Menu
Culture

Le nouveau livre de Patrick Chastel publié chez Balland - 03/11/2017 | Dominique Schmitt

L'auteur du fenua a séduit la maison d'édition parisienne C'est une information Tahiti Pacifique : les éditions Balland vont publier le dernier ouvrage de Patrick Chastel intitulé Au gré des îles et...

Hura Tapairu 2017 : une affluence record avec 38 formations sur scène - 17/11/2017 | Dominique Schmitt

Concours de danses traditionnelles Avec pas moins de 38 formations inscrites cette année, le Hura Tapairu connaît un essor croissant, si bien que la Maison de la culture et son ministre de tutelle...

La rencontre de la littérature du Pacifique avec celle d'ailleurs - 03/11/2017 | Dominique Schmitt

17e édition du Salon du livre en Polynésie Du 16 au 19 novembre, l’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) et la Maison de la culture - Te Fare Tauhiti Nui organisent la 17e édition du...

T-Tahiti Film Festival 2017 - 06/10/2017 | Bertie Frogier

"La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert" En énonçant cette citation, Malraux pensait-il aux échanges culturels entre les peuples ? Il n'y a pas loin. Cette noble conquête a, en tous les cas,...

Isabelle Briand, une Bretonne d'encre et d'écume… - 23/09/2017 | Dominique Schmitt

Depuis 35 ans, Isabelle Briand vit sur un voilier et sillonne les océans en quête d'aventure. La navigatrice, qui a jeté l'ancre à Tahiti, est aussi l'auteur de plusieurs romans. Son troisième livre,...

La Polynésie au cœur d'un "Institut temporaire des futurs" - 06/10/2017 | Dominique Schmitt

L'artiste Alexander Lee expose son talent en Europe Le Polynésien Alexander Lee s'est illustré en créant la scénographie générale de l’exposition Un Institut temporaire des futurs au Musée d’art...

Daniel Pardon : "J’ai répertorié plus de 250 espèces et variétés de fruits en Polynésie" - 20/10/2017 | Dominique Schmitt

À qui s'adresse cet ouvrage ? Daniel Pardon : "Au plus large public, depuis le Popa'ā récemment arrivé et un peu perdu au jeune Polynésien curieux ou au matahiapo qui détient un savoir ancien, mais...

Papeete et Uturoa sous les bombes - 20/10/2017 | Dominique Schmitt

Festival Ono'u 2017 : l'art urbain explose en Polynésie Du 1er au 11 octobre, les plus grands noms de l'art urbain ont investi les rues de Tahiti et Raiatea, et redonné de la couleur aux murs souvent...
1 ... « 2 3 4 5 6 7 8 » ... 11



"Toute la vérité, rien que la vérité"

Ce début de mois de juin a été marqué par la vive polémique qui a grandi autour de l'émission télévisée réalisée par Enquête exclusive et consacrée au fenua. L'équipe de M6 avait déjà opéré des focus peu flatteurs sur nos îles avec les documentaires Tahiti, l'envers du décor en 2009, puis Tahiti, la face cachée du paradis en 2017 ; cette fois, le sujet au titre racoleur, intitulé "Polynésie française : le territoire de tous les extrêmes", a fait sortir de ses gongs le Landerneau polynésien, avant même la diffusion du reportage. En cause, un synopsis mercantile et nauséabond qui cherchait à faire le buzz à tout prix :
"(…) Sur l'île de Tahiti, deux mondes à part se côtoient sans jamais se mélanger : d'un côté les Blancs, surnommés les « Popa'a », qui tiennent l'économie, de l'autre les Polynésiens, qui vivent dans les bidonvilles. La plupart de ces habitants, originaires d'archipels éloignés, ont renoncé à un mode de vie traditionnel dans l'espoir de trouver un travail en ville. Chômage, pauvreté et violence animent aussi ce paradis. (…)"
Si 55 % de la population vit en effet sous le seuil de pauvreté français établi à 115 000 Fcfp, contre 16 % en Métropole (enquête ISPF sur les dépenses des ménages en 2015 dans les Îles du Vent), le magazine d'investigation stigmatise les rapports humains entre les ethnies composant la société polynésienne pourtant ultra cosmopolite. Quelle ironie au pays de la fraternité où quasiment tout le monde se salue, se tutoie et vit ensemble, sans aucun préjugé quant à la couleur de peau de l'autre ou le choix de sa confession religieuse ! De quoi plomber le tourisme, notre première manne économique, ou casser le rêve d'exil des habitants de l'Hexagone… Cela dit, gardons la tête froide, il n'y a pas eu de quoi fouetter un chat, car il s'avère que, malgré de nombreuses confusions, les différentes enquêtes des journalistes métropolitains sont plutôt bien menées et reflètent même une âpre réalité que nous aimerions voir disparaître à jamais. En fin de compte, Enquête exclusive a surfé sur le cas unique de Maiao, "l'île interdite" (où les étrangers ne sont pas forcément les bienvenus après que ses résidents furent les victimes, au début du siècle dernier, d'un Britannique à l'appétit commercial insatiable), et en a fait une généralité.
Un amalgame de très mauvais goût qui permet de rappeler s'il le fallait que nous sommes entrés dans l'ère des fake news, vous savez ces informations fausses ou truquées relayées sur les réseaux sociaux et par certains médias. "Le problème majeur de nos sociétés ne tient pas tant dans les fausses nouvelles, mais dans le fait que nombre de citoyens aient fini par choisir de les croire", écrivait récemment Le Monde à propos des deux propositions de loi contre la manipulation de l’information que doit examiner l’Assemblée nationale en juillet prochain. C'est pourquoi la presse doit s'évertuer, toujours et encore plus, à donner "toute la vérité, rien que la vérité". Une expression qui trouverait son origine dans l'Antiquité et qui est devenue le credo, au XIXe siècle, des écrivains réalistes à l'instar de Maupassant et Zola, lorsqu'ils firent le serment de ne pas enjoliver le réel dans leurs romans, mais de le retranscrire de façon brute.
Et puisque l'on parle de vérité, gageons que toute la lumière soit faite enfin sur l'affaire Pouvana'a a Oopa. C'est à cette fin que le procès du Metua va être révisé le 5 juillet prochain pour aboutir, peut-être, à la décision de la Cour de cassation de "décharger la mémoire du mort".

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Dominique Schmitt