Menu

Économie : le projet de Makatea s’oriente vers plus de bio


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Luc Ollivier


Le projet d’extraction de phosphate à Makatea serait-il tombé dans l’oubli ? En attendant la sortie du déterminant code des mines qui régira toute exploitation de ce type, la société Avenir Makatea cherche à optimiser son projet qui, à ce jour, pourrait connaître une nouvelle orientation, davantage basée sur des retombées économiques locales, moins destructrices et plus respectueuses de l’environnement pour un phosphate bio. Une nouvelle donne qui pourrait influencer le gouvernement, mais contre laquelle les associations restent vent debout.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
Si l’année 2017 a été riche en polémiques concernant le projet d’extraction de phosphate à Makatea, porté par l’homme d’affaires Colin Randall au travers de sa société Avenir Makatea, force est de constater que le sujet est retombé comme un soufflé en 2018, même durant la période politique animée des élections territoriales ; à croire que ce projet n’avait jamais existé. Le pouvoir en place ayant été réélu, le phosphate de Makatea devrait bientôt commencer à refaire parler de lui, probablement après la nouvelle mouture de la réforme de la PSG, et plus sûrement une fois que le code minier sur lequel travaille depuis 2016 la Direction des ressources maritimes et minières (DRMM) aura été rédigé. Un laps de temps jugé très long et qui laisse dubitatifs tous les protagonistes, qu’ils soient pro ou anti projet. Tous n’attendent que la sortie de ce code pour pouvoir se positionner et mener leurs actions. C’est à se demander si le gouvernement Fritch ne joue pas délibérément la montre en espérant le moment opportun pour le sortir. À moins que la réglementation des ressources maritimes pour les fameuses terres rares y soit incluse, ce qui expliquerait la complexité de la rédaction. La version finale est attendue pour cette fin d’année...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 382 en cliquant ICI


Dans la même rubrique
< >

Vendredi 17 Mai 2019 - 09:43 Créer une start-up à Tahiti, pas si facile


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier