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Document de l’État sur le Oui et le Non : l’Union calédonienne “ne validera rien” à Paris


Vendredi 21 Mai 2021 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes


L’Union calédonienne a listé ses positions avant de décoller pour la capitale française où se dérouleront les discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.



Crédit photo : LNC
Crédit photo : LNC
On va écouter ce que l’État a à dire”, car “on a toujours réclamé, ces quinze dernières années, que la France nous dise quels sont ses intérêts à maintenir sa présence, ici, en Nouvelle-Calédonie” vient de déclarer ce mercredi Gilbert Tyuienon à l’issue d’une commission exécutive élargie tenue au siège de l’Union calédonienne, à Nouméa. Une délégation de l’UC s’envolera dans quelques jours pour Paris où se déroulera, à l’invitation du Premier ministre, une discussion sur les implications du Oui et du Non à l’indépendance du 26 mai au 3 juin. “On ne va pas pour négocier quoi que ce soit. On va réaffirmer notre vision sur la sortie de l’accord de Nouméa”. D’ailleurs, selon le premier vice-président de l’organisation politique, il est inconcevable de “transiger sur la date” du troisième référendum voulue par les indépendantistes en 2022. De même, “la question doit rester la question posée aux Calédoniens lors des deux premières consultations”. Le document confidentiel de l’État sur les conséquences du Oui et du Non sera étudié semble-t-il lors de deux réunions, les 26 et 27 mai. L’Union calédonienne prendra connaissance du dossier et des explications du gouvernement français, mais “nous ne validerons rien”. L’UC apportera sur la table parisienne ses projets de Constitution et de société. 
Des représentants du plus vieux parti politique calédonien participeront ensuite à une “tournée diplomatique” en Europe, qui doit passer par la Catalogne, le Pays basque, et même l’Écosse.


b[Source : Les Nouvelles calédoniennes]b

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Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT