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Coup d'envoi du Tiki Fest avec le DJ international Diplo en tête d'affiche !


Vendredi 6 Septembre 2019 - écrit par Ariitaimai Amary




Studio 87 organise le premier festival de musique international de Polynésie française, qu'il a nommé "Tiki Fest", clin d'œil au mana de la culture polynésienne. Cet événement a pour vocation de créer un rendez-vous inédit tant par son ampleur que par sa résonnance médiatique. Le public polynésien pourra rencontrer les grands noms de la scène locale, mais aussi un invité de marque : le DJ américain, Diplo. Rendez-vous le 30 novembre, à Bel Air (Punaauia).


C'est une première en Polynésie, et on la doit au groupe Studio 87, créé par Florian Sodoyer. Pour l'occasion, 4 000 personnes sont attendues sur le terrain de Puna'auia du fait de la notoriété du Studio 87 et de la politique de communication internationale qu'il a souhaité mener. Cette communication à grande échelle vise une visibilité internationale, et pour cela, le gérant a vu les choses en grand. En effet, il aborde un projet en cours de validation chez les médias français tels que M6 pour réaliser un reportage pour l'occasion, mais il a aussi prévu de mettre en place des partenariats avec les compagnies aériennes. Ce dernier permettra de créer des packages comprenant vol, hôtel et participation à l'événement pour des voyageurs au départ de Nouvelle-Zélande, Los Angeles, Nouvelle-Calédonie et Paris.

Un guest artist incontournable

À événement d'exception, artiste d'exception. À l'occasion de ce premier festival international sur le sol polynésien, le DJ américain reconnu à l'international, Diplo sera de la partie. Vous le connaissez certainement pour ses collaborations avec Maroon 5, Snoop Dog et Madonna, ou alors pour son groupe Major Lazer et son label Mad Decent.
Cet artiste participera aussi énormément à la visibilité de l'événement du fait de sa popularité. Diplo en chiffres, c'est 5 milliards de vues sur Youtube et plus de 20 millions de followers sur les différents réseaux sociaux !
Des artistes locaux se produiront aussi pour l'occasion. Le public pourra retrouver les grands noms de la scène locale, comme Pepena et Koru pour les groupes musicaux, et pour les DJs locaux, Temae Records, Sam, Mr Olson et T-Unit. Leur participation n'est pas anodine dans ce festival d'envergure mondiale, puisqu'ils permettront la promotion de la culture locale.

Un événement éco-responsable

Ce rendez-vous immanquable est non seulement crucial d'un point de vue culturel, mais il est aussi soucieux de l'environnement. En effet, les organisateurs tenteront de limiter les déchets plastiques à usage unique, en incitant notamment les roulottes et food-trucks présents pour l'occasion à utiliser de la vaisselle en carton ou compostable. Par ailleurs, un système de verres consignés sera mis en place. Tous les participants au festival auront la possibilité de payer 200 Fcfp pour avoir un verre aux couleurs de l'événement. Par la suite, ils pourront soit le rendre et récupérer les 200 Fcfp qu'ils avaient donnés, ou le garder en souvenir !

Un seul mot d'ordre : la sécurité

En six années d'expérience dans l'événementiel, Florian Sodoyer n'a jamais eu à déplorer de débordement ou de manquement au niveau de la sécurité, et quand on voit leur politique à ce sujet, on comprend pourquoi ! En effet, le dossier de sécurité a été créé par une agence spécialisée avant d'être approuvé par les autorités compétentes, offrant toutes les garanties de l'encadrement de l'événement. Mais en plus, une opération de "capitaine de soirée" grand format sera de mise, et les plateaux de Outumaoro seront mis à disposition du public pour faire office de parking.


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Déforestation mondiale : tous responsables !

Déforestation mondiale : tous responsables !
Dans notre éditorial du 3 mai 2019 (voir TPM n° 406), nous écrivions "Faut-il que la planète s’enflamme (pour que nous lui venions en aide) ?" en réaction au violent incendie qui a ravagé Notre-Dame, le 15 avril dernier. Nous nous interrogions sur les priorités de notre société de plus en plus individualiste capable, d’un côté, de promettre une centaine de milliards de Fcfp de dons pour reconstruire la cathédrale de l’archidiocèse de Paris, tout en ignorant, de l’autre, la misère des personnes en grande précarité et à la rue. Plutôt que de s’attrister de la dévastation de biens matériels, il semble en effet bien plus urgent de remettre l’humain au centre de nos inquiétudes, avant que les préoccupations collectives ne revêtent des airs de cours des Miracles… Eh bien, aussi malheureux que cela puisse être, ce jour est arrivé, et il sera intéressant d’observer comment les nations réagissent, une fois la médiatisation passée. Depuis le 22 août, de gigantesques feux de forêt embrasent l’Amazonie, le "premier poumon vert" de la planète, qui absorbe pas moins de 14 % du CO2 mondial. L’état d’urgence a été décrété sur le plan international et le G7 s’est même mobilisé. Précisons cependant d’emblée que, s’il y a eu davantage d’incendies en 2019 qu’en 2017 et 2018, c’est légèrement moins que les huit premiers mois de 2016, par exemple. Cette tendance, bien qu’à la hausse, ne semble donc pas exceptionnelle.

Cette catastrophe environnementale a le mérite de susciter une prise de conscience générale. Après les massacres des animaux liés à l’exploitation de l’huile de palme, on prend enfin toute la mesure des conséquences de la déforestation qui s’est accélérée ces dernières années, les terres déboisées servant à augmenter les surfaces agricoles (le bétail en occupe la plus grosse partie, à hauteur de 65 % environ). Ces incendies ont rapidement déclenché une tempête anti-Bolsonaro, le président brésilien étant considéré comme le principal coupable de la situation, mais nous sommes TOUS responsables ! La France a également sa part de complicité, puisqu’elle importe de nombreux produits brésiliens, notamment du tourteau de soja – qui sert à nourrir le bétail –, mais aussi du bœuf et de la pâte à papier, dans des proportions moins importantes. En outre, l’Hexagone vient d’être épinglé pour l’importation massive de bois illégal en provenance d’Amazonie. Donc arrêtons d’accuser les autres, les lobbies, le commerce international, etc. Emmanuel Macron a annoncé vouloir "recréer la souveraineté protéinique de l’Europe", sauf que nous avons besoin de soja et nous n’en avons pas beaucoup (140 000 tonnes de graines sont récoltées chaque année). En novembre dernier, le gouvernement français a d’ailleurs lancé sa Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI). Le but est notamment de trouver "un compromis équilibré entre impératifs environnementaux, capacités des États et des acteurs privés et situation des populations locales". Très belle initiative, mais désormais ces bonnes intentions doivent se transformer en véritables mesures réglementaires.

Parallèlement, une thèse a embrasé les réseaux sociaux : les forêts d’Afrique centrale brûleraient encore plus vite que l’Amazonie dans l’indifférence générale. Le bassin du Congo, souvent comparé au "deuxième poumon vert de la planète", est un sanctuaire d’espèces en voie de disparition. Mais attention, ces feux sont observés plutôt en Angola, en Zambie, etc. Ce qu’il faut retenir, surtout, c’est que ces incendies sont les conséquences de l’agriculture itinérante sur brûlis, une pratique millénaire et artisanale qui est la première cause de la déforestation. "Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100", s’est ainsi inquiété le président congolais Félix Tshisekedi. Aussi, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 850 millions d’euros de promesses de dons pour Notre-Dame (82 millions d’euros seulement ont déjà été versés, soit moins de 10 % honorés), 18 millions pour l’Amazonie et… rien pour l’Afrique subsaharienne. L’espèce humaine a décidément des comportements surprenants ! En proie à une déforestation effrénée (-17 % en cinquante ans pour l’Amazonie), les forêts dans le monde se réduisent et perdent peu à peu leur rôle de "puits de carbone".
Nos prières n’éteindront pas les incendies. Nos actions, oui. C’est à nous de changer de mode d’alimentation et de voter avec nos chariots de supermarché.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt