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Catastrophes naturelles : on se prépare doucement au pire


Vendredi 26 Janvier 2018 - écrit par Luc Ollivier


Il y a un an quasiment jour pour jour, les îles de Tahiti, Moorea et quelques autres aux Tuamotu étaient durement touchées par un épisode pluvieux qui allait causer de nombreux dégâts, ôter une vie et jeter à la rue des familles entières. La saison cyclonique 2017-2018 ne devrait pas nous réserver de mauvaises surprises. Mais comment la Polynésie est-elle armée pour faire face à des phénomènes climatiques comme les cyclones ? Il reste encore beaucoup de travail en amont et en aval.



En novembre 1997, aux Îles Sous-le-Vent, les trois atolls de Manuae (ou Scilly), Mopelia (photo) et Bellingshausen, où une famille entière est emportée, sont balayés par le cyclone Martin. crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
En novembre 1997, aux Îles Sous-le-Vent, les trois atolls de Manuae (ou Scilly), Mopelia (photo) et Bellingshausen, où une famille entière est emportée, sont balayés par le cyclone Martin. crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Il est des anniversaires que l'on n'oublie pas, et celui du week-end des 21 et 22 janvier 2017 en fait malheureusement partie. Une victime humaine, pompier à Faa'a, fut à déplorer lors de ces pluies torrentielles qui ont plus particulièrement affecté Tahiti, Moorea et quelques îles des Tuamotu. De nombreuses familles virent leur fare détruit, noyé, ainsi que tout ce qui s'y trouvait ; se retrouvant à la rue avec pour seul bien les vêtements qu'elles portaient. Un an après, quelles leçons ont pu être tirées de ce drame ? Qu'est-ce que le gouvernement a entrepris pour atténuer autant que faire se peut les effets de tels phénomènes climatiques, voire de plus importants ?

Coïncidence ou pas ? Toujours est-il que le phénomène météorologique de janvier 2017 a touché une partie de la Polynésie française alors même que le gouvernement venait de supprimer une ligne au budget 2017 affectée aux catastrophes naturelles (CAVC : Compte d'aides aux victimes des calamités). Un choix clairement assumé à l'époque et encore aujourd'hui, comme le rappelle la vice-présidence. En remplacement du CAVC clôturé depuis le 1er janvier 2017,  le gouvernement propose désormais à l'assemblée de la Polynésie française, lors du vote du budget de...


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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier