition de la peine de mort
SUVA, 25 février - La chambre des Représentants (Parlement) des îles Fidji a voté lundi en fin de journée l'abolition de la peine de mortTonga-France

Le Jacques Cartier en route pour Tonga avec l'aide française
PAPE'ETE, 25 février - le bâtiment de transport léger (Batral) de la marine nationale française, le Jacques Cartier, a quitté ce week end le port de Pape'ete (Polynésie Française) avec quelque 85 tonnes de vivres et de matériel destinés aux victimes du cyclone Waka, qui a frappé le Nord du royaume de Tonga le Jour de l'An.

Le sommet de la paix reporté en juin
HONIARA, 26 février - Le groupe de surveillance de la paix aux îles Salomon a décidé de reporter en juin un "sommet de la paix" initialement prévu pour le mois prochain. Ce groupe, créé fin 2000 afin de surveiller la mise en place d'un processus de paix après la fin des hostilités entre les deux communautés des provinces de Malaïta et de Guadalcanal, est composé de policiers et fonctionnaires australiens et néo-zélandais. L'Australie, début février, annonçait un retrait progressif de ce contingent. "Etant donné "la complexité des problèmes", il "craint que la date de mars ne donne pas suffisamment de temps à toutes les parties pour les traiter à fond". Le conflit, depuis trois ans, aurait fait une soixantaine de morts, selon les bilans officiels, ainsi qu'une vingtaine de milliers de réfugiés, pour la plupart originaires de Malaïta et chassés de la province de Guadalcanal. Une autre clause épineuse est celle de dédommagements promis aux victimes et à leurs familles.

Vanuatu n'ira pas plus loin
PORT-VILA, 27 février - Le gouvernement de l'archipel de Vanuatu a annoncé son refus de faire des concessions supplémentaires aux conditions posées par l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Économique) concernant des pratiques financières que cet organisme juge "nuisibles". Selon le ministre ni-Vanuatu des Finances, Joe Carlo, les demandes de l'OCDE concernant de plus grandes réformes des modalités de fonctionnement du centre financier off-shore et du régime de paradis fiscal de cet archipel, y compris l'échange d'informations concernant les transactions, M. Carlo a précisé que son gouvernement n'avait désormais plus l'intention de se plier à la ligne de conduite recommandée par cet organisme international dans le cadre de sa lutte planétaire contre les activités de blanchiment d'argent. "Notre centre financier et notre statut de paradis fiscal nous rapportent deux millions de dollars US et fournit beaucoup d'emplois", a déclaré le ministre, qui estime que les mesures de l'OCDE tendent à "diluer les maigres ressources des petits États insulaires".

Tonga : la police découvre des lettres falsifiées
NUKUALOFA, 28 février - La police du royaume de Tonga, après avoir procédé à l'arrestation du chef de file du mouvement pro-démocratie Akilisi Pohiva, de son fils, et d'un militant, a annoncé mercredi avoir découvert au bureau de ce mouvement des lettres falsifiées et sur lesquelles les démocrates basaient leurs accusations. Au cours d'une perquisition dans les locaux du mouvement pro-démocratie, la police déclare avoir découvert deux lettres identiques faisant état des comptes bancaires du roi à l'étranger. L'une était non signée, l'autre l'était. La lettre faisait référence à une transaction d'un montant de quelque 350 millions de dollars US sur le compte du roi.

Patrick Decloître à Suva /OFO/ Communauté du Pacifique



Evgueni Gvozdviov, 67 ans, marin russe, a quitté Tahiti sur son voilier de 3,70 m, Saïd, afin de poursuivre son tour du monde. Parti en 1999 du Daguestan, il est arrivé en novembre 2001 à Tahiti, via le canal de Magellan puis, après 121 jours sans escale à partir du Chili, le marin Russe a touché la Polynésie française où il a fait l'admiration du monde du yachting. Evgueni Gvozdviov en est à son deuxième tour du monde. De 1992 à 1996, il avait effectué un tour du monde sur un « grand » voilier de 5,50 m. Autre détail : Evgueni Gvozdviov n'a pas d'argent.

 


Jean Sin A Youn, trois fois champion de Jet-ski, a réussi à faire l'aller-retour Tahiti-Moorea (35 kms d'océan), en 33 minutes et 8 secondes lors d'une course. Record à battre.

 


Le Tapati Rapa Nui, grande fête traditionnelle de l'île de Pâques qui dure plusieurs jours en février de chaque année, a son épreuve maîtresse, la descente de l'une des pentes du volcan du mont Pu'i couché sur un tronc de bananier. L'épreuve, nommée haka pe'i, est tellement périlleuse qu'elle fut interdite durant deux ans suite à un accident grave. Le Tapati Rapa Nui a été organisé en 1968 pour conserver vivant le patrimoine culturel de Rapa Nui, nom polynésien de l'île de Pâques. Les épreuves comprennent des concours de sculptures, de moai (les monolythes à visage humain), de la natation, de la pêche ou le Tau'a Rapa Nui, triathlon pascuan, qui se déroule dans et autour du lac du cratère du Rano Raraku.La reconstitution scénique de l'arrivée du roi légendaire, fondateur de l'actuelle civilisation pascuane, Hotu Matu'a termine le festival.

 


Décédé : Charles Petras, pionnier de la presse tahitienne, le 10 février à Tahiti, à l'âge de 78 ans. Né en Tchécoslovaquie, puis naturalisé français, il vint à Tahiti avec son père en 1950. Il débute sa carrière de journaliste aux "Echos de Polynésie", puis travaille aux "Nouvelles de Tahiti" lors de la fondation de ce quotidien par Roger Brissaud, il y a 45 ans. En 1970, il fonde l'hebdomadaire "Tahitirama", magazine de la vie tahitienne illustré de nombreuses photos des soirées mondaines de l'époque, présentant la mode, l'actualité et également le programme de la télévision. Les parutions du magazine prennent fin en 1992, après plus de mille numéros édités. Charles Petras a tiré de ses éditoriaux de "Tahitirama" le livre Tahiti au piment (1993). Marié en 1952 avec une ressortissante de la communauté chinoise de Papeete, leurs deux enfants ont participé à l'aventure éditoriale : Francis, imprimeur de l'entreprise familiale et Dominique, rédactrice-photographe devenue organisatrice des élections de Miss Tahiti.
A sa famille et à ses nombreux amis, Tahiti-Pacifique adresse ses condoléances les plus sincères.