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"Dans le sillage du Kon-Tiki…"


Vendredi 25 Août 2017 - écrit par Robert Koenig


Une exposition à la mairie de Papeete du 28 au 30 août 2017



La vie quotidienne à bord est racontée par les dessins  d’E. Hesselberg, le navigateur :  on pêche, on joue de la guitare,  on rêve, on est sans le savoir  les véritables Polynésiens  de la photo-souvenir prise à Raroia. (Mémorial Polynésien,  tome 6, p. 235). De gauche à droite : Erik Hesselberg, Torstein Raaby, Herman Watzinger, Bengt Danielsson, Thor Heyerdahl  et Knut Haugland. Crédit photo : Photo A. Sylvain (collection Jeanine Sylvain)
La vie quotidienne à bord est racontée par les dessins d’E. Hesselberg, le navigateur : on pêche, on joue de la guitare, on rêve, on est sans le savoir les véritables Polynésiens de la photo-souvenir prise à Raroia. (Mémorial Polynésien, tome 6, p. 235). De gauche à droite : Erik Hesselberg, Torstein Raaby, Herman Watzinger, Bengt Danielsson, Thor Heyerdahl et Knut Haugland. Crédit photo : Photo A. Sylvain (collection Jeanine Sylvain)
Le 28 août 1947, le radeau Kon-Tiki entrait dans la rade de Papeete et, d’une certaine manière, dans l’histoire et bientôt dans son musée, à Oslo.


Parti du Pérou le 28 avril et profitant du courant de Humboldt pendant 101 jours, le Kon-Tiki s’échoue sur le récif de l’atoll de Raroia le 12 août et prouve ainsi, s’il en était besoin, qu’un radeau peut relier l’Amérique du Sud aux îles océaniennes.
Cet exploit transforme la vie des six hommes de son équipage : le plus connu internationalement est sans nul doute Thor Heyerdahl, qui a inventé ainsi "l’archéologie expérimentale des moyens de transport traditionnels" et qui ajoutera bientôt à son exploit dans le Pacifique ceux dans l’Atlantique (en 1970 avec le Râ II construit en papyrus), puis dans le Golfe persique et l’océan Indien (en 1977 avec le Tigris construit en roseaux). Le membre le plus connu à Tahiti est Bengt Danielsson, le seul Suédois parmi les cinq Norvégiens, qui publiera une cinquantaine d’ouvrages et qui reçoit en 1991, avec son épouse Marie-Thérèse, le prix Nobel alternatif, le Right Livelihood Award, pour leur engagement anti-nucléaire.
Pourtant le véritable exploit du Kon-Tiki est d’avoir inspiré une génération d’autres rêveurs et navigateurs, qui se mettent à vouloir traverser le Pacifique, d’abord sur des radeaux de balsa ou de métal, puis dans des embarcations plus traditionnelles, construites en roseau. Ils ont tous plus ou moins le même objectif : prouver le lien possible entre
les Amériques et les îles océaniennes, parfois le peuplement de la Polynésie par les Amérindiens.
Tous partent des côtes d’Amérique, sauf Eric de Bisschop, qui décide de relier, en 1956, avec son équipage composé de Francis Cowan, d’Alain et de Michel Brun et de Juan Bugaño, Tahiti au Chili sur un radeau de bambou, le Tahiti Nui, puis de revenir à Tahiti.
L’entrée du Kon-Tiki dans le port de Papeete est suivie, près de trente ans plus tard, le 4 juin 1976, par celle de Hōkūleʻa, une pirogue hawaiienne construite de façon moderne, mais qui navigue à l’ancienne.
Hōkūleʻa est le symbole de la Renaissance culturelle du Pacifique et ferme ainsi cette grande épopée ouverte par le Kon-Tiki.

L’exposition "Dans le sillage du Kon-Tiki…" est organisée par la Société des études océaniennes et aura lieu du 28 au 30 août 2017 dans la grande salle du 2e étage de la mairie de Papeete. Elle se propose d’évoquer l’exploit du Kon-Tiki à partir des dessins d’Erik Hesselberg (© Erik Hesselberg, tous droits réservés), plein d’humour, retraçant la vie quotidienne à bord du radeau, et des photographies prises par A. Sylvain et généreusement mises à la disposition du public par sa veuve, Jeanine Sylvain. Le photographe avait pu monter à bord de la goélette administrative Tamara chargée de ramener l’embarcation échouée de Raroia à Papeete : il est ainsi le premier reporter à interroger l’équipage du Kon-Tiki, comme en témoignent deux textes, dont l’un est inédit. Certaines photographies ont été publiées dans la grande revue américaine Life et dans l’alors tout nouvel hebdomadaire français, Paris-Match.
Des conférences animeront l’exposition, l’une consacrée à l’aventure humaine du Kon-Tiki, d’autres à la navigation traditionnelle aujourd’hui et à tous ces esquifs que l’on peut trouver dans le sillage du trajet du radeau norvégien…
La communauté de Raroia et d’autres atolls des Tuamotu se chargent d’un pôle d’attraction et d’animation pa’umotu à dominance musicale et artisanale sous le fare pote‘e du jardin de la mairie.


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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier