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Arrêt de Tahiti Pacifique Magazine, victime de la crise Covid !


Vendredi 17 Septembre 2021




Arrêt de Tahiti Pacifique Magazine, victime de la crise Covid !
Chers lecteurs,
 
C’est le cœur lourd que je vous écris aujourd’hui.
Le groupe Fenua Communication vient de décider d’arrêter la publication de Tahiti Pacifique Magazine. Il n’y aura pas d’autres éditions. Le numéro 460, actuellement en kiosque dans les points de vente habituels, est donc le dernier.
 
TPM est une victime collatérale de la crise sanitaire, économique et sociale interminable qui touche la Polynésie, dans un contexte très difficile pour la presse payante. Le Covid aura porté le coup de grâce. Toute la rédaction, qui a œuvré corps et âme pour le faire (sur)vivre, est en souffrance.
 
Alors que nous fêtions en mai dernier les 30 ans de TPM, Célia du Prel, la veuve d’Alex, le fondateur du magazine, insistait sur la nécessité d’un tel média au fenua : « Il faut que le magazine continue et que la vérité se fasse ! ».
 
Mais aussi triste que soit cette fin brutale et inattendue, Alex du Prel peut être fier de sa « goutte de liberté » qui aura su marquer le paysage médiatique de sa griffe singulière, et exister contre vents et marées ! Les contributeurs du magazine, issus de tous horizons, peuvent être fiers d’avoir défendu la liberté d’expression en Polynésie et dans le Pacifique ! Je suis fier qu’ils m’aient accompagné dans cette formidable aventure humaine !
 
Bien sûr, j’aimerais aussi vous remercier chaleureusement, chers lecteurs, pour votre soutien et votre aide à faire bouger ensemble les lignes.
 
Restez alertes, et n’oubliez pas la phrase fétiche d’Alex : « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience ».
 
Dominique Schmitt,
rédacteur en chef

 


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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.