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Ciguatera : un mal pour un bien ?


Vendredi 15 Juin 2018 - écrit par W.W.


Considérée comme l’une des intoxications alimentaires les plus répandues au monde, la ciguatera continue d'être une énigme pour les scientifiques. On estime aujourd'hui la population potentiellement exposée au risque à près de 400 millions de personnes mais, à ce jour, aucun vaccin ni aucune thérapeutique spécifique à la ciguatera n'ont encore été mis au point. En partie grâce aux remèdes naturels, les traitements symptomatiques sont, pour les personnes intoxiquées, les seuls soins prodigués. Le meilleur traitement contre la ciguatera réside donc dans les actions de prévention et de veille sanitaire. Face à ce problème de santé publique, la ciguatera apparaît de prime abord comme une menace ; mais en réalité, n’est-elle pas une chance pour notre environnement marin, face à la pression de pêche exercée par l’Homme ?



Crédit : Institut Louis Malardé
Crédit : Institut Louis Malardé
La ciguatera, appelée familièrement "gratte", se définit aujourd'hui comme une intoxication non bactérienne d'origine alimentaire, liée à la consommation de poissons et d’invertébrés marins, en parfait état de fraîcheur et habituellement comestibles, mais néanmoins issus d'un milieu lagonaire ou récifal contaminé par les toxines que produit une micro-algue, le dinoflagellé Gambierdiscus. Ainsi, d'un bout à l'autre de la chaîne alimentaire, les poissons herbivores se nourrissent d'un gazon algueux où pullulent ces micro-algues toxiques ; à leur tour, les espèces carnivores en font leur proie, pour en fin de compte, finir ensemble dans nos assiettes. On dénombre à ce jour, six espèces de micro-algues endémiques du genre Gambierdiscus recensées en Polynésie : G. toxicus, G. australes, G. carpenteri, G. caribaeus et enfin,
G. polynesiensis, la plus toxique.

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Réforme des retraites, on passe la première

Après la marche arrière de mars dernier sous la pression de la rue, le train de réformes nécessaires à la survie de la branche retraites de la Caisse de prévoyance sociale devrait enfin se mettre en marche. L’assemblée de la Polynésie va devoir se prononcer sur la réforme qui lui sera présentée aujourd’hui, aboutissement de quelques semaines de travail de la commission législative de la santé. Alors qu’un consensus avait été trouvé, traduit par des points de convergence, malgré la présence d’anciens leaders syndicalistes (touchés par la grâce ?) au sein même de cette commission, plusieurs syndicats jugent encore opportun de lancer une grève générale pour marquer leur désaccord avec la loi du Pays – bien qu’amendée – qui devrait être adoptée.
L'allongement de 60 à 62 ans, bien que dorénavant étalé dans le temps, ne passe pas. C’est pourtant la base de la réforme du point de vue gouvernemental. Paradoxalement, les autres modifications temporelles envisagées (durée de cotisation ou âge minimal de départ), qui impacteront tout aussi grandement le moment du départ à la retraite, sont passées sous silence. Il est vrai qu’elles devraient être soumises à discussion et proposition du Comité d’orientation du suivi des retraites (COSR), que certains considèrent déjà comme un artifice puisque, au final, c’est bien le conseil des ministres qui actera toute réforme. Il y en aura bien sûr d’autres, comme l’a rappelé Virginie Bruant, présidente de la commission, qui met l’accent sur la nécessité d’enclencher la marche avant. Le temps des tergiversations est révolu.
Les syndicats grondent ? Quoi de plus normal ? Ils jouent leur partition. On regrettera (pour la grande majorité) leur manque de dialogue, pour n’avoir pas accepté que l’on aborde les retraites avant la maladie, mais aussi et surtout leur manque de propositions, si ce n’est de jouer au "vase communiquant" entre ces deux branches. Cette même politique adoptée par le CA de la CPS et qui a conduit à plomber les comptes de la retraite à hauteur de 10 milliards de Fcfp. Il serait temps d’apprendre de ses erreurs.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier