N° 141, Janvier 2003

5

Editorial

6

Courrier des lecteurs

7

Analyse de l'actualité

9

Confidences

10

Secrets du budget 2003

12

Humour

13

Baromètre

15

Dossier : Enigmatique Tahiti

23

Divers

24

Fin du Windsong

25

Sauvé par la "loi d'amnésie"

29

Paradis et réalité

30

Témoignage de Tahiti en 1859

32

Bande dessinée "El Niño"

34

Condamnations : Jean Juventin témoigne

37

Fiu de Beslu

38

Canons de Amanu

39

Tintin en tahitien

40

Débat sur l'adoption fa'a'amu

42

Débat Palika - François Doumenge

45

Publications

46

NOUVELLE : "La passe du voyant de Maupiti"

51

Mots fléchés

52

Evénements du Pacifique en décembre 2002

53

Les événements de Tahiti en décembre 2002

54

Balises des îles

15 - Un autre regard sur notre société

25 - Sauvé par la "loi d'Amnésie", ou comment l'Etat annule les décisions de justice.

 


HUMOUR

OFFICIEL : le nouvel avion présidentiel servira aussi a faire des recherches en mer :

L'Art de (sur)vivre dans les îles

Tahiti et ses îles sont le rêve pour une multitude de personnes, généralement urbaines, dans le monde entier. Quelques rares font le voyage, même parfois le déménagement, bien que nos îles ne soient pas des terres d'immigration. Alors, une fois dans ce paradis, que faire car il faudra bien vivre, et si l'on a pas la chance d'être un fonctionnaire métropolitain retraité qui voit sa pension multipliée par 1,7, il faudra bien « bosser ». Hélas, à moins d'être neurochirurgien ou mécanicien aéronautique, le travail est rare, d'autant que les "locaux" ont une certaine priorité, ce qui n'est que normal. Car si on devait vivre les îles dans la misère, ce ne serait alors vraiment plus le paradis, d'autant plus si votre voisin vous éblouit avec sa rutilante nouvelle automobile.

L'art de vivre dans les îles, c'est donc apprendre ce que les Tahitiens des îles savent et tentent depuis bien longtemps : essayer de se créer un revenu, une rente juste suffisante pour vous permettre de vivre avec dignité, hors du besoin. Et ceci, bien sûr, avec le moins d'effort possible. Evidemment il y a la fonction publique qui offre de tels avantages. Hélas, bien que pléthorique, le nombre de telles sinécures des plus convoitées est quand même limité, la générosité de la France et les taxes tahitiennes n'étant pas aussi vastes que l'Océan Pacifique.

Il faut donc se tourner vers autre chose, tel se lancer dans la teinture des pareu qu'on vendra aux touristes. Mais comme trop de personnes se sont engagées dans ce filon et que le nombre des touristes diminue régulièrement, la filière s'est vite effondrée. En effet, c'est bien connu, dès que quelqu'un lance une idée nouvelle dans nos îles et que celle-ci semble marcher, une nuée de "copieurs" le lance dans le même filon et le "business" devient vite saturé. Alors, pourquoi pas devenir artiste peintre et vendre ses croûtes ? Si on est un bon peintre, oui ça pourrait marcher, à force de patience et à condition, bien sûr, qu'on veuille bien peindre ce qui plaît à l'amateur fortuné puisque Tahiti est un des rares endroits au monde où un (bon) artiste peut vivre de son art. Hélas, les bons peintres sont rares.

Alors pourquoi ne pas écrire son livre puis vendre ce bouquin ? Là, c'est presque la misère assurée, car le marché est très petit pour ne pas dire minuscule, et la lecture n'est vraiment pas une grande « tradition du Fenua », d'autant plus qu'aujourd'hui une quinzaine de chaînes de télévision disputent aux livres l'attention des cerveaux plus ou moins intellectuels. Ah ! Voilà, direz-vous, mais bien sûr, il suffisait d'y penser : télévision, Internet, il suffit d'utiliser les nouvelles technologies modernes et soudainement, grâce à Internet, vous êtes sauvé, votre marché devient la planète entière. Alors vendons livres, tableaux, pareu et autres parts de rêves aux gogos des grandes villes grises, de Paris à Chicago en passant par Vladivostok ! Certains essaient déjà, mais c'est dur, dur : car qui dit marché planétaire dit aussi concurrence planétaire. Et comme nous sommes vraiment les champions du plus cher, pas seulement pour la création de la marchandise mais aussi et surtout pour le transport, on est plombé par un sacré handicap : Il coûte deux, voire trois fois plus cher d'envoyer quelque chose de Tahiti que de l'envoyer à Tahiti !

Que faire alors ? Ne désespérez pas car il y a un nouvel espoir, et il passe par Internet : la cyber-mendicité ! Des Américains ont inventé le truc, et cela semble marcher. A tel point que le serveur Yahoo.com a dernièrement ouvert une section « e-panhandling » ("faire la cyber-manche"). Grâce à cette idée, une dame endettée de New York a réussi à rembourser sa dette après avoir reçu plus de 13.000 dollars (1,5 millions Fcfp) avec son site Internet sur lequel elle appelait pour des dons. Une autre a réussi à financer de la même manière ses leçons de chanteuse d'opéra et il y a d'autres histoires de tels succès. Certains le font avec humour (« envoyez-moi un dollar chacun pour voir ce que ça donne » ; ça a donné 4500 dollars), d'autres utilisent la compassion (« mon chien a le cancer, il a besoin d'une intervention chirurgicale ») ou le bizarre (« j'espère trouver suffisamment d'argent pour terminer mes études d'infirmière afin de pouvoir divorcer »), voire l'absurde telle cette « princesse Natalie » de Westwood (Etat de l'Ohio) qui demande de l'argent aux gens sous prétexte qu'elle ne peut pas vivre dans un monde où « une personne aussi talentueuse que moi devrait travailler » car « cela ruinerait ma manucure ». Selon son site, elle aurait déjà récolté 1530 dollars, une bague pour son gros orteil et quelques menaces de mort. Un autre explique en détail que lui refiler quelques dollars est bon pour le donateur, car celui-ci se débarrasse de son argent « base de tous les vices » et qu'ainsi « il ne tentera plus les voleurs et agresseurs » et surtout il « n'aura plus à prendre la difficile décision du comment le dépenser ». Il existe une multitude d'autres façons, trop nombreuses pour être énumérées ici, pour inciter les internautes à vous envoyer quelques billets.

Faire la manche sur Internet pourrait donc se révéler devenir à terme un nouveau pan de l'économie de Tahiti. Pour cela il suffirait de s'asseoir sur la plage afin de bien réfléchir quelle accroche irrésistible poster sur son site Internet (peut-être du genre « Au secours, aidez-moi à acheter de la crème solaire ! » ?), puis vérifier une fois par semaine le montant de la recette. Pas trop fatiguant, non ? Mais, me direz-vous, faire la manche, c'est pas bien beau, non ? Oh, on s'adapte, et puis , il faut le dire, c'est maintenant devenu une vraie « tradition du Fenua ». Président ne fait-il pas la manche à Paris depuis 20 ans ? Et cela ne marche-t-il pas admirablement bien, puisqu'il rapporte plus de 120 milliards Fcfp (1 milliard d'euros) par an, ce qu'il nous rappelle fièrement dans chacun de ses discours ? Et pour quelle raison pensez-vous qu'il a créé le « réseau Metu@ » ? Alors, Polynésiens, au boulot ! Etant français, à Tahiti on n'a pas de pétrole, mais des idées ! Inspirez-vous donc de Président et préparez vite vos sites de cyber-mendicité. L'avenir économique du Fenua en dépend !

Je vous souhaite à tous une bonne et prospère année 2003.

Alex W. du PREL
Directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

Dimanche 1 décembre
- Incendie dans la salle des machines du navire Windsong au large de Taha'a.
- Jacques MICHAUT est nommé nouveau secrétaire général de la Polynésie.

Lundi 2 décembre
- Paquebot Windsong : remorquage vers Tahiti en cours.
- Décès de Rosa KLIMA, à l'âge de 83 ans.

Mardi 3 décembre
- Chantier de l'hôpital : le litige Territoire-Bouygues continue devant le Tribunal administratif.
- Premier jour de grève chez Renault Sodiva.

Mercredi 4 décembre
- Le Windsong remorqué arrive à Papeete.
- Le conseil des ministres approuve deux projets de classement de sites et de monuments.

Jeudi 5 décembre
- Salon de la perle de Tahiti.
- Le ministre de l'Economie présente le budget 2003 : 163 milliards Fcfp (1,3 milliard d'euros).
- La cour de cassation confirme la condamnation d'Oscar TEMARU pour diffamation envers Jean-Christophe BOUISSOU.

Vendredi 6 décembre
- Préavis de grève à l'ICA.
- Ouverture du synode des jeunes en l'Église Maria No Te Hau de Papeete.
- L'ordre des avocats du barreau de Papeete élit son nouveau bâtonnier, maître BARMONT qui remplace maître QUINQUIS.

Samedi 7 décembre
- Téléthon 2002 : 12 millions Fcfp recueillis à Tahiti.
- Bouygues : nouvelle menace de blocage.

Lundi 9 décembre
- Fête du « tiare Tahiti »

Mardi 10 décembre
- Prise de fonction de François DEBY, nouveau procureur général de la Cour d'Appel.
- 17è exposition artisanale des Marquises.
- Air Tahiti rajoute un cinquième ATR 72 dans sa flotte qui en compte désormais 9 ATR.

Mercredi 11 décembre
- Après avoir porté plainte contre X, David BITTON dépose un recours devant le tribunal administratif afin d'établir l'éventuelle responsabilité de l'hôpital Vaiami dans le décès de sa fille Maya.
- Suspension de la grève à l'ICA.
- Engagement par le Territoire de rémunérer les 140 ex-licenciés jusqu'à la fin du mois de janvier.

Jeudi 12 décembre
- L'assemblée de P.F. adopte la modification des missions de l'ICA qui devient une archive.
- 22ème et dernière séance du comité de gestion du FREPF : plus de 42 milliards Fcfp (352 millions d'euros) au programme.
- Gaston FLOSSE annonce la création d'une direction du budget et d'une commission des Economies budgétaires.
- Santé : le schéma de l'organisation sanitaire de la Polynésie adopté par l'assemblée.

Vendredi 13 décembre
- Naufrage du thonier Moorea Rava'ai à Mahina.
- Un glissement de terrain détruit une partie des habitations du quartier Tamanu à Punaauia, sans victime.
- Expulsion par les forces de l'ordre de 32 familles squattant le domaine Bonnefin à Faa'a.
- Licenciement des ouvriers de Bouygues.

Samedi 14 décembre
- Suite à l'annonce du licenciement collectifs des ouvriers de Bouygues, le président du gouvernement propose d'en reclasser 150.
- Après le verdict des experts, l'armateur du Windsong annonce que le navire sera coulé.

Dimanche 15 décembre
- Concert de Georges Benson à la place To'ata.

Lundi 16 décembre
- Le Windsong est placé sous saisie conservatoire, pour un montant de 3 millions $US : la Marine nationale demande une caution.
- L'assemblée de P.F. examine le projet de budget 2003.
- L'accès au domaine Bonnefin bloqué par les élus de Faa'a.

Mardi 17 décembre
- Tipaerui : l'usine Stabibloc autorisé à s'implanter.
- Gaston FLOSSE annonce la suspension provisoire du chantier de l'hôpital de Taaone.

Mercredi 18 décembre
- Arrivée du paquebot « Tahitian Princess », ex Renaissance 4, à Tahiti
- Escale à Tahiti du paquebot Crown Odyssey.
- Pétition contre l'implantation de l'usine Stabibloc à Tipaerui.
- Jean ARIBAUD est nommé préfet de la région haute-Normandie, préfet de la Seine-maritime.

Jeudi 19 décembre
- Réunion du conseil d'administration d'Air Tahiti Nui pour entériner l'achat des deux autres Airbus A 340-300 neufs. Air Tahiti Nui obtient la défiscalisation de ces deux nouveaux Airbus.

Vendredi 20 décembre
- Baptême en grande pompe du paquebot Tahitian Princess.
- Domaine Bonnefin : la justice saisie pour débloquer l'accès.

Samedi 21 décembre
- Le juge des référés examine le recours déposé par la SAGEP, contre la mairie de Faa'a pour entrave à l'accès d'une propriété privée, suite au barrage installé par la commune autour de Bonnefin.
- Trois des cinq familles sinistrées par l'éboulement dans le quartier de Tamanu à Punaauia attendent toujours d'être relogées.

Dimanche 21 décembre
- Décès de Patrick BRAI, journaliste aux Nouvelles de Tahiti à la fin des année 80 puis enseignant, suite à une longue maladie.

Lundi 22 décembre
- Finale du championnat de Polynésie de boxe : Orirau Teahu s'impose chez les super-lourds.

Lundi 23 décembre
- Jean Christophe BOUISSOU présente aux familles expulsées de Bonnefin un nouveau plan de relogement.

Mardi 24 décembre
- Arrêt du chantier de l'hôpital de Taaone pour une période indéterminée.
- Domaine Bonnefin : l'accès libéré par les protestataires et la justice.

Jeudi 26 décembre
- Annonce de la réforme des évacuations sanitaires des îles Sous-le-Vent : les spécialistes iront vers les malades.

Vendredi 27 décembre
- Négociations salariales : hausse des salaires conventionnés en 2003 : +2,5 % en moyenne.

Vendredi 27 décembre
- Annonce de l'augmentation des cotisations sociales pour l'année 2003.

Dimanche 29 décembre
- Escale au quai du commerce de Papeete du paquebot de croisière Legend Of The Seas.
Les nageurs du Mulhouse Olympique natation s'entraînent à Tahiti.

 

Lundi 30 décembre
Décès d'Edwin CHAVES, journaliste sportif de RFO, dans un accident de la route à Mahina.

Mardi 31 décembre
- Délinquance à Papeete : le gouvernement demande un renforcement des forces de police.

Henriette MAIHI


Evénements dans le Pacifique Sud

Miss Pacifique Sud est samoane... américaine
RAROTONGA, 2 décembre - Une Samoane américaine de 22 ans, Lupe Ane- Aumavae, a remporté ce week-end le titre de Miss Pacifique Sud. Le concours rassemblait les Miss de Samoa, des Samoa américaines, des îles Cook, de Tonga, de Tuvalu, de Fidji et d'Hawaii. Depuis 1993, on note l'absence de Miss Tahiti à ce concours.

Fidji : le coup d'État remplaça la mise à feu de la capitale
SUVA, 4 décembre - Plusieurs des personnages-clé du coup d'État du 19 mai 2000 aux îles Fidji avaient auparavant envisagé d'incendier la capitale. Au cours des audiences de mardi en Haute cour de la capitale, un des témoins à charge, Jone Vidi, a affirmé sous serment que dix jours avant le putsch, Speight et plusieurs autres conspirateurs nationalistes avaient ourdi le plan d'incendier la capitale de cet archipel. Ayant par la suite abandonné cette idée, ils se sont assurés un soutien d'officiers supérieurs de l'armée qui leur avaient donné l'assurance que des armes seraient mises à leur disposition le 19 mai 2000. Le procès en haute cour intervient en marge du procès des deux derniers complices de George Speight à ne pas avoir encore été jugés. Les audiences, présidées par le juge britannique Anthony Gates, s'attachent à faire la preuve que plusieurs personnes, proches de Speight, en ayant connaissance de ces projets assimilables à la haute trahison, se sont rendues coupables de ne pas en avoir informé les autorités. Speight, a été reconnu coupable en février dernier, condamné à la peine capitale, qui a peu après été commuée par le Président de la République en prison à vie, sur la petite île de Nukulau.

Quatre policiers reconnus coupables de mutinerie
PORT-VILA, 5 décembre - Quatre officiers supérieurs de la police de l'archipel de Vanuatu ont été jeudi reconnus coupable par la Cour Suprême de mutinerie, d'incitation à la mutinerie, de kidnapping et de détention abusive. Les faits remontent au 4 août dernier, lorsqu'une quinzaine de hauts responsables de l'État étaient arrêtés à leur domicile aux aurores par un groupe d'hommes en armes.

Lutte contre la maladie du taro
SUVA, 5 décembre - Deux organisations régionales, le Forum des îles du Pacifique (FIP) et le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS), ont chargé une équipe de chercheurs de la société néo-zélandaise Landcare Research NZ Ltd de trouver les moyens de neutraliser un parasite qui fait actuellement des ravages dans les cultures de taro, importante source de revenus pour plusieurs pays de la région, rapporte le FIP dans un communiqué jeudi. Ce parasite, connu sous le nom de "mite du taro", réduit considérablement les rendements de production de ce tubercule et rend leur exportation impropre à l'entrée sur les importants marchés de Nouvelle-Zélande, pour raisons de quarantaine.

Pas d'impôts pour les entrepreneurs Fidjiens de souche
SUVA, 5 décembre - Le ministre fidjien des finances, Ratu Jone Kubuabola, a confirmé mercredi devant le Parlement de cet archipel que les entrepreneurs fidjiens de souche seront exemptés de l'impôt sur les sociétés à compter du 1er janvier 2003, et ceci pour une durée de "treize ans". Rejetant toutefois toute pratique "raciste" ou discriminatoire" lancée par l'opposition, il a rappelé l'existence d'un plan de rééquilibrage ("affirmative action") destiné à combler dans les vingt années à venir la fracture économique existant dans les affaires entre les Fidjiens indigènes et d'autres composantes ethniques de la population de cet archipel (principalement d'origine indienne, européenne et chinoise).

Cyclone : Guam dévasté
HAGÅTÑA, 7 décembre - Selon un premier bilan , le "super typhon" Pongsona aurait causé directement la mort de six personnes (dont deux déjà hospitalisées) durant le passage du cyclone. Au plus fort du passage du cyclone, des vents dépassant les 280 kilomètres/heure et les 330 kilomètres/heure en rafales ont été enregistrés. L'île de Guam est dévastée.

Libre-échange du Fer de Lance menacé
PORT-VILA, 10 décembre - Un accord de libre-échange entre pays membres du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL) a subi un nouveau revers avec l'annonce par les Salomon (dont l'économie est au bord de l'effondrement) de leur retrait de ce dispositif. Vanuatu, quant à lui, annonçait récemment son intention de rétablir des taxes à l'importation de 40 pour cent portant notamment sur le corned beef, les jus de fruit, les crèmes glacées, les dérivés du bois, et le papier hygiénique pour les trois prochaines années. Motif avancé : les produits fidjiens et papous inondent le marché et portent préjudice à l'industrie locale.

Tonga : deux journalistes gagnent leur procès
NUKUALOFA, 10 décembre - Deux journalistes et un député d'opposition des îles Tonga ont gagné un procès contre le gouvernement de ce royaume pour "emprisonnement abusif". Les faits remontent à septembre 1996, lorsque Kalafi Moala et Filo 'Akau'ola et 'Akilisi Pohiva, alors respectivement rédacteur en chef, journaliste et directeur de la publication (par ailleurs député pro-démocratie), du Taimi 'o Tonga avaient été emprisonnés à la suite d'un vote intervenu au Parlement du Royaume. Motif : « outrage au Parlement » pour avoir publié le texte d'une motion devant être présentée au Parlement en vue de démettre M. Tevita Tupou, membre de la famille royale et alors ministre de la justice. Les trois hommes avaient alors été maintenus en détention pendant 25 jours avant d'être finalement relâchés. La Cour Suprême de Tonga a estimé que leur emprisonnement avait été "abusif" et a condamné le gouvernement à leur verser 30 000 euros de dommages-intérêts.

Premier hold-up contre le nouveau fast-food à Suva
SUVA, 16 décembre - La seule succursale de la chaîne américaine de restauration rapide Kentucky Fried Chicken, en plein centre-ville, a été attaquée par deux individus armés dimanche soir aux alentours de vingt deux heures locales, qui se sont enfuis avec la recette de la journée.

Fidji : fin de la FINUL
SUVA, 16 décembre - Les 200 derniers soldats du contingent fidjiens de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) encore en poste au Sud-Liban sont rentrés à Fidji la semaine dernière à bord d'un avion affrété par l'ONU. Ce dernier voyage a mis fin à 24 ans de participation fidjienne à cette force onusienne. Pendant cette période, plus de onze mille soldats fidjiens ont servi sous les couleurs de la FINUL et une trentaine d'entre eux ont trouvé la mort au Liban. Des soldats fidjiens ont aussi, par le passé, participé aux opérations de maintien de la l'ONU au Kosovo, au Sinaï ou encore en Bosnie et plus récemment au Timor oriental. Depuis l'annonce du retrait du contingent fidjien au Liban, le gouvernement a annoncé qu'il prendrait toutes les mesures nécessaires afin de trouver des emplois à ces soldats de retour.

Un avion s'écrase dans la province de Madang : 8 morts
PORT-MORESBY, 16 décembre - Un petit appareil Norman Islander de la compagnie aérienne privée Islands Aviation s'est écrasé samedi contre le flanc d'une montagne dans la province de Madang (côte Nord-Est de l'île principale), tuant ses huit occupants, le vice-gouverneur de cette province, un ancien député, plusieurs fonctionnaires, un pasteur et un employé de la radio nationale. Ils revenaient de cette province où ils avaient participé à l'inauguration d'une nouvelle piste d'aviation.

Guerre à la corruption des fonctionnaires
SUVA, 17 décembre - Le Premier ministre des îles Fidji, Laisenia Qarase, a encouragé les fonctionnaires à appliquer une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la corruption qui "porte une grave atteinte à la réputation de ce service public". Des "directeurs exécutifs" auront la responsabilité d'éradiquer "la corruption, le népotisme et d'autres formes de favoritisme". Selon le directeur du parquet fidjien les effets de la corruption, surtout si elle est "systématique et généralisée", se font surtout sentir dans la mesure où ils aggravent la vulnérabilité de l'économie nationale mais aussi dans les domaines de "l'égalité sociale et des droits humains".

Un immeuble de 21 étages à Suva
SUVA, 18 décembre - Un projet d'immeuble de 21 étages, qui s'élèvera sur les cendres d'un grand magasin, rasé par un incendie en 1999, sera construit par une société locale, le groupe Motibhai et une banque (Colonial). Le projet, « Suva Central » incorpore un centre commercial, d'affaires, résidentiel et de loisirs en plein cÏur de la capitale fidjienne et coûtera une quinzaine de millions d'Euros. La première phase devrait être achevée en novembre 2003.

Accord Qantas-Air New Zealand
WELLINGTON, 19 décembre - Le gouvernement néo-zélandais a annoncé son accord de principe et "sous conditions" au sujet d'une "alliance stratégique" entre les compagnies aériennes australienne Qantas et néo-zélandaise Air New Zealand.Selon l'accord, Qantas se propose de racheter 22,5% des parts d'Air New Zealand.

Deux Boeing et quatre Airbus pour Air Pacific
SUVA, 23 décembre - La compagnie aérienne fidjienne Air Pacific a annoncé sa décision d'acheter, pour la première fois de son histoire, quatre appareils Airbus de type A333-300, principalement destinés au renforcement de sa desserte régionale. Air Pacific a aussi annoncé l'arrivée prochaine de deux appareils Boeing 747-400 dès juin 2003 et qui desserviront quotidiennement Sydney et Los Angeles quatre fois par semaine. Les investissements d'Air Pacific, qui augmenteront de quelque 60% la capacité d'Air Pacific en passagers, répondent à des prévisions d'augmentation du nombre de visiteurs à Fidji (actuellement environ 400.000 par an) à près de huit cent mille d'ici 2005.

Patrick Decloître à Suva /OFO/ Communauté du Pacifique


Plus de 4 000 personnes ont ovationné Georges BENSON le 13 décembre à l'espace To'ata à Papeete, où le chanteur et guitariste américain a donné le dernier concert de sa tournée mondiale "Absolute Benson Tour 2002", débutée six semaines plus tôt à Moscou. (ph. ATP)

 

Le Salon de la perle de Tahiti a vu 17 joailliers exposer leurs créations à l'hôtel Sheraton de Faa'a grâce à des défilés de mode. La Polynésie française compte aujourd'hui quelque 180 professionnels, joailliers, bijoutiers et négociants, Ïuvrant dans ce secteur.

 

Des responsables du CNES (Centre national d'études spatiales), de la NASA, du Smithsonian et de l'Université de Harvard, ont visité le centre de suivi des satellites de Tahiti pour préparer l'automatisation de cette station située sur les hauteurs de Outumaoro. Grâce à un rayon laser et des équipements de radiopositionnement, elle sert à suivre avec grande précision les mouvements de la terre et à remonter jusqu'à la source des perturbations. Une des applications concrètes de ces études est le suivi du niveau des mers.

 

Décédée : Rosa KLIMA, née Perez, à l'âge de 92 ans, à Papeete. Première femme nommée diacre (1947) par l'Eglise évangélique de Polynésie française, membre de l'Académie tahitienne, elle avait épousé en 1940 Rudolph Klima, un Tchécoslovaque qui avait combattu contre le bolchevisme avec les Russes blancs, puis fondé la première librairie de Tahiti en 1936. Ensuite, cette grande dame, pilier de l'Eglise évangélique de Tahiti sera la co-fondatrice du Mouvement de solidarité des femmes de Tahiti et du Foyer des jeunes filles, mais aussi maire-adjoint de Arue.

 

Décédé : Patrick BRAI, 52 ans, journaliste et professeur de communication, d'un cancer, à Paris. Grand passionné de l'Océanie, proche de Lucien Kimitete, Patrick Brai a parcouru en 25 ans tout le Pacifique Sud jusque dans les îles les plus isolées de la Papouasie, ce qui lui a permis de constituer une remarquable collection d'art et d'objets océaniens. Voici quelques mois, se sachant condamné par la maladie, il avait fait don de cette collection à la Société des Etudes Océaniennes. C'est un grand homme, unanimement aimé et respecté pour sa droiture, son professionnalisme et son grand cÏur, qui nous a quittés. A sa famille et à ses nombreux amis, Tahiti-Pacifique présente ses plus sincères condoléances.