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Du sable et des algues du Pacifique utilisés en cosmétique


Vendredi 17 Mai 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Des algues issues de l’océan Pacifique et du sable noir volcanique de Tahiti sont utilisés dans des produits cosmétiques présents depuis l’année dernière au fenua. Entretien avec Pierre-Yves Morvan, directeur du département Recherche et Développement de la gamme Phytomer, qui nous dévoile tous les bienfaits de la mer sur notre organisme. Une chance pour nous qui sommes les pieds dans l’eau toute l’année !



Le milieu marin contient des ions négatifs, des sortes de vitamines de l’air qui nous dynamisent et nous apaisent ! Crédit photo : Dominique Schmitt
Le milieu marin contient des ions négatifs, des sortes de vitamines de l’air qui nous dynamisent et nous apaisent ! Crédit photo : Dominique Schmitt
Découvert d’abord par les Égyptiens qui l’utilisaient à des fins thérapeutiques, puis vanté par Aristote, Platon et Hippocrate pour soigner les plaies et les rhumatismes, ou encore Ambroise Paré qui, dès le XVIe siècle, prescrivait des bains de mer, le milieu marin n’a cessé au fil des siècles de faire la preuve de ses vertus. Concentrée en oligoéléments, l’eau de mer possède en effet de nombreuses propriétés bénéfiques pour notre santé : magnésium, calcium, potassium, bicarbonate, fluorure, cuivre, zinc, phosphore, manganèse… Par ailleurs, elle contient d’autres pouvoirs : les ions négatifs, qui sont de fines particules chargées électriquement. Des vitamines de l’air en quelque sorte, qui nous dynamisent et nous apaisent ! A contrario, les ions positifs sont, eux, à éviter. Provenant des appareils électroménagers, photocopieurs, écrans d’ordinateur, de télévision, réveils à cristaux liquides, moquettes, tabac, chauffage électrique, air conditionné… ils nous stressent et nous fatiguent.
Un excellent moyen de s’exposer aux ions négatifs est d’aller se baigner en plein océan, ou du moins profiter de l’air marin en se promenant en bord de mer. Pour en bénéficier, il est également possible de marcher pied nu dans l’herbe mouillée. En montagne, il est conseillé de se tenir près des cascades où l’entrechoquement des molécules d’eau fait du bien à notre organisme. Autre solution, les soins proposés en thalassothérapie : douche à jet, massage sous affusion ou “salle d’ionisation” (un brouillard marin est recréé, qui favorise l’ionisation de l’air et purifie le système respiratoire)...

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Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !

Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !
S’il est un sujet qui défraye la chronique en ce début de mois de juin, c’est bien la question explosive des refus d’indemnisations des victimes des essais nucléaires suite à l’amendement dit “Tetuanui”, tant décrié. Si la suppression du “risque négligeable” en 2017 avait été saluée par tous, la réintégration d’un “seuil minimum” ne passe pas… En effet, la modification de la loi Morin réalisée discrètement pendant les fêtes de fin d’année, le 28 décembre dernier, par un amendement inséré au projet de loi de finances 2019 reste en travers de beaucoup de gorges. Concrètement, cette recommandation de la commission “Égalité réelle outre-mer” (Erom), présidée par la sénatrice Lana Tetuanui, qui a été retenue par le gouvernement central puis validée par le Parlement, empêche désormais l’indemnisation des victimes ayant séjourné en Polynésie entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998, dès lors que le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants reçue est inférieure à un milliSievert (mSv). 
Les conséquences sont tombées comme un couperet le 4 juin, lorsque le tribunal administratif a rendu douze jugements concernant des demandes d’indemnisation rejetées. Face à un contexte très tendu, le président du tribunal s’est même fendu d’un communiqué pour expliquer les décisions prises : deux requérants ont obtenu l’annulation de leurs affaires et un droit à l’indemnisation (la veuve d’un ancien employé du CEP décédé d’un cancer du poumon et un ancien militaire atteint d’un cancer de la vessie), mais les dix autres requêtes ont été balayées par la juridiction en raison du “seuil désormais fixé par la loi”.
Eliane Tevahitua, représentante Tavini Huira’atira à l’assemblée de la Polynésie française, n’a pas tardé à charger Lana Tetuanui en qualifiant l’amendement porté par l’élue du Tapura de “scélérat” . Elle a fustigé aussi le gouvernement : “Le Civen se fonde exclusivement sur le tableau dosimétrique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial, ndlr) placé sous la tutelle du ministre de la Défense, qui, comme par hasard, ne trouve en Polynésie que des niveaux de radioactivité en deçà de 1 mSv après 1974. Monsieur le président, croyez-vous sincèrement qu’un pays comme le nôtre qui a reçu l’équivalent de 800 fois la bombe d’Hiroshima, puisse présenter des niveaux dosimétriques similaires à ceux d’un pays préservé de toute expérimentation nucléaire tel que la France ?”, posant ainsi une question orale au sein de l’hémicycle. S’en est suivi alors un crêpage de chignons, place Tarahoi, lorsque le porte-parole du président, Jean-Christophe Bouissou, a contre-attaqué sans répondre directement en demandant à la représentante souverainiste si elle ne se sentait pas elle-même “coupable de mensonge par omission en oubliant de dire aux Polynésiens que le député Moetai Brotherson (…) était lui aussi membre de la commission Erom”. Et de conclure : “Arrêtez vos niaiseries nuisibles. (…) Les victimes méritent mieux que vos propos nauséabonds.
Au-delà de ces énièmes enfantillages qui ne servent pas la cause, il y a une phrase qui restera dans les mémoires et qui est déjà tristement culte, celle de la même Lana Tetuanui qui affirme : “Quand on connaît les méfaits du tabac, et les risques de cancer que l’on peut développer, il n’appartenait pas à l’État de venir indemniser tous les fumeurs abusifs et ayant contracté le cancer en Polynésie ou à la suite de leur séjour en Polynésie.” Une comparaison pour le moins fumeuse, car la différence majeure, faut-il le préciser, c’est que l’on choisit de fumer, tout comme l’on choisit de consommer du sucre ou boire de l’alcool… mais pas d’être irradié ! La page du nucléaire au fenua est loin d’être tournée.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique Schmitt