Menu

Droits de l’homme : Pékin rejette les critiques de Paris après la condamnation d'un Tibétain


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Agence France-Presse




La Chine a rejeté, la semaine dernière, les critiques de la France, au lendemain de la condamnation à cinq ans de prison d'un défenseur de la langue tibétaine.
"La justice chinoise a traité cette question conformément à nos lois et règlements", a martelé devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Lu Kang, interrogé sur les regrets émis par la France au sujet de la condamnation mardi de Tashi Wangchuk, un militant de la langue tibétaine.
"Nous attendons des autres pays qu'ils ne s'ingèrent pas dans nos affaires intérieures et n'affectent pas les relations bilatérales", a-t-il déclaré.
Tashi Wangchuk, en détention depuis janvier 2016, a été condamné pour "incitation au séparatisme" par un tribunal de la province du Qinghai (ouest), peuplée de nombreux Tibétains. Selon son avocat, il a été poursuivi largement sur la base d'une vidéo que le quotidien américain New York Times avait diffusée à son sujet peu de temps avant son arrestation.
Dans un communiqué, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, avait "regretté" cette condamnation. "Tashi Wangchuk a joué un rôle essentiel dans la protection de la langue tibétaine dans le cadre des lois de la République populaire de Chine", avait-elle souligné.

Source : Agence France-Presse

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier