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Australie : des centaines de surfeurs pour la réouverture de Bondi Beach !


Jeudi 30 Avril 2020 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
Des centaines de surfeurs se sont rués, mardi dernier, sur la célèbre plage de Bondi Beach à Sydney, l’Australie ayant enregistré une baisse sensible du nombre des nouveaux cas depuis la semaine dernière et donc commencé à assouplir les mesures prises pour lutter contre le coronavirus. Planches sous le bras, des dizaines surfeurs se sont jetés dans les vagues avant même l’ouverture officielle de la plage à 7 heures (21 heures GMT), cinq semaines après sa fermeture par les autorités. Des nageurs et des planchistes, plus disciplinés, ont patiemment fait la queue avant d’applaudir les employés municipaux qui ont levé les barrières pour permettre l’accès à l’eau. Si de nombreuses têtes ont plongé dans la mer, le sable blanc est resté désert. Pour le moment, il demeure en effet interdit d’accès aux amateurs de bains de soleil, aux coureurs ainsi qu’aux familles afin de se conformer aux mesures de distanciation sociale et aux interdictions de rassemblements. Des pancartes "Surfez et partez" exhortent les visiteurs à ne pas s’attarder une fois leur activité aquatique terminée.
La réouverture de Bondi et de plages voisines intervient au moment où plusieurs États australiens ont doucement commencé à assouplir les restrictions, encouragés par un ralentissement de la hausse du nombre des nouveaux cas de Covid-19 en Australie. La Nouvelle-Galles du Sud, l’État australien le plus peuplé, a fait savoir mardi qu’elle suivrait certaines des initiatives prises par plusieurs États. Ainsi, à compter de vendredi, ses habitants pourront accueillir deux visiteurs par foyer. La Première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a cependant appelé ses administrés à se montrer responsables et à ne pas prendre de risques. "Nous ne voulons pas voir les chiffres grimper en flèche", a-t-elle rappelé. L’Australie a enregistré quelque 6 700 cas de maladie Covid-19, dont 84 ont été mortels, pour une population d’environ 25 millions d’habitants.

Source : Agence France-Presse

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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt