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Chères lectrices, chers lecteurs,



Encore une année de passée ensemble, que vous soyez abonnés à la version papier ou numérique, que vous achetiez le magazine chez votre marchand de journaux ou que ayez emprunté votre Tahiti Pacifique. Encore une année où vous avez pu vivre l’actualité de notre fenua et d’ailleurs, au travers d’un prisme qui, sans la déformer, en donne une lecture particulière. Notre rédaction s’est attachée à suivre l’actualité, parfois la devancer, avec un regard, une analyse, des opinions qu’on ne trouve nulle part ailleurs localement. Tahiti Pacifique participe à la richesse de l’information, à sa pluralité, alors même que cette information journalistique est souvent malmenée par celle véhiculée par les réseaux sociaux.
Différents, oui, nous le sommes et nous l’assumons, quitte à déplaire dans la sphère politique et parfois économique. Alors même que, au plan national, l’on ne cesse de claironner l’importance de la presse, sa diversité, symbole d’une véritable démocratie, il est plus difficile localement de se faire ouvrir les portes de l’information quand on se permet certaines critiques. Les beaux discours sur la liberté de la presse, sur la volonté de mieux communiquer ont fait long feu.
Mais qu’importe ! L’information peut se trouver par d’autres voies et beaucoup d’entre vous y contribuent, soyez-en remerciés. Les élections territoriales, la réforme des retraites, le référendum calédonien, la réhabilitation de Pouvana’a a Oopa… ont animé l’actualité. Nous avons suivi ces événements, comme nous suivrons pour la nouvelle année les grands chantiers annoncés ou, encore, les réformes prévues de la Protection sociale généralisée et du code du travail.

Pour cela, nous vous avons réservé une petite surprise, à compter de l’année prochaine, parce que nous avons décidé de voir plus grand ! Nous vous laissons le soin de la découvrir, dès le 11 janvier.

En attendant, toute la rédaction se joint à moi, journalistes, pigistes, collaboratrices et collaborateurs, pour vous souhaiter une très belle année 2019.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Jeudi 27 Décembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Vendredi 11 Janvier 2019 - 07:58 Des vœux mais pas de mea-culpa…

Vendredi 14 Décembre 2018 - 08:34 Opposition constructive


Luc Ollivier

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Des vœux mais pas de mea-culpa…

La fin de l’année 2018 a été marquée par la traditionnelle – et soporifique – cérémonie des vœux du président de la République française. Sans surprise, Emmanuel Macron reste davantage le chef de l’État du “qu’ils viennent me chercher” que celui du mea-culpa. Dans un discours long d’une quinzaine de minutes, presque auto-thérapeutique, Macron, debout et droit comme un “i” face à la caméra, ne se remet pas une seule fois en question. Si le jeune loup admet que “l’année 2018 ne nous a pas épargnés en émotions intenses de toute nature”, il considère que la colère des Français exprimée avec le mouvement des Gilets jaunes “venait de loin” et a éclaté en raison notamment d’un “système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance”. Il évoque des “changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens”, sans porter à aucun moment la responsabilité des événements. Il n’hésite pas cependant à affirmer que “l’ordre républicain sera assuré sans complaisance”. Une attitude plutôt hautaine pour le leader de la cinquième puissance économique mondiale qui n’a pas su toucher le cœur du peuple. Alors que sa venue au fenua était programmée en février puis en mars prochain, avec pour objet principal un sommet France-Océanie, aucune date n’est arrêtée pour l’heure.
Aussi, sur le plan local, les vœux d’Édouard Fritch n’ont pas réussi à convaincre non plus. Succinct, son laïus a été axé sur la prévention sociale : “Nous sommes trop souvent les témoins de drames familiaux, de morts sur la route, en raison de la consommation d’alcool ou de drogue. Ce sont de véritables fléaux. Le surpoids, le diabète et ses graves conséquences sanitaires sont un autre fléau. Nous renforcerons nos campagnes de prévention.” Il était temps. A contrario, pas un mot sur les grands chantiers en cours, comme ceux du Village tahitien ou de la ferme aquacole de Hao, deux projets qui semblent aujourd’hui au point mort… Et puis, si M. Fritch a reconnu, le 15 novembre dernier, que les hommes politiques ont menti pendant trente ans à propos des essais nucléaires, rappelons tout de même que non seulement Gaston Flosse a poussé son ancien gendre à l’annoncer publiquement en le titillant ouvertement mais, surtout, le président de la Polynésie française avait déjà déclaré en mars 2017, lors des obsèques de Bruno Barrillot (cofondateur de l’Observatoire des armements), que sa prise de conscience sur les conséquences des essais nucléaires français avait été tardive et qu’il avait cru au discours sur la “bombe propre” jusqu’en 2009 et au début des travaux parlementaires sur la loi Morin… On ne peut pas franchement parler de mea-culpa au sens propre du terme, quand cela est servi à la population presque une décennie plus tard.
On retiendra tout de même l’un des trois vœux de Macron ; outre ceux de la dignité et de l’espoir, il souhaite que la vérité soit faite : “On ne bâtit rien sur des mensonges ou des ambiguïtés. (…) Il faut rétablir la confiance démocratique dans la vérité de l’information, reposant sur des règles de transparence et d’éthique. C’est au fond un vœu pour tous d’écoute, de dialogue et d’humilité.” Étonnant pour celui qui aime museler la presse, mais c’est le vœu également de la rédaction de Tahiti Pacifique, qui aspire pour 2019 à des échanges diaphanes avec les différentes institutions gouvernementales du Pays. L’année dernière, notre magazine avait été boycotté des vœux à la presse par l’entourage de M. Fritch. Ironie de l’histoire, le président avait insisté sur sa volonté de mettre fin aux fake news et de rendre aux journalistes leur liberté d’expression. Même si on ne croit plus au Père Noël, on attend cette fois notre carton d’invitation ! Très belle année à tous en compagnie de votre magazine qui fait peau neuve et, bien sûr, meilleurs vœux.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt