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Créer une start-up à Tahiti, pas si facile


Vendredi 17 Mai 2019 - écrit par Jacques Franc de Ferrière


Les Polynésiens ont eux aussi l’ambition de créer des start-up et ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’aventure. Certains y voient l’émergence d’une Silicon Valley locale, avec la création de nos champions de demain et des milliers d’emplois à la clé. Mais ce ne sera pas si facile. Entre les lourdeurs administratives, la petite taille de notre marché, le manque cruel d’investisseurs et l’absence de nombreuses spécialités, monter une entreprise innovante en Polynésie se révèle parfois une mission impossible.



Au PRISM, ces entrepreneurs se battent pour réaliser leurs projets de start-up. Crédit photo : Jacques Franc de Ferrière
Au PRISM, ces entrepreneurs se battent pour réaliser leurs projets de start-up. Crédit photo : Jacques Franc de Ferrière
Il y a des start-up en Polynésie depuis bien longtemps. Difficile par exemple de ne pas attribuer ce titre aux pionniers de la perliculture… Après des années de recherche et développement, ils se sont enrichis considérablement en créant de leurs mains un marché mondial de la perle noire de culture.
Pour que le miracle se réalise, il a fallu le coup de poker un peu fou d’entrepreneurs aventureux, mais surtout un écosystème complet pour les accompagner. Il incluait une vraie expertise scientifique en biologie marine, des compétences techniques très spécifiques pour la création des fermes, un savoir-faire qu’il a fallu faire venir du Japon, un environnement juridique favorable et des financements locaux et internationaux importants, sans garantie de retours financiers.
Certains se plaisent à imaginer que ce miracle sera renouvelé par la nouvelle vague de start-up qui se développe à Tahiti. Ça peut sembler surprenant. L’économie numérique existe en Polynésie depuis l’arrivée d’Internet mais, à part les opérateurs réseaux comme l’OPT, les entreprises qui ont émergé se consacrent soit à intégrer les technologies internationales, soit à implémenter les business models qui ont marché ailleurs. D’où le foisonnement de sites de petites annonces, de sites de rencontres et de petites boutiques en ligne sur les réseaux sociaux. Aucune entreprise n’a pris de l’ampleur au-delà de nos frontières. Si la Polynésie semblait idéale pour créer la perle noire de culture, on l’imagine mal créer le prochain Google ou Amazon…


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Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT