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Banque et finance ! "Une affaire de sang"


Samedi 25 Février 2017 - écrit par Boris Alexandre Spasov


"Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin", Sr Henry Ford



Il faut être clair et précis pour synthétiser et décrire la finance et "l’État" bancaire de nos jours. Je vous propose donc de l’aborder avec un peu d’histoire, d’humour et de réalité.

En Mésopotamie, on retrouve les premières activités bancaires environ 2000 ans av. J.-C. Ces opérations étaient portées sur des biens précieux, loueurs de coffres et préteurs sur gages. Les manuscrits évoquent une loi bancaire pour encadrer les transactions sous le règne de Hammourabi (Roi de Babylone).
De nos jours, à en croire certaines sources, "le métier de banquier est le plus convoité dans l’épanouissement du respect de la personne humaine. Le banquier représente les banques et les multinationales, avec des pensées neutralistes. Il est anthropologue avec un esprit raffiné et distingué, son mysticisme très hostile au rationalisme de saint Thomas et à l’orthodoxie mécanique le pousse parfois à favoriser des actions de détournement de fonds publics que sa conscience réprouve. Disciple de Freud et Lacan, passionné de Wagner, il reste en dehors de toute polémique, mais personne ne saurait être parfait." (Adaptation et étude de la nature humaine dans l’esprit d’Audiard).

Shakespeare et Marx dénoncent la puissance de l’argent.
Selon le premier, c’est la divinité visible, capable de métamorphoser toutes les qualités humaines et naturelles en leur contraire, dans un moment de confusion et de perversion universellement répandu. L’argent concilie les incompatibilités. C’est la prostituée universelle, l’entremetteuse entre les hommes et les peuples.
Pour le second, l’argent est le bien suprême, donc son possesseur est bon. En conséquence, l’argent m’évite la peine d’être malhonnête, on me présume donc honnête. Je n’ai pas d’esprit, mais l’argent étant l’esprit réel de toute chose, comment son possesseur manquerait-il d’esprit ? Il peut en outre acheter des gens d’esprit.

Catherine Bredel évoque ce sujet d’une façon fine dans Le Monde, "Dossier et documents" de février 2009.
L’argent est devenu le lien universel qui codifie nos relations humaines. L’argent devient ainsi un leurre et autorise la spéculation et l’exploitation de l’homme par l’homme, selon la formule consacrée. C’est une version de l’esclavagisme des temps modernes qui nous inscrit dans des relations de défiance et de violence.
Colette Trublet souligne que "l’argent" circule et irrigue tous les recoins de notre planète, comme le ferait le sang dans les moindres recoins de notre corps, et précise que l’argent et le sang s’équivalent, en quelque sorte, sauf qu’il y a duperie dans la façon d’aborder le sujet. Par analogie, ce n’est plus du "sang contaminé" qui irrigue le monde, mais du "sang de synthèse".

La crise, qui a été instaurée à notre insu, n’est pas une crise, mais un système. La version courte que je vous propose est sous votre contrôle, car il vous appartient de vérifier ou recentrer mes propos. Les banques et la finance sont responsables de la situation actuelle : elles prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas ! Elles ont réussi le tour de force de vous créditer ou débiter par un simple jeu d’écriture.
En fait, elles vous vendent du temps avec la bénédiction des États qui ont accepté de légiférer en ce sens. Pour la France, tout a commencé avec la loi Pompidou, appelée aussi loi Rothschild, en 1973. Des lois similaires ont été votées partout dans le monde.
Ceci explique pourquoi, depuis 1973, les dettes publiques d’une majorité de pays ont littéralement explosé. Les banques centrales créaient la monnaie et finançaient les États. Avec l’article 123 du traité de Lisbonne, on a interdit aux États européens de faire des emprunts à la Banque centrale européenne, qui étaient des emprunts à 0%.
Les banques centrales créent de la monnaie, alors que les banques commerciales prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas, grâce à la "création monétaire par le crédit". Conséquence, les États sont désormais condamnés à emprunter sur le marché financier, c’est-à-dire aux banques commerciales et privées, qui prêtent également aux entreprises et aux particuliers, avec intérêts.
La totalité des crédits est ainsi accordée par les banques commerciales, créant de fait un monopole qui aboutit à ce que la dette se nourrisse d’elle-même, au point où il faut continuellement emprunter pour maintenir le système en place, sous peine d’une faillite généralisée.

L’ensemble de cette description est miné par trois facteurs aggravants :
- Les politiques sont souvent issus du milieu bancaire : Georges Pompidou, Emmanuel Macron, Henri Emmanuelli, François Pérol, Peter Sutherland… La liste est loin d’être exhaustive ! Parallèlement, vous avez une spécificité française qui se nomme "énarchie", thèse développée par Olivier Berruyer, qui souligne que plus de 300 énarques (de l'ENA, École nationale d’administration) exercent dans les banques et milieux financiers bien plus que dans les ministères et l’administration.
- Cinquante pour cent des médias, au moins, sont la propriété des banques et multinationales. La majorité des politiques, les banques, les médias, les instituts de sondages… sont dirigés par la même caste dont le but est le profit et donc la "bonne gestion du parc humain". Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que les détenteurs de l’information et de la connaissance détiennent le pouvoir, ce qui est valable dans les domaines : médical, bancaire, militaire, service de police… Sous cet angle, privatiser la Sécurité sociale, par exemple, devient logique.
- Cerise sur le gâteau, arrangements entre amis, les dividendes sont répartis entre les actionnaires, alors que les pertes sont absorbées par la société, ceci créant un contexte irréel et violent. Aujourd’hui, on ne sait pas à quoi correspondent les échanges de produits financiers. On spécule sur les entreprises, la dette des pays pauvres, la misère humaine, les produits de première nécessité … Alors que 900 millions de personnes de par le monde ne mangent pas à leur faim et que 18 000 enfants meurent de faim et de soif par jour (source Unicef et FAO). C’est simplement insupportable ! Il faudra qu’un jour on nous explique la notion de crime contre l’humanité.

Rassurez-vous, on légifère pour vous garantir un maximum de sécurité ! Maintenant, en cas de clash d’une ou plusieurs banques, non seulement le contribuable va continuer de payer, mais les épargnants et petits actionnaires aussi. La chance ! On parle depuis quelque temps d’une loi qui abolira l’argent liquide. Ce qui me paraît irréaliste, mais qui suit une logique, car cela résoudrait un problème gigantesque pour les banques, "la peur que soit connu de tous la création d’argent à partir de rien". N’oublions pas que les banques se reversent des dividendes, se rémunèrent sur de l’argent qu’elles ne possèdent pas.
L’endettement et le surendettement programmés des États, des institutions, des entreprises et des citoyens (ainsi que de leurs descendants) peuvent ainsi continuer, car encadrés par une législation spécialement adaptée et pensée par les mêmes. Joseph E. Stiglitz (Prix Nobel d’Économie) confirme l’hypothèse que le monde est dirigé par la finance et se pose la question : Pourquoi les gens continuent-ils à aller voter ? Apparemment, c’est l’une des énigmes du XXIe siècle.

Une autre voie est possible et c’est l’Islande qui nous montre le chemin. Je rends hommage au courage de ce peuple et à son président Olafur Ragnar Grimsson qui sont un exemple pour tous. Les banquiers et les responsables politiques, jugés et reconnus coupables de la crise en Islande, ont été emprisonnés.

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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier