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Droits d'auteurs : tout le monde va passer à la caisse !


Vendredi 9 Février 2018 - écrit par Dominique Schmitt




Comment a-t-on pu en arriver là ? Quand elle est créée en 1978, la Spacem, comme toute Société de perception et de répartition des droits (SPRD), a pour mission de gérer les droits d'auteurs en Polynésie française, aussi bien localement qu'à l'international, via la Sacem, qui représente depuis 1851 plus de 161 000 membres de 166 nationalités différentes et possède 118 millions d'oeuvres du répertoire mondial. Mais là où le bât blesse, c'est que des milliers d'artistes polynésiens n'ont jamais touché un seul franc de la Spacem, dirigée de 1991 à 2013 par Luc Faatau, alors qu'ils devaient s'acquitter des frais de timbres pour sortir un CD. Pourtant, de 2001 à 2009, la Sacem verse 242 millions de Fcfp à la Spacem... Le parquet de Papeete décide de placer la Spacem sous tutelle d’un administrateur judiciaire, le 25 septembre 2003. Cela n'empêche pas Luc Faatau de dormir sur ses deux oreilles et d'entrer bientôt au gouvernement. Il faut dire que l'homme est proche de Gaston Flosse, président de la Polynésie française... et président du conseil d'administration de la Spacem. Fin 2004, il prend les fonctions de ministre des Affaires foncières, de l'Aménagement et de l'Urbanisme sous la présidence du "Vieux Lion", puis en décembre 2006 sous celle de Gaston Tong Sang, tout en cumulant son poste de délégué général et gérant à la Spacem. La Polynésie est alors au coeur d'une instabilité politique sans précédent. Heremoana Maamaatuaiahutapu, ancien membre de la Spacem, dénonce clairement "une décision politique"...

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Tous ensemble

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots”, a déclaré Martin Luther King dans un discours il y a 50 ans. Si en Polynésie, comme d’ailleurs sur l’ensemble de la planète, les humains ont du mal à faire leur cette citation, il n’en demeure pas moins qu’en de rares occasions, les hommes ont la capacité de surmonter leurs différences. Quand il s’agit de politique, par exemple, on n’hésite pas à parler d’unité nationale dès lors que la patrie est en danger ou dans une moindre mesure quand la cause touche tout un peuple.
Vendredi dernier, toute la classe politique locale a salué comme un seul homme la décision de la chambre criminelle de la Cour de cassation qui s’est prononcée via l’avocate générale pour l’annulation de la condamnation de Pouvana’a a Oopa en 1958. Le Metua, dont se revendiquent aujourd’hui tous les grands dirigeants politiques du fenua, devrait être réhabilité lors de la décision qui sera prise le 25 octobre prochain. À Tahiti, chacun s’est félicité de cette avancée qui rapproche un peu plus la collectivité de la Métropole, même si pour cela il aura fallu 60 ans.
L’unité affichée n’aura valu que le temps d’une décision, car voilà que se profilent des dossiers qui ne manqueront pas de raviver les dissensions. La réforme de la PSG mais aussi du Code de travail ne manqueront pas de faire des mécontents. Si la rue l’avait emporté à la veille des élections territoriales, la majorité compte bien sur sa base électorale pour passer ses réformes, en force si besoin. Persuadée sans doute que chacun de ses électeurs s’est prononcé en faveur de chacune des propositions annoncées durant la campagne.
Les réseaux sociaux et la presse hexagonale se sont mobilisés comme rarement derrière une jeune étudiante polynésienne, Ranitea Gobrait, qui malgré un résultat exceptionnel de 20,32/20 au bac s’émouvait de n’avoir pu trouver le moindre débouché universitaire. Les Polynésiens et les médias ont donc soutenu à leur manière l’étudiante au point d’en faire une affaire nationale qui après certaines vérifications ont permis de constater que la bachelière avait refusé cinq propositions…
De l’unité, de la vraie, il faudra quand même en avoir, de façon un peu plus légère, ce dimanche pour soutenir l’équipe de France de football qui jouera sa troisième finale de Coupe du monde. Le temps d’un match, la Polynésie sera derrière les Bleus… ou pas. Elle le sera plus, sûrement, derrière ses rameurs pour les Championnats du monde de va’a qui débutent jeudi prochain.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier