Menu
Dossiers

L'APC prononce un non-lieu dans l'affaire du gardiennage - 29/11/2019 | Dominique Schmitt

Comme on pouvait s'y attendre, l'Autorité polynésienne de la concurrence (APC) a rendu, mardi dernier, une décision de non-lieu dans l'affaire des deux sociétés de gardiennage. Pour rappel, cette...

Valorisation des déchets de la pêche : une usine d'engrais locale menacée de fermeture… - 29/11/2019 | Dominique Schmitt

Investi dans le développement durable, Karel Luciani a créé en 2015 son entreprise d’engrais naturels à base de déchets de poisson. Bien qu’il ait été lauréat du Prix de l’économie circulaire en 2016...

14/16 - Réchauffement climatique : la place prépondérante de l’électricité - 29/11/2019 | Gilbert Wane

"Roulons tous en voiture électrique rechargée à partir du réseau EDT !" Malheureusement, ce slogan se heurte à un mur qui est une "loi de la physique" bien connue : l’augmentation de l’entropie, qui...

Santé mentale en Polynésie : en souffrance, la population est de plus en plus malade… - 29/11/2019 | Dominique Schmitt

Augmentation des troubles psychiques, addictions en hausse, proportion alarmante des violences intrafamiliales, problématique de la dépression, taux de suicide qui ne régresse pas… La santé mentale...

L’inégalité n’est pas une fatalité… - 29/11/2019 | Roland Clavreul

"Mieux économique, mais creusement des écarts sociaux en Polynésie : ce n’est pas acceptable. L’affichage public de nos hommes politiques et de certains organismes est de proclamer avec satisfaction...

13/16 - Réchauffement climatique : l’économie "propre" - 15/11/2019 | Gilbert Wane

L’objectif recherché est de pouvoir continuer à subvenir à nos besoins en énergie tout en minimisant nos émissions de CO2. C’est la fameuse "empreinte carbone" que l’on doit essayer de réduire dans...

L’art polynésien : un peu, beaucoup, à la folie ? - 15/11/2019 | Sébastien Petit

Si les maisons de vente aux enchères, généralistes ou spécialisées, organisent régulièrement des adjudications sur les arts d’Afrique, d’Asie et d’Océanie ou sur la vente de collections privées...

Le Bon Pasteur et l’École bilingue de Polynésie : la vérité - 15/11/2019 | Manutea Gay

Le droit de réponse "L'article intitulé « Violences à l’École bilingue de Polynésie : une crise profonde de la bienséance » (lire Tahiti Pacifique n° 418 du 18 octobre, ndlr) exige que soit rétablie...
1 ... « 5 6 7 8 9 10 11 » ... 35



Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt