N° 226, février 2010


4     La grosse tête
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Analyse de l'actualité
 9    Confidences
10    Energies renouvelables
11    Lois de pays et bureaucratie, outils de sabotage 
12     Humour
13    Baromètre
14    Image
15    Tahiti, ton “puits de pétrole” est à sec !
18    Instabilité structurelle en Polynésie française
22    Très chers confettis d’empire
24    Iaorana de Simone   
26    Tableaux de Nuku Hiva et Huahine en 1843
28    Fiu de Beslu
29    Encore du courrier
31    Accord de coopération de Défense Australie/France
38    Encore du courrier
39    Pétunons Bio
41    Divers
42    Publications
43    Littérature : Sacré Père Dubus !
48    Evénements du Pacifique en janvier 2010
49    Les événements de Tahiti en janvier 2010
50    Balises des îles­­

 

 


HUMOUR

 

 

 

 Vital ou… mortel ?

En l’an 67 après Jésus Christ, l’empereur Néron aurait joué de la lyre, dit-on, en regardant Rome brûler. En l’an 2010, le président du moment de Tahiti, Gaston Tong Sang crée de nouvelles administrations publiques alors que son Pé’i agonise, écrasé sous le poids financier de sa bureaucratie privilégiée et pléthorique.
Tenons-nous des propos excessifs ? Jugez par vous-même : parti d’une Polynésie exsangue pour Paris en compagnie d’un bataillon de ministres, conseillers et belles secrétaires pour aller taparu (faire la manche) auprès de la « solidarité nationale », notre président a rendu visite au charmant ministre parisien de l’Ecologie, de l’Energie, du développement durable et de la Mer, Jean-Louis Borloo.  Il lui a exposé la  « politique du pays » pour la relance économique qui comporte notamment « la création de l’Institut de la mer », mais encore, comme l’a révélé J.L. Borloo, la création «  à juste titre une agence polynésienne de l’énergie », ce pourquoi le président tahitien et le ministre français se sont « donc mis d’accord sur un processus de soutien et de co-financement. C’est évidemment vital pour la Polynésie »,  précise le communiqué officiel.

Ainsi, ce serait donc la création de deux nouvelles structures administratives, un Institut de la Mer et une Agence polynésienne de l’Energie - et cela alors qu’on vient juste de créer le mois dernier une « Maison de la Perle » - qui va relancer l’économie moribonde de Tahiti ?
On croit rêver ! La seule relance perceptible sera celle de l’embauche des rejetons de la « caste », notre nomenklatura locale, lesquels leurs études terminées n’acceptent que des emplois de fonctionnaires offrant un cocon protecteur “béton”et le double des salaires du secteur privé. Faut bien continuer à faire son habituel shopping à Los Angeles, non ?
 
Et cela alors que de plus en plus de chefs de familles de Tahiti ont perdu leurs emplois, ne peuvent plus payer leur loyer, n’ont aucun revenu pour se nourrir (le RMI n’existe pas à Tahiti), sombrant ainsi dans la plus grande misère. Beaucoup ont perdu leu emploi non seulement à cause de la crise mondiale, mais aussi parce que les petites entreprises sont surchargées de nouveaux impôts et taxes, levées ces dernières année justement pour payer la ribambelle de fonctionnaires. Alors qu’en 1998 on osait encore parler de « Tahiti, paradis fiscal », aujourd’hui c’est devenu « Tahiti, enfer fiscal ».

Pourtant, nombre de syndicats et associations, religieuses comme civiles, lancent depuis des mois des cris d’alarme.  En septembre, le syndicat A Tia I Mua expliquait que dans un contexte économique de crise, les assistantes sociales sont tous les jours confrontées à des situations d’urgence, que et cela alors que les demandes d’aide alimentaire ont augmenté de 20%, que 40 % des loyers OPH (sociaux) sont impayés, que des personnes peuvent avoir 2 à 3 millions d’arriérés de loyer et sont sur le point d’être expulsées. Tout cela alors que les budgets de fonctionnement (mais pas les salaires) du social ont déjà diminué de 15% en 2009.

En octobre, l’association Te Tia Ara alertait les élus sur le « magnifique désastre » de la politique en matière de santé en Polynésie française, mise en danger par les irresponsabilités des décideurs politiques qui ont puisé dans les fonds de la CPS (la Sécu locale) pour subventionner les salaires. Et de vouloir ensuite augmenter encore le impôts sous prétexte qu’il « faut sauver le système de santé ». Il dénonce cette « mascarade » et «  la complicité de certains grands syndicats avec le système de « gabegie » des prélèvements sociaux des salariés » en constatant que « ce sont les consommateurs patients et les familles qui vont payer… » Te Tia Ara constate que « le Gouvernement est le jouet des riches qui défendent leurs intérêts sur le dos des familles et des consommateurs » et que « la population va devoir payer pour l’incompétence de ceux qui nous gouvernent et qui prennent les décisions sans assumer les conséquences ». Te Tia Ara rappelle que «  le système de corruption actuel n’a [pas] été mis hors d’état de nuire » et qu’il faut « arrêter de taper et de tuer le consommateur car à force il n’en restera aucun pour assurer vos salaires et privilèges ».
Malgré la crise grave, malgré la banqueroute de plus en plus évidente du Pé’i, les gouvernements à répétition n’ont pas baissé leurs honteux salaires, privilèges et dépenses… bien au contraire.
Alors, M. le président Sarkozy, vous qui voulez réformer le mode de scrutin à Tahiti, il ne reste qu’une solution : donnez-nous la possibilité de barrer les noms de candidats indésirables qui réapparaissent toujours, telle une malédiction, sur les listes des bulletins de vote. C’est le seul moyen, qui serait d’ailleurs très populaire, d’enfin de nous débarrasser des “pourris” qui ont détruit ce si beau pé’i.
J’aiguise déjà mon crayon !

Bonne lecture  et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

Vendredi 1er janvier
-Incendie d’un fare à Nuku Hiva, Marquises, dans lequel périssent un couple et un enfant.
-Rixe mortelle à Papeete. Un jeune homme décède après avoir reçu un coup de poing.

Dimanche 3 janvier
-Arrivée à Tahiti du navire Botany Tribute pour charger 2700 tonnes d’huile de coprah, une production de six mois.

Mardi 5 janvier
-Mise en carénage du quatre-mâts Star Flyer.

Mercredi 6 janvier
- Première ouverture à Punaauia d’un supermarché 24h sur 24.
-Un pittbull défigure une jeune femme de 22 ans, sur une plage de Temae à Moorea.
-Le ministre de l’Education, Moana GREIG, en visite à Moorea, affirme son soutien au projet de construction d’un lycée polyvalent sur l’île.
-Mission gouvernementale de six jours aux îles australes.

Jeudi 7 janvier
-Le haut-commissaire de la Polynésie française, Adolphe COLRAT met fin aux fonctions de l’admininstrateur des Iles du Vent, Ghyslain CHATEL, pour avoir suggéré le nom d’un parent pour occuper les fonctions de consultant dans la commune de Moorea-Maiao.
-Le comité d’entreprise de la clinique Paofai, unanime pour la citation à comparaître devant le tribunal correctionnel du gérant de l’établissement.

Vendredi 8 janvier
-Départ pour la métropole de Ghyslain CHATEL, administrateur d’Etat, des Iles du Vent, congédié par le haut-commissaire de la Polynésie française, Adolphe COLRAT.
-Découverte d’un corps sans vie d’une jeune femme disparue, dans le lagon de Punaauia.

Samedi 9 janvier
-De retour à Tahiti, Jean-Christophe BOUISSOU, n’envisage pas de motion de défiance.

Mardi 12 janvier
-Annonce de la venue de la ministre chargée de l’Outre-mer, Marie-Luce PENCHARD en Polynésie française au début du mois de février.
-Le tribunal administratif de Papeete déboute la compagnie 2R Marketing dans le litige qui l’oppose à la Polynésie française dans l’achat de 130 bus chinois.
-Remise de clés par l’OPH à 30 futurs propriétaires des logements dans la résidence Vaihi à Hitiaa.
Mercredi 13 janvier
-La commune de Papeete, candidate à l’organisation de la coupe du monde de beach-soccer en 2013.
-Arrestation à Papeete, d’un dealer d’ice.

Jeudi 14 janvier
-Signature d’une convention de “dématérialisation de la paye”, entre la commune de Faa’a, les représentants du Trésor Public et de la chambre territoriale des comptes.

Vendredi 15 janvier
-La compagnie Air New Zealand est nomée « meilleure compagnie aérienne de l’année ».

Dimanche 17 janvier
-Incendie aux entrepôts Wing Chong à Papeete. Pas de blessé.

Lundi 18 janvier
-Signature à Paris entre Luc CHATEL, ministre de l’Education nationale et le président de la Polynésie française, Gaston TONG SANG, d’une convention pour la rénovation des collèges et lycées polynésiens.
-Signature d’une convention de partenariat entre l’Université de Polynésie française, la commue de Papeete et le conseil des employeurs de Polynésie française (CEPF) avec la création d’un site internet.

Mardi 19 janvier
-Discours du Président Nicolas SARKOZY à La Réunion où il annonce son intention de réformer le mode de scrutin en Polynésie française : « La Polynésie a le droit au sérieux de ses élus et non pas à une vaste comédie où les ennemis d'hier deviennent les alliés d'aujourd'hui. »

Mercredi 20 janvier
-Affaire HADDAD-FLOSSE : la Cour de cassation à Paris, rejette la requête de délocalisation de l’affaire demandée par M. FLOSSE.
-Escale de trois jours  à Papeete du clipper Stad Amsterdam.

Jeudi 21 janvier
-Cambriolages des mairies de Vairao, Teahupoo et de l’agence de la Poste de Vairao.
-Blocage par les pêcheurs professionnels de Raiatea de l’accès à a marina de Uturoa.
- Annonce de la chute de 26% des immatriculations de véhicules automobiles en 2009, par rapport à 2008.

Vendredi 22 janvier
-Inauguration à Papeete d’une Maison de la Perle “provisoire”.
-Adoption par l’assemblée de Polynésie française, d’une loi de pays introduisant une modification (baisse) importante dans le code des impôts, pour permettre le sauvetage de l’activité charter nautique grande plaisance en Polynésie française.
- Gilles Soubiran, président du syndicat des praticiens hospitaliers, déclare que la Santé en P.F. « ne fonctionne pas parce qu'elle est complètement sous la tutelle d'un pouvoir politique qui est incompétent et qui remet en question toutes les pratiques d'administration ».

Lundi 25 janvier
-Grève de deux heures pour les personnels de l’hôpital de Taravao pour manifester leur mécontentement .
-La loi de lutte contre le tabac votée par l’assemblée de Polynésie française.
-Ouverture officielle à Tahiti, de la 7ème édition du Film international du film documentaire océanien (FIFO).
-Démission du représentant Clarenntz VERNAUDON du groupe UDSP.

Mardi 26 janvier
-Annulation par la Cour d’appel de la mise en examen de James ESTALL, directeur de la banque Socredo pour blanchiment d’argent dans l’affaire de l’annuaire de l’OPT.
-Le tribunal correctionnel requiert six mois de prison ferme à l’encontre de Rere PUPUTAUKI pour travail dissimulé dans l’affaire Shipchandler de convoyage des  thoniers.. Verdict le 2 mars.
-Ouverture des 2èmes rencontres numériques du FIFO.

Mercredi 27 janvier
-4ème édition du forum Etudiants-Entreprises au campus d’Outumaoro.
-Les personnels de l’hôpital de Taravao demandent la démission du directeur de cabinet du ministre de la santé.
-Annonce par le conseil des ministres de la baisse du prix de l’essence de 3 Fcfp et le gazole de 4 Fcfp à compter du 1er février.
-Panique à Meteo France qui alerte la population pour un cyclone situé au sud des Samoa et qui n’a aucune chance de frapper la Polynésie française.

Jeudi 28 janvier
-Annonce de la baisse de la fréquentation touristique de 8,2 %, soit 1 148 touristes en moins au mois de novembre 2009 par rapport au même mois de 2008.
-Procès an appel de l’affaire du naufrage du Tahiti Nui IV ayant coûté la vie à sept personnes. L’avocat général de la cour d’appel de Papeete requiert cinq ans de prison dont 2 ans avec sursis à avec un mandat de dépôt à l’encontre de Rere PUPUTAUKI. Jugement le 22 avril.

 Poema


Evénements dans le Pacifique Sud

Nuku’alofa, 1er janvier - Le premier janvier, le premier nouveau né du royaume de Tonga est un petit garçon de trois kilos. La mère a décidé d’appeler l’enfant : ‘ULUAKI FAKAKOLOS MEI LANGI FAKA’ANAUA HE VAHAFOLAU SUNAMI PAU TAVAKE - ce qui signifie « Bénédiction venue de cieux et que nos meilleurs souhaits traversent l’océan. » Ses amis lui trouveront probablement un diminutif.

Honiara, 3 janvier - Une « honte nationale », c’est ainsi qu’une Commission d’enquête parlementaire a qualifié l’Hôpital central d’Honiara, la capitale des Îles Salomon. Après huit mois d’auditions, La Commission d’enquête parlementaire pointe le manque de fonds, le manque de médecins et d’infirmières, de matériel médical, et la vétusté du parc informatique. La Commission demande aussi au gouvernement des Îles Salomon de créer sans délai un Bureau des réclamations pour recueillir les plaintes des malades.

Port Moresby, 3 janvier - L’Administration des Ressources Minières (ARM) papoue a resserré sa surveillance des activités des compagnies minières et a ordonné la fermeture temporaire de la mine de nickel/cobalt de Ramu et la mine d’or de Simberi. Motif : les compagnies minières ne respectent pas les lois papoues. Et la sécurité des ouvriers n’est pas assurée. Suspendre les activités d’une mine est une décision délicate, puisque l’économie papoue dépend fortement des revenus tirés des minerais, qui représentent 60% du total des exportations.

Honiara, 4 janvier - Huit officiers tongiens sont partis rejoindre la RAMSI, la Mission d’assistance régionale aux Îles Salomon, pour une mission de 12 mois. Ils ont reçu un entraînement intensif pendant six mois à Canberra. C’est le huitième contingent tongien envoyé aux Salomon depuis l’arrivée de cette force de maintien de la paix internationale en 2003.

Suva, 5 janvier - Le directeur de l’Office du tourisme fidjien, Patrick Wong, a fait le bilan de l’année. Les chiffres sont particulièrement mauvais pour  2009, avec une chute de 23% de la fréquentation touristique des trois premiers mois par rapport à 2008. Raisons : inondations de janvier,  récession mondiale, l’évolution du marché, et bien sûr, une publicité négative pour Fidji, associée au refus du régime militaire en place d’organiser des élections démocratiques avant 2014. Mais aussi la concurrence croissante des îles voisines et des destinations d’Asie du Sud-est, ajoutée à cela la fluctuation des prix du pétrole avec la fermeture de certaines lignes. En revanche, de nouveaux vols ont été lancés. V Australia et Jetstar ont ainsi ouvert des liaisons aériennes avec l’aéroport de Nadi. Résultat : à partir de juillet, la fréquentation des touristes australiens a augmenté.


Majuro, 5 janvier - Les Îles Marshall doivent se préparer dès aujourd’hui à la fin du Pacte d’association libre avec les États-Unis qui expire en 2024. Les fonds substantiels accordés par Washington dans le cadre de cet accord seront progressivement réduits jusqu’à la date butoir. Les îles Marshall ont donc 14 ans pour faire des économies, générer des excédents et des recettes. Un véritable défi.

Suva, 6 janvier - Plus de 1 000 emplois on été supprimés au cours de ces 12 derniers mois dans le secteur de l’industrie textile et de la chaussure qui emploie plus de 4 000 personnes, des femmes à 80%, et les exportations ont chuté de 25%. Ceci malgré les bas salaires : « Nous ne pouvons pas tolérer le fait que les employés perçoivent des salaires vraiment bas sous prétexte que nous devons faire face à la concurrence de pays comme le Bangladesh et le Vietnam où les coûts de la main d’œuvre sont très faibles. » déplore un syndicaliste. La plupart des employés vivaient dans des conditions d’extrême pauvreté et un travail leur a permis d’avoir un salaire régulier, de bénéficier de la protection des lois du travail, d’obtenir des qualifications professionnelles et de retrouver la dignité.

Rarotonga, 7 janvier - Rhumatisme articulaire aigu aux Îles Cook - Les services de santé sont à cours d’antibiotiques pour traiter les patients frappés par cette maladie en mesure de provoquer des dégâts cardiaques permanents. 87 adultes et 42 enfants souffrent actuellement de rhumatisme articulaire aigü et de cardite rhumatismale ; une inflammation qui atteint le cœur.

Nuku’alofa, 11 janvier - Roderick Milliton, ingénieur aérospatial américain, et Randa sont à la tête de la société Interorbital System (IOS) et ont annoncé la construction d’une petite rampe de lancement de fusée privée à Tonga. Le roi George Tupou V a donné son consentement et l’un de ses domaines pour construire la rampe en question,. La fusée Neptune 30 devrait être lancée en orbite basse à 315 kilomètres d’altitude en novembre ou en décembre 2010. Le gouvernement a déjà donné son autorisation pour des travaux d’aménagement qui permettront à des véhicules lourds d’accéder au site de lancement d’Eua. Coût de l’opération : 250 000 dollars américains, (21 millions de Fcfp). Des universités et des organisations de recherche ont déjà fait connaître leur intérêt.

Port Moresby, 12 janvier - Connexions mafieuses chinoises en Papouasie Nouvelle-Guinée - Gao Changjiang, 36 ans, et Xue Zhufu, 38 ans, ont été interpellés par la police après avoir tenté d’assassiner un important homme d’affaires de Port Moresby. Ces deux ressortissants chinois sont accusés d’avoir tiré sur Jason Tan, le « roi des supermarchés », alors qu’il regagnait son domicile en voiture. Blessé au bras, M. Tan a réussi à s’échapper. Pour l’adjoint au chef des forces de police, l’arrestation des deux ressortissants chinois « confirme que des triades asiatiques sont actives en Papouasie Nouvelle-Guinée. »

Suva, 14 janvier - Critiquer le  coup d’État = plus de retraite ! Une équation simpliste… et pourtant réelle, annoncée par le Premier ministre lui-même. Franck Bainimarama en a assez d’être critiqué pour son putsch de 2006. Une opération express, puisque le Premier ministre a publié son décret la semaine dernière. Et l’administration a déjà coupé les vivres à quelques vieux libres parleurs qui ont osé critiquer le régime en place. Le secrétaire général de la Centrale syndicale fidjienne proteste: « C’est assez choquant, les gens méritent leurs retraites, ils ont cotisé. Cela revient à affamer ceux qui osent se dresser contre le gouvernement. »

Port Moresby, 18 janvier - En Papouasie Nouvelle-Guinée, l’un des pires accidents de bus de l’histoire du pays : deux bus roulant trop vite se sont percutés de plein fouet dans la province de Morobe, sur la côte nord-est de la Papouasie Nouvelle-Guinée, l’un comme l’autre surchargé de passagers. L’un comme l’autre essayait d’éviter des nids de poule. Bilan: 38 morts et 18 blessés. C’est l’un des accidents les plus meurtriers qu’ait connu le pays. Choqué par l’accident, le commissaire de police adjoint de Morobe, Giossi Labi, a appelé ses concitoyens à la prudence : « Les chauffeurs doivent lever le pied. Beaucoup s’engagent dans une course contre la montre pour pouvoir multiplier les trajets et gagner plus d’argent ». Mais l’état déplorable des routes et des véhicules sont également en cause.

Pago Pago, 18 janvier - La conserverie “Chicken of the Sea”, détenue par une entreprise thaïlandaise, a fermé ses portes en septembre 2009, en particulier en raison de la hausse du salaire minimum aux Samoa américaines. Elle a délocalisé son usine dans l’état américain de Géorgie.
2000 Samoans américains ont été réduits au chômage. Parmi eux, les plus vulnérables sont ceux qui venaient du Samoa occidental voisin. La fermeture de la conserverie de thon a créé une réaction en chaîne : les petits épiciers de quartier ont par la même occasion perdu de précieux clients.

Honiara, 18 janvier - L’Etat salomonais investit dans l’huile de palme. Le Ministre de l’Agriculture salomonais a réussi à réunir les 5000 hectares nécessaires pour créer une plantation de palmiers à l’est de Fataleka, dans la province de Malaita. L’Etat salomonais continuera à acheter plus de terres pour agrandir la palmeraie.

Suva, 21 janvier - Le gouvernement de Fidji a décidé de prolonger le moratoire sur la chasse à la tortue de mer jusqu’en 2018. Ce moratoire, en vigueur depuis 2004, interdit la chasse à la tortue et la commercialisation de la viande de tortue de mer.

Apia, 21 janvier - Des centaines de Samoans ont participé à une réunion publique à Mulinu’u en faveur de la gratuité de l’enseignement pour les enfants issus de familles modestes. Cette réunion, présidée par le ministre de l’Education samoan, a permis aux villageois de comprendre le fonctionnement de ce système qui prévoit de financer la scolarité des enfants concernés en octroyant des chèques services aux parents, qui ne pourront donc pas dépenser cet argent pour autre chose que l’avenir de leurs enfants. La prise en charge de la scolarité des enfants défavorisés par l’Etat samoan permettra de briser un cercle vicieux bien connu : les familles qui envoient leurs enfants travailler très tôt dans la rue, comme petits vendeurs ambulants par exemple.

Nuku’alofa, 26 janvier - La Commission d’enquête sur le naufrage du ferry Princess Ashika continue ses travaux. Lord Dalgety de Sikotilani, à la tête de la société maritime gouvernementale qui gérait le Princess Ashika, a dû répondre aux questions agressives d’un avocat de la commission concernant son train de vie. On lui a demandé d’expliquer pourquoi il avait passé 66 jours aux frais du royaume dans un hôtel cinq étoiles de Singapour dans une suite à  1000 dollars par jour (60 000 Fcfp). Et pourquoi il refuse de voyager autrement qu’en première classe. L’avocat a défendu son droit de poser les questions à un noble : « C’est une question de bonne gouvernance, pour déterminer si le témoin est digne du poste de Secrétaire de la Shipping Corporation of Polynesia [dont] un bateau a coulé et a fait 74 morts. » A Singapour pour s’occuper de la vente d’un navire, Lord Dalgety était resté dans le cinq étoiles « parce que je ne fréquente que les meilleurs endroits ». Pourquoi voyager uniquement en 1ère classe : « Parce que c’est ce que je fais depuis que j’ai 27 ou 28 ans ». Le Princess Ashika était un bateau rouillé âgé de 37 ans qui a coulé et fait 74 morts.

 

avec Pierre Riant à Radio Australie


 

Le chanteur américain Jimmy BUFFETT est venu passer des vacances à Bora Bora. (Ph. DR)
 

 

Le voilier de croisière Star Flyer a effectué son grand carénage sur le dock flottant de la DCN de Papeete. (ph. TPM)
 

 

 

 Escale de trois jours à Tahiti pour le clipper Stad Amsterdam, qui fait un tour du monde scientifico-touristique en retraçant le voyage de Charles Darwin en 1837. Loué par des télévisions pour une période de huit mois, le navire vogue avec à son bord, une dizaine de scientifiques dont la biologiste Sarah Darwin, arrière-arrière-petite fille de Charles Darwin. (ph. TPM)