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Économie : le projet de Makatea s’oriente vers plus de bio


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Luc Ollivier


Le projet d’extraction de phosphate à Makatea serait-il tombé dans l’oubli ? En attendant la sortie du déterminant code des mines qui régira toute exploitation de ce type, la société Avenir Makatea cherche à optimiser son projet qui, à ce jour, pourrait connaître une nouvelle orientation, davantage basée sur des retombées économiques locales, moins destructrices et plus respectueuses de l’environnement pour un phosphate bio. Une nouvelle donne qui pourrait influencer le gouvernement, mais contre laquelle les associations restent vent debout.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
Si l’année 2017 a été riche en polémiques concernant le projet d’extraction de phosphate à Makatea, porté par l’homme d’affaires Colin Randall au travers de sa société Avenir Makatea, force est de constater que le sujet est retombé comme un soufflé en 2018, même durant la période politique animée des élections territoriales ; à croire que ce projet n’avait jamais existé. Le pouvoir en place ayant été réélu, le phosphate de Makatea devrait bientôt commencer à refaire parler de lui, probablement après la nouvelle mouture de la réforme de la PSG, et plus sûrement une fois que le code minier sur lequel travaille depuis 2016 la Direction des ressources maritimes et minières (DRMM) aura été rédigé. Un laps de temps jugé très long et qui laisse dubitatifs tous les protagonistes, qu’ils soient pro ou anti projet. Tous n’attendent que la sortie de ce code pour pouvoir se positionner et mener leurs actions. C’est à se demander si le gouvernement Fritch ne joue pas délibérément la montre en espérant le moment opportun pour le sortir. À moins que la réglementation des ressources maritimes pour les fameuses terres rares y soit incluse, ce qui expliquerait la complexité de la rédaction. La version finale est attendue pour cette fin d’année...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier