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ÉNERGIE - Le changement, c’est pour quand ?


Vendredi 16 Novembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


L’annonce dès 2016 par le président Fritch de s’attaquer à la péréquation en ce qui concerne l’électricité est-elle condamnée à ne rester que de l’affichage politique, bien qu’un projet gouvernemental ait été promis d’ici la fin de l’année ? La majorité est attendue au tournant quant à sa position, jugée timorée par l’opposition, devant EDT-Engie. Péréquation et transition énergétique sont pourtant appelées de tous leurs vœux par les Polynésiens.



Le photovoltaïque a le vent en poupe depuis plus d'une décennie, son coût ne cessant de chuter de façon vertigineuse. Il est devenu la source d'énergie renouvelable la plus économique. (À gauche, les installations du Port autonome, à droite celle de Kauai à Hawaii.) Crédit photo : Tesla
Le photovoltaïque a le vent en poupe depuis plus d'une décennie, son coût ne cessant de chuter de façon vertigineuse. Il est devenu la source d'énergie renouvelable la plus économique. (À gauche, les installations du Port autonome, à droite celle de Kauai à Hawaii.) Crédit photo : Tesla
Depuis la conférence de presse, début octobre, des membres de l’opposition faisant partie de la Commission de l’Énergie, à propos du refus de ladite commission d’étudier leur proposition de loi instituant un dispositif de solidarité et de péréquation dans le domaine de l’électricité, rien n’a changé pour le mandataire EDT-Engie qui continue à appliquer une politique tarifaire décriée et donc imposer son mode de fonctionnement, si ce n’est la décision datée du 24 octobre du Conseil d’État qui reconnaît que les provisions pour renouvellement des immobilisations dans les délégations de services public sont une "dette du délégataire vis-à-vis de l’autorité délégante".
Faut-il en déduire que le gouvernement en place se satisfait de la situation actuelle ? Il faut croire que oui, même si le président Édouard Fritch a promis lors d’un discours prononcé devant les représentants polynésiens à l’ouverture de la session budgétaire, le 20 septembre dernier, un projet de loi du Pays d’ici la fin de l’année. Une annonce pour gagner un peu de temps comme d’autres lors de la réforme des retraites ou une réelle longue réflexion pour que l’ensemble des Polynésiens bénéficie de la péréquation ? Il est bon aussi de rappeler qu’un projet de loi devait déjà être présenté en janvier 2016, porté par Nuihau Laurey, alors numéro 2 du gouvernement. Ce texte avait été retiré de l’ordre du jour des débats à l’assemblée sans explication.
À ce jour, il est difficile pour l’instant de se prononcer, puisque rien ne filtre sur ce projet de loi qui sera mis en concurrence avec celui proposé par l’opposition Tavini-Tahoera’a, qui ne cesse de trouver des terrains d’entente. Seule certitude, l’issue de l’examen de ces propositions par la commission de l'Équipement. La vision gouvernementale mettra-t-elle un terme à cette péréquation maison qui profite surtout à EDT dans des conditions déjà dénoncées par la Chambre territoriale des comptes (CTC), mais aussi par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) depuis des années...

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De reports en reports

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À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier