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Décrochage scolaire : des élèves et leurs familles libèrent leur parole


Vendredi 3 Mai 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Le livre L’école ambiguë : histoires de familles à Tahiti est le fruit d’un travail d’écriture commun. Une anthropologue et une conseillère principale d’éducation tentent de mieux comprendre et appréhender le décrochage scolaire en Polynésie, à la lueur de plusieurs témoignages de parents, mais également de leurs expériences respectives.



Marie Salaün et Émeline Le Plain tentent de comprendre les raisons du décrochage scolaire en Polynésie. Crédit photo : DGEE
Marie Salaün et Émeline Le Plain tentent de comprendre les raisons du décrochage scolaire en Polynésie. Crédit photo : DGEE
Résidente à Moorea, Émeline Le Plain a coécrit L’école ambiguë : histoires de familles à Tahiti avec sa directrice de thèse, Marie Salaün. Les deux jeunes femmes, l’une au cœur des métiers de l’éducation et l’autre en observatrice privilégiée, ont relevé le défi d’enquêter sur le décrochage scolaire et de découvrir les motifs réels qui peuvent expliquer ce phénomène au fenua.
Marie Salaün est anthropologue, professeur à l’Université Paris Descartes, chercheuse au Centre d’anthropologie culturelle. Elle mène des recherches sur le legs colonial et les processus de décolonisation dans le champ scolaire en Océanie. Elle dirige, avec Alban Bensa, la collection “Les Cahiers du Pacifique Sud contemporain” chez L’Harmattan. Quant à Émeline Le Plain, elle est doctorante en sciences de l’éducation, mais aussi conseillère principale d’éducation dans un collège en Polynésie.
Pour une approche authentique, elles ont donné la parole aux élèves et à leurs familles. Neuf témoignages mettent ainsi en lumière les raisons des résistances de certains enfants à l’impératif de scolarisation...

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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier