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Association Tutelger : la juge des tutelles envisageait déjà sa dissolution en 2016…


Vendredi 13 Juillet 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Dans notre précédente édition, Tahiti Pacifique a révélé en exclusivité la responsabilité de l'association Tutelger suite à l'incendie de Faa'a qui a causé un mort et plusieurs sinistrés. Ces personnes sous tutelle ont été placées dans une pension qui ne répondait pas aux normes de sécurité. Le ministère de la Famille, des Solidarités et de l’Égalité des chances, ainsi qu'un juriste de l'Agence de régulation de l'action sanitaire et sociale (ARASS) ont vivement réagi après la publication de notre article.



Crédit photo : Dominique Schmitt
Crédit photo : Dominique Schmitt
Le 10 juin dernier, vers 15 heures, un incendie s'est déclaré dans les locaux d'une résidence dans le quartier de Nuutania, à Faa'a. Le feu, qui aurait démarré au troisième étage, a détruit une partie des logements et surtout fait des dizaines de sinistrés et une victime. Mamatui Christian, le propriétaire et résident, louait une partie de ses locaux à onze membres de sa famille et une autre partie à dix personnes sous tutelle, atteintes de pathologies mentales. La victime, M. Tevaearai Gérard, qui est décédée dans les flammes, figurait parmi ces dernières...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier