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Covid+ : y’a le feu au lagon !



©Greg Boissy
©Greg Boissy
C’était le scénario redouté de tous… La réouverture du ciel le mois dernier, sans imposer de "quarantaine" aux nouveaux arrivants, a laissé s’introduire le Covid-19, et pas qu’un peu ! Des foyers de contagion ou clusters ont été identifiés et sont notamment à l’origine de la propagation du virus au fenua. Suite à une explosion de Covid+ aussi inattendue que préoccupante, en pleine rentrée scolaire de surcroît, la population gronde et les réseaux sociaux s’enflamment, sans que les autorités ne semblent les entendre. "Nous avions enregistré 62 cas en 5 mois, et aujourd’hui 71 cas en 4 jours. C’est de la décadence", a fustigé le président de la Polynésie, n’hésitant pas à lyncher publiquement via les médias un restaurant de la place et à stigmatiser les résidents polynésiens pour leurs "mauvais" comportements. Si certains ont fait preuve d’incivisme en n’appliquant pas les "gestes barrières", il ne faut pas occulter que ce sont aussi des fonctionnaires d’État (gendarmes, militaires, enseignants) qui ne les ont pas respectées en festoyant au contact d’autres personnes, et ce à la descente de leur avion. Mais ce ne sont que des querelles de clocher, veillons à ne pas tomber dans l’écueil du racisme ou des clivages néfastes pour tous… À chacun d’assumer ses responsabilités, Pays et État y compris.

Au-delà de la question de la réouverture de nos frontières aériennes, la Polynésie n’aurait-elle pas dû exiger le maintien d’une "quatorzaine", ou du moins que TOUS les nouveaux arrivants restent le temps nécessaire sur Tahiti pour effectuer leur second auto-prélèvement (quatre jours), puis attendre les résultats (deux à quatre jours), AVANT de partir dans les îles ? L’objectif étant de contenir au mieux l’épidémie et d’épargner au moins les archipels les plus éloignés des structures médicales. Mais l’on nous répond automatiquement que "les touristes ne seraient pas venus". Face à la flambée de cas confirmés, les autorités ont enfin décidé de rendre obligatoire cette mesure, seulement "recommandée" jusque-là, mais uniquement pour les fonctionnaires venant exercer en Polynésie et les résidents de retour de voyage. Rien pour les touristes… Il y a donc un poids, deux mesures ? Après avoir scandé le "Covid-free" pour relancer le principal moteur de l’économie locale, les touristes bénéficient ainsi d’un traitement particulier, au péril de la sécurité sanitaire de la collectivité.

Finalement, à quoi le confinement général de la population et les 11 milliards de Fcfp pour amortir l’impact économique ont-ils servi ces derniers mois ? Désormais, les établissements scolaires sont touchés, les écoles ferment les unes après les autres et nos enfants sont exposés au Covid-19. La stratégie des autorités coûte décidément cher ! C’est dire à quel point la Polynésie française peut difficilement se passer du tourisme extérieur. C’est la problématique à laquelle l’économiste Bernard Poirine s’est attelé dans cette édition spéciale. Sauver le tourisme, oui, mais peut-être pas à n’importe quel prix ! Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? L’inquiétude générale, et beaucoup attendent des autorités plus de transparence et de communication afin d’être rassurés. En attendant, et on ne le rappellera jamais assez : les masques et le gel hydroalcoolique sont nos seules armes, et elles ont le mérite d'être pacifiques.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Jeudi 20 Août 2020 - écrit par Dominique SCHMITT


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Vendredi 18 Septembre 2020 - 09:33 Bas les masques !


Dominique SCHMITT

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Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT