N° 150, octobre 2003

5

Editorial

6

Courrier des lecteurs

7

Analyse de l'actualité

9

Confidences

10

Naufrage aux îles Australes

12

Humour

13

Baromètre

15

Dossier : Fragilité d'un atoll - Clipperton

22

Iaorana de Simone Grand

25

A la Cour

26

Henri Flohr enfin démis de ses fonctions

27

Divers

30

Notaire indélicat à Raiatea

32

Centre hospitalier en crise

35

Fiu de Beslu

36

De l'illettrisme en langue polynésienne

41

Second Festival des Artistes

43

La Sexualité jadis aux Îles Marquises

47

NOUVELLE : "11H33 à Uturoa"

51

Mots fléchés

52

Evénements du Pacifique en septembre 2003

53

Les événements de Tahiti en septembre 2003

54

Balises des îles

15 - Désastre écologique sur l'atoll de Clipperton.

10 - Le naufrage du Tahiti Nui IV endeuille la Polynésie française.


HUMOUR

Communication au Palais présidentiel : « un dessein historique ! »

« Touche pas à mes privilèges »

Il est un serpent de mer à Tahiti qui réapparaît aussi régulièrement que la saison des pluies : la remise en cause par des instances parisiennes de l'indexation (alias « surrémunération ») des fonctionnaires dans l'Outre-mer et dans nos îles en particulier.
Cette année, après que la Cour des comptes s'était émue de ces privilèges voici deux mois, ce fut au tour du député Marc Laffineur (UMP) de présenter devant la commission des finances de l'Assemblée nationale un rapport de 55 pages qui dénonce les pratiques de l'indexation, des primes et autres compléments qui « sucrent » le séjour en Outre-mer des fonctionnaires d'Etat, un ensemble de « fromages » qui coûteraient 2,226 milliards d'euros (265 milliards Fcfp) par an aux contribuables français. Novateur dans le domaine, M. Laffineur ne comprend pas ces « surrémunérations » qui atteignent de 40 à 120% de majoration du traitement brut de l'agent, alors que, selon lui, « le différentiel de prix entre la métropole et l'Outre-mer est de 10 à 15% ». Ce député économe de la majorité estime que ces pactoles distribués sont d'abord « à l'origine de la situation financière préoccupante des collectivités d'Outre-mer » par le poids des dépenses de personnel en « provoquant une hausse des salaires dans le secteur privé, très préjudiciable pour les petites et moyennes entreprises » alors qu'existent des fraudes « qui détournent ces primes », telles que les majorations de pensions de retraites (lire TPM du mois dernier, p.10).

En ce qui concerne la Polynésie française, l'existence du "Corps des fonctionnaires de l'État pour l'administration de la Polynésie française" (CEAPF), créé en 1966, s'est révélée, selon Marc Laffineur, "partiellement inadaptée" obligeant la mise en place d'une administration proprement territoriale. Résultat deux catégories d'agents coexistent : les 4464 agents rémunérés par le budget du Territoire et les 2450 par le budget de l'État (auxquels il faut rajouter 5519 pensionnaires profitant du taux de majoration). Le rapport expose les coefficients multiplicateurs de 1,84 à 2,08 appliqués au traitement des fonctionnaires et le taux de majoration de 75% des pensions de retraites. Selon M. Laffineur, le coût de « l'indemnité de la vie chère » des 11.020 fonctionnaires en Polynésie serait estimé à 121 millions d'euros (14,5 milliards Fcfp). Le rapport propose de créer des contrats spécifiques de la fonction publique territoriale, la réforme progressive de la "prime de la vie chère", la suppression des congés bonifiés, le plafonnement de la prime d'installation et la réduction de l'impôt sur le revenu ce qui, paraît-il devrait permettre le développement économique en Outre-mer et d'y réduire le chômage.

Comme toutes les fois auparavant, ce fut la levée de boucliers des syndicats de fonctionnaires et associations de retraités, mais aussi des politiciens. Tous des fonctionnaires. Cela va d'un « M. Laffineur n'y connaît rien, il n'a passé que quelques jours en Outre-mer » (la ministre Girardin) au « un retrait de ces avantages et nous n'aurions plus personne, parce que les gens ne se battent pas pour venir en Polynésie » (Gaston Flosse, en passant par des « halte à la démagogie »(sic !) voire « il est jaloux » (UNSA), réactions usuelles.

Bien que désormais les fonctionnaires retraités et indexés (suite à une émission de Capital sur M6 et la chute du prix de la perle de Tahiti) sont devenus la seconde ressource du Territoire, cette polémique à répétition nous ramène toujours à un problème majeur déjà mentionné dans cette page : et pour les autres employés, ceux qui n'ont pas la chance d'être fonctionnaires ? Là, c'est l'usuel silence de mort, le dédain même, certainement parce que tous les leaders syndicaux de Tahiti (à l'exception de Ronald Terorotua) sont des fonctionnaires. Dans les déclarations syndicales en soutien à l'indexation, on lit que les prix « qui se pratiquent à Tahiti sont prohibitifs pour un salaire non indexé » et « qui voudra venir ici avec un salaire non indexé ? »).

Etonnamment, depuis plus de 30 ans ces mêmes syndicats trouvent normal que l'essentiel de la population polynésienne survive sans indexation, avec un SMIG qui est inférieur de 20% à celui de la métropole. Pour les uns il serait donc indispensable d'être rémunéré plus du double (avec toutes les primes et l'absence de IRPP) des salaires de la métropole, et pour les autres, la population vraiment laborieuse, 80% du SMIG métro suffirait ! Voilà qui est franchement honteux et le résultat fait que tous les efforts des jeunes Polynésiens, qui ne sont pas plus bêtes ou aveugles que d'autres, tendent vers une éventuelle embauche dans ce corps social où le travail est « plutôt cool » et qui est un des mieux rémunérés au monde : fonctionnaire en Polynésie française ! Mais il est trop vrai que cette « carotte » est un des piliers essentiels du clientélisme et de la soumission politique.

Pis encore, en ces temps de véritable emballement dans les dépenses de prestige et de fonctionnement du nouveau Palais (lire « A la Cour », p.25), on demande (par le truchement de la TVA, de « taxes de développement », de parking, etc.) de plus en plus à ces petits salaires de payer la facture croissante alors que les bénéfices des entreprises se « planquent » dans des investissements Loi Flosse et que les nantis vont faire leur « shopping » à Honolulu, Los Angeles, Paris ou Auckland pour accéder à des « prix raisonnables ».

Ainsi nos leaders continuent à défendre les fromages des nantis et à ignorer la difficulté des « petites gens » qui tentent de survivre. Cette politique est, hélas, bien devenue une autre "spécificité du Territoire" !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
Directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

Lundi 1er septembre
- Arrivée à Tahiti de Marie-Claude TJIBAOU, en mission pour le C.E.S. (Conseil économique et social) de Nouvelle Calédonie, afin de dresser un rapport sur le logement dans l'Outre-mer français.
- Première journée des Floralies 2003 à Aorai Tini Hau, Pirae.
- Les élèves du lycée Taaone font grève pour réclamer leurs livres.

Mardi 2 septembre
- Le Tahiti Nui IV, ex. Meherio II, sombre au large de Rimatara.
- Distribution d'une partie des livres scolaires à Taaone suite à la grève des lycéens.
- Arrivée à Tahiti du groupe de rock américain Toto.

Mercredi 3 septembre
- Bilan du naufrage du Tahiti Nui IV : 14 survivants, trois morts et quatre disparus. Les recherches maritimes sont maintenues.
- Le député-maire de Papeete, Michel Buillard reçoit la médaille d'or de reconnaissance de la Ligue nationale contre le Cancer.

Jeudi 4 septembre
- Colloque sur la validation des acquis à l'Université de Polynésie française.

Vendredi 5 septembre
- La Polynésie française est placée quatrième au top 50 des destinations préférées des "honeymooners" du monde entier.
- Alain JOANNIS expose à la galerie Winkler.
- Arthur ROS devient le nouveau vice-président du tribunal de première instance de Papeete.
- La délégation du C.E.S de N.C. présente le bilan de leur visite : les problèmes de la Polynésie en matière de logement sont les cyclones, les familles nombreuses, le manque de réhabilitation des anciens lotissements et le problème du foncier. Elle recommande aux communes plus d'interventions dans la politique du logement.
- Concert du groupe de rock Toto à To'ata : 4500 spectateurs.
- Le conseiller de l'assemblée de la P.F. Henri FLOHR démissionne, enfin. Victor DOOM lui succède.

Samedi 6 septembre
- Gérald COPPENRATH dédicace son livre "La Terre à Tahiti et dans les îles".
- Le syndicat des enseignants SE-UNSA critique la rentrée 2003.
- Chantal est élue Miss Vahine Tane 2003 (raerae).
- Le vice-Premier ministre et ministre de la ville du Gabon à Tahiti pour une visite privée.

Lundi 8 septembre
- M.Olivier AIMOT est le nouveau premier président de la cour d'appel de Papeete.

Mardi 9 septembre
- Ben BENACEK est arrêté après un mois de cavale.

Mercredi 10 septembre
- La chanteuse Rita MARLEY arrive à Tahiti.

Jeudi 11 septembre
- Fin des recherches des disparus du "Tahiti Nui IV" au large de Rimatara.
- Décès de Eddy CHAVES.

Vendredi 12 septembre
- Concert de Rita MARLEY à To'ata.
- Doris TEAMOTUAITAU est nommée chevalier de l'Ordre National du mérite.

Samedi 13 septembre
- Denis MOPI, le meurtrier d'un couple dans l'immeuble Farnham (2001) est condamné à 30 ans de prison.

Dimanche 14 septembre
- 10e anniversaire du centre bouddhiste de Tahiti.

Lundi 15 septembre
- Lucette TAERO, présidente de l'assemblée de P.F. est condamnée a verser 400 000 Fcfp à l'auxiliaire de vue de Henriette KAMIA, conseillère non-voyante de l'assemblée de P.F.
- L'enquête de l'institut de statistique de P.F. révèle que plus de 57 % des touristes sont insatisfaits sur certains points, essentiellement à cause de la cherté de la vie.
- Rentrée universitaire pour plus de 1200 étudiants à l'UPF.

Mardi 16 septembre
- Arrivée à Tahiti de Dominique BUSSEREAU, secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer.
- Arrivée à Tahiti d'une délégation chinoise pour renforcer les contacts et étudier les projets.
- Ouverture du deuxième festival des artistes de Polynésie française place To'ata.

Mercredi 17 septembre
- Le secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer, Dominique BUSSEREAU, inaugure le quai de cabotage n°5.
- La première journée de projection des films de Gaston Guilbert sur Tahiti d'antan, remporte un vif succès.

Jeudi 18 septembre
- Ouverture de la session budgétaire à l'assemblée de P.F : Lucette TAERO tance l'opposition. Gaston FLOSSE préconise le développement économique.
- Dominique BUSSEREAU confirme la territorialisation des aérodromes d'Etat.

Vendredi 19 septembre
- Ouverture d'un consulat américain à Tahiti.
- Fête de départ à la retraite pour Robert KOENIG.

Samedi 20 septembre
- Grande mobilisation des plongeurs de Polynésie (nettoyage du lagon de Tahiti) lors de la journée mondiale pour l'environnement.
- Dernier jour de visite de la délégation chinoise et signature d'un protocole d'accord.

Dimanche 21 septembre
- Clôture du Festival des Artistes.

Lundi 22 septembre
- Annonce de l'intégration de R.F.O (Réseau France Outre-mer) à France Télévision.
- Annonce de l'attribution de 74 "bourses majorées" pour l'année universitaire 2003-2004.

Mardi 23 septembre
- Annonce de la participation de Miss Tahiti à l'élection de Miss France après quatre ans d'absence.

Mercredi 24 septembre
- Le rapport du député Laffineur à L'A.N. relance le problème de l'indexation des fonctionnaires en Outre-mer.
- Annonce d'une mission de concentration des poissons autour de Tahiti et Moorea.
- Signature d'une convention pour la sauvegarde de cinq espèces d'oiseaux endémiques en voie de disparition.

Jeudi 25 septembre
- Budget de 134 milliards pour l'Outre-mer en 2004.
- D'après un sondage de Skytrax, Air Tahiti Nui est la quatrième meilleure compagnie mondiale pour l'accueil, le service et le confort de ses avions.
- Décès du Dr Philippe NADAUD, fondateur de Pipirima, association pour les enfants maltraités.

Vendredi 26 septembre
- Incendie à St Hilaire causé par un feu du dépotoir de Faa'a.

Samedi 27 septembre
- Suicide de Steve FATUPUA, jeune footballeur de l'A.S. Venus.
- Incendie à la STAM, société de menuiserie industrielle située à Tipaerui.
- Journée mondiale du Tourisme.


Evénements dans le Pacifique Sud

Refonte du système d'aide australienne
Port-Moresby, 1er septembre - Le conseil des ministres de Papouasie-Nouvelle-Guinée a entériné jeudi dernier le principe d'une refonte de l'aide australienne à son ancienne dépendance. Les programmes actuels d'aide australienne seront examinés afin d'évaluer leur impact en matière de résultats et d'efficacité.

La capitale administrative revient sur l'île
PORT-MORESBY, 1er septembre - Après un "exil" à Buka de plus d'une dizaine d'années en raison de la guerre de sécession achevée en 1997, la capitale administrative de l'île papoue de Bougainville a été la semaine dernière officiellement rapatriée à Arawa, sur cette île proche des Salomon.

Auckland-Fidji dans un conteneur
SUVA, 1er septembre - Shumendra Chandra, Indo-fidjien de 28 ans, a bien effectué sa traversée Auckland-Lautoka à tarif très réduit en se cachant dans un conteneur à bord du cargo "Captain Wallis", mais il a été interpellé jeudi dernier par les autorités douanières fidjienne : les douaniers ont en fait répondu à des appels à l'aide de la part du resquilleur qui n'arrivait plus à sortir de sa cabine privée improvisée car les portes étaient coincées.

Bougainville : Épidémie de malaria
PORT-MORESBY, 3 septembre - Une épidémie de paludisme (malaria) a causé ces derniers jours la mort de plus d'une trentaine de personnes sur l'île papoue de Bougainville.

Visite du couple princier japonais
TOKYO, 9 septembre - Le Prince et la Princesse Akishino, couple princier japonais, effectueront à partir du 28 septembre une visite officielle dans plusieurs États insulaires océaniens, en se rendant successivement à Fidji, au royaume de Tonga et à Samoa.

Hôtesses trafiquantes
HONIARA, 9 septembre - Un important trafic de d'alcools et spiritueux introduits en détaxe aux îles Salomon a été mis à jour. Principales protagonistes de ces activités : les hôtesses de l'air de la compagnie Solomon Airlines qui, profitant de leur statut et des ventes en détaxe sur les vols internationaux, avaient organisé tout un réseau d'approvisionnement à destination de clients divers, non voyageurs, dans la capitale de cet archipel. C'est le dernier "chargement", une centaine de cartouches de cigarettes placées dans des valises, qui a provoqué leur perte.

Chefs coutumiers veulent plus de pouvoirs
PORT-VILA, 9 septembre - Le Malvatumauri, Conseil National des Chefs coutumiers de Vanuatu, a demandé au gouvernement plus de pouvoirs, y compris judiciaires et de police, afin d'endiguer un important phénomène d'exode rural, que les Chefs estiment être à l'origine d'une recrudescence soutenue de la criminalité dans la capitale. Selon les membres de ce conseil, équivalent d'un sénat coutumier, une des solutions à envisager serait d'instituer un système de permis de séjour à l'intérieur de cet archipel mélanésien composé de quelque 80 îles, permettant ainsi de contrôler la circulation des personnes d'une île à l'autre, et en particulier en direction de la capitale Port-Vila.
Depuis une dizaine d'années, le phénomène de migrations internes s'est accentué à destination de la capitale, où le nombre de cambriolages a augmenté. Ces derniers temps, ce sont les agressions qui ont aussi connu une hausse significative. Le président du Conseil des Chefs, estime que ces problèmes proviennent du fait que la plupart des personnes arrivant dans la capitale n'y ont pas de travail.
"Et puis il y en a qui trouvent du travail, qui travaillent dur, et qui doivent subvenir aux besoins de tout le reste de la famille qui, elle, ne travaille pas. Il y a aussi ceux qui préfèrent se livrer à des actes criminels, comme le vol, pour avoir accès à ces biens", estime le Chef des Chefs. Alors qu'il y encore une quinzaine d'années, tout mouvement était contrôlé depuis les îles par les chefs coutumiers locaux dans les villages (qui ne laissaient partir que les jeunes devant se rendre dans la capitale soit pour études, soit pour un travail identifié à l'avance), leur autorité a connu depuis un déclin significatif et les jeunes n'estiment plus utile d'obtenir leur feu vert.
Des quartiers entiers des environs de la capitale se sont depuis une dizaine d'années transformés en squats abritant près de 40 000 habitants, provenant en majorité de l'île de Tanna (Sud de l'archipel).

Pas d'alliance Qantas-Air New Zealand
SYDNEY, 9 septembre - Le Bureau australien de la Concurrence et de la Consommation a donné un avis défavorable concernant le projet d' "alliance stratégique" entre les compagnies aériennes, australienne Qantas et néo-zélandaise Air New Zealand. Graham Samuel a estimé que "Ce projet aurait plus probablement bénéficié aux actionnaires qu'aux usagers".

Le chef rebelle Keke inculpé pour meurtre
HONIARA, 11 septembre - Le chef rebelle salomonais Harold Keke, qui avait été arrêté le 14 août dernier après s'être rendu aux forces d'intervention menées par l'Australie, a été inculpé jeudi de meurtre après avoir comparu devant un tribunal de la capitale. Ce premier chef d'inculpation concerne l'assassinat présumé du père catholique Augustin Geve, en juin 2002, alors qu'il était ministre de la condition féminine au sein du gouvernement du Premier ministre Kemakeza. Keke, à l'époque, avait revendiqué son assassinat, ainsi que celui de onze autres personnes.

Les destinations océaniennes ont résisté
SUVA, 11 septembre - Sur un marché de destinations océaniennes, les pays de la région, deux ans après le 11 septembre, semblent avoir préservé le trafic sur leurs destinations, encore considérées comme sûres. À Fidji, les autorités estiment que d'ici la fin de l'année quelque 400.000 visiteurs auront choisi cette destination. En Nouvelle-Zélande, les dernières statistiques, rendues publiques prédisent une croissance de 5,7 pour cent pour le secteur touristique dans son ensemble, basée sur une augmentation de 9,7 pour cent du nombre annuel de touristes sur la période 2003-2009. Sur le front des destinations de taille plus modeste, Tonga, au début du mois, annonçait une hausse de 5,2 pour cent du nombre de ses visiteurs, pour le troisième trimestre 2003.

Second cas officiel de SIDA
PORT-VILA, 18 septembre - L'archipel de Vanuatu, qui a longtemps démenti l'existence de tout cas de séropositivité, a annoncé cette semaine son second cas.

Inauguration de la ligne ferroviaire Adelaide-Darwin
ALICE SPRINGS, 19 septembre - Le plus grand projet ferroviaire de l'histoire de l'Australie a été inauguré : pour un montant total d'un milliard de dollars australiens (plus de 600 millions d'Euros), il relie les villes de Darwin (extrême Nord du pays, État du Territoire du Nord) et d'Adelaide (État de l'Australie du Sud). Les autorités du Territoire du Nord misent beaucoup sur ce projet : d'ores et déjà, les pré-ventes de billets totalisent un million de dollars australiens, mais elles comptent aussi sur un nouveau marché des touristes asiatiques, qui pourraient voir dans cette ligne un nouveau mode de découverte de l'Australie.

Papouasie-pétrole
PORT-MORESBY, 19 septembre - La société pétrolière Scotia Petroleum a obtenu du gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée l'autorisation de prospecter au large d'Aitape (côte Nord de l'île principale), là où, il y a cinq ans, un tsunami faisait près de trois mille victimes dans cette région côtière.

Kiribati adopte enfin son budget
TARAWA, 23 septembre Le Parlement de Kiribati a finalement adopté le budget 2004. Kiribati, État océanien couvrant l'une des plus grandes surfaces maritimes du Pacifique, comporte une population d'environ 95.000 habitants. Sur la trentaine d'atolls que comporte cet État insulaire dont les eaux territoriales couvrent une superficie de quelque 3,5 millions de kilomètres carrés, seuls quelques-uns sont habités pour une surface émergée totale estimée à un peu plus de 800 km2. En juillet dernier, l'Union Européenne signait un premier accord de pêche avec cet archipel pour une période initiale de trois ans, autorisant ainsi des bateaux européens à pêcher le thon moyennant une rétribution de quelque 1,4 millions d'Euros. Selon les statistiques fournies par Bruxelles, la zone Pacifique Ouest constitue la plus importante réserve au monde (environ la moitié des ressources mondiales) de thon pour les espèces albacore (germon), thon jaune (yellowfin), bonite (skipjack, Listao) et thon obèse (big eye, Patudo).

Station de surveillance à Fidji
SUVA, 26 septembre - Les îles Fidji seront prochainement dotées d'une station de surveillance, construite par la Nouvelle-Zélande dans le cadre de sa participation à la mise en application du Traité d'Interdiction Complète des Essais nucléaires (TICE). Cette station, censée détecter tout signe sismique pouvant émaner des effets d'un essai nucléaire, sera construite à Nadi (Ouest de l'île principale de Fidji).

Patrick Decloître à Suva, Flash d'Océanie


 

 

C'est une jeune fille tahitienne de Moorea, du beau nom de Mohea, qui a été choisie comme modèle pour la campagne de publicité du lancement de la nouvelle compagnie "Ton-Fön" (Tonga Telephone), propriété du prince Tupouto'a Tupou V de Tonga.

 

Grand succès pour le groupe « Toto ». 4.500 personnes sont venues ovationner le groupe californien pop rock lors de son concert unique place To'ata à Papeete. Pendant près de deux heures, le groupe a offert un tour de chant et quelques somptueuses pages musicales avec des tubes extraits des albums Hydra, Isolation, ou encore Mindfields ou Through the Looking Glass. Le groupe américain "Toto" est composé de cinq musiciens, Bobby Kimball (chant), Steve Lukather (guitare et chant), Greg Phillinganes (piano), Mike Porcaro (basse) et Simon Phillips (batterie et percussions).

Bide tahitien pour la chanteuse Rita Marley, le 12 septembre place To'ata, à Papeete, où moins de 1500 places (chères) ont été vendues alors qu'on en espérait 4000.
La raison de cet échec est certainement le fait d'offrir en spectacle la veuve plus très fraîche d'un chanteur célèbre, une qui s'est réveillée après 20 années de long silence et crie sur scène « Bob m'a dit de vous dire qu'il vous aimait », c'est un peu trop prendre le public de Tahiti pour des "pigeons à plumer" en leur offrant des "ersatz" plutôt douteux. Pour quand le concert de la maman d'Elvis Presley ?

A.d.P.

Décédé : le Dr Philippe Nadaud, ardent défenseur des enfants victimes de violence en P.F., à Paris, des suites d'un cancer à l'âge de 51 ans. Ultime pied de nez à ses détracteurs, le pédopsychiatre est parti définitivement au matin de la journée nationale de lutte contre la maltraitance. En 1988, Philippe Nadaud avait été nommé chef du service de psychiatrie infanto-juvénile au Centre de la mère et de l'enfant de Pirae. Très vite entré en conflit ouvert avec le Territoire, il ne mâchait pas ses mots quand il s'agissait de dénoncer le mythe de l'enfant-roi en Polynésie. Fondateur de l'association " Pipirima", il s'investit pour tenter de sensibiliser le grand public à la cause des enfants. En 1999, à la faveur d'une mise en disponibilité d'un an, il fut écarté de son poste de chef de service par le gouvernement. Un jugement du le Tribunal administratif commanda sa réintégration à son poste en septembre 2000 car victime de « détournement de pouvoir » et de « sanction déguisée » (lire Confidences, TPM juin 2001). La cour d'appel de Paris confirma ce jugement le 24 septembre dernier. Philippe Nadaud, déjà dans le coma, n'a pas pu apprendre cette victoire. Deux jours plus tard, il décédait , usé par le combat. A son épouse et ses quatre enfants âgés de 2, 6, 8 et 10 ans, Tahiti-Pacifique présente ses sincères condoléances.

B.O.