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Dossiers

Papeete veut se reconstruire - 10/11/2016 | Luc Ollivier

Papeete étouffe. Coincée entre mer et montagne, la commune d’environ 30 000 habitants passe allègrement la barre des 100 000 en semaine. Accès aux entrées difficiles malgré des aménagements,...

Reynald Temarii revient en politique - 10/11/2016 | Suliane Favennec

Joueur de football, ministre des Sports, président de la Fédération tahitienne de football (FTF) et de la Fédération océanienne de football (OFC), vice-président de la FIFA… Reynald Temarii a eu une...

Ce nucléaire qui n’effraie pas du tout les Polynésiens : Las Vegas, pourtant dix fois pire que Moruroa ! - 28/10/2016 | --

Lorsqu’on entend les cris hystériques, à l’ONU comme à Tahiti, les jérémiades de certaines nouvelles associations “antinucléaires” qui tentent de se créer une rente ou de se donner de l’importance en...

PSG 2 : encore une année de perdue - 28/10/2016 | --

L’année 2016 devait être l’année charnière pour la réforme de la Protection sociale généralisée, baptisée PSG2, mais il n’en sera rien. Le gouvernement a pris soin de faire traîner un peu plus une...

Société: la jeunesse polynésienne assume son identité - 15/10/2016 | --

La danse, le sport, le tatouage, l’art, la langue... Ils sont de plus en plus de jeunes aujourd’hui à pratiquer une activité culturelle et traditionnelle. Tahiti Pacifique a tenté de comprendre...

Tourisme: Un édifice encore très fragile - 15/10/2016 | --

Pilier de notre économie, le tourisme tarde à sortir du marasme dans lequel il est plongé depuis son pic de fréquentation en 2000. Pour expliquer cette descente aux enfers qui n’est pas étrangère à...

Et si le vieillissement de la population devenait une chance - 30/09/2016 | Lucie Rabreaud

La définition d'une politique globale pour les personnes âgées est devenue une urgence. Les différents travailleurs sociaux constatent la rupture du lien intergénérationnel. la personne âgée n'a plus...

Crèches et garderies: L’illégalité devient la norme - 28/09/2016 | Luc Ollivier

Nos enfants ne sont-ils pas le bien le plus précieux que nous possédions ? Tout parent vous répondra que cette question ne mérite même pas d’être posée. Cependant, au moment de prendre le...
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Décès du nourrisson aux Marquises : “je suis Hoane”…

Décès du nourrisson aux Marquises : “je suis Hoane”…
Jacques Brel chantait "le temps s’immobilise aux Marquises et gémir n’est pas de mise"… Mais après le décès du bébé marquisien, lors de son évacuation sanitaire le 6 octobre dernier, le Fenua Enata hurle sa colère et ses cris font résonner toute la Polynésie. Alors que le 4 juillet dernier, l’accouchement d’une femme de Bora Bora pendant son transport à bord d’un hélicoptère "Dauphin" nous avait tous émus, ce drame, le deuxième en trois ans aux Marquises, nous assomme cette fois, tel un violent coup de casse-tête, et repose la problématique récurrente des évasans, notamment dans les îles éloignées et isolées. Les habitants de la "Terre des Hommes" s’interrogent encore sur les conditions extrêmes de cette évasan qui a nécessité le transfert du nourrisson en speed-boat depuis Ua Pou jusqu’à Nuku Hiva, faute de vraie piste sur l’île native du petit Hoane Kohumoetini et d’hélicoptère affecté aux Marquises… Édouard Fritch a aussitôt demandé l’ouverture d’une enquête afin de "faire toute la lumière sur les circonstances et les responsabilités éventuelles".

Mais cette annonce présidentielle rassurante a été entachée par la sortie de piste de Jean-Christophe Bouissou, ministre des Transports interinsulaires et porte-parole du gouvernement, dont la réaction ahurissante a été sévèrement taclée sur les réseaux sociaux : "Lorsque des gens décident, par exemple, d’aller vivre sur un atoll isolé, sans qu’il y ait de port sans qu’il y ait d’aéroport, il est bien clair que s’il se passe quelque chose, que ce soit sur un enfant ou sur un adulte, nous n’avons pas la même capacité de réaction que si on le faisait par rapport aux Îles Sous-le-Vent ou des îles qui sont plus structurées et plus habitées." Un discours contradictoire pour ne pas dire irrespectueux, dont il a reconnu lui-même "la maladresse". D’autant qu’il déclarait le même jour, à l’issue d’une réunion du Schéma d’aménagement général de Polynésie, qu’il travaillait pour "un développement qui prévoit l’inversion des flux migratoires afin de permettre aux gens de retourner dans les archipels et faire en sorte de pouvoir vivre dans les archipels. Naître, vivre et peut-être aussi mourir dans les archipels, mais dans de bonnes conditions."

Du haut de ses 3 mois, le petit Hoane n’a pas choisi en effet de vivre à Ua Pou. En outre, la mort du garçonnet rappelle douloureusement le coût humain d’un tel éloignement insulaire pour la collectivité : 10 à 15 décès par an seraient liés aux difficultés de transport aux Marquises, selon la directrice de l’hôpital de Taiohae (Nuku Hiva). "Nous, les Marquisiens sommes totalement délaissés par les pouvoirs publics, il faut que cela cesse !", s’est insurgée Julie Bruneau, résidente à Ua Pou, qui a perdu son bébé de 9 mois dans les mêmes circonstances. "Cela suffit, il ne faut plus de sacrifice humain", a grondé, lui, Rataro, le grand-père de la victime. Dans le cadre de l’audition de Thierry Coquil, directeur des Affaires maritimes au ministère de la Transition écologique et solidaire, le sénateur Michel Vaspart est d’ailleurs revenu, le 2 octobre dernier, sur la situation particulière et précaire du sauvetage en mer en Polynésie : "Je dois vous dire, pour être marin moi-même, que j’ai eu honte, je dis bien honte, de voir le canot de sauvetage aux Marquises et de voir le canot de sauvetage à Papeete !" D’autres bébés doivent-ils encore mourir pour que le Pays réagisse enfin et traite tous les Polynésiens sur le même pied d’égalité en leur offrant des conditions d’accès aux soins identiques ? "Je suis Marquisien". "Je suis Hoane".
Repose en paix petit ange. n

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt