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Détroit de Taïwan : incident naval entre la France et la Chine


Vendredi 3 Mai 2019 - écrit par Agence France-Presse




“Eaux territoriales” contre “liberté de navigation” : la marine chinoise a intercepté début avril un navire de guerre français dans une zone géopolitique sensible, le détroit qui sépare la Chine continentale de l’île de Taïwan, revendiquée par Pékin.
Des bateaux de l’Armée populaire de libération (APL) ont repéré le bâtiment français le 7 avril, a indiqué jeudi dernier un porte-parole du ministère chinois de la Défense, précisant avoir remis une protestation solennelle à Paris. Le navire de guerre a pénétré dans “les eaux territoriales chinoises” sans autorisation, a souligné Ren Guoqiang lors d’une conférence de presse régulière, en réponse à une question sur le sujet.
La frégate française Vendémiaire, qui était attendue cette semaine à Qingdao (est de la Chine) afin de participer à un défilé naval pour le 70e anniversaire de la marine chinoise, n’était finalement pas présente à cet événement. Paris n’a pas fourni d’explication à ce changement de programme du Vendémiaire. La France “réaffirme son attachement à la liberté de navigation, conformément au droit de la mer”, a indiqué jeudi un membre de l’entourage de la ministre des Armées Florence Parly.
La Chine revendique la souveraineté de la quasi-totalité des îles et récifs de cette zone maritime, où plusieurs pays riverains (Philippines, Vietnam, Malaisie, Bruneï) ont des revendications rivales.
Ces revendications chinoises ne manquent d’inquiéter les pays occidentaux.
“Cet incident n’est pas un simple accident. Il révèle les oppositions et contradictions stratégiques dans cette zone” où la France est elle-même présente avec d’importantes zones économiques exclusives dans le Pacifique tout proche, explique le chercheur français Jean-Sylvestre Mongrenier, de l’institut franco-belge Thomas More.

Source : Agence France-Presse

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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt