N° 235, novembre 2010


­­ 4     La grosse tête
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8       Scandale à la FIFA
10    Le nouvel hôpital
11    Confidences
12      Humour
13    Baromètre
15    Dossier: La climatisation écologique   
19       Iaorana de Simone
20       “Air Sarko One” à Tahiti
23       La caste qui se gave: la scandaleuse SEM SEP
24       Histoire: la citoyenneté dans les EFO
27       L’identité Maohi bafouée
28       L’histoire de l’aviation à Tahiti
30       Libre-opinion : sordide habillage politique
31       Art : collection morbide
32       Nouveau “protectorat” tahitien ?
33       Economie: quel avenir pour la perliculture ?
34       Gastronomie: le cannibalisme               
35       Ile de Paques: la fin de l’isolement
40       Publications
43       Littérature: la vie à Arutaki
47       Mots flèchés
48    Les événements du Pacifique en octobre 2010
49    Les événements de Tahiti en octobre 2010
50      Balises des îles




 



HUMOUR


 

 

 

Mainmise  des “copains” sur une ressource de Tahiti

Surprise et stupéfaction lors de la visite de Marie-Luce Penchard à Tahiti à la mi-octobre. On apprenait que le gouvernement parisien annulait toute future défiscalisation de projet d’énergies renouvelables (photovoltaïques) dans les Dom-Tom, dont la Polynésie française. La Polynésie française ? Pourquoi ? Même pas 1% de son énergie est produite par le photovoltaïque, un balbutiement comparé aux 30% de La Réunion ou des départements français des Antilles ? D’ailleurs un scandaleux retard de 10 années en énergies renouvelables solaires, maintenu grâce à d’interminables tergiversations et procédures dilatoires (ou simulacres) qui n’ont permis de caler le prix de rachat de l’énergie solaire par l’Electricité de Tahiti (EdT) qu’à la fin 2009, et encore ! C’est seulement à partir de cette date que les premiers projets basés sur un financement en double défiscalisation (métropolitaine et locale) se sont amoncelés et commencent à peine à être réalisés en 2010, date des premiers agréments de défiscalisation. Malgré ces données, la ministre a insisté « que les capacités atteintes par les énergies vertes et les énergies fatales(*) [qu’on ne peut stocker] avoisinent 30%, pourcentage qu’il n’est pas possible de dépasser » si le réseau public doit rester viable, et qu’il s’agit de supprimer « les effets d’aubaine qu’a provoqué l’avantage fiscal consenti au secteur photovoltaïque ». Quelque chose échappait à la compréhension du commun des mortels.
On ne comprit que le 20 octobre, lorsque l’opposition UPLD posa une question à l’assemblée de PF en dénonçant une « manip » politico-affairiste :
Le 21 avril dernier, explique le texte, le gouvernement a autorisé la réalisation de 27 générateurs photovoltaïques totalisants 11,457 Mégawatt crête (MWc) de puissance, ce que l’EdT estime couvrir 90% de la capacité d’absorption en énergies fatales du réseau. 75% du volume de la puissance autorisée, soit 8,620 MWc, concernent des installations de plus de 200 kWc, c’est à dire essentiellement des fermes solaires et non des petits générateurs sur maisons individuelles. Un des projet est estimé à 1 mégawatt et coûte le milliard Fcfp.  Les autorisations ont été accordées avec une défiscalisation locale à hauteur d’environ 45% du montant de l’investissement. Or on découvre que 92% de ces projets ont été attribués à seulement deux groupes « bien en cour », le groupe Auroy et le groupe Somavolt (Teva Godefroy), lesquels vont se partager plus de 2 milliards d’aides du contribuable.
Ces fermes solaires seront installées sur les grandes toitures des entreprises des trois zones industrielles (Tipaerui, Punaaruu et Fare Ute), des hypermarchés, mais les plus grandes sont prévues sur des domaines territoriaux, et cela alors qu’il est de notoriété publique qu’au moins un ministre actuel est actionnaire dans ces sociétés « d’aubaine ».  Pendant ce temps, des centaines de particuliers attendent la concrétisation de leurs commandes d’installation, de moins de 10 kWc chacune qui peinent à finaliser le financement de ces programmes, l’enveloppe de défiscalisation locale n’étant pas infinie. Et les soi-disant « critères transparents » de sélection de futurs projets présentés en conseil des ministres ne concernent, au mieux, que 10% de la capacité d‘absorption du réseau non encore engagée. En résumé, la place a été distribuée à de grosses fermes solaires alors qu’il convient naturellement de privilégier les petites installations dont le foisonnement permet d’atténuer le handicap lié au caractère fatal de l’électricité photovoltaïque.
Qu’il s’agit bien de la mainmise d’un nouveau monopole sur l’énergie solaire est démontré par le cas de l’île de Nuku Hiva aux Marquises : une autorisation a été accordée, encore à Somavolt, pour l’installation d’une centrale de 194,4 kWc (sur une terre domaniale) qui va saturer toute la capacité d’accueil du réseau de l’île. « Avez-vous préalablement prévenu Monsieur le maire de Nuku Hiva que plus aucune installation photovoltaïque ne pourra dorénavant être installée et connectée au réseau sur son île ? » demande l’opposition. Alors que Jimmy Wong du Conseil des employeurs concède que les « critiques sont fondées, car l’attrait du photovoltaïque a créé une bulle spéculative ». C’est bien une preuve que le gouvernement et ses acolytes ont usé de leur pouvoir décisionnel pour instaurer un système qui maintiendra le monopole sur l’électricité, ce qui permettra de continuer à vendre à la population l’électricité la plus chère au monde.
Dans cette logique, certains se demandent si on n’assiste pas là à un « remake » de la belle “manip” utilisée au début des années 1990 lors de la mise en place de la téléphonie mobile : grâce à la défiscalisation, des « bien en cour » avait créé la société Tikiphone. L’installation terminée et testée, celle-ci était achetée  par l’OPT pour  un prix faramineux. Résultat : « jackpot » pour les  promoteurs “initiés”, maintien du monopole assuré pour l’OPT et tarifs outrageux pour les usagers !
Un peu tard, le ministre Teva Rohfritsch, en charge du Développement des technologies vertes, parle maintenant« de réserver cette aide aux petits et moyens projets sur toitures dont une partie des productions serait autoconsommée, cela afin de ne pas alourdir le coût public de l’électricité facturée à l’ensemble des usagers. » Pourtant c’est bien lui qui a approuvé les “sucettes” distribuées  aux “copains”.

Par ailleurs, si l’on écoute les professionnels, il faut noter qu’à la fin d’octobre 2010, l’Electricité de Tahiti n’a toujours pas payé un seul des kilowatts d’électricité solaire pompés dans le réseau  de distribution de Tahiti par les particuliers. L’excuse étant que certains points légaux seraient encore « litigieux », alors que le nouveau directeur de l’EdT débarque de Paris en clamant que « les énergies renouvelables sont une grande richesse ». Pour la population ou pour l'EdT ?

Ainsi va la (sur)vie à Tahiti...

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles


Vendredi 1er octobre
-L’assemblée de P.F. adopte le projet de loi régissant l’activité de croisière qui simplifie les formalités.
 
Samedi 2 octobre
-Départ pour Hawaii des cinq équipes tahitiennes de va’a (pirogue) qui participeront à la 58ème édition de la Molokai, course de 76 kilomètres en haute mer.
-18ème édition des Foulées du front de mer organisée par les gendarmes et remporté par Francky Maraetaata.

Dimanche 3 octobre
-Un protocole de fin de conflit est signé dans la soirée entre les syndicats et le maire de Teva i Uta après plus de 50 jours de grève.

Lundi 4 octobre
-Arrivée à Papeete de deux paquebots de croisière, le Sapphire Princess avec ses 2696 passagers et le Clipper Odyssey, 2435 passagers, qui naviguera une dizaine de jours dans nos eaux.
-Rosa LANTEIRES, Miss Tahiti 1983, décède d’un cancer à l’âge de 46 ans.

Mardi 5 octobre
-Résolution de Tarita SINJOUX exigeant le devoir de réserve des fonctionnaires civils et militaires adoptée par l’assemblée de PF, suite aux critiques de l’amiral sur les hommes politiques locaux.
-La « loi Drollet » plafonnant à 35% le capital détenu par les sociétés étrangères dans une société de téléphonie mobile est adoptée par l’assemblée de PF.
-Le tribunal correctionnel requiert 8 millions Fcfp d’amende contre Michel YIP, représentant des Tuamotu, pour détournement de fonds publics à l’époque où celui-ci était président de la commission permanente de l’assemblée.

Jeudi 7 octobre
-Christa TEIHOTU, 80 ans, résidante engagée de Moorea, est nommée chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.
-Tournages du film de Matthieu Kassovitz, L’ordre et la morale, dans les rues de Papeete et dans l’ancien hôpital Vaiami transformé pour l’occasion en gendarmerie.

Samedi 9 octobre
-Inauguration de la nouvelle mairie de Mataiva aux Tuamotu.

Dimanche 10 octobre
-L’équipe de piroguiers V6 Shell Va’a remporte la course de Molokai pour la cinquième fois consécutive. 7 équipes tahitiennes se placent dans le top 13 des 120 équipages.
-Fermeture de la foire agricole à Punaauia ; près de 140.000 visiteurs contre 60.000 en 2009.

Lundi 11 octobre
-Manifestation devant le haut-commissariat d’à peine une centaine de fonctionnaires d’Etat contre la réforme des retraites.

Mardi 12 octobre
-Le tribunal administratif de Papeete annulle le budget du Régime de Solidarité de la Polynésie Française (RSPF).
- Valentina CROSS, maire de Teva i Uta, menace 19 agents communaux de licenciement pour faute grave lors de la grève qui a duré 54 jours.
-La chaîne de télévision RFO Polynésie devient “Polynésie 1ère”, changement effectué simultanément dans les neuf territoires d’Outre-mer.
Jeudi 14 octobre
-Le ministre des Transports intérieurs annonce le dispositif de rétention immédiate et de suspension provisoire du permis de conduire en cas de conduite en état d’ivresse.
-Gaston TETUANUI, président du parti politique « Raromatai fa’ahotu ia Raromatai », propose la mise en place aux Iles sous-le-Vent d’une collectivité territoriale autonome et l’instauration du « Royaume d’Hawaiki Nui ».
-50ème anniversaire de l’ouverture de l’aéroport international de Tahiti Faa’a et de l’arrivée du premier avion.
-Ouverture du 10ème Salon du Livre.

Vendredi 15 octobre
-Arrivée de la ministre de l’outre-mer, Marie-Luce PENCHARD. Elle annonce la réduction du nombre de représentants des archipels, laquelle ne fait pas l’unanimité.
-Annonce qu’un compromis de vente a été signé avec la société Salomon Building Limited pour le rachat du Rocklands Hostel en Nouvelle-Zélande au prix de 330 millions Fcfp, soit la moitié de la somme payée en 2005.
-Le nouveau président du conseil d’administration de la SEP, Christian PAIMAN, donne sa démission.

Samedi 16 octobre
-La ministre PENCHARD visite les sinistrés du cyclone Oli sur l’île de Tubuai.
-Plusieurs centaines de personnes manifestent sur le front de mer pour demander en présence de Marie-Luce PENCHARD des élections anticipées.

Dimanche 17 octobre
-Reynald TEMARII, vice-président de la FIFA et président de la confédération océanique de football, est mis en cause dans une affaire de tentative de corruption pour les candidatures à la coupe du monde 2018.
-Départ de la ministre de Marie-Luce PENCHARD qui déclare que les jeux des hommes politiques de Tahiti lui donnent du « mal à la tête ».

Lundi 18 octobre
-Procès de l’affaire OPT. Le procureur requiert 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt et 5 ans d’inéligibilité pour Emile VERNAUDON. 15 autres personnes sont également impliquées.

Mardi 19 octobre
-Ouverture du « Village de la Science » à la Présidence dans le cadre de la Fête de le Science dont le thème est la biodiversité et la bioéthique.
-9ème Salon des îles Australes à l’assemblée avec plus de 70 exposants en artisanat.

Mercredi 20 octobre
-Thierry ARIIOTIMA devient le nouveau président de la Fédération tahitienne de football, suite à la suspension par la FIFA de Reynald TEMARII, accusé de corruption par le Sunday Times.
-Les trois grands partis politiques s’opposent au projet de réforme du mode de scrutin présenté par la ministre de l’Outre-mer.
-Jean-Louis FREBAULT, ministre du Développement des archipels, propose au gouvernement de déléguer l’exploitation de la gestion des aérodromes de Moorea et de Huahine.

Jeudi 21 octobre
- France Télé Numérique réalise un magazinepour préparer la population au passage à la TNT.
-L’ISPF, institut de la statistique, publie ses résultats concernant la popularité des prénoms polynésiens, qui atteint depuis 2008 70% contre 50% en 1988.
-Météo France évalue le risque de cyclone à 24% pour la saison chaude à venir.
-Retour de l’équipe de Matthieu Kassovitz sur l’atoll de Anaa où seront tournées les scènes les plus importantes du film : celles de la grotte, initialement prévues à Moorea.

Vendredi 22 octobre
-Willy CHUNG SAO est nommé pour remplacer Christopher PAIMAN suite à sa demande de démission du poste de président du conseil d’administration de la SEP ( Société d’Environnement Polynésien), dix jours après sa nomination.
-Le ministère de la Reconversion économique annonce la suspension de la défiscalisation outre-mer pour les projets photovoltaïques.
-La pirogue O Tahiti Nui Freedom échappe de justesse au cyclone « Meggi » lors de sa traversée entre les Philippines et la Chine.

Dimanche 24 octobre
-Bénédiction du nouvel hôpital du Taaone lors d’une cérémonie œcuménique, en l’absence de Gaston FLOSSE, « père du projet ». Sa construction a duré neuf ans.

Lundi 25 octobre
-Le tribunal administratif prononce la mise en liquidation judiciaire de la société Raromatai Ferry qui exploitait le navire à grande vitesse King Tamatoa.
- L’entrée du nouveau centre hospitalier est bloquée par les entrepreneurs ayant réalisé sa construction et qui demandent au Pays de payer les factures.
-Perquisition dans les locaux de la SEP suite aux déclarations de l’ancien président du conseil d’administration, Christopher PAIMAN.

Mardi 26 octobre
-Le nouvel hôpital du Taaone reçoit sa première patiente.
-Première journée du symposium sur les tortues marines à Moorea.
 -Air Tahiti Nui annonce qu’au 1er semestre 2010 les déficits s’élevent « seulement » à 358 millions Fcfp au lieu des 700 millions prévus.
-Création d’un comité mixte Etat/Pays de lutte contre la fraude fiscale afin de boucher une perte de plus de 15 milliards Fcfp par an.

Mercredi 27 octobre
- Le conseil des ministres acte la dissolution de l’établissement pour la prévention (EPAP), à compter du 31 décembre 2010.
-La pirogue O Tahiti Nui Freedom affronte des vents de près de 200km/h et une houle de 6m du typhon « Chaba » aux nord des Philippines.
-Le surfeur tahitien Hira TERIINATOOFA devient champion du monde en catégorie Open lors des ISA Billabong World Surfing Games qui se sont déroulés au Pérou.

Jeudi 28 octobre
-Le pôle financier du parquet de Paris décide de classer le dossier du rachat de l’hôtel particulier de la rue du Ranelagh de Gaston FLOSSE. Acheté 220 millions Fcfp en 1994 il a été revendu dernièrement pour 680 millions Fcfp.
-La cour d’appel de Papeete confirme la condamnation de Gaston FLOSSE à une amende de 1,5 million de Fcfp pour « obstacle à l’exercice des pouvoirs attribués aux magistrats », la peine maximale.
-Le futur avion du président Sarkozy, un airbus 330-300, fait escale à Tahiti.
- En appel, René Hoffer voit ses peines réduites à deux mois d’emprisonnement (déjà effectués) et à 200 000 Fcfp d’amende pour les délits retenus par les juges, avoir « soustrait et importé un véhicule sans déclaration en douane  » et à “10.000 Fcfp d’amende pour défaut de plaque d’immatriculation.

Vendredi 29 octobre
Patrick Galenon a été nommé représentant de la PF au CES de Paris. Il remplace Michel Paoletti.

 

Ariane AUGER


Evénements dans le Pacifique Sud

  Port Moresby, 1er octobre - Le Congrès américain a conduit la première audience de son histoire consacrée aux allégations de violation des droits de l’Homme perpétrées par le gouvernement indonésien en Papouasie. Le sénateur samoan Eni Faleomavaega, également président du sous-comité sur l’Asie-Pacifique et l’environnement mondial à la Chambre des Représentants, est à l’initiative de cette commission spéciale, déclare : « Avant que le Timor Leste n’accède à l’indépendance, les militaires indonésiens ont torturé et assassiné 200 000 Est-Timorais. Les militaires indonésiens ont fait la même chose à 100 000 Papous, et encore c’est une estimation basse des massacres qui ont été perpétrés par l’armée indonésienne pendant des années. Certains estiment à 200 000 le nombre de Papous torturés et assassinés sans pitié par les militaires. Donc oui, on soupçonne un génocide. Je suis très inquiet de voir que cela continue, et nous voulons nous assurer que les Papous soient bien traités.»

Honolulu, 5 octobre - A Hawaii, c’est le tourisme qui tire l’économie. Carl Boneham, professeur d’économie à l’Université de Hawaii : « Le redémarrage de l’économie est inégal en fonction des comtés. Par exemple, il y a une forte croissance à Maui, alors que l’île a été durement frappée par la récession, puisque deux lignes aériennes directes avec la Californie ont été supprimées en 2008. Elles viennent de rouvrir, ce qui fait du bien à l’économie locale. Il y a un autre facteur d’inégalité dans la croissance de l’économie hawaïenne, limitée au secteur du tourisme. Ça prend du temps. Les gens retrouvent des emplois stables dans le tourisme, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils se précipitent pour acheter des maisons ou autres. […] Ça va mieux que ce qu’on espérait, mais il y a encore de la marge de progression. Nous sommes toujours inquiets parce que l’économie mondiale est encore très fragile, que ce soit les Etats-Unis, le Japon ou les pays de l’Union européenne. Selon nos projections, l’économie hawaïenne ne sera pas guérie de la crise avant 2012 voire début 2013. »

Nauru, 5 octobre - Les huit de l’Accord de Nauru ont officiellement étendu l’interdiction de la pêche au thon dans leurs eaux. Il s’agit des huit pays du Pacifique qui disposent des plus grosses ressources halieutiques de la région. A compter de 2011, les bateaux étrangers - principalement chinois, japonais, taïwanais, sud-coréens et américains, n’auront pas le droit de pêcher les thons obèses et les thons jaunes albacores dans une très large zone de haute mer.

Rapa Nui, 5 octobre - De nouveaux militaires chiliens sont arrivés sur l’île de Pâques. Les militaires sont entre autres envoyés pour mettre un terme à l’occupation de l’Hôtel Hanga Roa par 70 membres de la famille Hitorangi. Ils ont investi l’hôtel le 31 juillet pour protester contre l’occupation « coloniale » de Rapa Nui par le gouvernement chilien. Ils estiment que la terre sur laquelle a été construit l’hôtel leur appartient et qu’elle a été illégalement donnée à un non indigène alors que Pinochet était au pouvoir au Chili.

Tinian, 7 octobre - Aux Mariannes du Nord, depuis une semaine, tous les services publics non vitaux cessent leur activité chaque vendredi. Bien sûr les hôpitaux continuent de fonctionner. Mais les autres services publics sont au chômage technique un jour par semaine, et ce sera ainsi jusqu’à ce que le gouvernement des Mariannes du Nord trouve de quoi renflouer ses caisses. Le gouvernement prévoyait un revenu national plus élevé que ce qu’il a réellement encaissé en 2010. La situation a bien changé, l’industrie du textile et du vêtement, en plein boom dans les années 90, a complètement décliné en 2003-2004, et parallèlement, les lois fédérales de l’immigration ont été intégrées dans le droit mariannais. Elles ont eu des conséquences sur l’économie des Mariannes.

Auckland, 12 octobre -Un groupe de Tongiens s’oppose à la vente de la résidence de George Tupou V, une propriété d’1.6 ha située à Epsom, une banlieue d’Auckland et estimée à 10 millions de dollars, affirmant que cette résidence appartient en réalité à l’Etat tongien, et non au Roi. Le gouvernement tongien répond que la famille royale a payé la propriété sur sa cassette. L’entretien de la propriété royale coûte 28 000 dollars par an aux contribuables tongiens. Un groupe d’avocats tongiens demande à ce que le Roi attende les élections démocratiques de novembre, afin de laisser le nouveau gouvernement tongien décider du sort de la propriété.

Suva, 12 octobre - L’économiste en chef de l’Université du Pacifique Sud, le professeur Wadan Narsey, prévoit qu’un tiers des Fidjiens vivront dans la pauvreté d’ici un an. Il explique que plus d’un quart des Fidjiens dépendent directement ou indirectement de l’industrie de la canne à sucre. Et le cours du sucre ayant chuté, la situation économique est très précaire. Fidji doit en outre honorer une dette extérieure très lourde. Et si les touristes se ruent à Fidji, c’est parce que les voyagistes cassent les prix, donc l’économie en profite peu.

Wellington, 14 octobre - Le Musée Te Papa de Wellington en Nouvelle-Zélande écarte les femmes enceintes ou ayant leurs règles d’une exposition d’objets sacrés maoris. C’est pour leur bien, indique le conservateur dans ce musée. Certains de ces objets, exposés dans une aile fermée au public du musée, sont associés à des combats et selon les croyances maories, ils peuvent avoir des effets néfastes sur les femmes enceintes. « Superstition ! » ont crié des féministes en colère, « Respect de la culture et des croyances maories » répond le musée Te Papa.

Sydney, 17 octobre - L’Australie fête sa première sainte - 9000 fidèles australiens étaient sur la place St Pierre dimanche. Le Pape Benoît XVI a canonisé six religieux, dont Sainte Mary MacKillop, la toute première sainte australienne. Née à Melbourne en 1842 et morte en 1909, elle est connue pour deux miracles : elle aurait guéri une femme atteinte de leucémie en 1961 et une femme souffrant d’un cancer des poumons inopérable dans les années 90. De son vivant, elle a dénoncé un prêtre pédophile, ce qui lui a valu d’être excommuniée pendant un temps.

Canberra, 18 octobre - La semaine dernière, le Ministre australien des Affaires étrangères, Kevin Rudd, a annoncé des coupes franches dans les effectifs de conseillers techniques pour le développement. AUSaid, l’agence gouvernementale de développement australienne, est au centre d’un scandale depuis la parution d’un rapport d’audit en mai dernier, qui pointe les salaires faramineux des conseillers techniques. Ils atteignent six chiffres et sont exonérés d’impôts. Le rapport cite l’exemple d’un conseiller technique qui gagnait 55 000 dollars par mois (4.6 millions Fcfp). La moitié de l’aide publique au développement australienne en Papouasie Nouvelle Guinée est engloutie par ces salaires, pour des résultats plus que modestes.

Port Moresby, 28 octobre - Une « tronçonneuse d’or » pour la Papouasie Nouvelle-Guinée - Ce prix, qui n’est est pas un, a été décerné par Greenpeace aux délégués papous qui participent  à la Conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya, au Japon. C’est l’équivalent environnemental du prix du plus mauvais acteur, un prix véreux décerné pour l’incapacité des autorités papoues à protéger les forêts primaires du pays. Greenpeace affirme que le gouvernement n’a pris aucune initiative pour combattre la déforestation illégale, la corruption et les abus commis à l’encontre des communautés indigènes. Les précédents récipiendaires de cette « tronçonneuse d’or » ont été la Malaisie et le Brésil.

Nouméa, 28 octobre - plus que 25 ans avant la catastrophe- Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique a publié un rapport plus qu’alarmant sur les ressources halieutiques du Pacifique. Intitulée “L’avenir de l’industrie de la pêche”, cette étude concerne la pêche côtière, la pêche en haute mer, l’aquaculture et même la pêche en eau douce. Principale conclusion: à cause de l’actuelle surexploitation des ressources, l’industrie de la pêche s’effondrera d’ici 25 ans si aucune mesure n’est prise, car en parallèle, la population augmentera de 50% d’ici 2035. Le rapport pointe la pression exercée sur les ressources halieutiques du Pacifique par les bateaux de pêche venant principalement de Chine, de Taiwan et de l’Union européenne.

Auckland, 28 octobre - Le fossé s’élargit entre les Maoris des villes et les Maoris de la campagne. La minorité maorie rurale, qui parle la langue et connaît bien sa culture, préside aux destinées de la grande majorité des Maoris. Tout cela est lié au système de compensation des dommages coloniaux, mis en place par le gouvernement néo-zélandais et dirigé par une aristocratie de Maoris ruraux qui ont maintenu un lien à leur terre. Jusqu’à présent, critiquer le pouvoir de cette aristocratie était un tabou. Mais aujourd’hui de plus en plus de Maoris osent s’exprimer. John Tamihere, ancien ministre néo-zélandais : « La Couronne a transféré les fonds de compensation dans une structure de clans organisés en sociétés de gestion indigènes. Les Maoris en élisent les membres, mais tout le système repose sur cette minorité. Et si vous avez l’audace de remettre leur pouvoir en cause, ils vous diront “vous avez rompu le lien avec votre culture, vous ne comprenez pas votre maoritude”. »

Suva, 28 octobre - L’exode du personnel soignant fidjien continue - Rien que cette année, 47 infirmières et infirmiers fidjiens ont quitté l’archipel pour rejoindre des pays aux salaires plus généreux.

Apia, 29 octobre - Casinos à Samoa - Le projet de loi autorisant les jeux d’argent, les paris et l’implantation de casinos au Samoan a été adopté au grand désespoir des églises et de l’opposition qui depuis le début condamnent cette loi qui toutefois n’entrera pas en vigueur avant le début de l’année prochaine. Les habitants locaux ne seront pas autorisés dans les salles de jeu réservées aux personnes munies d’un passeport étranger, mais comme les Samoans sont éligibles pour un passeport néo-zélandais ; de nombreux joueurs samoans devraient pouvoir contourner cette disposition du texte de loi.

avec Pierre Riant à Radio Australie




Olivier Louzé

Le peintre Olivier Louzé, installé depuis 2004 à Moorea,  a tenu son exposition annuelle dans une galerie de Papeete.  (ph. TPM)



Escale à Tahiti du “JOIDES Resolution”, navire de forages scientifiques sous-marins destinés à permettre de mieux comprendre les formations de la croûte terrestre et des fonds marins.  (ph. TPM)




Tournage à Papeete des scènes urbaines du film “L’ordre et la morale” de Kassovitz. Ainsi ’l’hôpital Vaiami a été transformé en gendarmerie de Nouméa et le Palais présidentiel en haussariat de Nouméa. (ph. TPM)

 

Création à Papeete de nouvelles brigades de policiers cyclistes, idéales pour une ville réputée pour ses embouteillages permanents et pour la forme physique des mutoi.  (ph. TPM)