Menu

Crash de Bangou : 38 ans plus tard, le souvenir reste intact...


Vendredi 24 Janvier 2020 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Un hommage aux sept victimes du crash du Douglas DC-4 a été rendu mardi dernier. Crédit photo : Corinne Delcuignie
Un hommage aux sept victimes du crash du Douglas DC-4 a été rendu mardi dernier. Crédit photo : Corinne Delcuignie
Mardi matin, devant la petite chapelle de la tribu de Bangou, s’est déroulée la cérémonie en mémoire des sept victimes de l’accident du DC-4, un avion de l’escadrille 9 S. La tragédie s’est produite il y a tout juste trente-huit ans, le 21 janvier 1982. La cérémonie a été conduite par René Charlot, président de l’Association des marins et marins anciens combattants (Ammac). Dans une ambiance très solennelle, l’événement a été retracé en détail. Le crash de cet appareil prestigieux, qui avait reçu à son bord le général De Gaulle, a eu lieu pendant une mission d’entraînement. L’atmosphère était empreinte de tristesse et les participants très émus.
Dans l’assemblée se trouvaient certains membres de la tribu présents lorsque l’avion s’est abîmé dans la montagne. D’autres personnes connaissaient un ou plusieurs membres de l’équipage. Les noms des victimes ont d’ailleurs été énoncés un par un.

Se souvenir pour mieux anticiper les risques

“On ne veut pas oublier ces militaires qui ont disparu”, a affirmé René Charlot. Au terme du rappel historique, chaque groupe représenté à la cérémonie a déposé une gerbe sur la stèle commémorative : la mairie de Païta, l’Ammac, le détachement 25F de l’aéronautique navale de la base aérienne 186 Lieutenant Paul-Klein, à La Tontouta. Une fois l’hommage achevé, la cérémonie s’est conclue par "la Marseillaise". Trente-huit ans après, les conséquences du drame et l’importance du souvenir étaient toujours bien présents. Selon le président de l’Ammac, son impact dépasse l’échelle locale.
“Je pense qu’il y a un vrai travail de mémoire pour les militaires”, assurait pour sa part le lieutenant de vaisseau Peter. Selon le chef du détachement de la 25F, dont la mission principale est le sauvetage en mer, il est très important que les jeunes militaires gardent à l’esprit les risques du métier. Tous les ans, il emmène ses hommes sur les lieux de l’accident.
Sur la stèle, la fraternité entre gens d’arme de différentes générations s’affiche en toutes lettres : “À nos camarades morts en service aérien commandé le 21 janvier 1982 à bord du C54 N° 9148 de l’escadrille 9 S”. Dans deux ans aura lieu le quarantième anniversaire du drame. René Charlot a pour ambition de préparer une cérémonie grandiose.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes


Dans la même rubrique
< >

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt